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mercredi 14 avril 2021

BD Comiques Pilote 04 - Potpourri / 05 Jett Pather, O.K., 24-43, Picratt / 06 Tromblon et Bottaclou / 07 Agent Secret E-1000. Compilations de Voltaire57


Les BD que vous allez lire sont uniques en leur genre. Tellement uniques qu’elles n’ont pas eu de
suites, ou alors si peu. N’allez pas croîte pour autant qu’elles sont sans qualité et rédigées par
des tacherons obscurs. Vous retrouverez en effet Francis, Pat Malley, Fred, Bussemey, Chakir,
Martial, Jo-El Azara et Hubuc, excusez du peu. La maison ne reculant devant aucun sacrifice vous avez
en prime deux parodies de Sherlock Holmes du méconnu Kiraly, Holmes se transformant en Rolmobs et le professeur Moriarty devenant Moritury

Toutes faisaient partie, avec d’autres, de la partie humour du journal avant la venue des fameuses pages
actualités. Toutes concourraient, a leur niveau, a faire du Pilote de ces années la |'un des meilleurs sinon
le meilleur journal d’alors.
Vous pouvez maintenant les (re)découvrir méme si certaines allusions comme celle des souliers du marin Félix Leclerc ne doivent pas dire grand-chose a la jeune génération.



Les intégrales qui composent cet album sont au nombre de trois. Tout d'abord Jett Parther de
Francis (1937-1994). Assistant de Peyo puis de Greg on le connait surtout pour sa série Marc
Lebut et son Voisin (1966). Jett Parther est l'une de ses premières créations régulières 
puis viendra M. Bouchu (1965) dans J2 Jeunes.

Malgré un dessin plaisant et des histoires qui, sans confiner au génie, sont agréables Francis n'a pas eu la carrière qu'il méritait. C'est pourtant un solide artisan de la BD franco-belge.

Michel Vasseur qui signe O.K. 27-43 (1964) n'est autre qu'André-Paul Duchateau (1925-1920). 
Cette pa-rodie des films d'espionnage sort en pleine Bondmania quand la France 
découvrait d'un coup plusieurs films avec Sean Connery en 007. 
On reconnaitra dans le héros Bernard de la Luette, un clin d'œil) Hubert
Bonisseur de la Bath alias OSS 117, le visage de Duchateau lui-même. Quant à son patron, le vieux, c'est carrément Jean Gabin. C'est Luc Mazel qui sous le pseudonyme de Idem dans les premières histoires qui s'occupe des dessins. Il connaîtra la glore plus tard avec sa série Câline et Calebasse.

Géri (1934-2015) assure les dessins de Picratt. Lui aussi fut un solide artisan de la BD. 
Hormis M. Magellan, et encore, aucune de ses séries n'est vraiment passée à la postérité. 
Assistant de Raymond Reding, coloriste au Studio Tintin il a pourtant un vrai savoir faire.

Il'a pourtant eu de bons scénaristes dont Jean Van Hamme et dans le cas présent Acar. 
Malheureusement pour lui, ils n'étaient sans doute pas alors au meilleur de leur forme d'où le manque de notoriété de ce dessinateur.

Il paraissait pourtant important de permettre aux lecteurs d'aujourd'hui de se faire leur propre opinion et
montrer par là-même la richesse du portefeuille de Pilote tant en termes de séries que d'auteurs.



Si l’on en croit son interview aux Cahiers de la Bande Dessinée en 1971, 
Godard à son retour du service militaire se rend chez EdiFrance parce qu'autrefois il dessinait
 Benjamin et Benjamine désormais repris par cette maison. 
Là, il tombe sur Goscinny qui anime depuis la série avec son compère Uderzo. 
Le futur père d’Astérix qui dirige le journal vedette, Pistolin, offre un poste au jeune démobilisé. 
Voilà comment se fait la rencontre de ces deux hommes.

Lors du lancement de Pilote en 1959, les deux G créent ensemble Jacquot le Mousse, une série plus spécifiquement destinée aux jeunes enfants. Puis en 1962 vient le tour de Tromblon et Bottaclou.

L'action se situe sur une île dans une ambiance milieu/fin XIX° siècle. Il s'agit d'un monde rural où la révolution industrielle n’a pas encore réellement percée. Sur cette île s'affrontent, gentiment, un gendarme, Bottaclou, et un voleur, Tromblon.

