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mercredi 11 septembre 2024

Et maintenant chantons !


Il se disait dans les années 50 qu'une chanson ne prenait réellement son envol qu'à partir du moment où elle avait été enregistrée par Frank Sinatra. Les spécialistes de la saga musicale estivale ajouteront "Et Johnny Mathis !". C'est exactement ce qui va se produire pour "The End of a love affair" en respectivement, 1957 et 1964. 

Dès lors, notre ritournelle de la semaine va pouvoir dormir tranquille, après des premières années passées dans un relatif anonymat. Car Frank signifie crooner et la musique américaine n'en manque pas dans les années 50 et 60, du chanteur de bar à l'apprentie vedette de Las Vegas. A la superstar hollywoodienne. "The End of a love affair", soudain, est partout. 


Nous entendons d'ici les quelques grincheux (il y en a mais ils parviennent toujours à rester suaves) s'écrier : Frank, d'accord, Johnny M., pourquoi pas, Johnny H., c'est déjà plus confidentiel mais franchement, le petit Avalon ou Vic Damone, parlons-nous bien de la même chose lorsque nous mentionnons le mot "crooner" ?

Aussi mettons tout le monde d'accord : sur un rythme rapide, parfois latin ou au contraire perdue dans un océan de cordes, "The End of a love affair" va vraiment être la chanson des messieurs à la voix de velours dans les années 50 et 60. Frank ne vous a pas convaincu ? Vous ne pourrez rien dire face à Nat. 

mardi 1 août 2023

Le trio du jour.




Parce qu'à trois, c'est aussi bien qu'à deux, sinon mieux, Soyons-Suave est heureux de vous offrir Diahann et quelques ami(e)s poussant occasionnellement la chansonnette. 

mercredi 13 juillet 2022

Et maintenant chantons !


Aussi anecdotique que soit la chanson "Civilization" de Bob Hilliard et Carl Sigman, lorsque nous écrivions hier que tout le monde va l'enregistrer en 1947, ce n'était pas une vue de l'esprit. Car en plus de Louis Prima et des Andrews Sisters, qui vont classer le titre dans le top 10 à quelques semaines d'intervalles, 3 autres artistes vont hisser le même mois la chanson au sommet des hit-parade : Jack Smith, Ray McKinley et Woody Herman, tous en décembre 47.

Et c'est sans compter les artistes qui l'enregistrent sans en vendre des millions, l'intègrent à leur tour de chant ou surfent sur sa popularité en la reprenant à la radio, à l'image de Frank Sinatra ci-dessus ou de Bing Crosby ci dessous, faisant de "Bongo Bongo Bongo" le premier titre qui unira les deux crooners rivaux, l'ancien et le nouveau, le classique et le moderne, avant que Cole Porter et Charles Walters s'en chargent dans "Haute Société" en 1956. 


Le cas le plus amusant concernant "Civilization" est certainement ce qui arriva à la jeune Elaine Stritch, qui cherche désespérément à faire carrière en 1947 (patience Elaine, patience). Auditions après auditions, elle finit par décrocher son premier rôle à Broadway dans la revue que montent Bob Hilliard et Carl Sigman et hérite d'une chanson, une seule : "Civilization", que les deux auteurs ont décidé de recycler devant son succès. 

Comme la plupart des revues, "Angel in the wings" n'est supposée durer que quelques semaines mais grâce à "Bongo Bongo Bongo", elle tiendra l'affiche un an, condamnant chaque soir Elaine Stritch à expliquer qu'elle ne veut pas quitter le Congo. Elle a 22 ans et sa carrière est lancée. 

