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mercredi 30 mai 2018

La question suave du jour : y a-t-il du monde au balcon ?


































Si personne n'ignore que Jean Genet fit une intrusion remarquée au cinéma avec son "Chant d'amour" et offrit "Querelle" à Fassbinder et "Poison" à Todd Haynes, sans parler de "Mademoiselle" à Tony Richardson, n'oublie-t-on pas qu'en 1963, le réalisateur Joseph Strick s'attaqua à l'adaptation de la pièce "Le Balcon", film vaguement trouvable aujourd'hui dans d'obscures éditions dvd et qui lors de sa sortie, n'affola pas grand monde si ce n'est les censeurs. 

Pourtant, si ce n'est pas là une production au casting affriolant, alors nous ne savons plus ce qu'est une production au casting affriolant. Illustrations : 





















































Plus qu'un générique, un rêve : Shelley Winters endossant pour la première fois un rôle de Madame, Lee Grant, Leonard Nimoy pré Star Trek et Peter Falk bien avant Colombo, et la délicieuse Ruby Dee qu'on ne vit plus jamais de la même façon après ceci : 



Déconcertant, choquant bien que très expurgé par rapport à la pièce originale et recevant la bénédiction de Genet lui-même, il y a définitivement du monde à ce "Balcon" qui offrit de merveilleuses affiches au monde mais parmi lesquelles nous ne sommes pas parvenus à dénicher une seule création française...




































Mais peu importe, le film est disponible en intégralité sur Youtube ici-même et vient de nous donner l'occasion de créer un tag "Jean Genet", ce qui est finalement la vraie surprise du jour, même pour nous. 

lundi 20 juin 2016

La fin du Quizz de Céline de la Saga.
































Généralement, lorsqu'un Quizz décède dans les 10 minutes qui suivent sa parution, nous savons que : 1) il était très facile, mais ce qui n'arrive jamais 2) un suprême pourfendeur de photo mystère s'est connecté à temps. 

Retenons la deuxième solution puisque c'est Marianne qui a su rendre à Beau Bridges son identité et qui voit donc son nom en noir sur gris cette semaine sur Soyons-Suave, ce qui n'était pas arrivé depuis quelques temps, n'est-il pas ? Marianne, recevez de plus nos chaleureuses félicitations et notre admiration. Si si. 


































Il fallait bien qu'un jour ou l'autre nous parlions de Beau et de ce film étonnant, "The Landlord" alias "Le propriétaire", sorti en 1970 et première réalisation de Hal Ashby, qui dans les années qui suivront, livrera au monde "Harold et Maud", "Shampoo" ou le très oscarisé "Le retour" avec Jane Fonda. 

"The landlord" et son affiche si subtile, raconte comment un jeune héritier, très blanc, décide de faire quelque chose de sa vie en devenant propriétaire d'un immeuble à Brooklyn, exclusivement habité par des afro-américains, au RMI si une telle chose existait aux USA. Il souhaite en faire un immeuble de luxe mais succombe peu à peu à la bonhomie des habitants et à leurs charmes et ce n'est pas une mais deux histoires qu'il vivra avec deux locataires dont une finira enceinte et l'autre à son bras. 























On pourrait voir dans "The Landlord" une fable politique, mettant en scène en ce début des années 70 des romances interraciales et une certaine confrontation entre l'activisme black panther et la société blanche de l'époque. Détrompez-vous : ce film est une ode à Lee Grant, qui en mère de Beau Bridges, se retrouvera d'ailleurs en piste pour l'oscar de la meilleure actrice dans un second rôle. 

Car, et c'est précisément où "The Landlord" est là où on ne l'attendait pas forcément, le film est en fait une farce, parfois très drôle, parfois très déconcertante, une sorte de Case de l'Oncle Tom à peine caricaturale (euphémisme) dans laquelle jouerait Malcom X. Et il sombrera dans l'oubli pratiquement dès sa sortie, ne faisant aucune entrée. Ce qui implique, mais vous l'avez deviné, qu'il est aujourd'hui forcément culte. 



La séquence ci-dessus possède une de nos répliques préférées du film, lors d'une très éthérée confrontation entre Beau et sa mère. "Tu es bien un Lion" lui dit-elle. "Non maman, je suis Cancer" lui répond-il. "Vraiment ? Quand es-tu né déjà ?"... Une mère comme on les aime et comme les affectionnent particulièrement Valentine Deluxe et BBjane Hudson sur "Mein Camp".

Si nous connaissions "The Landlord" essentiellement en raison de Lee Grant, nous avons réalisé qu'en dehors de "Norma Rae" et des "Baker boys", with Michelle Pfeiffer, la carrière de Beau Bridges était pour nous un mystère. Quelques minutes plus tard, nous comprenions pourquoi : au cours des années 70, qui auraient du le propulser dans le star système, Beau a tourné avec de grands réalisateurs mais généralement dans leur film qui n'a pas marché. Car Norman Jewison, Stanley Kramer, Sidney Lumet, ce n'est pas rien. Mais alors ce qui suit...





































Disons donc qu'à la différence de son petit frère, Beau n'a pas eu de chance. Ou n'a pas su choisir. Ou n'a pas eu de chance.

Et c'est alors le moment de vous rappeler que Beau est bien le frère de Jeff et donc le fils de Lloyd, une dynastie comme on les aime parce que cela donne toujours de jolies photos de famille.



















