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mercredi 30 octobre 2019

La question du jour : est-ce plus suave avec des accessoires ?


































Lorsque nous songeons qu'il serait peut-être temps d'arrêter Soyons-Suave (idée qui passe puis disparaît, rassurez-vous...), invariablement, un nom, un film, une histoire surgit qui nous fait alors réaliser que nous n'en avons pas encore parlé sur nos pages et que c'est un manquement grave au projet initial de ce blog : rendre le monde plus suave et saluer ceux qui ont contribué à sa suavitude. 

Et s'il est un nom qui revient régulièrement, c'est incontestablement celui de Carl Van Vechten, journaliste, écrivain et photographe qui, selon la formule qui lui est généralement consacrée, participa dans les années 20 à la renaissance de Harlem. 

Afin de vous éviter une recherche de type "Harlem renaissance" sur Google, disons que Carl fut à l'origine de l'intérêt du public blanc pour la production artistique noire, dont le symbole le plus éclatant fut l'incroyable succès et l'influence du Cotton Club ou de l'Apollo Theater mais qui se manifesta par une curiosité totalement nouvelle pour la littérature afro-américaine. 



Faisons bref car ce n'est pas le sujet du jour, Carl Van Vechten, fabuleux dandy très blond, très blanc et très riche (fortune familiale), se maria deux fois par convenance tout en fréquentant de nombreux messieurs, et avait comme occupation officielle d'être journaliste musical et spécialisé dans la danse pour le New York Times ou Vanity Fair, une niche qu'il fut le premier à occuper à la manière d'un Baudelaire "inventant" la profession de critique d'art. 

Passionné par ce qu'il découvrait à Harlem, déclaré le quartier le plus intéressant de New York, Carl consacra livres et articles à la culture afro-américaine quand personne même ne soupçonnait qu'une telle chose puisse exister et passait son temps libre à organiser des dîners au cours desquels ils présentait des artistes et intellectuels noirs à des éditeurs et mécènes blancs, permettant aux premiers une exposition qu'ils n'auraient jamais cru possible. 

Mais ce qui est savoureux est la passion qui anima Carl pour la photographie, qu'il pratiqua en amateur d'abord en noir et blanc et, dès que cela fut possible, en couleurs, donnant naissance au premier portfolio des célébrités noires de l'histoire. Installé dans sa propre maison, son studio accueillit absolument tout le monde entre 1930 et sa mort en 1964, blancs, noirs, américains, étrangers de passage, avec un seul critère : qu'ils soient intéressants et un style inimitable : la science de l'accessoire étrange. Illustrations : 







































Notons une certaine tendresse pour les plumeaux aux couleurs chamarrées. 

Carl Van Vechten, qui devait avoir des malles d'objets rigolos, aimait en fait donner l'impression que ses clichés étaient plus des photos prises entre amis que des portraits figés, d'où ces fonds très hétéroclites, généralement des tentures accrochées rapidement ou des lais de papiers-peints tendus en croisant les doigts pour qu'ils ne s'écroulent pas. 

Il ne laissa même pas ses accessoires de côté lorsqu'il immortalisa Dali, Truman Capote ou Gertrude Stein, son amie et idole absolue. 




































Il jugea par contre, et pour une fois, que la sobriété convenait mieux lorsqu'il accueillit devant son appareil en 1948 le jeune Marlon Brando, alors en préparation de la pièce "Une Tramway nommé désir". 



































Dans certains cas, effectivement, moins c'est mieux. Surtout lorsqu'il s'agit d'une chemise, non ? 

dimanche 29 septembre 2013

La promenade du dimanche.

Puisqu'il n'est pas conseillé de rester une journée entière entre quatre murs et que l'air frais est en tout point salutaire, "Soyons-Suave weekend" vous suggère d'aller vous aventurer dans de nouvelles contrées, découvrir d'autres suaves horizons. 










Depuis le temps, peu de choses devrait encore parvenir à nous surprendre et pourtant, il n'y a pas une semaine sans que le monde merveilleux d'Internet ne parvienne à nous prouver que c'est bel et bien la plus belle invention humaine depuis celle de la machine à laver. 

La curiosité du jour s'appelle "Call on Dolly" et est consacrée à toutes ces femmes (et pas que...) qui eurent un jour la joie ou l'inconscience d'interpréter le rôle principal de ce mastodonte qui ouvrit ses portes à Broadway le 16 janvier 1964 : "Hello Dolly". 






































L'auteur du site, Richard Skinner, peut vraisemblablement être considéré comme le plus grand spécialiste mondial de "Hello Dolly", à tel point que la Dolly éternelle, Carol Channing, avoue l'appeler quand elle oublie un détail concernant le show dans lequel elle passa, pourtant, pratiquement toute sa carrière. 

Vous saurez donc tout sur Dolly Gallagher Levi, qui la joua, quand, pour combien de temps et vous vous souviendrez surtout que Ruth Gordon fut la Dolly originale, dans la pièce "The Matchmaker" qui inspira la comédie musicale. 






















Il semblerait que "Call on Dolly" ait été au départ conçu comme le site supposé accompagner la sortie de l'ouvrage de Richard Skipper sur le même sujet. Nous avons cherché, nous n'avons rien trouvé. Encore un coup du syndicat des imprimeurs, c'est sûr...