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vendredi 10 juillet 2020

Et maintenant dansons !



































Avant d'en arriver à Claude François et son halo du plus bel effet, revenons sur le point de détail sur lequel nous insistons lourdement depuis lundi à propos de "Gonna get along without you now" : le choix, en fonction des interprètes et des époques, d'accompagner notre chanson de la semaine de "Han Han", "Mmm Mmm" et dans certains cas de "My honey" ou enfin de "Boum Boum". 

Et c'est alors que vous réalisez que tout ce que vous lisez ici n'est ni le fruit du hasard, ni le résultat d'une improvisation de dernière seconde puisque dès mardi, nous vous expliquions que retracer le parcours de "Gonna get along..." depuis sa création était parfois un peu complexe puisque la chose ne fut pas toujours enregistrée sous ce titre. 

Premier exemple avec nos amies (depuis l'année dernière, c'était même ici) les Bell Sisters qui en 1956 ne souffrait plus, entre elles, de la différence de taille qui provoqua beaucoup de moqueries à leur début mais étaient déjà à deux doigts de prendre leur retraite discographique, à respectivement 16 et 21 ans. 




































Lorsqu'on débute sa carrière en composant un single intitulé "Bermuda", on est un peu obligé de rester dans les rythmes caribéens, ce qui explique cette unique exploitation de "Gonna get along without you" de façon tropicale, sous le titre donc de "Boom Boom my Honey", ce qui nous permet de rayer deux onomatopées de notre liste initiale.

Avançons en 1970 au moment où en France, Claude François se dit qu'il manque quelque chose de crucial à sa vie et sa carrière : non un nouveau collaborateur à persécuter ou une nouvelle Claudette mais un album pour les tous petits, histoire de commencer à préparer son public dès le plus jeune âge.

L'album "Le monde merveilleux de Claude François" va être un immense succès, donnant lieu à des soirées spéciales à la télévision et à une couverture médiatique impressionnante. On y trouve des chansons originales mais aussi des versions françaises de tubes anglo-saxons dont... "Boum Boum".





"Un vieux monsieur", "un gros bonhomme", "une musique enchantée" et surtout 1m47 ? Pas de doute, la chose était bien destinée aux enfants et se retrouve rarement sur les compilations des plus grands succès de monsieur François. C'est dommage car la chose nous offrait un inattendu "shalala" jusque là jamais osé. Mais c'était tout Claude ça, le risque, la folie, la surprise.

Country, disco, twist, jazz, chantée par des adolescentes ou pour des bambins surtout ravis d'avoir une sucette, la chanson "Gonna get along without you" a tellement été ressuscitée en 70 ans d'existence qu'on peut se dire que ce n'est pas fini.

Sa dernière apparition date de 2010 sur un album du duo un peu neurasthénique She and Him, que vous retrouverez sur la suave compilation qui suit, accompagnée de tout ce que vous avez pu entendre depuis lundi, avec en bonus, la version obligatoire de monsieur "C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes", alias Trini Lopez.









Et pour télécharger 12 magnifiques versions, pas 11, pas 13, mais 12, au format zip, vous savez comment faire. 

mercredi 18 juillet 2018

Et maintenant chantons !




Inconnues en 1951, stars du disque en 1952 et quasiment retraitées en 1954, les Bell Sisters, Cynthia et Kay Strother de leur vrai nom, sont une curiosité dont peut-être certaines personnes se souviennent encore, essentiellement en raison du tube écrit par Cynthia et qu'elles vendirent à plus d'un million d'exemplaires : le "Bermuda" ci-dessus. 

L'histoire des sœurs Strother est en fait un conte : Cynthia, 16 ans, écrivait dans son coin des chansons qu'elle rêvait de voir remporter le premier prix d'un concours organisé chaque semaine sur une chaîne de TV locale à Los Angeles. Après deux échecs en solo, elle enrôla sa petite sœur Kay, 11 et retenta sa chance avec "Bermuda", qui non seulement remporta le premier prix mais tapa surtout dans l'oreille d'Henry René, alors arrangeur / producteur chez RCA qui acheta la chanson, signa les sœurs et les envoya dare-dare en studio enregistrer la chose avant qu'une autre vedette maison ne mette la main dessus. 




  
































Sortie des presses de RCA fin 1951, en mars 52, "Bermuda" était 7ème des hit-parade, se vendait comme des petites pains et les soeurs rebaptisées Bell faisaient la première partie de Nat King Cole, étaient les invitées spéciales du show de Diana Shore sur NBC et de celui de Sinatra sur CBS et recevaient des propositions de Hollywood. 

Aussi pendant deux ans, les soeurs Bell vont être partout, y compris en Corée pour soutenir le moral des troupes ou au générique de "Those redheads from Seatle", curieux western musical tourné en 3D avec Agnes Moorehead, ce qui fait beaucoup d'éléments sur lesquels nous pourrions nous arrêter quelques jours pour un seul film. 





































Finalement, en 1955, Cynthia, à l'origine de tout et après une vingtaine de titres gravés en compagnie de sa soeur en à peine 3 ans, décida qu'elle avait envie de se consacrer à sa vie privée. Elle se maria, eut 4 enfants et devint monitrice de natation pour enfants handicapés, ce que nous n'aurions pas pu inventer même avec beaucoup d'imagination. 

Kay, devenue une charmante jeune femme, continua un temps et devint même la chanteuse attitrée du Space Bar de Disneyland à partir de 1961, une sorte de Club Playboy mais à la sauce Oncle Walt. En compagnie de son groupe les Spacemen, elle enregistra quelques 45 tours assez formidables et souvent de sa composition, avant de décrocher son diplôme d'institutrice, qu'elle pensait ne jamais utiliser, sentant une signature prochaine chez Capitol qui ne se fera jamais. 

Les deux soeurs sont toujours parmi nous, il est fort possible qu'elles harmonisent encore à l'occasion en compagnie de leurs 5 autres frères et soeurs mais dieu merci, elles ne nous infligèrent jamais de grande formation familiale. Une seule famille King suffit, si vous voulez notre avis.