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mardi 25 août 2026

ESPRIT DU VENT (MAGICO VENTO) Scantrad inédit 003 Lady Charity – septembre 1997 (scénario GIANFRANCO MANFREDI – dessins JOSÉ ORTIZ) + hommage à Gianfranco Manfredi - Édité par Philippe


C’est décidé pour le journaliste de Chicago Willy Richards, surnommé Poe : 
il va quitter le petit village des Sioux Lakotas où Ned Ellis a pris l’habitud
 de séjourné sous le nom de Esprit du Vent, pour retourner à Chicago 
et même au péril de sa vie.

Les mauvaises langues diraient que Poe n’apprécie toujours pas les 
petits plats préparés par Refus-d’Arrêter mais la véritable raison 
est bien plus sérieuse que cela : faire éclater au grand jour les causes 
de l’explosion du train et le rôle qu’a joué Hogan dans cette affaire…  

Pour y arriver, Poe va devoir faire appel à une dame connue sous le nom
 de Lady Charity mais cet ange des bas-fonds de Chicago, n'est pas tout
 à fait celle qu'elle prétend être. Poe, s'en rendra vite compte, mais, 
pris au piège de la toile que cette femme diabolique a tissée autour 
de lui, il risquera de sombrer dans la folie. 

Esprit du Vent, resté au camp indien, est loin, trop loin pour
 pouvoir secourir son ami ; Heureusement, le lien qui les unit lui
 permet cependant d'entendre à temps l'appel au secours 
du courageux journaliste… 
 

Pleins feux sur Gianfranco Manfredi

(Hommage à un auteur polyvalent ayant marqué le monde de la musique, de la littérature et des fumetti)

Né à Senigallia le 26 novembre 1948 de parents musiciens, 
Manfredi a passé la majeure partie de sa vie à Milan, où il a obtenu 
un diplôme en philosophie en 1973. Durant la fin tumultueuse des 
années 1960 et le début des années 1970, il s’est activement 
engagé dans des mouvements contre-culturels et a entamé 
une carrière d’auteur-compositeur-interprète. 
Son premier album, La crisi (1972), aborde de front les tensions 
sociales et ouvrières de l'époque. A côté des chansons 
provocatrices et contestataires, il a écrit plus de 300 chansons 
pour de grandes voix de la musique italienne.


Dans la chanson « Agenda 68 » de l’album Ma non è una malattia 
(Mais ce n’est pas une maladie, 1976), on peut y entendre  ce couplet: 
« J’aimerais lire un livre, un Tex ou un Topolino (nom de Mickey en italien)». 
Dans ce choix de mots intrigants, il y incarne un jeune homme 
apathique plaçant les personnages de bd Tex et Mickey au même
 niveau que la littérature. Devinait-il déjà que bien des années 
plus tard, il allait écrire des histoires pour l’un de ces deux personnages… ?

Auteur de plus de trois cents chansons, durant les années 1980,
 il délaisse progressivement le domaine musical pour le grand écran.
 Il a joué dans 10 films et travaillé comme scénariste pour sept 
films et trois séries télévisées, dont une basée sur le personnage 
Valentina de Guido Crepax.

Il a aussi écrit à partir de 1983 de nombreux romans, essais
 et critiques musicales.


C’est dans les années 1990 que Manfredi fit ses débuts comme scénariste de
 bandes dessinées en créant le personnage de chasseur de fantômes
« Gordon Link » pour Editoriale Dardo en 1991, à une époque 
qui peut être considérée comme une période dorée pour la bande
 dessinée italienne grand public. À cette époque, au coin de chaque
 rue des villes et des petites villes, il y avait un kiosque à journaux 
débordant de bandes dessinées, et les titres Bonelli étaient devenus
 les véritables icônes de la culture pop italienne. L’immense succès
 du personnage de Dylan Dog, qui a fait ses débuts en 1986,
 a joué  un rôle crucial dans ce phénomène. 
Les jeunes lecteurs adolescents, envahissaient les kiosques
 pour obtenir leurs multiples 
doses mensuelles de ces fumetti.

