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mardi 19 avril 2022

Dracula - Brad Stoker & Fernando Fernandez. Compilation de Voltaire57


S'il n'a pas crée le mythe du vampire Bram Stoker (1847-1912) lui a redonné vie, ce qui pour une histoire de mort-vivant est un comble ! La littérature regorge, si l'on veut bien pardonner ce jeu de mots, de fantômes qui viennent sucer le sang des vivants. Toutefois le mythe du vampire s'ancre en Occident à l'époque des lumières, Voltaire en faisant même une entrée, malicieuse, de son Dictionnaire Philosophique (1764). Pour tous, à commencer par l'étymologie du mot, le vampire est ce revenant qui vit dans ce monde bizarre qui s'étend des Balkans à la Russie.

En reprenant une idée de son patient, Lord Byron, le docteur John Polidori
(1792-1821) écrit The Vampyre (1819) qui connait un grand succès et va
. provoquer une multitude d'imitations de Charles Nodier à E.T. Hoffmann,
en passant par Gautier, Sheridan Le Fanu ou Tolstoï. Si à chaque fois il
- s'agit bien de vampire, en revanche son statut est très variable selon
l'auteur.

C'est donc Stoker qui grâce au succès de son livre (1897) va en quelque
sorte unifier le mythe. Il fait clairement de son monstre un suceur de sang,
y ajoute une dose d'érotisme, le peint en noble raffiné de Transylvanie,
insiste sur les moyens de le détruire, introduit d'ailleurs son aversion à l'ail,
 évoque son caractère strictement nocturne, etc., toutes choses qui étaient
précédemment éparses

Désormais c'est dans ces attributs qu'on retrouvera pendant longtemps les
futurs vampires. Le plus souvent, mutatis mutandis, ils seront vêtus d'une
cape, auront fait partie de la noblesse de l'Europe orientale, posséderont
une ascendance sur les femmes, seront a minima photophobes, auront
 une élégance vénéneuse,.… 
Ces différents éléments se combinant en totalité ou en partie.


Depuis désormais plus d'un siècle
les vampires ont donc envahi les
écrans de cinéma, les pages des
romans, des BD, mutent avec les
zombies comme dans 30 jours de
nuits. Chacun y va de son originalité, certains 
allant à la source désormais considérée comme 
officielle ,
celle de Vlad Tepes. 

À ce titre l'histoire réelle de Vlad l'Empaleur a été
mise en BD en 2006 par Hermann
et son fils Yves. Pour intéressante
qu'elle soit elle n'a pas le souffle de
celle de Robin Wood et Alberto
Salinas (1991-1966) malheureusement toujours
 inédite en français 
mais disponible dans sa version italienne chez




Il ne manque pas de films, ni de BD sur Dracula; à fortiori sur les vampires.
 Pour autant face à ce déferlement les adaptations du roman de Stoker ne sont
pas si nombreuses même si beaucoup s'en prévalent.


Bien que souvent intéressantes, voire
parfois magistrales, la plupart intègrent d'autres éléments, notamment
historiques qui sont évidemment absents
chez Stoker.

Cette version de Fernando Fernández
(1940-2010) est l'une des plus fidèles que soit, même si transposer 
Un roman épistolaire n'est jamais aussi simple qu'on le croit.



On connait mal en France l'œuvre de ce dessinateur qui entreprit cette adaptation en 1982 pour Wampus, la version espagnole de Creepy et à dire vrai ses albums publiés en France sont d'un intérêt très relatif. C'est d'autant plus dommage qu'il a livré de l'autre côté des Pyrénées quelques belles planches d'horreur pour Vampirella, Rufus et Wampus les versions espagnoles des revues Warren.

Cette adaptation parut en France dans Fantastik en neuf livraisons (1983-1984) alors qu'elle avait été découpée en huit chapitres (on le remarque au blason D qui apparaît) mais il est vrai de très inégales longueurs.


Ce Dracula est incontestablement le chef d'œuvre de Fernando Fernández et vous avez désormais tous les éléments pour en juger.





