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quinta-feira, 9 de outubro de 2014

Sem título...


Anne qui se mélange au drap pale et délaisse
Des cheveux endormis sur ses yeux mal ouverts
Mire ses bras lointains tournés avec mollesse
Sur la peau sans couleur du ventre découvert.

Elle vide, elle enfle d'ombre sa gorge lente,
Et comme un souvenir pressant ses propres chairs,
Une bouche brisée et pleine d'eau brûlante
Roule le goût immense et le reflet des mers.

Enfin désemparée et libre d'être fraîche,
La dormeuse déserte aux touffes de couleur
Flotte sur son lit blême, et d'une lèvre sèche,
Tête dans la ténebre un souffle amer de fleur.

Et sur le linge où l'aube insensible se plisse,
Tombe, d'un bras de glace effleuré de carmin,
Toute une main défaite et perdant le délice
A travers ses doigts nus dénoués de l'humain.

Au hasard! A jamais, dans le sommeil sans hommes
Pur des tristes éclairs de leurs embrassements,
Elle laisse rouler les grappes et les pommes
Puissantes, qui pendaient aux treilles d'ossements,

Qui riaient, dans leur ambre appelant les vendanges,
Et dont le nombre d'or de riches mouvements
Invoquait la vigueur et les gestes étranges
Que pour tuer l'amour inventent les amants...

Paul Valéry in Anne, 1900.


Retrato de David Hocney, "Artist and Model"

quarta-feira, 8 de outubro de 2014

"ERA UMA VEZ", é presente e não passado...



Regresso devagar ouvindo a chuva no janelão preferido
adensa agora
e traz consigo a certeza de que o verão não vai voltar atrás
(penso comigo)

guardo os despojos da praia e da saudade
fazendas ao ar
ao que resta nas nesgas de sol

Cá dentro, o meu canto chama por mim
hei-de esquecer que tenho lá fora um pouco de jardim

e a chuva continua
ritmada persistente
e nessas gotas tresmalhadas
há-de haver
tem de haver
lágrimas minhas
um pouco envergonhadas



Obrigada, amiga, por ir regressando...


Pinturas de David Hockney

pudesse eu ter fotografado as cores de outono que a chuva abrilhantou...


Pinturas de David Hockney

é a enseada do outono
recolhe as borboletas
no meu ombro
e acende a chuva

José Manuel Mendes, A remota Areia