Lee Elias (1920-1998) est aujourd’hui passablement oublié et c’est bien dommage. Né à Manchester il file
avec ses parents aux Etats-Unis alors qu’il n’est encore qu’un gamin. C’est à New York qu’il étudie le dessin,
d’abord au Cooper Union puis à l’Art Student League. Ce qui lui permet de passer professionnel dès
1943. En 1946 il entre chez Harvey, c’est là qu’il fera l’essentiel sinon de sa carrière au moins de sa production.
Il touche à tous les genres : la romance, la guerre, l’horreur et établit sa notoriété
avec Black Cat.
S’il n’a pas créé le personnage (1941) c’est lui qui lui a dessiné ses plus belles pages.
Catwoman (1940) étant au départ la reine de la cambriole. Pourtant comme
Batman, Black Cat n’a pas de superpouvoirs mais une intelligence acérée, une agilité
et une force qu’on ne soupçonnerait pas chez une femme si gracile.
Chez Harvey il travaille également un temps pour Milton Caniff, le créateur
de Terry et les Pirates, dont il adopte peu ou prou le
style. C’est tellement vrai que certaines
couvertures de la revue seront en fait de la main d’Elias
Ce style est alors à la mode. En fait plus qu’une mode, les comics à
l’époque optent dans leur ensemble pour offrir la meilleur lisibilité d’où
cette impression première que tous les dessinateurs, en tout cas les
meilleurs, se coulent dans un même style.
De nos jours le dessin de Frank Miller n’a rien à voir avec celui de Joshua
Middleton, ni celui de Mike Mignola ou celui d’Howard Chaykin, c’est
même devenu une nécessité que de se démarquer. Il convient de dire
aussi qu’il existe aussi aujourd’hui un lectorat adulte ce qui n’était pas
vraiment le cas dans les années 50, sauf en ce qui concerne les strips...
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