Remerciement à Voltaire57 pour ce magnifique album virtuel
parfaitement documenté


Publié par Monsieur Augustin

jeudi 21 janvier 2021

Barbara - Le palude della cittá fantasma / Coney Island / Dracula / l'Uomo di Wolfland (V.O.) - Compilations de Voltaire57


 Dans la Botte on appelle la BD fumetti, à cause bien sûr des phylactères. De ce côté-ci des Alpes on s’est souvent pincé le nez à la simple évocation des productions italiennes. Il est vrai que pendant longtemps ne se sont déversées que des aventures faciles, des ersatz de Tarzan comme
 Akim ou Zembla ou des héros comme Blek ou Zagor dont la vertu première n’est pas 
la vraisemblance. Et alors ?

Le cinéma populaire italien a souffert du même ostracisme. Autant Ettore Scola, Pier Paolo Pasolini ou Vittorio De Sica étaient portés aux nues, autant un regard méprisant était porté sur les Hercule, péplums, films d’espionnage, d’horreur, giallo et autres qui s’adressaient certes à un public peu exigeant, mais qui après une semaine de labeur cherchait surtout à se distraire.

Et puis la critique a découvert Sergio Leone et du coup a rendu des lettres de noblesse au western spaghetti et de loin on loin on redécouvre aujourd’hui celui qui fut pendant 25 ans durant le premier producteur de films en Europe.

Il en va de même avec les fumetti, même si cette reconnaissance est encore fort partielle. On s’est aperçu qu’avec Pratt il y avait aussi des Attilio Micheluzzi, des Dino Battaglia, Sergio Toppi, Paolo Serpieri, et on pourrait continuer longtemps comme cela.

Les albums virtuels qui vous sont proposés aujourd’hui sont un prolongement et tentent de montrer que ce que nous connaissons des fumetti n’est que la partie immergée d’un gigantesque iceberg.

Ont été retenues à titre de démonstration des bandes italo-argentines. On n’a pas toujours conscience de la connexion historique et culturelle entre les deux pays. 

Barbara est une bande apocalyptique argentine à l’origine mais largement diffusée dans la péninsule. Dracula, il s’agit du personnage historique, a semble-t-il été d’abord été créé en Italie... mais par un Paraguayen, Robin Wood, qui fit d’abord carrière au pays des gauchos.

Son œuvre est monumentale et totalement inconnue dans l’hexagone. Il a sans doute écrit plus de 20.000 planches. Son Dago doit vraisemblablement dépasser aujourd’hui les 5.000 planches, son Nippur de Lagash en fait moitié moins comme quasiment son Savarese

En revanche ses Dax, Cosacco font chacun à peine plus de 1.000 planches. Petit joueur, va !

Et ses sans compter ses Helena, Qui la Legione, Anders, Il Pellegrino, Kayan, etc. Dans la plupart des cas, il s’agit de très bonnes séries et même parfois de purs chefs d’œuvre du genre.

Pour montrer la diversité de cette production italienne figure également L’Uomo di Wolfland prédécesseur de La Fille du Wolfland publié en son temps par Dargaud dans Charlie, 
une bande de SF aux tons uchroniques.

Enfin, et de manière à réhabiliter les petits formats, Coney Island a été choisi. Son avantage est de présenter une histoire complète en 3 numéros seulement. Mais on aurait pu parler de Volto Nascosto, dont les 12 parutions forment une saga épique qui préfigure Shangai Devil. On aurait pu pointer une foultitude de séries, la plupart inédites en France, qui valent largement et parfois plus que très largement d’insipides albums tricolores.

Mais la place nous manque.

Reste à découvrir ces fumetti. Les non italophones se sentiront frustrés mais qu’ils jettent d’abord un œil. Ils verront alors si ça vaut le coup, ou pas, d’acheter un dictionnaire de poche franco-italien et ou d’utiliser deepl.com.

Quant à moi, mon choix est fait !


Fumetti: Albums virtuels 

Barbara Vol. 1. Le palude della cittá fantasma. Ricardo Barreiro - Juan Zanotto

Coney Island. Manfredi, Barbati & Ramella

Dracula. Alberto Salinas - Robin Wood

l'Uomo di Wolfland. Ricardo Barreiro - Franco Saudelli





Merci à Voltaire57 pour cette excellente collaboration.



Publié par Monsieur Augustin

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