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vendredi 25 juillet 2025

Le trio du jour.








































Parce qu'à trois, c'est aussi bien qu'à deux, sinon mieux, Soyons-Suave est heureux de vous offrir un peu de rab'. Sinon franchement, c'est gâcher ! 

lundi 26 septembre 2016

La fin du Quizz de Lady Cancan.



































Non, suaves visiteurs, ce n'était pas Nancy Reagan (mais presque) et ce n'était pas non plus une robe de chambre (mais presque). Notre inconnue était bien Claudette Colbert dans l’inénarrable mini-série "The two Mrs Grensvilles" qui en 1987, fut la dernière apparition devant une caméra de la star née à St Mandé et lui permit de remporter son dernier Golden Globe. 

Nous expliquions lundi dernier que cette énigme était en fait une expérience puisque lors du précédent Quizz dont elle était la vedette en 2014, Claudette avait été démasquée par Didier qui ajoutait alors que sa coiffure la trahissait, inchangée depuis 1934. Nous voulions donc vérifier que cela était vrai. C'était sans compter la perspicacité de Vincent, qui voit cette semaine son nom en noir sur gris sur nos pages et qui vient d'ajouter un détail supplémentaire : un dos légèrement voûté reconnaissable entre mille. Vincent bravo, vous avez triomphé sans cheveux. C'est fort ! 




















Triomphe à la télévision lors de sa diffusion sur NBC, "The two Mrs Grenvilles" est l'adaptation en 2x1h35 du roman de Dominick Dunne qui en 1985, lui permit pour la première fois de vendre beaucoup de livres. 

Producteur de cinéma un peu hasardeux (voir ci-dessous) puis journaliste pour Vanity Fair, Dominick Dunne trouvait avec "The two Mrs Grenvilles" la formule qui allait faire son succès : un savant mélange de scandales sexuels dans les hautes sphères de la société américaine et d'analyse minutieuse du système judiciaire. 























Tout le monde ou presque sait, notamment depuis "American Crime Story" dont il est l'un des personnages principaux, que Dominick Dunne fut LE correspondant principal durant le procès OJ Simpson mais il en suivit jusqu'à sa retraite en 2008 des dizaines, qu'il relatait exclusivement pour Vanity Fair, donnant parfois lieu à des romans à clefs qui ne trompaient personne. 

Le seul procès dont il ne tira finalement aucun livre fut le premier qu'il suivit pour le magazine, celui du meurtrier de sa propre fille Dominique, assassinée après le tournage de "Poltergeist" (elle y joue la fille aînée de la famille) et premier membre du casting du film à décéder de façon brutale. L'article fleuve qu'il en tira fit de lui une star de la chronique judiciaire et du journalisme tout court. 



































Mais revenons à Claudette, tout de même, et à ce dernier rôle qu'elle accepta pour de mystérieuses raisons, mystérieuses tout simplement parce que nous n'avons pas trouvé d'explications claires sur pourquoi elle accepta ce téléfilm, alors que depuis 1961, on ne la voyait plus que sur les planches dans des comédies légères, généralement bien entourée de Rex Harrison, Jean-Pierre Aumont ou Charles Boyer. 

Ce fut en tout cas une excellente idée puisqu'elle y est pour son chant du cygne, parfaite, la même physiquement que 30 ans auparavant, toujours filmée sous son profil gauche et l'encolure travaillée, puisque, c'était dans ses contrats depuis les années 30, on ne devait jamais voir son profil droit surnommé dans le milieu "la face cachée de la lune" et elle dessinait elle-même le haut de ses costumes afin de dissimuler un cou qu'elle jugeait trop court. Ce qui nous amène de façon brutale à vous parler d'Ariana Grande.


































Pour tous nos suaves visiteurs qui auraient plus de 9 ans ou n'auraient pas dans leur entourage proche d'enfants de moins 9 ans, Ariana Grande est une actrice chanteuse de 23 ans, révélée par une série de la chaîne Nickelodeon, rivale de Disney dans le lucratif business du lancement d'idoles pour pré-adolescentes. 

