Inspiré d’un roman italien de Milena Agus, « MAL DE PIERRES » est le huitième long-métrage réalisé par Nicole Garcia et probablement son plus abouti.
Situé pendant la guerre d’Indochine, le scénario décrit le personnage étrange et instable de Marion Cotillard, jeune femme névrosée et malade, exaltée jusqu’à la folie, asociale et – on le découvre bientôt – atteinte du « mal de pierres » : des calculs rénaux qui la tordent régulièrement de douleur. Mariée plus ou moins de force à un maçon catalan (Alex Brendemühl) qu’elle n’aime pas, elle rencontre pendant une cure en Suisse, un jeune officier (Louis Garrel) revenu du Vietnam pratiquement à l’agonie. Une folle passion va naître. Rien que sur ces bases et grâce aux cadrages impeccables en Scope, à la photo délicate, à la maîtrise du flash-back, à l’intensité du trio de comédiens (qui n’ont pourtant pas toujours été très enthousiasmants par le passé), « MAL DE PIERRES » aurait déjà été un film très satisfaisant. Mais le « twist » qui survient dans son dernier quart et qui remet tout en question, lui donne une dimension et un romanesque insensés. On ne s’y attend pas, mais pourtant il paraît logique et inéluctable. Et le personnage du mari effacé, humilié, taiseux, véritable repoussoir jusque-là, prend subitement une extraordinaire dimension humaine. On applaudit des deux mains ! Le genre de révélation qui donne envie de revoir le film à peine a-t-on digéré sa surprise.
On pense parfois à « LA FIÈVRE DANS LE SANG », surtout dans la première partie, mais « MAL DE PIERRES » ne ressemble à aucun autre film d’amour et suit sa propre route jusqu’au bout, jusqu’à sa bouleversante conclusion. Cotillard, impeccable, tient le film sur les épaules, mais c’est Brendemühl qui reste ancré dans la mémoire et s’avère, au bout du compte, le vrai protagoniste. Très beau, vraiment…