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lundi 7 septembre 2026

Dic Dinn (Intégrale) Période Hachel 1968-1976. Compilation de Voltaire57


 

Hubert Lambert, vous connaissez ? Et si je vous fit Hachel ? Un peu mieux mais pas beaucoup plus quand même. En fait Hachel est ce qu’on appelait autrefois un nègre et aujourd’hui un ghostwriter, encore qu’il serait plus juste de parler de ghostdesigner ou de ghostartist.

Né en 1945 il commence à publier quelque gags sans parole chez Spirou, il a alors 20 ans et l’aventure durera deux ans. En 1967 il rencontre Mitteï dont il devient l’assistant de l’ombre. Son mentor le présente à Edouard Aidans qui utilise également ses services. Il réalise ainsi à la perfection des histoires des Franval dans Tintin Sélection et même Le Peuple des Arbres, une aventure à suivre de Tounga.

Aidans ? Non, Hachel !

C’est ainsi qu’il se crée un nom dans le milieu de la BD belge. La presse d’Outre-Quiévrain va d’ailleurs beaucoup l’utiliser. Il reprend ainsi le personnage de Dic Dinn en 1968, série qu’il animera jusqu’en 1983 dans la page hebdo jeune de Vers l’Avenir. À maints égards notre Dic Dinn est une prolongation du Bob Binn qu’Hachel dessinait déjà dans Bob Binn. Un journaliste, détective à ses heures, qui vit des aventures humo-ristiques telles Rock Derby.

D’accord nous sommes loin de Gil Jourdan mais le pu-blic visé au départ est plus jeune pour autant le série est fort estimable et s’ancre dans le contexte d’ue époque. Les lecteurs y trouvaient moult clins d’oeil avec les célébrités du moment.

Pierre Bellemare ? Non, pierre Belleflaque !

D’accord, ces jeux de mots sont un peu dans la lignée « chatouille-moi que je rigole » mais n’oublions le public auxquels ’ils étaient destinés initialement. Ceux de Goscinny aussi me direz-vous; mais n’est pas Goscinny qui veut !

Mais quand il le faut Hachel va au-delà. Vous verrez page suivante comment il brise le fameux quatrième mur du théâtre en faisant intervenir le lecteur. Il joue également de l’autodérision quand on voit un duo de « méchants » s’éloigner en laissant entendre qu’ils ne sont bons qu’à faire de la BD.



La composition est d’autant plus intéressante que plus les personnages s’éloignent plus la taille des lettres rapetisse. Une ap-proche courante aujourd’hui –et encore, mais totalement novatrice en 1969 quand Hachel relance le personnage. En 1969 il crée pour Tintin le personnage de Benjamin qui sera en quelque sorte son bâton de maréchal puisque c’est cette série qui aura le plus d’albums édités. On touche là le paradoxe de cet artiste. Voici un professionnel qui n’a jamais cessé de travailler –heureusement pour lui, a collaboré avec nombre de collègues et qui finalement n’a jamais atteint la notoriété que les albums apportent. Il n’a connu que des éditions confidentielles voire tout simplement de l’autoédition.

Pourquoi un tel ostracisme où pourtant tant d’auteurs
 médiocres ont eu droit aux projecteurs ?

La qualité de son dessin ne peut être remise en cause, même comparée aux meilleurs dessinateurs humoristes. La raison est à chercher ailleurs. En fait la production d’Hachel, charmante au demeurant, a toujours été essentiellement tournée vers les enfants. Puppy en est un excellent exemple même si les plus grand peuvent y jeter un oeil attendri. Charlequin, 600 strips au Puppy (1968) et Charlequin (1972)
compteur tout de même, appartient à un registre similaire qui arrache un sourire pour être rapidement oublié. Il est arrivé la même mésaventure à Robert Moreau (1928-2006), Claude Marin (1931-2001) ou encore Francis (1937-1994), vite catalogués auteurs enfantins où d’ailleurs ils firent merveille alors que leur palette était celle des plus grands.

C’est le cas d’Hachel; que Greg le choisisse pour qu’il anime Papa Talon en dit long car le Victor Hugo de la BD –il excellait dans tous les genres, s’est rarement trompé sur le choix de ses collaborateurs. Cet éparpillement a sans doute nui à la renommée d’Hachel, d’autant qu’il a aussi œuvré dans le domaine des jeux et de la publicité, il faut bien vivre.