Ariana est toute petite mais bien proportionnée, elle possède suffisamment d'octaves pour être fréquemment comparée à Mariah Carey et maîtrise à la perfection le traçage de l'oeil de biche et le façonnage de choucroute d'inspiration BB. Tout en ayant 23 ans, elle peut facilement en paraître 14, ce qui lui a aussi ouvert le marché des messieurs sous castration chimique. Encore un ou deux ans et si normalement tout se passe bien, elle domine le monde. 



































Comme nous avons déjà eu l'occasion de partager ici-même certaines de ses vidéos, ne cachons pas que nous aimons plutôt Ariana, comme on peut aimer un cartoon ou du bien bel ouvrage cependant industriel. Cela ne nous fâche pas non plus de lire occasionnellement qu'elle est une diva épouvantable, exigeant qu'on la porte parce qu'elle n'aime pas marcher dans de trop longs couloirs et surtout qu'elle interdit à quiconque de la filmer ou la photographier... sous son profil droit ! 

Aha ah ! Quelqu'un aurait donc retenu la leçon de la grande Claudette ? Calmons-nous cependant puisqu'elle est loin d'être la seule et souvenons-nous qu'il y a peu, Barbra acceptait de participer à l'émission d'Oprah à la condition qu'elle change de place avec elle, ce que la présentatrice fit, se présentant sous son profil droit pour la première fois de sa longue carrière. 

Un Quizz naît parfois d'une raison stupide. Et avouons que si Claudette s'est imposée la semaine dernière, c'est uniquement parce que nous sommes tombés sur ceci : 



Suaves visiteurs, vous venez de regarder le nouveau single d'Ariana. Jusqu'à 2m20 elle est essentiellement filmée sous son profil gauche. Et soudain : le profil droit. Parce qu'à ses côtés se trouve Nicki Minaj.

N'imaginons même pas les heures de discussions pour régler la position de chacune des deux demoiselles ni par quel miracle Nicki remporta la bonne place, alors qu'il est clair qu'elle ne possède pas vraiment de profil mais une silhouette. Et soyons certains qu'une telle chose ne serait jamais arrivée avec Claudette. Qui fit elle-aussi de la bicyclette. Juste un peu plus habillée.


mercredi 5 mars 2014

La fin du Quizz de Nina et Daisy






















Eh bien eh bien ! Il aura fallu une de nos compatriotes pour vous causer bien des soucis. La créature de dos, en vert et passablement raidie par la stupeur était bien Claudette Colbert dans "Parrish", réalisé en Delmer Daves en 1961. Et si vous vous demandez pourquoi elle est stupéfaite, vous regarderez avec intérêt la bande annonce ci-dessous.

Mais avant cela, célébrons Didier qui voit son nom en noir sur gris sur Soyons-Suave et reçoit nos plus sincères félicitations. Comme vous le disiez très cher ami, la coupe de cheveux, inchangée depuis 1931 était reconnaissable entre mille. Elle ne vous a pas échappé ou si peu. Bravo. 



Produit par la Warner, "Parrish" est un inénarrable mélodrame qui possède quatre intérêts : nous en apprendre plus sur l'industrie du tabac, prouver qu'il ne sert à rien d'essayer de donner une suite à "A summer place", que Troy Donahue n'avait pas fait l'Actor Studio mais est formidable quand il est habillé en rouge et, last but not least, contempler Claudette Colbert pour son dernier rôle au cinéma.

Car "Parrish" fut la dernière apparition de miss Emilie Chauchoin sur grand écran, après quoi Claudette jugea qu'il était temps de se consacrer à autre chose, entre autre parce que les rôles ne venaient plus et que Troy Donahue l'appela grand-mère pendant tout le tournage. Quand on a remporté un Oscar, été une des actrices les plus populaires et les mieux payées, une des premières stars indépendantes également et les plus glamour, comment survivre à un rôle qui vous offre Karl Malden comme fiancé ?


































Si vous songez aux indices fournis la semaine dernière, vous comprenez mieux le tabac et la biographie de Henry Wilsson dont Troy Donahue fut l'un des poulains. Karl Malden est maintenant une évidence. Reste la Barbade, où Claudette Colbert s'installa à partir de 1962 et où elle repose au côté de son époux et de sa mère.

