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Archives Mensuelles: septembre 2020

« LE VERDICT » (1982)

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PAUL NEWMAN
VERDICT

25 ans après son premier film : « 12 HOMMES EN COLÈRE », le film de prétoire ultime, Sidney Lumet retourne au tribunal pour « LE VERDICT » écrit par David Mamet, situé à Boston, et relatant le combat d’un avocat à bout de souffle, pour retrouver sa foi et sa dignité.

Le procès, c’est celui de la famille d’une jeune femme dans le coma après une erreur médicale, contre les médecins responsables et l’Église, propriétaire de l’hôpital où ils officient. Pot de terre contre pot de fer classique, rehaussé par la prestation d’un Paul Newman de 57 ans, particulièrement inspiré, qui campe avec une étonnante absence d’ego, un loser, un idéaliste amer et désillusionné qui se noie dans l’alcool. Un personnage tellement détruit, qu’il ne supporte pas les confrontations et va jusqu’à s’enfermer dans une salle de bains en tremblant quand il se dispute avec sa petite amie ! Même sa plaidoirie finale ne cède pas à la rédemption flamboyante à la manière de Frank Capra, et le doute subsiste jusqu’au dernier moment quant au verdict du jury. Lumet soigne photo, décors, cadrages, il privilégie ses acteurs en magnifiques gros-plans, et les dirige avec acuité. Outre Newman donc, qui porte le film, on retrouve des pointures comme James Mason remarquable en vieux requin du barreau, Charlotte Rampling ambiguë et énigmatique, Jack Warden en mentor de Newman, Lindsay Crouse parfaite en témoin-clé. Et, à condition de le chercher, on aperçoit même le débutant Bruce Willis, en figuration dans la salle de procès dans quelques plans larges. « LE VERDICT » est indéniablement une des plus belles réussites de Lumet, aussi bien thématique que formelle, et il donne l’occasion à Paul Newman d’une interprétation intérieure, nuancée, sans le moindre tic « Actors Studio » qui est une sorte d’aboutissement de sa démarche de comédien.

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CHARLOTTE RAMPLING, JAMES MASON, PAUL NEWMAN ET JACK WARDEN
 

HAPPY BIRTHDAY, STEVE !

STEVE FORREST (1925-2013), ACTEUR VIRIL DE SÉRIES B ET DE TV DES ANNÉES 60, ILEST LE FRÈRE DU PLUS CONNU DANA ANDREWS
 
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Publié par le 29 septembre 2020 dans ANNIVERSAIRES

 

« AUX FRONTIÈRES DE L’AUBE » (1987)

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ADRIAN PASDAR ET JENNY WRIGHT
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Trois films scénarisés par Eric Red dans les années 80 : « HITCHER », « AUX FRONTIÈRES DE L’AUBE » et « COHEN & TATE », forment une trilogie étrangement cohérente. Trois « road movies » nocturnes, flirtant avec le fantastique (ou y cédant complètement), teintés de western et de ‘film noir’.

« AUX FRONTIÈRES DE L’AUBE », réalisé par Kathryn Bigelow, est un mix détonnant de films de vampires, de love story à la Roméo & Juliette, dans des paysages désolés du Kansas où tout peut arriver. Entre la photo très stylisée d’Adam Greenberg et la BO des Tangerine Dream, le film rejette d’emblée tout réalisme en adoptant une atmosphère de rêve éveillé, certes très violent par moments, mais fondamentalement optimiste, puisque c’est un des rares scénarios où le vampirisme est présenté comme une maladie curable (une banale transfusion sanguine suffit à redevenir un simple mortel !). Si l’histoire est simple, linéaire, sans réelle surprise, ce qui crée la vraie singularité du film, c’est sa vision du mythe du buveur de sang : des vagabonds toujours en mouvement que le moindre contact avec le soleil enflamme instantanément et fait même exploser. Des voyous dépravés, venus d’époques différentes et tuant au hasard de leurs déplacements pour se sustenter. Le cast est excellent : du joli couple Adrian Pasdar et la ravissante Jenny Wright, en passant par un trio rescapé de « ALIENS » : Lance Henriksen en leader balafré, Jenette Goldstein jouant sa femme et Bill Paxton en roue-libre. Tout le monde s’accorde avec le décor, le mood général et l’humour très noir qui perce parfois. Quant au véritable duel westernien entre nuit et aube, c’est un beau morceau de bravoure. « AUX FRONTIÈRES DE L’AUBE », même s’il est facile, rien qu’à le voir, de deviner son âge, demeure une belle réussite esthétique, qui n’hésite pas à bousculer le cahier des charges du genre, pour une originalité maximale.