Depuis le début des années 90, Beau a semble-t-il accepté d'être, des Bridges, celui qui travaille beaucoup sans pour autant en recevoir la gloire. Sa filmographie est impressionnante, que de films, que de téléfilms, que d'apparitions à la télévision, et elle continue de l'être. Au même moment, son frère Jeff passait dans une autre dimension : "The Fisher King", "The big Lebowski", "Ironman", "True Grit", plus des occasions de cabotiner pour beaucoup d'argent dans d'énormes productions. Tout en optant définitivement pour une importante pilosité faciale.

La leçon a visiblement été retenue par le fils de Beau, Jordan, lui aussi comédien, qui, parfaitement rasé comme papa, ne s'est vu offrir que des utilités à la télévision mais qui occasionnellement fourni comme tonton, a intrigué au point qu'il est une des vedettes aujourd'hui de la série "Rizzoli et Isles".















Le poil est donc le secret. Retenons bien la leçon.

lundi 18 juin 2012

Pendant ce temps, à Hollywood...



Lee aurait beau faire, on l'a reconnue...

La fin du Quizz de Dsata.



Souvenons-nous : il y a 15 jours (oui, 15 jours), Bruno venait à la rescousse du Quizz de Dsata et démasquait Lee Grant quand beaucoup de suaves visiteurs semblaient totalement perdus. Nous ne reviendrons pas sur l'absence momentanée de clairvoyance de mademoiselle Valentine DeLuxe qui ne voulut sans doute pas reconnaître l'immense interprète des "naufragés du 747" sous la perruque.

Saluons plutôt, avec retard, certes, mais avec d'autant plus de fougue, la victoire de Bruno qui voit donc son nom et par deux fois, en noir sur gris sur Soyons-Suave ( Bruno Bruno) et qui reçoit notre admiration émerveillée. Bruno, vous avez su écouter cette petite voix qui vous sussurait "c'est elle". Que cela soit un exemple pour nous tous.


Ayant déjà évoqué le film catastrophe cher à Valentine ( relisez pour vous convaincre de sa puissance inégalée le cri du coeur que Valentine consacra à Lee ici même), il ne nous reste plus qu'à taper les 4 mots magiques que sont "La Vallée des poupées" et nous pourrions pratiquement aller nous coucher.

Quand on a irradié de sa présence deux chefs d'oeuvre comme ceux-ci, on peut mourir tranquille. Lee Grant ne fit pas que cela mais déjà pour cela, elle mérite notre admiration éternelle. C'est pourquoi nous n'évoquerons pas ses années de disette pour cause de "réputation difficile", pas plus que sa tendance à légèrement surjouer, surtout en présence de partenaire potentiellement dangereux. Non, préférons rappeler que Lee Grant reçut un oscar pour s'être fait masser le cuir chevelu par Warren Beatty dans "Shampoo".



D'où provenait donc cette curieuse et peu flatteuse photo de Lee ? De nulle part ailleurs que "Mulholland Drive", l'expérience cinématographique de David Lynch qui faillit être une série télévisée pour ABC et finit en long-métrage cannois grâce à Canal +.

Vous connaissez sans doute les péripéties qui entourèrent le tournage de ce film sorti en 2001, arrêté, remanié, remonté, re-filmé. Savoir qu'il devait au départ donner lieu à un feuilleton permet de mieux comprendre, non pas le propos qui restera pour l'éternité mystérieux, mais la surabondance de seconds rôles, dont Lee et Ann Miller, supposés être développés mais qui, par la force des choses, ne le seront pas. Selon toute vraisemblance, Lee Grant devait être une sorte de "femme à la bûche" de Twin Peaks. Quel dommage qu'elle ne soit qu'une "folle en capuche" dans la version cinéma.



Si "Mulholland Drive" fut le premier film important de ses deux interprètes féminines principales, il fut le dernier tourné par Ann Miller et l'avant-dernier pour Lee si l'on en croit IMDB. L'ayant revu récemment, nous avons pleinement pris conscience de ce qui nous avait échappé jusqu'alors (et sans doute sommes-nous les seuls) : qu'il était une sorte de réinterprétation de "Sunset Boulevard".

Car enfin : Sunset et Mulholland, le cinéma, une passion dévorante poussant au meurtre, le portail de la Paramount, et une pléiade de vieux couteaux qu'on avait pratiquement oublié... Il nous a fallu quelques temps, par exemple, pour réaliser qu'apparaissaient bien sous nos yeux aux détours d'une séquence, Chad Everett et Robert Foster, à l'image des étoiles du muet qu'on peut croiser chez Wilder.



Plaçons cependant un bémol : si Buster Keaton ou HB Warner nous émeuvent dans "Boulevard du crépuscule", c'est en raison de ce qu'ils incarnent. Si Chad Everett et Robert Forster nous interpellent dans "Mulholland Drive", c'est parce qu'ils ont un peu changé.


Changés mais tout en restant fort présentables.

La question qui nous taraude pour finir et qui compromet légèrement notre théorie est que nous ne sommes pas certains que Lee Grant soit, elle, à 83 ans, prête pour son gros plan. Changée également. Présentable ? Ne répondons pas et rappelons-nous que nous sommes suaves.


dimanche 22 avril 2012