Le premier est habillé comme les gendarmes de la fin du Second Empire et chevauche un bourrin 
qui répond au nom de Boitafoin.
 Le second est toujours affublé d'un chapeau et d'un loup plus ou moins lâche
et est accompagné d'un corniaud, la Truffe. Cette opposition cocasse n'est pas sans rappeler les personnages de Louis de Funès et Moustache dans Ni vu, ni connu (1958).

Le rêve de Bottaclou est bien sûr d'arrêter Tromblon mais il leur arrive de faire
 souvent cause commune
pour chasser de plus méchants. L'une des rares fois où Tromblon est réellement arrêté,
 le gouverneur de l'île est si satisfait qu'il décrète … une amnistie générale.

Si la série ne confine pas au génie c'est sans doute parce qu'elle reste très classique. Pas de délire comme dans Les Divagations de Monsieur Sait-Tout, pas de mise en abyme de la société comme
 dans Astérix, pas de calembours et d'à-peu-près comme dans Iznogoud.

Néanmoins la mise en page de type gaufré avec 5 bandes par planches donne une réelle consistance aux
histoires. L'ensemble est très professionnel et se lit avec plaisir.

Cette série démontre une fois encore le talent de Goscinny et le savoir-faire de Godard dont le dessin gagnera encore en aisance par la suite.

Ces 8 récits et 48 planches restent pour chacun des deux auteurs une série mineure. Hormis quelques
planches de gags épisodiques par la suite, les deux hommes ne travailleront plus ensemble. Godard qui
faisait partie de l'équipe originelle de Pilote partira sur la pointe des pieds à la fin des années 60. 
Dans son interview de 1971, il donne son explication :

« Je réagis de manière très vive aux atmosphères, aux contacts épidermiques. Là-bas (NB : Pilote) l'équipe du moment avait pour mon goût une fâcheuse tendance à ‘travailler dans le génie’.
 Je me suis mis à m'ennuyer ferme. »...

(Continuez à l'intérieur de l'album...)




Voici le frère jumeau ou presque de Tromblon et Bottaclou. D'abord parce que ces deux séries datent de la même période (1962) ensuite parce qu'il s'agit de récits complets d'humour, puis parce que c'est une pochade des films d'espionnage alors en vogue et enfin parce que Godard est aux crayons, dessins et scénarios. C'est d'ailleurs la première série qu'il signe dans Pilote en tant qu'auteur complet.

Godard abandonne simultanément Tromblon et Bottaclou ainsi qu'E-1000 à la rentrée de 1963
 pour donner naissance à Norbert et Kari. 
L'agent secret fera néanmoins un dernier tour de piste en 1967. 

A dire vrai si la proximité entre les deux séries est forte, la balance penche quand même, à un poil près, pour Tromblon où l'on sent davantage de tendresse pour ses personnages.

A la décharge de l'auteur force est de constater qu'il travaillait énormément. 
Rien que pour Pilote il livre 60 planches et 35 pour Vaillant en 1962.

Godard le reconnaîtra dans son interview aux Cahiers de la BD en 1971, à l'époque il ne cherchait encore qu'à être écrivain, la BD étant à la fois un plaisir mais surtout un gagne-pain. 
Il est de fait parvenu à ses fins en étant romancier mais surtout aussi un très bon scénariste de BD.
 Le premier tome des Dossiers de l’Archange est à ce titre de toute beauté même si le deuxième album est nettement un ton en dessous et que nous ne connaitrons
 jamais la fin de cette série fantastico-policière.

Comme le fera un tout petit peu plus tard Martial avec Tony Laflamme opposant la Daltonie 
et la Ligurie, Godard met en scène deux pays rivaux d'opéret
La Strychninie est un pays de haute réputation gastronomique grâce à ses célèbres nouilles aux œufs.
La Belladonie, sa voisine, enrage car sa principale industrie, les coquillettes, n'a pas la même renommée que les nouilles strychniniennes. C'est pour cela que le professeur Barby-Thurick teste en permanence de nouvelles recettes susceptibles de surpasser les produits strychniniens. 
Mais ses expériences multiples s'avérant décevantes, les services secrets belladoniens n'hésitent donc pas à franchir le rideau de fer blanc qui sépare les deux pays.

Le chef des espions strychniniens, le colonel d'Haut-Perett, sait qu'il peut compter sur son meilleur agent,E-1000. Celui-ci se heurte bien évidemment avec son alter ego belladonien, Eustache Dancre.

