Parce qu'à trois, c'est aussi bien qu'à deux, sinon mieux : Soyons-Suave est heureux de vous offrir trois Wunderbar.
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mercredi 27 juillet 2022
jeudi 5 août 2021
Et maintenant chantons !
Avec plus de 300 versions répertoriées, "My heart belongs to daddy" nous laisse, contrairement à d'autres chansons de la semaine un peu plus obscures, face à des choix cornéliens puisque nous ne disposons que de 5 épisodes et qu'il serait sans doute fastidieux de vous en proposer chaque jour 12 enregistrements différents, même formidables.
Ella Fitzgerald, déjà entendue mardi, présente par exemple un cas intéressant puisqu'elle grava 5 fois au cours de sa longue carrière le titre de Cole Porter, avec lequel elle n'est pourtant pas traditionnellement associée : avec Chick Webb, en concert, en version slow, en version twist et option grand orchestre. Et pour entendre tout ceci, nous vous laissons vous aventurer sur les internets par vos propres moyens.
Le tournant exotique de "My heart belongs to daddy" à partir de la fin des années 50 nous touche évidemment droit au coeur, puisque nous sommes incapables de résister au mambo, au cha cha et aux tentatives de twist sur n'importe quel standard, raison pour laquelle nous bénissons, entre autre, la période disco.
"Della Della cha cha cha" qui date de 1960 est à ce titre un monument et la preuve éblouissante que tout peut finalement se jouer en trois temps. Et peu importe le phrasé en apnée de Della Reese qui découpe les mots de façon très inattendue et dont nous comprenons qu'il peut en heurter certains : c'est magnifique et essentiel !
Beaucoup plus confidentiel et parce qu'on ne peut décemment pas envisager une saga musicale sans version instrumentale, Sal Sicari et son orchestre Rio Madrid (???), sur lequel les informations sont rares, devancera d'un an Della et proposera en 1959 cette version qui accompagnera vos garden party comme votre session de repassage, avant de retourner à ses principales occupations : chef d'orchestre et arrangeur.
Mais ce que nous ne sommes pas peu fiers de partager avec vous ce soir, c'est indubitablement la version hispanique que nous devons à Claudine Coppin, notre copine à casquette mais pas que, dont nous découvrons qu'elle eut deux maris mais surtout une très belle carrière en Espagne ce qui nous avait échappé.
Nous comprenons donc mieux cette dernière photo en mantilles qui nous intrigue depuis des années et réalisons qu'il y eut toujours une vie en dehors de "La Chance aux chansons".
Et c'est important d'être polyglotte aujourd'hui.
mercredi 4 août 2021
Et maintenant chantons !
Avec ce que nous vous expliquions hier, à savoir que lors de sa création, "My heart belongs to daddy" était chanté par une ingénue malgré tout un peu coquine, qui déclarait son amour à son sugar daddy tout en effectuant un strip-tease devant des hommes légèrement pantois, il est finalement logique que la chanson de Cole Porter se soit aussitôt fait mettre la main dessus par quelques séductrices professionnelles.
Nous parlons naturellement de chanteuses et d'actrices et non pas de demi-mondaines.
Fraîchement débarquée d'Allemagne et devenue en quelques semaines la nouvelle scandaleuse de Berlin, Hildegarde, parfois Knef, parfois Neff, ne pouvait décemment passer à côté de Cole Porter. Puisque c'est finalement dans "La belle de Moscou" version Broadway en 1956 qu'elle se fera connaître.
On écoute Hildegarde et nous sommes tout de suite au fin fond d'un cabaret. Que se passe-t-il, par contre, lorsqu'on écoute Eartha Kitt ? On transpire un peu, bien entendu, on a potentiellement quelques démangeaisons au creux de l'échine (tous ces Grrr, ça gratouille l'épiderme) et on tombe amoureux.
Mais la grande séductrice officielle de la chanson populaire américaine, c'est évidemment Julie London, rousse, sculpturale et souvent alitée, en tout cas sur les pochettes de ses albums qu'il convient de collectionner en cas d'ennui.
Redisons ici ce que nous avons certainement déjà évoqué : que Julie London était si timide qu'on finit par installer un studio d'enregistrement à son domicile (son salon ? sa chambre ?), ce qui peut expliquer, avec une laryngite chronique, cette impression que lorsqu'elle chante, Julie susurre à nos oreilles.