Trois ans plus tard, il a commencé à collaborer avec la maison d'édition
 Sergio Bonelli Editore, écrivant de nombreux scénarios pour  
Dylan Dog, Nick Raider et Tex Willer, mais c'est en 1997 qu'il a 
conquis le cœur des lecteurs, en créant la série western
  Magico Vento , qui mêle également des éléments d'horreur et de magie.
En plus, Manfredi a également créé les personnages de Volto Nascosto
 (14 nos en 2007-2008) un guerrier mystérieux au visage couvert d’un 
masque argenté, chef d’une bande de pillards issus de diverses
 populations africaines et qui, pendant la guerre coloniale entre 
L’Ethiopie et l’Italie au XIXe siècle, devient le bras droit de la reine d’Éthiopie,
 Taitu,  Shanghai Devil (18 nos en 2011-2013) la suite de Volto Nascosto 
l’histoire se passant en Chine, Adam Wild (26 nos en 2014-2016) un 
explorateur écossais évoluant dans la région sub-équatoriale du 
continent africain, du Kenya à l'Afrique du Sud. Un homme déterminé
 et rebelle, qui n'hésite pas à se jeter dans la mêlée et à se battre avec 
quiconque veut asservir les populations indigènes, et en 2018, 
Cani Sciolti (15 nos en 2018-2019) racontant Milan à travers le regard 
d’adolescents dans les années 1960 avec ses tempêtes sociales. 
En plus de ces titres, d’autres œuvres notables de Manfredi incluen
t plusieurs autres romans graphiques pour Bonelli, Le Storie,
 ainsi que la mini-série de gangsters en trois numéros Coney Island.



Après avoir déménagé à Valtellina pour ses dernières années, 
malgré sa maladie qui l’amoindrit, Manfredi n’a jamais cessé de créer 
dont, en plus de plusieurs essais, l’édition italienne de son western
 brésilien O Procurador chez Pipoca & Nanquim (2022) et traduit 
aussi en français chez Fordis Editions en 2024 (L’homme de la Loi).
C’est le 24 janvier 2025 que Gianfranco Manfredi nous a quitté à Milan
 après une longue lutte contre sa maladie. C’est sa fille aînée Diana qui 
a annoncé la nouvelle en ces termes sur Facebook: 
C’est avec une immense tristesse que j’annonce le décès de mon
 père, Gianfranco Manfredi. 

Un véritable génie qui savait toujours lire et interpréter
 le monde et ses changements, un esprit curieux qui ne cessait jamais 
d’étudier, de découvrir et de se renouveler. Aujourd’hui, 
souvenez-vous de lui en écoutant l’une de ses chansons, en lisant l
’une des milliers de pages qu’il a écrites, ou en repensant 
à un moment passé ensemble ; cela le rendrait certainement heureux.

Dans ses derniers instants, il m’a demandé de trouver une image en 
couleur de Magico Vento, en train de faire un signe d’adieu ou de 
s’éloigner à cheval, et d’y écrire en rouge la formule d’adieu en lakota. 
J’ai fait tout cela aussi vite que possible pour pouvoir lui montrer 
et obtenir son accord. Il m’a dit : « D’accord, c’est bon, envoie-la à Bonelli ». 

Mitakuye Oyasin , « Nous sommes tous liés » signifiant que nous
 faisons tous partie de la communauté humaine, que nous ne faisons 
qu'un avec la dimension naturelle de la terre, du vent, du soleil et de l'eau. 
C'est ainsi que Gianfranco a voulu faire ses adieux.

BONUS
En 2013/2014, les éditions Clair de Lune ont sorti en français la série 
Shangai Devil en trois tomes de 576 pages comportant chacun 
6 numéros de la série initiale en italien.

En lisant cette aventure, vous constaterez combien Manfredi était 
rigoureux : les épisodes reposant sur une documentation très 
pointue, tant sur l'époque, les coutumes, les lieux, 
les circonstances et les personnages historiques qui y apparaissent.

Remarque: si la série Shangai Devil fait suite à la série Volto Nascosto 
(jamais traduite, à ma connaissance en français), 
les deux séries peuvent se lire indépendamment.


Ugo Pastore débarque à Shanghai en 1897 pour assister son père Enea, 
représentant de la compagnie commerciale Caput Mundi.

Sensible et ennemi des injustices, il se rend vite compte que 
les puissances occidentales se comportent de façon humiliante 
vis-à-vis de la population locale. 
Il se lie avec un jeune acteur, Ha Ojie, qui l’accompagne au bordel 
de Madame Niang, où il tombe sous le charme de Meifong, une 
jeune prostituée tendre et sans expérience.

La route d’Ugo, cependant, croise celle du très louche Burke, 
un trafiquant d’opium anglais. Quand ce dernier agresse Meifong,
Ugo décide de  le lui faire payer. Il endosse alors le masque 
d’argent qu'il a en quelque sorte « hérité » en Ethiopie...
 Le baptême du feu, en somme, 
d’un mystérieux ¡usticier solitaire, que les journaux anglais
 surnommeront: Shanghai Devil...

Bonne lecture à vous et à la prochaine !

Texte : Philippe.

Fresque murale dédiée à Gianfranco Manfredi dans le quartier Greco/Martesana à Milan.




