C'est une des spécialités oubapienne d'Etienne Lécroart... même s'il est doué dans tout ces exercices malins. Aujourdhui dans Spirou, on s'inquiète parce qu'entre les héros qui se gourent de série, les personnages qui parlent la zorglangue...
"Une histoire insensée" in Spirou #4348
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mercredi 18 août 2021
vendredi 31 mai 2019
Un Spirou oubapien
J'imagine que ça c'est la couv du prochain Spirou
Son auteur, Etienne Lécroart, répond à Spirou :
Quel genre de contraintes impose l'OuBaPo ?
Il y en a énormément. La contrainte n'est pas une brimade énervante, mais une acrobatie mentale stimulante. On peut faire des BD lisibles à l'endroit et à l'envers (upside-downs), de gauche à droite et réciproquement (palindromes) ou à l'occidentale et à la japonaise (j'en avais fait une dans le fameux numéro japonais de Spirou), mais aussi des BD pliables, sous forme de dés, de Scrabble… Il faut les voir pour les croire ! Thierry Groensteen et moi-même avons tenté de répertorier ces contraintes, des légères aux lourdes. L'OuBaPo, c'est comme un débarras où chacun peut piocher ses contraintes et par kilos, faire des planches d'où naîtront des merveilles. Chacun combat la difficulté comme il veut : avec souplesse ou sans aucune digression, même si c'est vulgaire, ne refusons rien. Tant qu'on se régalera, bingo !
J'avais pas vu ni la contrainte ni la solution, et donc, ça m'a bien amusé de lire ce texte...
Son auteur, Etienne Lécroart, répond à Spirou :
Quel genre de contraintes impose l'OuBaPo ?
Il y en a énormément. La contrainte n'est pas une brimade énervante, mais une acrobatie mentale stimulante. On peut faire des BD lisibles à l'endroit et à l'envers (upside-downs), de gauche à droite et réciproquement (palindromes) ou à l'occidentale et à la japonaise (j'en avais fait une dans le fameux numéro japonais de Spirou), mais aussi des BD pliables, sous forme de dés, de Scrabble… Il faut les voir pour les croire ! Thierry Groensteen et moi-même avons tenté de répertorier ces contraintes, des légères aux lourdes. L'OuBaPo, c'est comme un débarras où chacun peut piocher ses contraintes et par kilos, faire des planches d'où naîtront des merveilles. Chacun combat la difficulté comme il veut : avec souplesse ou sans aucune digression, même si c'est vulgaire, ne refusons rien. Tant qu'on se régalera, bingo !
J'avais pas vu ni la contrainte ni la solution, et donc, ça m'a bien amusé de lire ce texte...
samedi 21 novembre 2015
Façon puzzle
Dans le Spirou à venir, Lewis Trondheim en profite pour combler les trous, et mettre un peu d'unité dans ce fatras.
Jousselin dans Spirou #4050
Jousselin dans Spirou #4050
mardi 16 juin 2015
Lectures
J'ai acheté le bouquin de B-gnet, qui m'avait l'air très beau, qu'à l'air de ressembler à un genre de bouquin de Goossens comme deux gouttes d'eau... gros gros risque d'être déçu du coup ! Bon, j'avais adoré son Lutin Spirix... mais j'l'ai pas encore commencé.
Sinon.
Le bouquin d'Otto T est une compile d'histoires prépubliées sur internet, et c'est édité bien entendu chez flblb, maison d'édition que je suis avec attention. C'est très auto-bio, ce serait très drôle si ses révélations "je suis un vieux con", condensées dans un petit ouvrage, arrivaient presque à lui donner raison. On prend plaisir à le suivre malgré tout sur cette pente un peu tristounette. On en est tous là.
Pour son dernier bouquin, Fabcaro a radicalement changé de style graphique. Le découpage de l'histoire se fait par scènes en une planche, qu'on retrouve régulièrement au fil de la lecture, qui parlent de bande dessinée, de liberté, d'amour, de journalisme... C'est extrêmement drôle ! Très vivant et 6 pieds sous terre.
Lécroart a dirigé le dernier OuPus oubapien paru à l'association. J'avais déjà lu les bandes passantes (chais plus où). Et comme Lécroart et Ayroles sont les maitres du genre, ce bouquin n'augure que du bon ! Ce gros pavé risque d'être un de mes livres de chevet pendant un moment. Je suis toujours étonné de voir à quel point Tintin peut être une telle référence pour ces ex-avantgardistes.
Sinon.