"Parrish" est d'ailleurs une des clefs de l'installation de Claudette à Speightstown, deuxième ville de cette île paradisiaque puisque c'est précisément pour finaliser l'achat de sa future propriété qu'elle accepta ce rôle. Parce que son époux était malade et nécessitait une atmosphère plus tropicale, Claudette Colbert hésitait entre Puerto Rico et la Jamaïque. Un séjour dans la résidence du décorateur Oliver Messel décida l'actrice : elle acheta la villa Bellerive qui allait devenir l'épicentre de la vie sociale caribéenne.  
























Pendant près de 30 ans, Claudette Colbert va recevoir pratiquement tout le monde à Bellerive, de Frank Sinatra et Mia Farrow en lune de miel aux époux Regan. La Princesse Margaret et Mick Jagger, voisins de l'île Moustique, passaient pour le dîner, et bien sûr on y croisait Verna Hull, l'amie fidèle avec laquelle Claudette vécut plus longtemps qu'avec son propre époux épousé pourtant en 1935 et à laquelle elle n'adressa plus la parole après la disparition de celui-ci.

A la mort de l'actrice, tous les biens de Claudette, qui n'eut jamais d'enfant, furent partagés entre sa domestique de la Barbade, une nièce et une autre "amie", rencontrée également pendant le tournage de "Parrish" (décidément), qui vendit Bellerive pour 2 millions de dollars à David Geffen qui la revendit aussitôt. Il existe peu de photos de la villa, de cet endroit que Claudette Colbert préféra par dessus tout et des fêtes qui s'y déroulèrent. Et c'est finalement une bonne chose...
















Joan, était-il vraiment nécessaire de partager ce cliché ? 

mercredi 26 décembre 2012

La question du jour : et si on relançait le noeud pour la Saint Sylvestre ?






















Alors que Noël est encore là, il est déjà temps de penser à l'autre réveillon. Rien n'est moins suave qu'une tenue improvisée alors qu'à l'extérieur de la villa, le moteur tourne et qu'on vous appelle désespérément. Rien n'est pire que de remettre celle de l'année dernière. 

Pour terminer 2012 en beauté, le noeud nous semble parfaitement indiqué. Il est chic et simple, malgré tout complexe (il faut dire qu'il est noué) et se porte à peu près partout de la tête aux pieds. Il illuminera votre tenue la plus sobre et forcera l'admiration de vous amis qui regretteront de ne pas y avoir pensé avant. Illustrations :

























Il finit si bien une silhouette qu'il semble suavement indiqué pour finir l'année. Il vous reste donc 5 jours pour vous entraîner. Et ne nous dîtes pas que vous n'avez pas un ami navigateur qui peut, le cas échéant, vous aider. 

dimanche 25 novembre 2012

Les très suaves heures de l'histoire contemporaine : le jour où Travis Banton se vengea.


















Au début des années 30, Hollywood est sans doute l'un des endroits les plus excitants de la planète. Le traumatisme du parlant est passé, la plupart des grands studios ont trouvé leur rythme et la machine à fabriquer des stars est parfaitement huilée : Greta, Marlene, Claudette, Carole ou Joan règnent et cela va durer jusqu'en 1939 et la seconde guerre mondiale. 

Si nous connaissons bien la plupart des étoiles de cette période, certains noms ont un peu moins supporté l'outrage des ans, c'est par exemple le cas pour Nancy Carroll qui en 1931 était l'actrice Paramount recevant le plus grand nombre de lettres d'admirateurs. Surpassant Dietrich ou Mae West en popularité, en 1938 sa carrière cinématographique sera pourtant terminée et survivant sur scène et à la télévision, elle décédera en 1965 à l'âge de 61 ans, laissant derrière elle un peu moins d'une quarantaine de films tournés sur une période de 11 ans. 




















On ne peut que remarquer la cruauté d'un système, capable de faire d'une jeune femme de 27 ans une star (en 1930, Nancy Carroll est nommée pour l'Oscar de la meilleure actrice pour "The Devil's holiday" qu'elle loupe d'un cheveu face à Norma Shearer) et d'une actrice pourtant confirmée de 35 ans un produit périmé (en 1938 elle est cinquième au générique d'une nouillerie avec Deanna Durbin). Huit années pour une telle descente, cela semble un peu rude. 

Mais dans le cas de Nancy Carroll, il semblerait que le système ne soit pas le seul fautif. L'actrice aurait précipité sa propre chute et c'est notre belle histoire du dimanche. 



















