Ce 1er janvier 1987 l’URSS est encore debout mais l’empire se lézarde.
Le 15 décembre 1986 des émeutes
plus ou moins fomentées éclatent à Almaty et durent quelques jours.
La raison : Le remplacement de Dinmukhammed Kunaev par
Guennadi Kolbin.
Problème, le premier était kazakh, le second russe et la
population ne voyait pas d’un bon œil l’arrivée d’un « étranger »
même pour remplacer un politicien relativement corrompu.
En fait Gorbatchev qui prônait la glasnost
avait été abusé par Nursultan Nazarbayev qui se
présentait comme un chevalier blanc et qui, quelques années plus tard,
deviendra le président dictateur du Kazakhstan.
Cet exemple montre bien l’interpénétration qu’il pouvait y avoir entre
les pouvoirs politiques locaux et les mafias du coin.
Aujourd’hui la chose parait tellement évidente mais à l’époque elle était
tue ou simplement niée en Occident.
Un exemple : En 1989 le guide Moscou Leningrad de
la très sérieuse maison Arthaud indiquait (p. 90) :
« Pendant les trois années que j’ai passées à Moscou, je n’ai
jamais vu un drogué, ni entendu dire que telle
ou telle personne se droguait. »
Pour qui voulait s’en donner la peine les choses étaient tout
de même à la portée de tous. En 1981 Edward Topol et Friedrich Neznansky,
un scénariste et un juriste soviétiques
passés à l’Ouest, écrivent un triller Une disparition de haute importance
puis l’année suivante sa suite Une place vraiment rouge.
Livres complexes mais magistraux qui décrivent
implicitement par le menu pourquoi
l’URSS est en voie de dislocation.
Très franchement je n’échangerai
pas un seul de ces
romans fussent contre un caddie entier de
Ludlum, Grangé ou autres Minier, aussi bons soient-ils.
L’histoire que vous allez lire s’inscrit dans ce
registre, mafia et pouvoir, violence et intimidation.
En un mot la sauce soviétique de l’époque même si par maints
aspects il n’est pas sûr qu’elle ait beaucoup changé.
Ce 1er janvier 1987 l’inspecteur Smirnov est bougon, on l’a tiré
de sa douce quiétude pour un meurtre près d’un canal de Leningrad.
Pour lui aucun doute le corps qu’il a sous les yeux est celui
d’une prostituée, un cas indigne de son
rang. Autant refiler l’affaire à son adjoint Boris Dimitrovitch.
Une affaire facile donc, il suffira de charger un alcoolo
qui aura oublié ce qu’il a fait dans la nuit.
Le problème est que Boris est un bon flic et qu’un bon flic
c’est toujours un peu fouille-merde...