Le bouquin d'Otto T est une compile d'histoires prépubliées sur internet, et c'est édité bien entendu chez flblb, maison d'édition que je suis avec attention. C'est très auto-bio, ce serait très drôle si ses révélations "je suis un vieux con", condensées dans un petit ouvrage, arrivaient presque à lui donner raison. On prend plaisir à le suivre malgré tout sur cette pente un peu tristounette. On en est tous là.
Pour son dernier bouquin, Fabcaro a radicalement changé de style graphique. Le découpage de l'histoire se fait par scènes en une planche, qu'on retrouve régulièrement au fil de la lecture, qui parlent de bande dessinée, de liberté, d'amour, de journalisme... C'est extrêmement drôle ! Très vivant et 6 pieds sous terre.
Lécroart a dirigé le dernier OuPus oubapien paru à l'association. J'avais déjà lu les bandes passantes (chais plus où). Et comme Lécroart et Ayroles sont les maitres du genre, ce bouquin n'augure que du bon ! Ce gros pavé risque d'être un de mes livres de chevet pendant un moment. Je suis toujours étonné de voir à quel point Tintin peut être une telle référence pour ces ex-avantgardistes.
jeudi 4 décembre 2014
Maudit Spirou
Le numéro 4000 de l'hebdo (qui vient de paraitre) est particulier parce que la page 13 est numéroté "13". Et ça faisait presque 20 ans que ça n'était pas arrivé. Dans le #2958 de décembre 94, la p13 commençait sa malédiction... jusqu'à ce qu'enfin il fut décidé de la supprimer à partir du #2970 paru le 15 mars 1995.
Depuis quelques semaines, une patate et une asperge faisaient en sorte que la numérotation de cette page n'apparaisse pas... jusqu'à ce fameux numéro 4000... où du coup des malédictions fusent (mais fallait s'y attendre) ! Un gamin dans Spirou subit un acharnement terrible, Lady S pète et rote, Nelson est dessiné à la main, Pif remplace Spirou dans Les aventures d'un journal, Tamara est interprétée par une vraie fille, Seuls est dessiné par Vehlmann...
Une malédiction... comme l'apparition de Gaston en 1957
Depuis quelques semaines, une patate et une asperge faisaient en sorte que la numérotation de cette page n'apparaisse pas... jusqu'à ce fameux numéro 4000... où du coup des malédictions fusent (mais fallait s'y attendre) ! Un gamin dans Spirou subit un acharnement terrible, Lady S pète et rote, Nelson est dessiné à la main, Pif remplace Spirou dans Les aventures d'un journal, Tamara est interprétée par une vraie fille, Seuls est dessiné par Vehlmann...
Une malédiction... comme l'apparition de Gaston en 1957
lundi 28 avril 2014
mardi 4 février 2014
Underwood
Je viens de découvrir Giulia Jones grâce à ce chouette dessin. En visitant son site, je tombe sur sa participation aux dernières 24h de la bande dessinée à Angoulême, dédiée à Maurice Tillieux !!
mercredi 29 janvier 2014
Les 24h de Boulet
Les 24h de la BD est un exercice de style Oubapien puisqu'il s'agit de réaliser un récit de 24 pages en un temps limité autour d'un thème dévoilé en début de marathon.
Cette année, Trondheim propose l'exercice utilisé dans Le journal directeur, récent opus édité par l'association (un peu stupide puisque le lecteur n'a pas le n° de libé qui sert de journal directeur, et qu'une fois de plus je trouve vain). Les images directrices sont issues d'un blog d'images de Boulet, star des blogs et, il faut le dire, génial élève de ce genre d'exercice (à lire Boule de neige et ses dernières Notes).
Boulet a photographié Calvin et Hobbes... qu'on retrouve donc chez Antonin (jeune auteur bordelais), Trondheim et Bouchard & Sam Murdock (auteurs québecois q'on aime à Bordeaux) :
Je n'ai pas lu toutes les copies, mais je n'ai rien trouvé chez Jouvray !
Gros, Soleilhac et Gom
Cette année, Trondheim propose l'exercice utilisé dans Le journal directeur, récent opus édité par l'association (un peu stupide puisque le lecteur n'a pas le n° de libé qui sert de journal directeur, et qu'une fois de plus je trouve vain). Les images directrices sont issues d'un blog d'images de Boulet, star des blogs et, il faut le dire, génial élève de ce genre d'exercice (à lire Boule de neige et ses dernières Notes).
Boulet a photographié Calvin et Hobbes... qu'on retrouve donc chez Antonin (jeune auteur bordelais), Trondheim et Bouchard & Sam Murdock (auteurs québecois q'on aime à Bordeaux) :
Je n'ai pas lu toutes les copies, mais je n'ai rien trouvé chez Jouvray !