On le voit Godard n'a pas peur des jeux de mots jusqu'à la monnaie locale qui se compte en Rhadis!

Bonne lecture !

NB : Une partie de cette introduction est directement tirée de Wikipédia. Je le fais d'autant moins sans vergogne qu'outre le fait que cela est autorisé, c'est moi qui ai rédigé l'essentiel, sinon l'intégralité de l'article que j'ai d'ailleurs créé.




 Les séries comiques méconnues de Pilote

Remerciement à Voltaire57  pour ces super albums virtuels.

 🅱ibliotheca 🆅irtualis

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Publié par Monsieur Augustin

samedi 16 janvier 2021

BD Comiques Pilote 03 Caracacouac - Capitaine Caracagnac - Intégrale Fracasse. Compilation de Voltaire57

 

Auteur, critique de cinéma et amateur de bandes dessinées Rémo Forlani (1927-2009) fait
partie de l'équipe originelle de Pilote. Il signe notamment la série P'tit Pat (1961-1963). Ce
Caracacouac qu'il signe avec Lacroix est sa dernière contribution pour le journal.

Diplômé de l'Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg Georges Lacroix débute
sa carrière dans la BD mais ripe assez rapidement vers le film d'animation.

Berck qui illustre la deuxième histoire signe ici sa seule participation dans Pilote 
et c'est bien dommage.
Il livre ici un récit dans le genre de ceux de Rataplan (1961-1967) qu'il dessine pour Tintin. Poursuivie, Racagnac aurait pu devenir une série plus adulte que son alter du journal belge. 
Mais ce ne fut pas le cas et nous aurait priver des Mulligan et autres Sammy 
qu'il fera chez Spirou
Il y avait pourtant dans ce capitaine une belle graine qui aurait pu lever.

Le Fracasse de Dorville fait évidemment penser à Flamberge (1959-1960), le personnage qu'il avait créé
pour Vaillant et qui n'eut droit qu'à de courts récits complets ou même de simples gags. Dans la mesure
où l'on sait peu de choses sur cet artiste, il m'a paru utile de télécharger le joli témoignage de son fils,
 puisé sur forumpimpf.net. 

« Dorville, qui a publié notamment dans Vaillant, Record et Pilote, de la fin des années 50 au début des années 70... C'est dire si j'ai baigné dans le chaudron durant ma tendre enfance! Hélas, il est décédé prématurément, en 1976, et n'a donc pas eu la carrière et la renommée qu'il aurait méritées. 
Depuis quelques mois, je me suis replongé dans ses archives (ou ce qu'il en reste, car il n'était pas d'une très grande rigueur!) et j'ai redécouvert l'étendue de son talent. 
Dans Record, que je lisais avidement, il avait inventé le personnage d'Arsène, balayeur et homme à tout faire de la rédaction. Je me souviens qu'à l'époque je le regardais dessiner sur sa planche et que j'essayais de l'imiter, mais je n'ai jamais eu son coup de crayon! .»

Outre le fait d'être sous le sceau de l'humour, toutes les histoires de ce recueil ont pour point commun
d'être « historiques ».

Bonne lecture !





 Les séries comiques méconnues de Pilote
Volume 3 (1963 - 1966)

Remerciement à Voltaire57 pour ce excellent  album virtuel.


Liens: .zip  -  .pdf    

Publié par Monsieur Augustin

mardi 12 janvier 2021

BD Comiques Pilote 02 Chronique de Piquépoc - Poncyffe (Intégrales) (1965 - 1966) Compilation de Voltaire57


Cette période 1964-1968 est sans doute celle de l'âge d'or de Pilote. Ce n'est pas celle de qui sert pourtant de référence puisqu'on a coutume de parler plutôt de la suivante 1968-1972,
celle des « chouettes copains », celle des « pages d'actualité », du « Mad à la française ». En
1972 la « bande des chouettes copains » éclatera et le journal mettra deux ans à agoniser. Il
faut savoir « tuer le père » c'est que firent les Bretécher, Gotlib, Mandryka, Druillet
 et autres Moebius en s'émancipant pour aller créer l'Echo des SavanesMétal Hurlant 
et donner une autre inflexion à la bande dessinée. Ce n'est pas rien.

Pourtant si l'on regarde avec le recul cette période 1969-1972 on s'apercevra qu'il devient progressive-
ment un journal d'humour agrémenté de quelques séries vedettes mais 
ce n'est plus vraiment un journal de pure BD.