Alors s’il n’appartient pas au Panthéon des géants de la BD, Hachel fait partie de ces solides artisans sur lesquels on pouvait compter particulièrement dans des séries de complément. Ce Dic Dinn que ses commanditaires lui demandent d’abandonner en 1976 
en est un assez bon exemple.

Je vous confie donc aux bons soins de Dic Dinn, du père Toucroulant et de Barbotine, la fille du célèbre commandant Couche-teau !




 Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album.


  Album nº671 réalisé par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin

lundi 31 août 2026

Les Cases perdues vol. 01 Circus - Fantastique. Compilation de Voltaire57


 Les cases perdues ce sont souvent des récits complets, 
mais pas que, qui garnissaient les revues de BD qu’elles soient
mensuelles ou hebdomadaires. La plupart de ces histoires, 
pour ne pas dire la quasi intégralité n’ont jamais fait l’objet
d’une édition en album. Dans de très nombreux cas, 
elles ne méritent pas l’oubli auquel elles sont promises. 
Cette série de recueils entend leur rendre justice.

🔖🔖🔖

Circus fut de 1975 à 1989 le vaisseau amiral des revues Glénat. 
Ce journal n’aurait donné que Les Passagers du Vent qu’il serait
déjà à honorer mais outre cela il a aussi offert 
Les Tours du Bois Maury, Les 7 Vies
de l’Epervier, La Balade au Bout du Monde, Sambre, 
qui furent à juste titre des méga succès. 
D’autres séries tout aussi excellentes comme
Les Chemins de Malefosse,
Rêve de Requin, Le Vagabond des Limbes et tant d’autres 
complétèrent avec talent ce magazine.

Et puis il y eût des séries qui n’ont pas vraiment duré, 
Sydney Bruce étant un assez bon exemple. 
Ajoutez à cela plusieurs récits complets de tout genre et vous
avez un terreau de qualité. D’autant que la plupart 
de ces courtes histoires se terminent avec un retournement
 de situation ou un effet de surprise.

Assez curieusement alors que le fantastique se prête
 plutôt bien au format court
Circus assez peu publié de nouvelles du genre. 
Celles qui balaient ce recueil couvrent
plusieurs facettes du fantastique, de l’insolite
 comme Le goût de l’égout, à
l’onirique, en passant par le conte
 ou le fantastique plus traditionnel.


Il semble bien qu’aucun de ces récits n’ait été repris 
en album, hormis L’échiquier
cubique de Poïvet qui n’a fait l’objet que d’une édition
 confidentielle en 1978.
 Il est vrai qu’il s’agit d’une aventure pour le moins 
insolite qui a dérouté et déroutera
aujourd’hui encore pas mal de lecteurs.






Série Les Cases perdues 

 Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album.


  Album nº670 réalisé par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin

dimanche 30 août 2026

Dong Xoai -Vietnam-1965 (Joe Kubert) - Compilations de Voltaire57 (V.O.)


 La BD que vous allez lire est une drôle de BD. Encore que 
drôle ne soit pas le mot approprié puisqu’on parle de guerre.
De la guerre du Vietnam qui plus est. 
Nous sommes en 1965 et la guerre du Vietnam
 est encore populaire aux Etats-Unis. 
Par populaire il faut comprendre qu’une majorité de 
gens l’approuvent encore. Cela ne va pas durer. Les boys
qui rendre des body bags sont de plus en plus nombreux; 
de quoi refroidir l’enthousiasme des va-t-en guerre. Ceux
qui reviennent estropiés ne font pas mieux
 pour la publicité de cette guerre, pas plus que ceux 
qui reviennent sur leurs deux
jambes et qui parlent d’un enfer.

Cette BD raconte justement l’enfer. Il n’y a rien de drôle
 dans l’enfer, il n’empêche que c’est une drôle de BD. 
D’abord parce qu’il n’y a que des crayonnés en noir et blanc, 
ensuite il n’y a à proprement parler pas de vignettes 
et pas vraiment de phylactères non plus. 
Pourtant les dessins sont superbes et l’histoire prenante.
Vous aurez compris pourquoi quand je vous aurais
 dit que celui qui officie au scénario et dessin s’appelle Joe Kubert !






Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album en V.O., 
parfaitement édité.