Et ce n'est qu'en 1977, soit 30 ans plus tard qu'Elaine va avoir l'occasion pour la première fois de graver sur disque "Civilization", à l'occasion d'un des merveilleux albums produits par Ben Bagley, producteur de revues qui, à partir de 1960, va passer l'essentiel de son temps à produire des albums consacrés uniquement aux obscures chansons de compositeurs célèbres de Broadway et à les faire interpréter par des célébrités du moment. 




































































Chantée à 22 ans, enregistrée à 52, la chanson "Civilization" va poursuivre Elaine Stritch jusqu'en 2002 puisque, à l'âge de 77 ans, Elaine va enfin avoir son propre spectacle, un seul en scène, "Elaine Stritch at Liberty" qui va être son plus grand triomphe et donner naissance à une cinquième ou sixième carrière, qui ne s'arrêtera qu'avec sa mort en 2014 à 89 ans. 

Revisitant sa vie et sa carrière, Elaine Stritch ne pouvait pas ne pas évoquer "Civilization" qui lui ouvrit les portes de Broadway. Et comme toujours avec elle, c'est too much et c'est formidable. Et pour aller directement au passage où elle évoque cette aventure, glissez jusqu'à 29m20s, ou regardez le show en intégralité, c'est les vacances après-tout, non ? 

mardi 17 août 2021

Et maintenant chantons !


Le deuxième épisode de notre saga musicale consacrée cette semaine à "I don't care if the sun don't shine" va nous permettre de nous pencher, enfin, sur trois individus un rien mystérieux : Tony Martin, Henri René et Mack David, dont nous avons souvent croisé la route, un peu intrigués par leurs parcours mais en repoussant à chaque fois le temps de l'investigation. Réjouissons-nous : il est enfin venu ! (le temps des cathédrales). 

Et afin de rendre notre propos tout à fait limpide, faisons le lien entre tous les éléments cités ci-dessus : Tony Martin est le créateur en 1950 de "I don't care...", accompagné par l'orchestre de Henri René, une chanson écrite, paroles et musique par Mack David. Voilà pour le point de départ. 




































Pour nous et pour l'éternité, Tony Martin est avant tout monsieur Cyd Charisse, 60 ans de mariage de 1948 jusqu'au décès de l'actrice (et notre invitée il y a peu) en 2008. Mais évidemment ce n'est pas une profession : Tony fut surtout chanteur, de charme, d'orchestre, de comédies musicales, cumulant les succès et les disques vendus à plus d'un million d'exemplaires de la fin des années 30 jusqu'au milieu des années 50. 

Mais alors pourquoi ne fut-il pas Frank Sinatra ? Le physique était sympathique, la voix d'or et le talent là ! Sans doute parce que quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. Tony n'eut cependant pas à se plaindre, il devint résident permanent de Las Vegas à partir des années 50, gagna des fortunes et s'offrit même un très surprenant contrat chez Motown dans les années 60. 

Et même s'il ne fit pas un réel succès de "I don't care...", court-circuité par Patti Page qui en deux mois propulsa la chanson dans les hit-parade, cela reste son titre, peut-être pas phare mais légèrement lumineux quand même. 












































Sur "I don't care...", Tony Martin était donc accompagné par l'orchestre de Henri René, un patronyme sentant bon la blanquette et le pot de Brouilly, et qui à une époque semblait apparaître sur un disque sur trois que nous nous procurions. Henri René a enregistré des albums d'ambiance dont les pochettes sont très nuisettes et parfois très Jayne Mansfield, il a accompagné Eartha Kitt, Julie Andrews ou Dinah Shore, vraiment entre autre, et propulsé les Bell Sisters, évoquées ici

Tout cela est formidable mais pourquoi donc "Henri" et non "Henry" et surtout "René" avec un accent aigu qui dut souvent agacer les phototypistes américains ? Eh bien parce que monsieur était français par sa mère et allemand par son père, né à New York, certes, mais lorsqu'il dut choisir un nom de scène lorsque sa carrière décolla après la Seconde Guerre Mondiale, pour d'évidentes raisons, il trouva que Henri René sonnait mieux que son véritable patronyme : Harold Kirchstein ! 


