Ou à celles de son daddy.
mardi 3 août 2021
Et maintenant chantons !
Associée à jamais à Marilyn pour son interprétation en 1960 dans "Let's make love", "My heart belongs to daddy" était malgré tout à l'époque une vieillerie, considérablement dépoussiérée pour le film de Cukor. Car c'est en 1938 qu'on put entendre pour la première fois cette chanson, sur la scène de l'Imperial Theater de New York dans la pièce "Leave it to me"de Cole Porter.
Et ce sont finalement 3 charmantes demoiselles qui purent revendiquer d'avoir lancé la chanson dans les quelques mois qui suivirent sa venue au monde.
Débutons avec celle qui classa "My heart belongs to daddy" dans les hit parade, Bea Wain, délicieuse vocaliste de l'orchestre de Larry Clinton et pour l'histoire, première voix à avoir gravé sur disque "Over the rainbow" mais dont l'enregistrement resta bloqué par la MGM en attente de la sortie du Magicien d'Oz.
Cette version qui date de la toute fin de 1938 fut l'un des derniers disques de Bea pour Larry Clinton et l'un de ses derniers disques tout court. Début 1939, elle reprit sa liberté et se tourna vers une carrière radiophonique qu'elle exerça pratiquement jusqu'à sa mort en 2017 à l'âge de 100 ans !
Au même moment, un autre orchestre de danse s'attaquait à la composition de Cole Porter, l'orchestre de Chick Webb, qui venait d'engager une toute jeune chanteuse qui, d'après lui, ne ressemblait à rien mais semblait fort prometteuse. Ensemble ils en feront un tube en 1939.
Ella ! Notre amour pour la vie ! Alors âgée d'à peine 22 ans, mais chantant depuis l'âge de 17 ans ! Avec l'orchestre de Chick Webb, elle enregistrera plus de 150 titres, reprendra son orchestre à sa mort en 1939, sans imaginer qu'elle serait un jour la plus grande chanteuse du monde et seule en scène, sans une formation derrière elle.
En ce début de 1939, Ella chante encore comme une petite fille, c'est d'ailleurs ce qui vient de faire son succès avec "A ticket a tasket", sorte de comptine devenue depuis un standard et qu'on peut voir Ella chanter dans le film "Ride 'em cowboy" en 1942.
Bea fait donc de "My heart belongs to daddy" un tube, Ella confirme dans les mois qui suivent mais il serait criminel de ne pas terminer ce billet par la créatrice, celle qui le chanta sur scène pour la première fois : Mary Martin.
Légende de Broadway, après tout elle a tout de même créé sur scène "South Pacific" et "La mélodie du bonheur", Mary Martin ne nous a pourtant jamais affolés, la voix, le physique, on ne sait pas mais en tout cas, beaucoup trop cul cul la praline à notre goût, voilà pourquoi nous lui avons toujours préféré sa grande rivale Ethel Merman.
Mais c'est peut-être ce qui est drôle avec Mary Martin, si fragile et si féminine face à l'uber butch Ethel, qui était pourtant férocement hétérosexuelle quand Mary cachait ses liaisons avec des dames, par exemple dans des mariages de convenances, par exemple avec Benjamin Hagman qui lui donna un fils, Larry, oui, J.R. de Dallas.
En 1938 c'est avec "My heart belongs to daddy" qu'elle faisait ses débuts à l'âge de 25 ans et c'est ceci qui lança sa longue carrière. Elle jouait une ingénue très amoureuse de son protecteur très riche, le Daddy de la chanson, et coincée accidentellement en Sibérie entourée uniquement d'hommes, elle déclarait qu'elle n'aimait que lui tout en faisant un strip-tease. On comprend que ça lance une carrière.
lundi 2 août 2021
Et maintenant chantons !
Attention pour cette 5e saga musicale, nous abordons comme vous ne pouvez l'ignorer en jetant un coup d'oeil ci-dessus, un standard absolu, le divin "My heart belongs to daddy" de Cole Porter, créé en 1938 mais dont Marilyn offrait en 1960 une sorte de version définitive, en collant et gros pull et accessoirement Yves Montand dans la pénombre.
