Nul n’a oublié l’impact initial de « TERMINATOR » à sa sortie. Une pierre blanche dans la SF, entre la série B fauchée et la vision d’un auteur transcendant son matériau et ouvrant la porte à tout un cinéma qui perdurera jusqu’à aujourd’hui.
Écrit et réalisé par James Cameron, le film vaut avant tout pour son scénario, simple et stimulant l’imaginaire, comme les meilleures histoires de voyages dans le temps : modifier le passé pour changer le futur. Que reste-t-il de cet émerveillement 40 ans plus tard ? Pas mal de bonnes choses heureusement, comme la photo d’Adam Greenberg, la BO de Brad Fiedel et la révélation d’Arnold Schwarzenegger en cyborg indestructible, véritable icône instantanée avec ses lunettes noires, son cuir et ses gros flingues. Bien sûr, le plaisir n’est pas intact après tant d’années : les flash-backs avec leurs maquettes trop visibles ont pris un méchant coup de vieux, tout comme certains effets (les fausses têtes affreuses d’Arnold, la coiffure impossible de Linda Hamilton, etc.). Si Michael Biehn est très bien en héros-martyr scarifié, Hamilton est bien gauche et grimaçante. Parmi les seconds rôles, on aperçoit Lance Henriksen en flic et le débutant Bill Paxton en punk au tout début. « TERMINATOR » sans être ridicule, ne peut être revu de nos jours, qu’avec une bonne dose d’indulgence et sans chercher la petite bête. On revoit sans déplaisir les scènes devenues culte comme la fusillade au « Tech Noir », Arnold se « réparant » tout seul dans sa chambre d’hôtel ou l’épilogue étrangement émouvant. Avis mitigé donc, pour cette re-vision qui laisse vaguement déçu, mais également nostalgique d’un côté « bricolo » sympathique, plus inventif que nos actuelles bouillies de CGI. Une date en tout cas, dans l’Histoire des blockbusters U.S.