Mack David, le compositeur de "I don't care..." n'eut pas de problème de pseudonyme, enfin pas au début de sa carrière qui fut fulgurante et couverte de nominations aux Oscars et de disques certifiés platine, jusqu'à ce que son petit frère, Hal, ne décide de suivre ses traces et finisse par former un tandem qu'on ne présentera pas avec Burt Bacharach. (avec lequel Mack avait commencé à collaborer sur "Baby it's you")

Presque oublié au profit de Hal ans les années 60, Mack fut pourtant pendant deux décennies la star de la famille, et finalement le lien entre presque toutes nos publications de cet été : il a oeuvré sur la bande originale de "Alice au pays des merveilles", écrit les paroles pour "Bachelor in paradise" de Mancini et écrit paroles et musique de notre saga de la semaine. 

Il nous touche toujours de relire qu'en 1948, Mack composa une petite chose pour Frank Sinatra, qui ne fit pas grand chose, mais qui se rappela à son souvenir lorsque le compositeur assista en 1964 à la première de "Hello Dolly". Cela n'a plus rien à voir avec "I don't care..." sauf que Mack David s'en souçia. Procès et règlement à l'amiable. Ce n'est jamais très suave, le plagiat...


jeudi 15 juillet 2021

Et maintenant chantons !


Moins de blabla et plus de musique pour ce 4e épisode de notre saga musicale de la semaine puisque nous avons beaucoup à vous faire écouter, afin d'explorer, après les sautillantes versions d'hier, les tendances jazzy et big band qui vont permettre à "I believe in you" de n'être pas tout à fait la même chanson sans être vraiment différente. 

La première à offrir un traitement club de jazz-trio-ambiance intimiste au succès de "How to succeed in business without really trying" sera, dès août 62, Anita O'Day, dans l'un de ses derniers albums pour le label Verve, sans doute enregistré entre deux festivals et trois arrestations pour consommation de drogues diverses... et avant une hospitalisation pour overdose. 

Personne ne prononce les voyelles comme Anita, les triplant, quadruplant ou quintuplant dans un style qui n'appartient qu'à elle. De la même façon que personne ne sonnera aussi bien à l'avant d'un big band que Frank Sinatra, qui en 1964 livrait ce qui ressemblera à une version définitive de "I believe in you", accompagné par l'orchestre de Count Basie, avec ses cuivres qui claquent et qu'on peut réentendre dans la version du "Judy Garland show" de la même année. 


Anita, Frank, nous voilà en terrain plus que connu, aussi prenons également les sentiers de traverse pour découvrir deux autres versions de "I believe in you", tout aussi formidables dans le style "Je fais dans la discrétion" ou au contraire "Jamais sans mes 65 musiciens". 

Star en 1959, enterré (littéralement puisqu'il était mort) en 1973, Bobby Darin est un cas à part dans la musique populaire américaine, un peu poursuivi tout au long de sa carrière par une petite étoile sombre, que n'arrangea pas l'amour absolu que lui porte Kevin Spacey qui l'incarna dans un biopic en 2004 et nous savons qu'il est sensible aujourd'hui d'évoquer Kevin.

En 1966, celui qui fut un temps Elvis à la place d'Elvis puis Frank à la place de Frank proposait lui aussi sa version définitive de "I beleive in you, qui est magistrale et l'un des titres les plus plébiscités du chanteur. 


L'histoire de Teri Thornton est encore plus sinistre que celle de Bobby Darin puisque repérée au début des années 60 et annoncée comme la voix la plus excitante du jazz depuis Ella Fitzgerald, elle disparut après 3 albums, pour connaître une résurrection dans les années 90 et décrocher même un contrat chez Verve. 

Alors que tout le monde était très excité par l'apparition d'une nouvelle chanteuse de 65 ans (!!!), Teri mourrait à petit feu d'un cancer qui l'emportera en 2000. 