Petit rappel toujours utile : avec "Let's make love", alias de façon bien plus édulcorée "Le Milliardaire", Marilyn tournait son avant dernier film complet puisque son dernier film officiel, "Something's got to give" ne fut jamais achevé. Oeuvre un peu étrange et musicale pour quelqu'un qui ne souhaitait plus chanter et danser dans une production, il est difficile pourtant de se lasser des passages musicaux de "Let's make love" et en particulier de cette ode à Papa.
Nous allons donc passer la semaine non pas en compagnie de Marilyn mais de "My heart belongs to daddy", qui grâce à elle se doit de débuter par "Mon coeur est à papa, you know, le propriétaire" ce qui ne fut pas du tout le cas à la création de la chanson.
Mais d'ailleurs cette introduction, où est-elle ? Eh bien elle arrive puisque pour d'obscures questions de droits, il est impossible de trouver le numéro dans son intégralité sur Youtube. Un ami a cependant eut la bonne idée de le découper en deux parties.
Vous serez donc gentils de tout remettre dans l'ordre, merci. Mais qu'elle était belle...
lundi 27 juillet 2020
Le Quizz de l'été volume 4
Comme chaque été, le Quizz du lundi prend sa forme estival c'est à dire qu'il n'est plus question de rendre son identité à un invité ou une invitée mystère mais d'identifier un film à partir de captures qui en sont issues.
Si au départ, il n'y a pas grand monde sur les photos, plus les jours passent, plus elles se peuplent.
Vous identifiez le film dès lundi, vous remportez trois points, deux points si vous parvenez à cela grâce aux indices du mercredi et un seul grâce à ceux du vendredi. En fin d'été, nous faisons le compte et couronnons la triomphatrice ou le triomphateur de l'été.
Souvenez-vous que cet été, nous explorons des films à tendance très musicale et allons jusqu'à des chefs d'oeuvre... en tout cas pour nous. Une idée ? Trois points quelqu'un ? A vos cellules grises !
Quant au Quizz de la semaine dernière, il s'agissait bien de "Haute Société" alias "High Society", film de Charles Walters sorti en 1956 et donc nous vous parlions et partagions la BO lors du centième numéro de "Soyons-Suave weekend" ici-même. Et nous venons d'ailleurs de recréer un lien zip puisque le précédent avait mystérieusement disparu...
Félicitations à Gatsby qui s'empare des 3 points ce qui donne comme classement provisoire alors que juillet se termine :
- Gatsby : 6 points
- Mikebench : 2 points
Un suspense à boucher un cornet de trompette, non ?
Souvenez-vous que cet été, nous explorons des films à tendance très musicale et allons jusqu'à des chefs d'oeuvre... en tout cas pour nous. Une idée ? Trois points quelqu'un ? A vos cellules grises !
Quant au Quizz de la semaine dernière, il s'agissait bien de "Haute Société" alias "High Society", film de Charles Walters sorti en 1956 et donc nous vous parlions et partagions la BO lors du centième numéro de "Soyons-Suave weekend" ici-même. Et nous venons d'ailleurs de recréer un lien zip puisque le précédent avait mystérieusement disparu...
Félicitations à Gatsby qui s'empare des 3 points ce qui donne comme classement provisoire alors que juillet se termine :
- Gatsby : 6 points
- Mikebench : 2 points
Un suspense à boucher un cornet de trompette, non ?
lundi 2 décembre 2019
La fin du Quizz de Gatsby.
Eh bien ! Eh bien ! Eh bien ! Que d'agitation pour une demi-jambe, comme on dit dans le monde merveilleux de l'épilation, une cheville, un mollet et la naissance d'un genou qui appartenaient bien à Zizi Jeanmaire dans "Anything goes", une de ses rares incursions à Hollywood lorsqu'elle se prénommait encore Renée et que les américains préféraient Jeanmaire.
Kranzler, vous qui n'êtes jamais très loin des Quizz, voyez cette semaine votre nom en noir sur gris et recevez comme il se doit nos félicitations et nos remerciements pour avoir mis fin à ce qui pouvait devenir un suspense insupportable. Bravo et donc merci !
Production Paramount de 1956 réalisée par Robert Lewis qui avait pourtant fort à faire entre sa carrière d'acteur mais surtout celle de metteur en scène à Broadway ("Brigadoon") et de créateur de l'Actor Studio, "Anything goes" incarne par bien des aspects ce que furent les dernières comédies musicales de l'âge d'or hollywoodien : des tentatives un rien désespérées de prolonger une magie qui s'était déjà envolée depuis quelques années.