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TIM THOMERSON, LANCE HENRIKSEN ET JOSHUA MILLER
 

« RUSH » (2013)

Oui, « RUSH » de Ron Howard est un film de courses automobiles, inutile de le nier. Mais on est loin de « GRAND PRIX », « LE MANS » ou « JOURS DE TONNERRE ». En fait, si on doit rapprocher cette surprenante réussite d’une œuvre plus ancienne, ce serait plutôt « DUELLISTES » de Ridley Scott.RUSH

Basé sur des faits réels, « RUSH » retrace en effet la rivalité, durant des années, entre l’Anglais James Hunt (Chris Hemsworth) et l’Autrichien Niki Lauda (Daniel Brühl), qui se haïssaient, se jalousaient jusqu’à l’obsession, mais qui – sans s’en rendre compte – se motivaient plus que n’importe quel dopage. Le scénario se concentre sur les courses qui se succèdent, les victoires, les défaites, avec de temps en temps des instants volés à la vie privée de pilotes et surtout à leur personnalité : Hunt, beau gosse égoïste, frivole, sans dieu ni maître et Lauda, ascète solitaire et cassant au physique ingrat, uniquement obsédé par les championnats. Hemsworth est vraiment parfait, apportant charisme et une sorte de vacuité à son rôle et Brühl a davantage de possibilités d’évoluer, de mûrir, principalement après le terrible accident de circuit qui l’a laissé défiguré. Parmi les rôles secondaires, on reconnaît Pierfrancesco Favino en champion détrôné par Lauda et Natalie Dormer dans une brève apparition en infirmière sexy.

On sait Ron Howard capable du meilleur comme du pire. « RUSH » fait clairement partie de ses plus indiscutables succès. Qu’il parvienne à passionner pendant deux heures, même les plus allergiques aux sports automobiles est signe de sa grande maîtrise de la narration et de la direction d’acteurs. Ce qu’on peut appeler une magnifique surprise !

 

« GOOD KILL » (2014)

Écrit et réalisé par Andrew Niccol, « GOOD KILL » est une réflexion sur les nouvelles guerres « modernes » où les pilotes ne volent pas, ne se déplacent plus dans les pays qu’ils bombardent de missiles, mais font cela bien à l’abri dans un petit bunker climatisé de Las Vegas, un joystick à la main. La guerre des drones…GOODKILL

Ce film lent, méditatif, s’il est intéressant pour son côté documentaire et pour l’étude de ce personnage d’officier dépressif, honteux de ce qu’il fait quotidiennement, ne parvient jamais à prendre réellement vie. C’est languide, monotone, sans espoir, à l’image de la prestation d’Ethan Hawke, enfermé dans son rôle à double tour. De plus en plus minéral dans son jeu, l’acteur affiche une expression tourmentée sur un visage prématurément vieilli. Il porte le film sur les épaules sans faillir, mais il faut vraiment faire un effort pour ressentir de la sympathie pour ce tueur à distance, qui met bien longtemps à réagir et à retrouver un semblant de dignité. Sa rédemption, qui survient à la toute fin, semble tout de même un peu simpliste et naïve. Autour d’un Hawke omniprésent, on retrouve January Jones dans son emploi habituel d’épouse un brin nunuche, Bruce Greenwood très bien en commandant désabusé mais discipliné et surtout Zoë Kravitz, excellente en jeune recrue pleine d’illusions. « GOOD KILL » est une œuvre estimable, sincère, qui met en lumière ces soldats invisibles d’une guerre « abstraite » qui fait des victimes collatérales bien réelles. Mais la volonté de Niccol de rester littéralement collé à son anti-héros à la sombre figure, finit par nuire au film, qui est plombé de longueurs, de répétitions et n’a, au fond, rien de très attractif.

 

« SOUS LE SABLE » (2000)

Écrit et réalisé par François Ozon, « SOUS LE SABLE » est un film sur le déni, le refus obstiné d’une femme d’accepter la mort de son mari et de commencer un travail de deuil.SABLE

C’est fin, délicat, subtil, mais arrivé à sa moitié, le film semble se répéter et piétiner. Le scénario ne connaît pratiquement aucune progression. Charlotte Rampling croit voir son mari (Bruno Cremer), elle lui parle, lui sourit, puis elle s’en va enseigner à la fac et s’entraîne dans son club de sports. On aimerait une ou deux péripéties pour booster le rythme, pour intensifier les émotions, mais cela reste en demi-teintes, en sourdine. Tout le début dans les Landes, la noyade de l’époux, est très bien mené, créant un vrai malaise, une réelle sensation de perte et de solitude. La suite tient principalement à la présence de Rampling dont le jeu minimaliste restitue parfaitement l’entêtement de cette femme perdue, accrochée au passé. Une des grandes faiblesses du film provient de sa liaison avec Jacques Nolot – terriblement mal distribué – personnage falot, qui comme le dit l’héroïne elle-même, ne « fait pas le poids » face au souvenir du disparu, au sens propre comme au figuré. Les scènes de lit sont excessivement déprimantes, leur relation est survolée, sans profondeur. D’autres moments sont heureusement mieux gérés, comme cette rencontre dans une maison de retraite avec la belle-mère (Andrée Tainsy, remarquable) d’une dureté sans pardon. Difficile de se faire une opinion tranchée sur « SOUS LE SABLE », œuvre estimable et intelligente. Même si sa disparition est au cœur même de l’histoire, regrettons que Cremer, alourdi, à bout de souffle, ne soit pas plus présent et saluons la présence d’Alexandra Stewart dans un rôle de « meilleure copine » sans grand intérêt. À tenter.