Gros, Soleilhac et Gom
mardi 26 mai 2009
Ouba ouba
Je déteste le Marsupilami, je déteste Le nid du Marsupilami. Mais là n'est pas le sujet, ce soir : rencontre avec François Ayroles autour de
l'OUBAPO.
J'ai adoré ses moments clés de la bande dessinée, ses penseurs (histoires sans paroles, avec 3 ou 4 idéogrammes), ses pattes de mouches...
Je suis assez curieux de la bande dessinée, j'ai pas mal de BD oubapiennes, de l'assoce, et systématiquement, je me pose la question : Pourquoi ?
Pourquoi l'écriture sous contrainte ? L'auteur a-t-il tellement de choses à raconter, maitrise-t-il tellement le média, qu'il se met des bâtons dans les roues... pasque sinon ce serait trop facile ??
Trouver une légitimité à ces exercices en piochant dans de vieux ouvrages pour y dénicher quelques itérrrations iconiques de bon aloi me semble un peu tiré par les cheveux.
Est-ce que l'Oubapo fait progresser le média ? Lui ouvre-t-il de nouveaux horizons ??
Quid des exercices oubapiens dans les BD "classiques" ? L'album blanc de Capricorne est loin d'être mon préféré d'Andréas, sa planche aux innombrables cases de Rork non plus... J'ai lu NogegoN (comme un des chapitres de Watchmen) sans me rendre compte de sa palyndromie, j'ai lu Enfer portatif sans me rendre compte de la moitié des trucs présents... J'ai peur que ce ne soit qu'un jeu... dans le petit monde de l'asso et des intellos du roman graphique (n'appelons jamais un chat un chat).
Je suis admiratif du travail qu'a nécessité la construction du sacré coeur en alumettes, c'est rigolo, mais je ne trouve pas ça beau, ça ne me raconte rien... je préfère une... oeuvre d'art...
J'ai adoré ses moments clés de la bande dessinée, ses penseurs (histoires sans paroles, avec 3 ou 4 idéogrammes), ses pattes de mouches...
Je suis assez curieux de la bande dessinée, j'ai pas mal de BD oubapiennes, de l'assoce, et systématiquement, je me pose la question : Pourquoi ?
Pourquoi l'écriture sous contrainte ? L'auteur a-t-il tellement de choses à raconter, maitrise-t-il tellement le média, qu'il se met des bâtons dans les roues... pasque sinon ce serait trop facile ??
Trouver une légitimité à ces exercices en piochant dans de vieux ouvrages pour y dénicher quelques itérrrations iconiques de bon aloi me semble un peu tiré par les cheveux.
Est-ce que l'Oubapo fait progresser le média ? Lui ouvre-t-il de nouveaux horizons ??
Quid des exercices oubapiens dans les BD "classiques" ? L'album blanc de Capricorne est loin d'être mon préféré d'Andréas, sa planche aux innombrables cases de Rork non plus... J'ai lu NogegoN (comme un des chapitres de Watchmen) sans me rendre compte de sa palyndromie, j'ai lu Enfer portatif sans me rendre compte de la moitié des trucs présents... J'ai peur que ce ne soit qu'un jeu... dans le petit monde de l'asso et des intellos du roman graphique (n'appelons jamais un chat un chat).
Je suis admiratif du travail qu'a nécessité la construction du sacré coeur en alumettes, c'est rigolo, mais je ne trouve pas ça beau, ça ne me raconte rien... je préfère une... oeuvre d'art...
vendredi 8 mai 2009
Mai mai mai, Bordeaux mai (air connu)
Pendant le mois de mai, une expo est consacré à François Ayroles, oubapien averti, à la bibli de Mériadeck.
Bon, à mon avis, l'oubapo n'a aucun intérêt pour le média... c'est un jeu, souvent à l'attention des intellos, les ceux-ce qui ne lisent que les BD indépendantes (petit format N&B). D'ailleurs, Ayroles n'utilise que peu de procédé oubapien dans ses livres. Le seul ouvrage que je connaisse digne de ce nom est NogegoN. Trop mainstream pour les gars de l'assoce. Ah si : le cercle vicieux de Lécroart est une véritable prouesse (j'ai la mémoire qui flanche).
Mardi 26 mai, une rencontre aura lieu avec l'auteur, animé par Eric.
Le lendemain, rencontre Oulipienne et Oumupienne, avec Rubin Steiner !
Bourhis et Caillaux viendront aussi présenter leur Aire libre.
