Archives Mensuelles: novembre 2025
HAPPY BIRTHDAY, ELISHA !
« CRIMINAL SQUAD : PANTERA » (2025)
Sept ans après son excellent « CRIMINAL SQUAD », Christian Gudegast remet le couvert avec « CRIMINAL SQUAD : PANTERA », une sequel qui arrive un peu tard, débarrassée de ses influences de « HEAT » et oubliant L.A. pour… Nice.
O’Shea Jackson, Jr. organise cette fois le braquage de la plus grosse réserve de diamants du monde, entouré d’un gang de pros. Le flic Gerard Butler parvient à s’immiscer dans la bande de voleurs, sans qu’on sache très bien s’il a trahi la police ou s’il est en mission d’infiltration. Le problème principal du film provient de son énorme inertie interne : pendant plus des deux tiers du scénario, les personnages ne font que parler, organiser, se menacer. Cela n’en finit pas ! Il faut attendre le dernier quart – après le hold-up, en fait – pour que l’action décolle enfin et que les enjeux se resserrent. C’est un peu tard, hélas ! En sept ans, Butler et Jackson ont considérablement vieilli, pris du poids et perdu de leur mystère. Jackson surtout, dont on peine à reconnaître le « jeunot » machiavélique du premier film. Butler, empâté, les cheveux teints, a lui aussi perdu de sa violence, de son imprévisibilité. Les deux acteurs rejouent la partition des amis-ennemis et font basculer ce n°2 dans le buddy movie à l’ancienne. Parmi les seconds rôles, pour la plupart indigents, on retrouve l’excellent Salvatore Esposito (le Genny de la série « GOMORRAH »). À voir éventuellement dans la continuité du n°1, pour une ou deux bonnes poursuites, mais l’ensemble est soporifique.
À noter : le film, situé à Nice, a été tourné aux Canaries en Espagne.
TOM STOPPARD : R.I.P.
INGRID VAN BERGEN : R.I.P.
« L’ÉNIGMATIQUE MONSIEUR D. » (1956)
Écrit et réalisé par Sheldon Reynolds, d’après sa propre série TV, « L’ÉNIGMATIQUE MONSIEUR D. » est un film d’espionnage à l’ancienne (c’est-à-dire avant 007 !) situé à Monaco, Vienne et Stockholm.
À la mort de son riche patron, l’attaché de presse Robert Mitchum enquête sur son passé, fait la connaissance de troubles individus et découvre finalement que le défunt faisait chanter d’ex-nazis rangés des voitures. Si on est plus ou moins accroché, au début, par les déambulations de « Mitch » plus nonchalant et cynique que jamais, l’attention se disperse rapidement au fil de ses voyages, de ses rencontres d’un très inégal intérêt et d’une réalisation plate et scolaire. Quelques idées originales surnagent toutefois, comme l’association incongrue de notre héros et du Hongrois Frédéric O’Brady, jouant un espion au physique de comptable, prompt à retourner sa veste. Le personnage de Geneviève Page en veuve très peu éplorée et carrément létale est assez bien croqué également. On est heureusement surpris de croiser une Ingrid Thulin de 30 ans (qui avait déjà tourné 7 épisodes de la série d’origine), qui fait de son mieux dans un rôle de jeune première naïve. Le dernier tiers du film est un interminable pensum qui enchaîne sans pitié les tunnels de dialogues explicatifs et les séquences « de suspense » éventées. Peu de raisons de recommander ce « FOREIGN INTRIGUE » (au titre français des plus fantaisistes) hormis pour le complétiste de Mitchum et des deux grandes comédiennes.
À noter : Ingrid Thulin est créditée au générique sous le nom de Ingrid Tulean.
HAPPY BIRTHDAY, NELLY !
« PEPPERMINT » (2018)
« PEPPERMINT » du Français Pierre Morel (« TAKEN ») est une énième variation sur le thème de « DEATH WISH », une femme remplaçant l’habituel justicier mâle.
Découverte dans la série TV « ALIAS » où elle donnait physiquement beaucoup d’elle-même, Jennifer Garner – à peine changée – renoue avec les bastons, les fusillades et les acrobaties pyrotechniques qui firent sa gloire. Elle est toujours aussi photogénique et attire instantanément la sympathie. Sa présence aide à faire passer le scénario, dont le maître-mot semble être : Vraisemblance Zéro. Après l’assassinat de son mari et de sa petite fille, Jennifer disparaît pendant cinq ans et revient à L.A., métamorphosée : la petite employée timorée est devenue une émule de Sarah Connor, implacable et experte en armes à feu et en arts martiaux, qui flingue comme elle respire. Elle va démolir systématiquement un des gros cartels de la ville. Oui, à elle toute seule ! Les clichés abondent, les seconds rôles sont taillés dans la masse (le « jefe » ignoble, le flic ripou se révélant sur le tard), mais l’intérêt est maintenu jusqu’à la fin, grâce à l’héroïne d’abord, qui se dépense sans compter et offre à la sous-employée Garner une occasion en or de revenir sur le devant de la scène et aussi à quelques idées jouissives comme cette mini vengeance contre une parent d’élève odieuse qui avait humilié sa fille. Et aussi pour le petit twist final, vraiment pas surprenant mais bien agréable tout de même. Rien de nouveau dans le film d’action, certes, mais une plaisante façon de tuer le temps.
« A WORKING MAN » (2025)
Le dernier vraiment bon film de Jason Statham remonte à déjà 12 ans (« HOMEFRONT ») et il était déjà scénarisé par Sylvester Stallone, à l’instar de ce « A WORKING MAN », réalisé par David Ayer.
Contremaître de chantier, mais ex-soldat d’élite de sa Majesté, Jason va aider son ami et patron Michael Peña à retrouver sa fille Arianna Rivas, kidnappée par des gangsters russes à Chicago. Bien sûr, dès qu’il ressort les armes, le modeste ouvrier veuf et dépressif va redevenir le guerrier invincible qu’il fut jadis et va mener une vie d’enfer à ses ennemis. Stallone connaît par cœur ces héros malmenés par l’existence, qui trouvent leur revanche via une explosion de violence, il en a joué beaucoup lui-même. Buriné, le regard fatigué, mais toujours athlétique et vif comme l’éclair, Statham est parfaitement à sa place dans ce thriller efficace, ponctué de jolis morceaux de bravoure, oscillant entre réalisme et délire total. Ainsi, les méchants Russes, les bikers et autres hommes de main sadiques, sont-ils des caricatures ambulantes. Seul Jason Flemyng est assez frappant en « parrain » éructant avec un accent russe impeccable. Autour de la star, les seconds rôles sont très bien choisis : la petite Isla Gie très naturelle joue sa fille peu impressionnable, David Harbour est son meilleur pote de régiment devenu aveugle. Cela suffit à rendre « A WORKING MAN » intéressant pour ce qu’il est, d’autant que Ayer manie judicieusement les CGI et sait mener ses fusillades et poursuites. Une bonne surprise de la part du Statham, dont le cas devenait alarmant…