En 1963 pour son superbe deuxième album "Somewhere in the night", elle aussi s'emparait de "I believe in you" et nous la remercions chaleureusement pour ce choix puisqu'il n'est pas impossible qu'elle signa là notre version préférée parmi toutes de ce titre. Oui... même après réflexion, c'est Teri qu'on préfère. 

mercredi 29 juillet 2020

Et maintenant dansons !



































Dire que dans les années 40, lorsqu'une chanson est populaire, elle est vraiment populaire est encore en dessous de la réalité. Puisque dès qu'un hit surgit, il est aussitôt enregistré par tout le monde, ce qui ne pose de problème à personne. 

Composée en 1942 par le brillant duo Gene DePaul et Don Raye et aussitôt gravé par Harry James et sa chanteuse Helen Forrest, la chanson, potentiellement lente ou rapide "He's my guy" est aussitôt reprise par tous les orchestres et tous les interprètes qui se doivent impérativement de l'avoir à leur répertoire. Et cela est logique puisqu'en 1942, on ne danse pas sur des disques sauf dans son salon. Les discothèques n'ont pas encore été inventées. Lorsqu'on va guincher, c'est un orchestre qui s'occupe de l'accompagnement musical et comme on veut forcément danser sur des tubes, tout le monde, ou presque, joue la même chose. 

On peut répertorier, ne serait-ce que pour l'été 1942, 8 versions de "He's my guy" et nous vous proposons aujourd'hui de nous pencher sur 3 d'entre elles : celles d'Ella Mae Morse, de Betty Bradley et de Dinah Shore.






Des trois chanteuses qui s'emparent de "He's my guy" à l'été 42, Ella Mae Morse est de loin notre chouchoute, pas tant pour sa version très larmoyante que pour les autres tubes qu'elle enregistre dans la foulée et qui vont faire d'elle une des premières reines du label Capitol et la première chanteuse blanche à franchir la ligne entre jazz, swing et rhythm and blues et conduire tout droit vers le rock n' roll.

Que ses plus gros succès aient été signés Gene DePaul ajoute évidemment à l'affection que nous avons pour elle, ce qui mérite amplement un petit "Cow Cow boogie" qu'elle crée également en 1942. Elle a alors 17 ans.



Beaucoup plus confidentielle, Betty Bradley fut l'une des ces très nombreuses chanteuses d'orchestre des années 40 qui ne laissèrent pas vraiment leur nom dans l'histoire, d'autant, pour Betty, qu'elle officiait comme canari dans la formation de Bob Chester, orchestre plus ou moins formé par Tommy Dorsey afin de faire de l'ombre à Glenn Miller qui lui devait de l'argent. 

Le Bob Chester and his orchestra ne passionna pas les foules et disparut dès le milieu des années 40. Mais il offrit, enfin, une très belle version up tempo de "He's my guy", dont on se souviendra dans les années 60. 





Elle ouvre le billet du jour, elle est d'une blondeur de crème glacée et nous sommes certains qu'en plus, elle sentait la vanille : Dinah Shore est une icone américaine dont la réputation franchit parfois l'Atlantique mais avec une grande modération, alors que.

Dinah est de plus un cas à part puisqu'en cette période où il était pratiquement impossible pour une jeune chanteuse de faire carrière sans passer par la case orchestre, elle fit route seule, principalement parce qu'elle échoua à toutes ses auditions devant de grandes formations.

Qu'a cela ne tienne, Dinah poussera les portes des stations de radio et en 1942, tout le monde ou presque la connait puisqu'elle est chaque dimanche sur CBS radio, chaque lundi sur NBC et chaque semaine la seule voix féminine du Eddie Cantor Show. A partir de 1946, elle aura sa propre émission.






Ce qui est assez remarquable avec Dinah Shore est sa longévité puisqu'elle dira au revoir à ses fans en 1991, dans l'un des shows télévisés qui vont faire d'elle le visage le plus connu du petit écran, débutant en 1951 le "Dinah Shore Show" qui durera, sous des formats divers, pendant 40 ans.