Bon, à mon avis, l'oubapo n'a aucun intérêt pour le média... c'est un jeu, souvent à l'attention des intellos, les ceux-ce qui ne lisent que les BD indépendantes (petit format N&B). D'ailleurs, Ayroles n'utilise que peu de procédé oubapien dans ses livres. Le seul ouvrage que je connaisse digne de ce nom est NogegoN. Trop mainstream pour les gars de l'assoce. Ah si : le cercle vicieux de Lécroart est une véritable prouesse (j'ai la mémoire qui flanche).
Mardi 26 mai, une rencontre aura lieu avec l'auteur, animé par Eric.
Le lendemain, rencontre Oulipienne et Oumupienne, avec Rubin Steiner !
Bourhis et Caillaux viendront aussi présenter leur Aire libre.
mardi 25 décembre 2007
La réunion de l'assoce
L'association est une vraie association, avec des AG, des adhérents et des cartes de membre. On suit sa vie au travers du Rab de Lapin, supplément au Lapin, revue de bande dessinée, où Menu déverse sa haine des gros éditeurs, et peu à peu, des reproches croissants à Lewis. Lewis est édité de plus en plus chez Dargô et Delcourt (les gros méchants !), mais reste un pilier de l'asso, explorant les recoins du média, se lançant des défis pour ne pas tomber dans ses facilités.
Très doué dans les dialogues (Psychanalyse, Moins d'un quart de seconde, Monolinguiste ne sont que paroles) il réalise Miliou, qui n'est qu'une poursuite. Et la Mouche, extrêmement silencieuse. Les aventures de la fin de l'épisode reprend le ressort hergéen du suspens en bas de page, imposé par le découpage hebdomadaire des parutions d'antan.
Trondheim a lui seul pouvait sauver l'assoce. Menu l'a mis de côté. L'assoce de Lewis s'appelle a'ujourdui Shampooing. Dans Approximativement, Lewis illustre le début d'une réunion des 6, sans le pauvre Konture, mais avec un Menu ivre mort...
Très doué dans les dialogues (Psychanalyse, Moins d'un quart de seconde, Monolinguiste ne sont que paroles) il réalise Miliou, qui n'est qu'une poursuite. Et la Mouche, extrêmement silencieuse. Les aventures de la fin de l'épisode reprend le ressort hergéen du suspens en bas de page, imposé par le découpage hebdomadaire des parutions d'antan.
Trondheim a lui seul pouvait sauver l'assoce. Menu l'a mis de côté. L'assoce de Lewis s'appelle a'ujourdui Shampooing. Dans Approximativement, Lewis illustre le début d'une réunion des 6, sans le pauvre Konture, mais avec un Menu ivre mort...
Lewis retrace dans un Lapin une réunion de l'asso, en dessinant ses confrères comme ils se dessinent eux, allant jusqu'à reprendre tels-quels leurs dessins. Il est un des champions de l'Oubapo, avec Lécroart et Ayroles.
lundi 16 avril 2007
Upside down
En ce moment, je lis des trucs assez moyens ou très mauvais (le Spirou et Fantasio de Le Gall, le #2 de Seuls, Le chant des Malpas). Alors voila, un petit coup d'Oubapo. Parce que ce n'est que ça : un petit passe temps.
Lécroart est un champion, et ses ambigrammes me scotchent :
Un ambigramme se lit de la même façon en retournant l'écran de l'ordinateur, ou du livre, ou du jean (newman). Ici, c'est pas toujours hyper clair. On lit dans l'ordre : oubapo, Lécroart Etienne, Menu, Killoffer et Jean Christophe Menu (de feux les éditions de l'Association). C'est transformer un mot pour qu'il deviennent palindrome.
Je suis admiratif. J'ai essayé avec quelques mots, peut-être pas les bons, mais c'est imposible (bon, j'ai pas insisté non plus).
Une fois de plus, c'est un jeu graphique, qui n'a rien à voir avec la BD.
mardi 24 octobre 2006
NogegoN
NogegoN est une
BD de Schuiten et Peeters, parue en 90. C'est un album oubapien, basé
sur une parfaite symétrie, dont le point est au milieu de l'album, entre
les pages 36 et 36'.
L'histoire
raconte l'enquête d'un contrôleur, qui a les refusés (les hommes dont
la vie est asymétrique) en horreur. Le ville principale de NogegoN a
pour nom Dramard (et ses quartiers 1771, 3773 et 858), l'héroïne Nelle
devient Nellen, comme Olive dont elle est à la recherche, devenue
Olivilo. Les habitants s'appellent Silis, Natan. Chacun d'entre eux est
sous la tutelle d'un collecteur d'axystes, qui veille à la symétrie de
leur vie.