Dans la même mesure de sa création en octobre 1959 a la reprise en main du journal par Goscinny et
Charlier en septembre 1963, Pilote n'est pas qu'un journal de BD. Il ÿ a beaucoup de rédactionnel 
sur le sport, le zoo, le cinéma, …

Sous leur houlette un nouveau journal va progressivement se dessiner pour comprendre jusqu'à 80% de
pages BD en 1968.


Le trio Charlier-Goscinny-Uderzo se sont entourés de professionnels comme Mitacq, Tabary, Hubinon,
Godard, Poïvet avec qui ils ont déjà travaillés. Ce sont tous à l'époque des hommes faits, la plupart chefs de famille. Ils n'ont qu'une idée : pouvoir travailler et manger.

Ils ont connu les galères des années 50, les prestations mal payées ou pas toujours payées. Etre quasi-
ment patron d'un journal c'est la chance de pouvoir vivre décemment. Alors ils font ce qu'ils savent faire
de mieux : de la BD et de la bonne BD.
 Et comme ce sont de vrais pros, ils savent détecter les nouveaux talents.


En ce début d'année 1968, outre les auteurs qu'on vient de citer on trouve Cabu, Chakir, Clavé, 
Delinx, Fred, Giraud, Hubuc, Lob, Martial, Mézières, Mouminoux, Parras, 
Pélaprat, Pichard, Reiser, … et bientôt
(Le texte continue à l'intérieur de l'album)






 Les séries comiques méconnues de Pilote
Volume 2 (1965 - 1966)

Remerciement à Voltaire57 pour ce excellent  album virtuel.


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Publié par Monsieur Augustin

mardi 5 janvier 2021

BD Comiques Pilote 01 Jerôme Bluff dans Pilote - Intégrale Martial - Compilation de Voltaire57


Martial Durand (1925-2013), dit Martial, est un soutier de de la bande dessinée :
 Méconnu pour ne pas dire inconnu du grand public et méprisé par l'intelligentsia de la critique bédéphile. Qu'on en juge ! Nul dossier dans les Cahiers de la Bande Dessinée,
chez Bo Doï, chez dBD, seul Hop! et le site BD Zoom lui ont ouvert leurs pages qu'elles
soient de papier ou numériques.

Outre que c'est injuste car l'homme n'est pas sans talent,
c'est surtout crétin car Martial a connu l'époque héroïque de la
bande dessinée et qu'il y a de quoi faire un joli dossier sur cette période de l'après-guerre. 
Ayant rencontré Uderzo dès 1948, il est quasiment de la création de Pilote.


En fait Martial souffre de ne pas avoir eu de série à succès. De quoi
se souvient-on, pour les plus anciens en tout cas ? De son Tony
Laflamme (1963-1971) dans Pilote et de Sylvie (1952-1994) dans Bonnes Soirées. 
Quand on évoque la Famille Bottafoin (1967-1970) c'est pour rappeler que la revue Jeunes
Agriculteurs avait viré cette série de gags en une planche
en pensant que Martial se foutait indirectement d'eux.
Du coup nos paysans trouvèrent refuge dans Pilote.

Et pourtant quand on relit Les Divagations de Monsieur Sait-Tout (1961-1963) qu'il réalise avec Goscinny, quel bonheur ! Quelle rigolade !


Il assure scénarios et dessins de Jérôme Bluff (1962-1963)
courte bande humoristique de 7 récits complets. Celle-ci va nous permettre de mieux 
comprendre l'originalité de Pilote en ce début des années 60. Lorsque le journal est
créé il est le 27éme magazine du genre à être disponible
pour la jeunesse et encore ce nombre n'inclut pas les petits formats.
 Parmi ces « concurrents » signalons : 
Le Chœur, Fripounet et Marisette, Vaillant, Cœurs Vaillants,
Fillette, Francs-Jeux, Pat, Tintin, L'Intrépide, Hurrah, Junior, Mireille, Entre Amis, …
On dénombre ainsi sur cette période 95 titres différents s'adressant des plus jeunes enfants aux ados. 
On l'a compris nous avons des journaux de surface financière, 
de distribution et de qualité très hétérogènes... (Le texte continue à l'intérieur de l'album)



Les séries comiques méconnues de Pilote
Volume 1 (1962 - 1963)

Remerciement à Voltaire57 pour ce excellent  album virtuel.

Bibliotheca Virtualis



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Publié par Monsieur Augustin

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