Sorte de Clara Bow croisée Constance Bennett, Nancy Carroll va rapidement s'imposer comme une actrice tout terrain, aussi à l'aise dans le mélodrame que la comédie ou la comédie musicale puisqu'elle a fait ses classes à Broadway. Grimpant rapidement les échelons de la célébrité à la Paramount, elle va, dès 1928, avoir droit au traitement royal ce qui signifie alors l'assurance pour ses films de tenues dessinées par le maître du département costume : Travis Banton.

Autre "oublié" de cette époque, Travis Banton fut le premier costumier superstar, parallèlement à Adrian à la MGM c'est à dire dont le nom ne va pas tarder à sortir du générique pour s'imposer dans le monde de la mode. Banton ne fait pas que dessiner des robes, il façonne des images, crée des silhouettes et des personnages. Il sera par exemple le couturier attitré de Carole Lombard ou Claudette Colbert, ne parlons pas de Marlene Dietrich qu'il enveloppera de plumes, de lamé ou habillera d'un smoking dans "Coeurs brûlés/Morocco". 





On oublie souvent que Cléopâtre aimait le vert Granny Smith.

Si l'on se réfère à ce que l'on sait de lui, Banton était extrêmement spirituel, un peu piquant et légèrement alcoolique mais nous y reviendrons. Il avait surtout une bête noire à la Paramount, Nancy Carroll. Cette dernière n'avait pas mis bien longtemps à laisser éclater un caractère quelque peu difficile, se plaignant systématiquement des rôles qu'on lui attribuait, des partenaires qu'on lui allouait et des robes qu'on dessinait pour elle. Les essayages avec elle se terminait généralement en drame : hurlements, menaces et claquements de portes. 

Un pas de trop fut franchi en 1932 lorsque, en plein essayage d'une robe de soirée que Banton avait lui-même brodé d'une multitude de perles en verre, Nancy démontra une fois de plus qu'elle était un peu trop explosive et entreprit de réduire en lambeau la tenue qu'elle avait pourtant sur elle. Banton décida sur le champ que c'était la dernière fois qu'il s'occupait d'elle et au rendez-vous suivant, Nancy eut la désagréable surprise, affront suprême, de se retrouver, non pas face Banton mais à son assistante, une jeune femme qui n'allait pas tarder à se faire un nom : Edith Head.


















On peut imaginer la scène qui suivit : Nancy quitta le département costumes pour se précipiter dans les bureaux de la direction du studio, demandant à celle-ci de punir aussitôt le costumier malotru, agaçant au passage les dirigeants qui la voyaient un peu trop à leur goût. Mais on ne froisse pas, du moins pas encore, une star à la telle popularité. On convoqua donc, autre affront suprême, Banton afin qu'il s'explique, ce qu'il fit de façon relativement machiavélique, précisant qu'il ne pouvait plus habiller Nancy tant elle avait grossi. 

Un actrice difficile, passe, mais une actrice obèse : impossible ! Un mémo fut immédiatement rédigé et envoyé à tous les services de la Paramount, annonçant qu'en raison de sa prise de poids, Nancy Carroll était désormais soumise à un régime draconien. Interdiction donc de la nourrir d'autre chose que de la salade. Nancy n'avait évidemment pas pris un gramme, Banton avait sa revanche, suavement cruelle.

Terminés les fourreaux. 

Carroll, dans l'ombre d'autres pommettes...


































En 1934, la patience de la Paramount était épuisée et on fit signer un nouveau contrat à l'actrice, ne l'engageant que pour un film. L'année d'après, Nancy Carroll partait pour la Columbia où elle tourna 4 films qui marquèrent la fin de sa carrière. 

Banton pour sa part allait découvrir qu'il abritait une couleuvre en son sein. Engagée d'après ses croquis qu'elle avait en fait emprunté à un autre styliste, Edith Head n'entendait pas éternellement rester assistante à la Paramount. Elle commença donc, de façon discrète puis de plus en plus appuyée, à évoquer l'alcoolisme de Banton et à émettre l'idée qu'il affectait son travail. En 1938, au moment de renouveler son contrat, on fit comprendre à Banton qu'il pourrait trouver un autre studio et on nomma à la tête du service costumes Edith Head, qui occupera ce poste jusqu'en 1967.


















Qui sème le vent... disait on ne sait plus qui... Eole peut-être, non ?