Passé ce centre de symétrie, les choses
vont à l'envers. Nellen, qui haïssait Natan, commence à l'aimer. Les
erreurs des uns deviennent celles des autres. Chaque rencontre se
transforme en séparation... L'histoire commencée avec un contrôleur
borné se termine avec un surenquêteur en proie au doute sur le bienfondé
de l'axisme.
"Rien n'est plus ennuyeux que de savoir ce qui va nous arriver. En fait, la symétrie est un principe stupide."
Voila
pour l'histoire. Pour la forme, l'image ci-dessus nous en donne un bon
exemple. Il s'agit des pages centrales de l'album. Les champs deviennent
contre-champs, les coups, étreinte... La taille et la forme des cases
sont identiques, et les personnages représentés sont les mêmes.
Schuiten
a du travailler sur les 56 pages à la fois. Il avoue n'avoir jamais
rencontré de telles difficultés à résoudre. Je suis très admiratif de
cette figure de style, d'autant qu'elle engendre une histoire lisible,
assez longue, au contraire des expériences Associatives Menuesques un peu
stériles.
samedi 23 septembre 2006
Oubapo -1
L'Oubapo a été créé autour des gars de l'Association. C'est le pendant de l'Oulipo, et des divers OuQuoiPo. Il s'agit d'écriture sous contraintes, avec le média particulier qu'est la BD, comprenant des images et du texte, et un lien particulier entre les deux. Les possibilités auraient du être plus grande que pour les autres Ouvroirs... Ben non.
Il s'agit en fait de jeux, n'apportant jamais rien à la "BD", ni à la narration, ni au dessin... Menu, fondateur de l'Asso, comme de l'Oubapo, croit que, lorsqu'il fait quelquechose d'original, est génial. Il tire à boulet rouge sur son compère Trondheim, édité chez satan Delcourt et méchant Dargaud... Menu est plein de contradictions, et les assume avec une excellente mauvaise fois. L'Oubapo est composée de ptits jeunes, où Groensteen (ancien directeur des Cahiers de la bande dessinée et du CNBDI) donne une certaine légitimité... certaine... Dans le Livre 1 paru à l'Association en 97, Groensteen voit de l'Oubapo partout, où, honnêtement il n'y en n'a pas...
Les dessinateurs, en dehors de leurs oeuvres, jouent à :
- La réduction : une oeuvre classique est réduite en une page.
- La substitution : un texte célèbre (Freud, Dumas ou Pif) remplace les textes originaux d'une BD.
- L'ordonnancement géométrique : le nombre de case croit de strip en strip...
- Le pliage : une fois plié, la page raconte tout autre chose.
- Les strips croisés : les strips peuvent se lire de gauche à droite ou de haut en bas.
- Le palindrome.
- L'itération : le dessin est répété, seuls les textes changent.
- L'upside-down : on peut également lire la page en la retournant (dans les années 1900, Verbeck avait créé les aventures de little lady Lovekins et old man Muffaroo, où la suite de la page se lisait en la retournant).
- Le morlaque : la fin de l'histoire se raccorde au début : c'est sans fin.
C'est souvent pas terrible, sans intérêt pour le média. Et le résulat est décevant.
Heureusement, quelques génies sont là, comme Lécroart, qui a réalisé un ouvrage palindromique étonnant (Cercle vicieux à l'Asso). Ayroles et Trondheim aboutissent a de bonnes choses dans ces petits exercices.
Mathieu a utilisé différents artifices (dessins en 3D nécessitant des lunettes rouge et bleue, un trou dans un page entrainant la relecture d'une même case, une spirale...) dans les Aventures de Julius Corentin Acquefacques. La forme est au service du sujet : il est question de narration et de technique de bande dessinée (les points de fuite, la quadrichromie...). Il ne s'agit pourtant pas de BD oubapiennes.
Trondheim a réalisé de vrais ouvrages Oubapiens. Ses aventures de Lapinot se situent dans notre monde, dans un certain calme. Pour prendre le contre-pied, il a imaginé un livre, course poursuite du début à la fin (Mildiou au Seuil). Dialoguiste de talent, il dessiné La mouche sans un seul dialogue. Avec Sergio Garcia, il a réalisé Les 3 chemins, où chaque personnage se promène sur son strip, qui vient téléscoper de temps en temps celui d'un autre. C'est de l'OuTronPo.
Le 1er album que j'ai lu de ce genre est NogegoN de Schuiten et Peeters. Il est palyndromique (comme son titre le laisse deviner) dans la forme (pas autant que Cercle vicieux). L'histoire est basée sur la symétrie nécessaire à la vie des personnages. C'est un exercice de style génial, qui ne saute pas forcément aux yeux à la 1ère lecture...
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