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mardi 27 juillet 2021

Et maintenant chantons !


Si l'histoire de la chanson "I'm late" est assez simple : elle fut commandée par Walt Disney au tandem Sammy Fain et Bob Hilliard en même temps que 40 autres afin de créer un fond musical et donner une touche Disney à "Alice", car un Disney doit chanter comme personne ne l'ignore, et si possible remporter l'Oscar de la meilleure chanson, celle de la parution de la bande originale du film fut une toute autre paire de manches, pratiquement une suave heure de l'histoire contemporaine qui vous ravit lors de nos supplément weekend, pour vous dire ! 

Sorti sur les écran en 1951, "Alice au pays des merveilles" dut faire face à une petite contrariété : depuis 1944, la firme Decca possédait les droits d'exploitation sur disques de toute adaptation musicale de l'oeuvre de Lewis Carroll, obtenus afin de sortir "Ginger Rogers raconte Alice au pays des Merveilles" (et incarne au passage Alice). 






















La bande son du film de Disney ne pouvait donc sortir que chez Decca, cependant la firme décida que ce n'était pas une bonne idée. Donc pas de disque du film, ce qui contribua aux sentiments très négatifs de Walt lui-même envers cette production qu'il détestait. La BO ne sera finalement disponible en Cd pour la première fois qu'en 1996 ! 

Est-ce à dire qu'on ne put pas entendre les chansons du films en dehors des salles de cinéma ? Que nenni. Si Disney était privé de bande originale officielle, les chansons, elles, pouvaient se promener et être enregistrées comme n'importe quel titre. 

Et c'est ainsi que dès 1951, le public eut droit à son lot de "I'm late", par Rosemary Clooney, par Mary Martin et même, plus surprenant, par les Modernaires, le groupe vocal qui accompagnait Glenn Miller. 
























Mais quel est donc alors ce mystérieux album, paru chez Disneyland records, et qui ouvre ce billet ? Eh bien tout simplement la réponse du berger à la bergère. Furieux du blocus de la bande originale par Decca, Walt Disney décida qu'il était temps de créer son propre label et réseau de distribution de disques. 

Ne pouvant toujours pas sortir la musique du film, on réenregistra, avec l'aide de l'impeccable arrangeur et chef d'orchestre Salvador Camarata une version ultra orchestrale d'Alice, où l'interprète originale Kathryn Beaumont fut remplacée par Darlene Gillespie dans une sorte de guerre des Alice. Pendant 45 ans, ce fut considéré comme la version de référence du film de Disney, parfois racontée par quelques célébrités et avec des pochettes s'accordant aux différentes époques.

Nous sommes persuadés que la suavitude tient à peu de choses. Nous aurions sans doute été moins suaves si nous n'avions pas été bercé dans notre enfance par la voix de Sophie Desmarets racontant "Pinocchio". Pour "Alice" ce fut Geneviève Casile. Franchement, c'est tout aussi bien. 


























Walt Disney ayant toujours soigné les sorties à l'étranger de ses productions, la France eut donc droit à une version très luxe de la bande originale pas vraiment originale mais presque. 

Alors qu'au même moment le jazz s'intéressait à Alice. Mais ça, c'est pour demain. 

lundi 30 juillet 2018

Et maintenant chantons !




La vidéo ci-dessus est une sorte de document historique puisque cet extrait du film "Sun Valley serenade" de 1941 fixe sur images et pour l'éternité l'une des plus formidables machines à danser ayant jamais existé : l'orchestre de Glenn Miller, accompagné des Modernaires, aidés par la chanteuse Paula Kelly et l'organe souple et suave de Tex Beneke, saxophoniste de l'orchestre de Miller, avec la participation exceptionnelle de Dorothy Dandridge et des Nicholas Brothers dans une séquence facilement escamotable dans les états du Sud des Etats Unis. Et que ce titre devint officiellement le premier disque d'or de l'Histoire ajoute un petit quelque chose à la légende. 

Trois ans plus tard, Glenn Miller disparaissait dans un accident d'avion, laissant orphelins des millions de fans et l'ensemble des membres de son orchestre qui se demandaient bien ce qu'ils allaient bien pouvoir faire désormais. 

Pour les Modernaires, quatuor vocal qui accompagnait Miller depuis seulement un an mais chantait pour des orchestres depuis 1936, la réponse fut simple : on continue. Et puisque Paula Kelly harmonisait parfaitement avec le groupe (et venait accessoirement d'épouser un des membres), le quatuor devint un quintet et les Modernaires devinrent The Modernaires with Paula Kelly. 






















Jusqu'au départ de Kelly au début des années 70, les Modernaires, enregistrant sous leur nom propre, vont cependant continuer de faire vivre l'esprit de Glenn Miller en tournant constamment avec le Glenn Miller Orchestra désormais sans son leader mais toujours aussi populaire. Entre 1950 et 1990, ils vont être omniprésents à la télévision, à la radio (surtout jusqu'aux années 60) et vont enregistrer une quinzaine d'albums dont les trois-quart d'hommage à leur mentor mais avec parfois des choix acrobatiques, comme cet album jeune pour lequel ils se feront appeler les "Mods" et sur lequel ils reprendront du Herb Alpert !!! 

En tout cas, Les Modernaires vont être les premiers "chanteurs d'orchestre" à prendre, un peu forcés, leur indépendance et à entamer une carrière "solo", ce que vont se mettre à faire la plupart des groupes vocaux affiliés à une formation lors de la dissolution de la majorité des big bands à partir des années 50. 

C'est avec ces groupes que nous allons passer la semaine. Yeah ! Et c'est encore mieux lorsqu'ils se mettent à chanter des choses un peu éloignées de leur répertoire. 

vendredi 23 décembre 2011

Le cadeau suave du jour !


Alors que votre disque dur commence peut-être à chauffer, ventilez-le encore un peu puisque nous allons swinguer Noël aujourd'hui, en compagnie de Tex Beneke, les Modernaires, avec Paula Kelly (on ne dit jamais les Modernaires mais toujours les Modernaires ET Paula Kelly) et Ray Eberley.

Si nous réfléchissons, il nous manquait incontestablement un big band depuis samedi dernier et qui dit big band dit Glenn Miller, c'est en tout cas le résultat auquel nous parvenons. Crée en 1937, le Glenn Miller orchestra va devenir la plus phénoménale machine à danser de la seconde guerre mondiale, jusqu'au décès de Miller en 1944 alors que son avion volait au-dessus de la Manche en se rendant en Angleterre pour un concert destiné à soutenir le moral des troupes.



Le succès de Glenn Miller tint autant à ses composition qu'à ses chanteurs. Ray Eberle tout d'abord, un temps rival de Frank Sinatra, la voix du Tommy Dorsey orchestra, est l’interprète original de "At last", repris depuis par à peu près tout le monde. Un orchestre ne s'envisageant pas sans groupe vocal, les Modernaires assurèrent les divines mélodie des chansons de Glenn et enregistrèrent le premier morceau officiellement reconnu disque d'or, "Chattanooga choo-choo". Tex Beneke enfin, saxophoniste de l'orchestre, chanteur et play-boy possédait indiscutablement, le génie du rythme et les mâchoires les plus carrées du swing.

En 1965, la famille orpheline se réunissait pour célébrer les fêtes tout en rendant hommage à Glenn. Si Tex et les Modernaires, avec Paula Kelly, sont au mieux de leur forme, Ray n'est pas au sommet de sa diction mais le swing est là. Les titres figurent sur la pochette. Roulez les tapis, joyeux Noël et bonne écoute.


Et pour télécharger tout cela au format zip, vous savez comment faire.