Nous aimons particulièrement le fait que, très amoureuse d'architecture et de golf, elle se fera construire à Palm Springs un rêve de maison moderniste tout en créant un tournoi de golf féminin, devenu avec les années et par de mystérieux détours qui surprennent encore et n'ont rien à voir avec la très hétérosexuelle Dinah, le plus grand rassemblement lesbien annuel au monde : le Dinah, qui fête en 2020 ses trente années d'existence.























Mais concentrons-nous sur la chanteuse et tout en reconnaissant que sa version de "He's my guy" n'ajouta rien de particulier au tube d'Harry James, célébrons celle qui accueillit avec sourire et gentillesse tout le gratin du show business dans son show tv et parmi ses centaines de duos, sélectionnons ceux en compagnie d'Ella et Frank.



Et nous pouvons tous aller nous coucher maintenant. 

Le trio du jour.




































Parce qu'à trois, c'est aussi bien qu'à deux, sinon mieux, Soyons-Suave est heureux de vous offrir trois bijoux un peu culcul, offerts par Frank S. à Mia F. lors de leur mariage, qui durera moins de 2 ans. 

lundi 27 juillet 2020

Le Quizz de l'été volume 4

Comme chaque été, le Quizz du lundi prend sa forme estival c'est à dire qu'il n'est plus question de rendre son identité à un invité ou une invitée mystère mais d'identifier un film à partir de captures qui en sont issues.

Si au départ, il n'y a pas grand monde sur les photos, plus les jours passent, plus elles se peuplent. 

Vous identifiez le film dès lundi, vous remportez trois points, deux points si vous parvenez à cela grâce aux indices du mercredi et un seul grâce à ceux du vendredi. En fin d'été, nous faisons le compte et couronnons la triomphatrice ou le triomphateur de l'été.




















Souvenez-vous que cet été, nous explorons des films à tendance très musicale et allons jusqu'à des chefs d'oeuvre... en tout cas pour nous. Une idée ? Trois points quelqu'un ? A vos cellules grises !






















































Quant au Quizz de la semaine dernière, il s'agissait bien de "Haute Société" alias "High Society", film de Charles Walters sorti en 1956 et donc nous vous parlions et partagions la BO lors du centième numéro de "Soyons-Suave weekend" ici-même. Et nous venons d'ailleurs de recréer un lien zip puisque le précédent avait mystérieusement disparu...

Félicitations à Gatsby qui s'empare des 3 points ce qui donne comme classement provisoire alors que juillet se termine :
- Gatsby : 6 points
- Mikebench : 2 points

Un suspense à boucher un cornet de trompette, non ?





vendredi 24 juillet 2020

Et maintenant chantons !



































Si nous résumons ce que nous avons appris depuis lundi, la chanson "Don Cha Go Way Mad", tube en 1950, mais semblant déjà être d'une époque révolue, n'a réussi qu'aux big bands et à Ella Fitzgerald, cette dernière la reprenant régulièrement sur disque ou en concert pratiquement jusqu'à son dernier souffle. Les jeunes chanteuses s'y étant essayées n'ont mené la chanson nulle part et l'instrumental d'origine, "Black Velvet", est à peine devenu un standard de jazz. 

Ne manquaient à l'appel que les crooners et c'est pourquoi nous convoquons pour ce dernier épisode Frank Sinatra et Mel Tormé. De façon assez évidente, Mel Tormé avait la voix mais pas le physique. Frank Sinatra, lui, avait tout et surtout une carrière chancelante au début des années 60. "Stangers in the night" n'arrivera qu'en 1965, et les années qui y méneront seront un peu rudes. 