  Nous sommes immensément reconnaissants à Philippe pour cette magnifique contribution, d'une qualité surprenante tant au niveau des images que de la présentation très bien documentée.

Publié par Monsieur Augustin

mardi 11 août 2026

ESPRIT DU VENT (MAGICO VENTO) Scantrad inédit 002 Griffes (Artigli) – août 1997 (scénario GIANFRANCO MANFREDI – dessins JOSEPH BARBATI & BRUNO RAMELLA) - Édité par Philippe




Fin de l’épisode de Fort Ghost, nous avions laissé nos deux amis 
Esprit du Vent et Poe en route vers le petit village des Sioux Lakotas
 qui avait accueilli Ned Ellis, fortement blessé et seul rescapé 
il y a trois ans lors de l’ « accident » du train. 
Nos deux amis connaissent donc maintenant l’origine de cet 
accident mais vouloir retourner à Chicago pour Poe afin d’éditer son
 papier, est momentanément devenu impossible car Hogan 
veut l’en empêcher par tous les moyens !


Hélas, la douce quiétude du village promise par Ned Ellis 
à son ami pour se reposer n’est pas au rendez-vous :
 Plume Coupée a été enlevé par un… aigle !


Et ce sera au cœur des Terres Maudites que Esprit du 
Vent devra résoudre le mystère de cette disparition et de celle de 
Parle-aux-Aigles, parti il y a quatre ans pour combattre
 Loup Noir le puissant sorcier Crow …



BIOGRAPHIE DE GIUSEPPE BARBATI

Napolitain de naissance, il s’installa à Bolzano, où il vécut 
et travailla quelque temps. Formé dans l’atelier de Dino Leonetti,
 il a fait ses débuts en tant qu’illustrateur sur Balboa, un personnage 
créé par Sauro Pennacchioli. En 1992, il est devenu membre de
 l’équipe du magazine Ken Parker, d’Ivo Milazzo. En 1994, il s’est 
lancé dans le dessin d’une autre série western, Ray Cooper, avec 
des textes de Piero Fissore. En 1995, il a entamé une longue 
collaboration avec Sergio Bonelli Editore, illustrant 
la bande dessinée n° 85 de la nouvelle policière Nick Raider, 
associé à son collègue Bruno Ramella. L’année suivante,
 il commença à enseigner à l’École romaine de bandes dessinées 
puis, par la suite, à l’Académie de la bande dessinée de Pescara).

L’expérience solide acquise dans le genre western l’a conduit
 à dessiner, toujours en binôme avec Ramella, de nombreux 
épisodes de Magico Vento, un personnage créé par Gianfranco 
Manfredi, auquel il se consacrera jusqu’à la fin de la série, en 2010. 
Sur des textes du même auteur, il illustre les crayons de certaines 
aventures du Diable de Shanghai, toujours à l’encre de Ramella. 
Entre 2010 et 2011, il a collaboré avec le roman de science-fiction
 Nathan Never. Alors qu’il travaillait sur une histoire d’Agent Alpha
 et Coney Island, une mini-série Manfredi pour les Bonelli
 Graphic Novels, Barbati est décédé à l’âge de 48 ans, à Ostia, 
près de Rome, le 16 novembre 2014.





BIOGRAPHIE DE BRUNO RAMELLA

Né dans la province d'Imperia le 31 octobre 1959, Bruno a travaillé comme bûcheron jusqu’à l’âge de 25 ans, lorsqu’il a été bloqué par une opération du dos qui l’a forcé à se coucher. Durant cette période, il est devenu passionné par la bande dessinée au point de décider de poursuivre une carrière d’artiste. Après une période d’études et d’apprentissage sous la direction d’Ivo Milazzo, il fit ses débuts professionnels en travaillant pour Eura Editoriale.

Plus tard, Claudio Nizzi lui fait franchir le grand pas en l’intégrant à l’équipe de designers de Nick Raider de Sergio Bonelli Editore. La première histoire avec ses dessins est le numéro 6, publié en novembre 1988 et à partir du numéro 44, il a succédé à Giampiero Casertano en tant qu’artiste de couverture de la série (janvier 1992), une tâche qui l’a occupé jusqu’au numéro 99 (août 1996). En parallèle à cette série, il a également dessiné trois nouvelles écrites par Nizzi.

En 1996, Ramella est devenu l’un des illustrateurs les plus productifs, notamment en tant qu’encreur de Magico Vento. Son premier épisode apparaît dans ce numéro 2, les crayons étant donc de Giuseppe Barbati et ensemble, ils vont dessiner de nombreux numéros de la série jusqu’au numéro 130.