  Album nº669 réalisé par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin

jeudi 27 août 2026

Le retour d'Ulysse dans OKAPI [Hugo Pratt] (supplement Okapi 1982) - Bibliotheca Virtualis


SUPPLÉMENT AU N° 243 D'OKAPI DU 1 AU 15 JANVIER 1982
tous les images en adaptant une traduction du texte d'Homère.

L'Odyssée est l'une des plus grandes épopées de temps. 
C'est aussi l’une des plus anciennes qui soient 
Il faut le lire tout haut, ce texte, pour l'entendre chanter
 Il parvenues jusqu’à nous. faut le mettre en bouche
 parce que le rythme porte l'histoire
A la frontière entre la légende et l’histoire, elle raconte
 le comme une mer porte un navire. 
Vous pouvez le lire à retour d'Ulysse après la longue 
guerre de Troie. plusieurs, et même 
peut-être le jouer comme les Grecs l'ont

Hugo Pratt l'a dessinée, et Paule du Bouchet a légendé 
les fait pendant des siècles et des siècles.






Un grand merci aux scanneurs

Publié par Monsieur Augustin

lundi 24 août 2026

Capitaine Sabre (Intégrale)1983-1989. Compilation de Voltaire57



 Oui n’a jamais rêvé de l’Asie mystérieuse en lisant les romans
 de Conrad ou la Voie Royale de Malraux ? Nous sommes en
d’autres lieux à une autre époque et la Terra Incognita 
des atlas disparaît un peu plus chaque année. Un siècle plus tard
ce parfum d’aventure s’est à jamais évanoui.


Pourtant Gine (1947) a la gentillesse de nous restituer tout ça en
images et en couleurs dans son Capitaine Sabre (1980-1988/albums
1983-1989). Cette saga commence au début des années 30 dans ce qui
s’appelait encore le Siam. Un capitaine de marine croupit en prison
quand un père blanc le fait libérer et lui demande de l’emmener chez
les Takhotaks (sic), une tribu d’indigènes belliqueux le long du fleuve
Nam Ping. Commence alors une suite d’aventures qui vont se poursuivre
sur 7 albums et entraîner ce fameux capitaine et son
second Samu dans la mer de Chine, celle de Florès, le golfe
du Tonkin et quelques autres coins réels ou fictifs comme le
Bhaïlam, sorte de Laos birmano-siamois.


La série n’est pourtant à son départ qu’une série de complément
qui parait en récits complets d’une demi-douzaine de
planches. Il s’agit alors d’une simple bande d’aventure de la
part d’un auteur qui aborde le genre réaliste. C’est honnête et
enlevé mais sans plus.
La saga commence à prendre du volume à compter
 de la cinquième histoire et la chose
ira en s’amplifiant. À compter du Cargo de sang 
on donne même dans l’excellent.


Il est vrai que Gine s’il continue les récits complets va les 
intégrer dans un fil rouge ce qui
donne assez vite l’impression de chapitres et non la suite
 d’histoires solos. D’ailleurs on
va retrouver au fil des épisodes quelques trognes comme
 Hoog van Koog et surtout Jorge
Campos. Avec celui-là ils sont parfois opposés, 
parfois alliés mais toujours rivaux. Et dans
cette galerie comment oublier miss Visage.

De même on quitte assez vite l’aventure pure pour donner 
davantage de profondeur au récit.
 À ce titre Le clandestin et La nuit du guerrier sont
 de bons exemples. L’autre intérêt de cette saga est de nous resituer
dans l’histoire. Époque troublée au demeurant : guerre en Chine, 
seigneurs de la guerre et brigands, troubles coloniaux, etc.
 De plus Gine nous entraîne vers des contrées peu
 fréquentées en BD, outre la Chine
on mouille souvent l’ancre à Bornéo, dans les Célèbes, etc.


Sur son rafiot le Santa Cruz II Gilbert Sabre balade 
donc ses clients, au
gré de leur fantaisie, dans cette Asie
coloniale remplie de pirates, trafiquants
ou rebelles. Ce bateau il lui arrive
de le perdre, d’en piloter un autre
selon les vicissitudes du moment. Officiellement
garantes du bon droit les
autorités coloniales ne sont pas non plus toujours 
conciliantes avec le marin...
(Le texte se poursuit à l'intérieur de l'album)




 Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album.


  Album nº668 réalisé par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin

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