 

HAPPY BIRTHDAY, AIDA !

AIDA TURTURRO, COUSINE DE JOHN, EXCELLENTE ACTRICE MÉMORABLE EN SŒUR DE TONY SOPRANO DANS LA SÉRIE TV

 
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Publié par le 25 septembre 2020 dans ANNIVERSAIRES

 

« HORSE SOLDIERS » (2018)

Produit par Jerry Zuckheimer, réalisé par le Danois Nicolai Fuglsig, « HORSE SOLDIERS » (également connu sous le titre « 12 STRONG ») est ce qu’on pourrait appeler un film « de représailles ».HORSE

Tiré de faits réels, situé juste après les attentats du 11 septembre 2001, le scénario conte la mission secrète de 12 soldats de l’U.S.-Army, envoyés en Afghanistan dans la foulée, pour aider des combattants à éliminer les Talibans. C’est bien confectionné, on n’a guère le temps de s’ennuyer, et les séquences (nombreuses) de combats sont parfaitement rendues, spectaculaires sans exagération hollywoodienne. L’officier en charge est Chris Hemsworth, excellent soldat qui n’a jamais connu les champs de bataille. Et l’accent est mis sur sa relation conflictuelle avec le général afghan (Navid Negahban) qui est censé l’assister. La production est fastueuse, les CGI sont utilisés à bon escient, c’est-à-dire qu’ils sont indécelables la plupart du temps et les comédiens se débrouillent pour exister. Cela n’empêche pas « HORSE SOLDIERS » d’être bourré de clichés, de moment héroïques un brin « too much » et dégoulinant de bons sentiments. Avis partagé donc, entre un bel objet cinématographique et un message assené sans finesse ni nuances. Il suffit de voir la tête du leader taliban (Numan Acar), véritable croque-mitaine échappé d’une BD. Dans un bon cast, on reconnaît le toujours fiable Michael Peña, William Fichtner en général à la boule à zéro et Michael Shannon dans un rôle effacé, pas très gratifiant.

Comme Rambo avait lavé le déshonneur vietnamien, les « horse soldiers » ont payé la dette de l’Amérique à Ben Laden. Tout l’intérêt du film est là et les amateurs d’explosions et de stratégie militaire moderne seront aux anges.

 

« SUR LES QUAIS » (1954)

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ROD STEIGER ET MARLON BRANDO
QUAIS

« SUR LES QUAIS » d’Elia Kazan est aujourd’hui considéré comme un indéboulonnable classique du 7ᵉ Art et chef-d’œuvre de son auteur. C’est un drame social, réalisé avec réalisme en extérieurs et décrivant la corruption des syndicats de dockers et leurs méthodes mafieuses.

Le film se focalise sur Marlon Brando, ex-boxeur pas trop futé, devenu homme à tout faire du caïd Lee J. Cobb, et tombant amoureux d’Eva Marie Saint, sœur d’un docker assassiné. Avec son jeu compliqué, impénétrable parfois, ses yeux bouffis par le maquillage, Brando bouffe littéralement l’écran et s’octroie une sortie de scène héroïque et masochiste, qui deviendra une habitude dans sa carrière. S’il est plus de 60 ans après, la vraie raison de revoir le film, force est de reconnaître que « SUR LES QUAIS » est entièrement bâti comme une glorification du « mouchardage », complètement justifié en l’occurrence, mais chargée d’une lourde ambiguïté quand on connaît le passé de Kazan avec le maccarthisme. Certains personnages sont lourdement écrits et trop beaux pour être vrais, comme Karl Malden irritant en prêtre exalté, d’autres – comme Cobb – sont caricaturaux mais extrêmement efficaces. Quel coffre ! Quelle puissance ! Rod Steiger est superbe en frère aîné de Brando, larbin du syndicat et responsable de la déchéance de son cadet. Le célébrissime face à face à l’arrière d’un taxi est toujours aussi impressionnant. On aperçoit des visages connus comme Martin Balsam, Fred Gwynne, Pat Hingle ou Nehemiah Persoff dans de tout petits rôles. Bien filmé et photographié, magnifiquement interprété, « SUR LES QUAIS », malgré ses indéniables qualités, laisse tout de même sur un malaise. Et la fin totalement invraisemblable, où le mouchard méprisé de tous se transcende subitement en une sorte de messie martyr galvanisant les foules, est à la fois naïve et contre-productive.

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KARL MALDEN, MARLON BRANDO, EVA MARIE SAINT, LEE J. COBB ET ROD STEIGER
 

JULIETTE GRÉCO : R.I.P.

JULIETTE GRÉCO (1927-2020), CHANTEUSE ET ACTRICE DANS UNE TRENTAINE DE FILMS, UNE FIGURE EMBLÉMATIQUE
 
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Publié par le 23 septembre 2020 dans CARNET NOIR, FILMS FRANÇAIS