Si jusqu'au début des années 50, ils suffisaient aux studios de réunir de grands talents afin qu'ils donnent naissance à un spectacle inoubliable (pensons MGM et "Chantons sous la pluie" par exemple), à partir du milieu de la décennie, l'impression qui domine est davantage celle d'une sorte de cuisine du placard : voyons ce que nous avons en stock et comment tout cela peut s'organiser.
"Anything goes" propose donc des chansons de Cole Porter mais pas que et pas non plus le livret du spectacle original de Broadway, un crooner, Bing Crosby donc des chansons un peu molles, un joyeux comédien danseur, Donald O'Connor donc des numéros sautillants et deux danseuses averties, donc des solos tout en jambe.
On pouvait raisonnablement penser que la Paramount ne se ferait pourtant pas prendre deux fois au même piège puisque déjà en 1936 et déjà avec Bing Crosby, le studio s'était essayé à une transposition sur grand écran de la comédie musicale de Cole Porter qui avait été un triomphe à Broadway lors de sa création en 1934.
Les paroles de Cole Porter étant parfois un peu trop sophistiquées et souvent un peu trop provocatrices, de nombreux lyrics avaient alors été modifiés, certaines chansons purement et simplement coupées, ce qui avait amené les critiques à proclamer que le film n'avait aucun intérêt, si ce n'est de pouvoir voir sur grand écran Ethel Merman qui avait eu, pour une fois, la possibilité de reprendre son rôle au cinéma.
On est donc parfois un peu sot à Hollywood. Le film de 1956 est tout autant anecdotique que celui de 1936 et c'est donc sur scène qu'il convient d'aller fredonner "You're the top", "I get a kick out of you" ou évidemment "Anything goes". Nous avons vérifié : absolument toutes les reprises sur scène du show furent des triomphes, en 1987 avec Patti LuPone, en 2011 avec Sutton Foster (qui repartit avec un Tony) et même à Londres en 1935, le spectacle qui permit aux britanniques de faire la connaissance de la française Jeanne Aubert, immortelle créatrice par ailleurs de "Mon cul sur la commode", une amie.
Ah, on nous signale un autre échec : la version télévisée de 1954 avec Ethel Merman, encore elle, et Frank Sinatra, qui fut un cauchemar de production tant les deux stars se détestèrent durant le tournage.
Mais Zizi dans tout cela ? Sa présence au générique du film Paramount s'explique par son séjour alors à Los Angeles et la tentative d'une carrière américaine, commencée grâce à Howard Hugues en 1952 pour "Hans Christian Andersen et la danseuse", la comédie musicale à Broadway "The girl in pink tights" et le succès d'une certaine Leslie Caron, sous contrat avec la MGM et qui prouvait que le public pouvait aimer une jeune femme au cheveux très courts avec une prédilection pour les pointes.
Ajoutons que Roland Petit, responsable de la carrière de Leslie Caron, était depuis 54 l'époux de Zizi et un chorégraphe très en demande à Hollywood. Il était donc sans doute plus pratique de travailler au même endroit. Comprenant finalement que la capitale du cinéma n'avait pas grand chose à leur offrir, Zizi et Roland rentrèrent en France avec le succès que l'on sait.
L'Amérique connut donc une courte période de "folie Jeanmaire" : couvertures de magazines, enregistrements de disques, premières, reportages et publicités, qui prouvaient que, comme toute danseuse et sportive de haut niveau qui se respecte, Zizi choisissait avec attention ses cigarettes. Elle revint occasionnellement aux USA avec ses propres shows, chorégraphiés, évidemment, par Roland Petit et lors d'une reprise de "Cancan" sur scène en 1981.
Mais alors que nous nous demandons comment va Zizi à l'approche de ses 96 ans, deux petites choses rigolotes. En épluchant le programme de "The girl in Pink tights", créé à Broadway en 1954, nous avons découvert dans la distribution deux noms qui allaient être fort connus : le jeune Gregory Hines et la soprano Marni Nixon, future voix de Natalie Wood dans "West side story" et de Audrey Hepburn dans "My fair lady".
Et en déroulant le fil des reprises de "Anything goes" sur scène, nous sommes tombés sur une production datant de 1969, à Londres, avec dans le rôle féminin principal notre très chère amie Marion/Marian Montgomery.
Et tout cela est fou, non ?
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