Toujours pour les éditions Bonelli et toujours associé à Barbati, il réaliseront trois épisodes de la mini-série Coney Island (2015) et les trois épisodes de Shanghai Devil (2021l.


Bonne lecture à vous et à la prochaine !

(traduction avec l’outil Transmonkey AI à partir de scans trouvés sur le web)

Texte: Philippe


  Nous sommes immensément reconnaissants à Philippe pour cette magnifique contribution, d'une qualité surprenante tant au niveau des images que de la présentation très bien documentée.

Publié par Monsieur Augustin

jeudi 21 janvier 2021

Barbara - Le palude della cittá fantasma / Coney Island / Dracula / l'Uomo di Wolfland (V.O.) - Compilations de Voltaire57


 Dans la Botte on appelle la BD fumetti, à cause bien sûr des phylactères. De ce côté-ci des Alpes on s’est souvent pincé le nez à la simple évocation des productions italiennes. Il est vrai que pendant longtemps ne se sont déversées que des aventures faciles, des ersatz de Tarzan comme
 Akim ou Zembla ou des héros comme Blek ou Zagor dont la vertu première n’est pas 
la vraisemblance. Et alors ?

Le cinéma populaire italien a souffert du même ostracisme. Autant Ettore Scola, Pier Paolo Pasolini ou Vittorio De Sica étaient portés aux nues, autant un regard méprisant était porté sur les Hercule, péplums, films d’espionnage, d’horreur, giallo et autres qui s’adressaient certes à un public peu exigeant, mais qui après une semaine de labeur cherchait surtout à se distraire.

Et puis la critique a découvert Sergio Leone et du coup a rendu des lettres de noblesse au western spaghetti et de loin on loin on redécouvre aujourd’hui celui qui fut pendant 25 ans durant le premier producteur de films en Europe.

Il en va de même avec les fumetti, même si cette reconnaissance est encore fort partielle. On s’est aperçu qu’avec Pratt il y avait aussi des Attilio Micheluzzi, des Dino Battaglia, Sergio Toppi, Paolo Serpieri, et on pourrait continuer longtemps comme cela.

Les albums virtuels qui vous sont proposés aujourd’hui sont un prolongement et tentent de montrer que ce que nous connaissons des fumetti n’est que la partie immergée d’un gigantesque iceberg.

Ont été retenues à titre de démonstration des bandes italo-argentines. On n’a pas toujours conscience de la connexion historique et culturelle entre les deux pays. 

Barbara est une bande apocalyptique argentine à l’origine mais largement diffusée dans la péninsule. Dracula, il s’agit du personnage historique, a semble-t-il été d’abord été créé en Italie... mais par un Paraguayen, Robin Wood, qui fit d’abord carrière au pays des gauchos.

Son œuvre est monumentale et totalement inconnue dans l’hexagone. Il a sans doute écrit plus de 20.000 planches. Son Dago doit vraisemblablement dépasser aujourd’hui les 5.000 planches, son Nippur de Lagash en fait moitié moins comme quasiment son Savarese

En revanche ses Dax, Cosacco font chacun à peine plus de 1.000 planches. Petit joueur, va !

Et ses sans compter ses Helena, Qui la Legione, Anders, Il Pellegrino, Kayan, etc. Dans la plupart des cas, il s’agit de très bonnes séries et même parfois de purs chefs d’œuvre du genre.

Pour montrer la diversité de cette production italienne figure également L’Uomo di Wolfland prédécesseur de La Fille du Wolfland publié en son temps par Dargaud dans Charlie, 
une bande de SF aux tons uchroniques.

Enfin, et de manière à réhabiliter les petits formats, Coney Island a été choisi. Son avantage est de présenter une histoire complète en 3 numéros seulement. Mais on aurait pu parler de Volto Nascosto, dont les 12 parutions forment une saga épique qui préfigure Shangai Devil. On aurait pu pointer une foultitude de séries, la plupart inédites en France, qui valent largement et parfois plus que très largement d’insipides albums tricolores.

Mais la place nous manque.

Reste à découvrir ces fumetti. Les non italophones se sentiront frustrés mais qu’ils jettent d’abord un œil. Ils verront alors si ça vaut le coup, ou pas, d’acheter un dictionnaire de poche franco-italien et ou d’utiliser deepl.com.

Quant à moi, mon choix est fait !


Fumetti: Albums virtuels 

Barbara Vol. 1. Le palude della cittá fantasma. Ricardo Barreiro - Juan Zanotto

Coney Island. Manfredi, Barbati & Ramella

Dracula. Alberto Salinas - Robin Wood

l'Uomo di Wolfland. Ricardo Barreiro - Franco Saudelli





Merci à Voltaire57 pour cette excellente collaboration.



Publié par Monsieur Augustin

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