Deux chanteurs et finalement deux écoles : perdu en 1962, Sinatra va quitter sa maison mère Capitol et créer son label. Il va chanter Noël, Cole Porter, les chansons oscarisées, avec Count Basie, et revisiter ses années de chanteur d'orchestre sous la direction artistique de Neal Hefti, trop heureux de collaborer avec la légende, même sur le déclin.  





En 1986, Mel Tormé est une sorte de dinosaure du swing, un "Tony Bennett" sans "I left my heart in San Francisco" qui survit sur le circuit des salles de Jazz et passe une partie de son temps au Japon où on l'adore.

Il a toujours la voix. Il ressemble encore moins à quelque chose mais ce n'est pas un problème puisque cela ne s'entend pas sur disque.






Dans les deux cas, qu'on soit en recherche d'un second souffle ou qu'on tente juste de survivre, c'est apparemment judicieux de ressortir "Don Cha Go Way Mad", à condition d'avoir sous la main une énorme section de cuivres.

Seule Julie London, qui ne sera jamais en perte de vitesse et naviguera avec une aisance assez admirable du jazz à la variété à la pop, adoptera, mais c'est Julie London, une approche intimiste et choisira de susurrer l'hymne swing. Comme toujours, c'est formidable.





Finalement, pour un instrumental devenu très accidentellement l'une des chansons de notre enfance, "Don Cha Go Way Mad" nous montre, avec ses 50 ans de carrière, qu'en cas de problème de couple, en parler reste la meilleure solution, ce que vous prouveront ces 13 versions qui reprennent tout ce que nous avons pu écouter depuis lundi.









Et pour télécharger tout ceci au format zip, vous savez comment faire. 

lundi 8 juin 2020

Pour le plaisir.


































Soyons-Suave est heureux de vous offrir une Grace Kelly en Frank Sinatra. 

Et nous le prouvons. 


lundi 23 septembre 2019

vendredi 30 août 2019

Et maintenant chantons !



Peut-être nous voyez-vous venir depuis le début de la semaine mais en 1983, "What's new ?" va connaitre le plus beau des comeback en devenant le titre de l'album et la chanson phare du disque que va enregistrer Linda Ronstadt avec l'arrangeur alors âgé de 62 ans Nelson Riddle. 

Chanteuse rock la plus populaire et la mieux payée des années 70, Linda Ronstadt va faire tomber de leurs chaises son public et les critiques en décidant qu'il était temps de rendre hommage à l'âge d'or de la variété américaine, alors considérée comme à peine tolérable dans un ascenseur. Nelson Riddle est l'homme qui arrangea les albums les plus classiques de Sinatra dans les années 50. Il fut ravi de renoircir des partitions et engagea sur le champ un orchestra de 55 musiciens. 

"What's new ?" passa en tout 81 semaines dans les charts, se vendit à 5 millions d'exemplaires et ne parvint pas à se hisser à la tête des hit-parades pour la simple raison qu'elle était occupée par le "Thriller" de Michael Jackson. Devant un tel succès inattendu, Ronstad et Riddle se retrouvèrent pour deux nouveaux albums. Les trois sont aujourd'hui considérés comme des classiques, ayant permis à une nouvelle génération de redécouvrir tout un pan de l'histoire musicale américaine. 






































Il est difficile d'imaginer plus belle histoire pour une chanson et par la même occasion pour terminer cet été musical et parfois un peu répétitif. Mais c'était en tout cas un plaisir de partager avec vous certaines de nos obsessions et permettez-nous d'ajouter que maintenant qu'une telle chose est faite, nous allons beaucoup mieux. 

Oh, et si vous vous demandez comment il est possible d'évoquer "What's new ?" et Nelson Riddle  sans proposer la version par Sinatra que Riddle arrangea et qui fut l'un des innombrables tubes de l'homme à la voix d'or dans les années 50, la raison en est fort simple : il faut bien garder quelques surprises pour la compilation qui suit, non ?




Et pour télécharger tout ceci, normalement, vous savez comment faire.