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Archives Mensuelles: avril 2017

« MAL DE PIERRES » (2016)

Inspiré d’un roman italien de Milena Agus, « MAL DE PIERRES » est le huitième long-métrage réalisé par Nicole Garcia et probablement son plus abouti.mal

Situé pendant la guerre d’Indochine, le scénario décrit le personnage étrange et instable de Marion Cotillard, jeune femme névrosée et malade, exaltée jusqu’à la folie, asociale et – on le découvre bientôt – atteinte du « mal de pierres » : des calculs rénaux qui la tordent régulièrement de douleur. Mariée plus ou moins de force à un maçon catalan (Alex Brendemühl) qu’elle n’aime pas, elle rencontre pendant une cure en Suisse, un jeune officier (Louis Garrel) revenu du Vietnam pratiquement à l’agonie. Une folle passion va naître. Rien que sur ces bases et grâce aux cadrages impeccables en Scope, à la photo délicate, à la maîtrise du flash-back, à l’intensité du trio de comédiens (qui n’ont pourtant pas toujours été très enthousiasmants par le passé), « MAL DE PIERRES » aurait déjà été un film très satisfaisant. Mais le « twist » qui survient dans son dernier quart et qui remet tout en question, lui donne une dimension et un romanesque insensés. On ne s’y attend pas, mais pourtant il paraît logique et inéluctable. Et le personnage du mari effacé, humilié, taiseux, véritable repoussoir jusque-là, prend subitement une extraordinaire dimension humaine. On applaudit des deux mains ! Le genre de révélation qui donne envie de revoir le film à peine a-t-on digéré sa surprise.

On pense parfois à « LA FIÈVRE DANS LE SANG », surtout dans la première partie, mais « MAL DE PIERRES » ne ressemble à aucun autre film d’amour et suit sa propre route jusqu’au bout, jusqu’à sa bouleversante conclusion. Cotillard, impeccable, tient le film sur les épaules, mais c’est Brendemühl qui reste ancré dans la mémoire et s’avère, au bout du compte, le vrai protagoniste. Très beau, vraiment…

 

HAPPY BIRTHDAY, FRED !

ZINNEMANN

FRED ZINNEMANN (1907-1997), RÉALISATEUR AUTRICHIEN À LA BRILLANTE ET ÉCLECTIQUE CARRIÈRE INTERNATIONALE.

 
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Publié par le 29 avril 2017 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA INTERNATIONAL

 

« ÉTAT SECOND » (1993)

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JEFF BRIDGES

Le premier quart d’heure de « ÉTAT SECOND » est une pure merveille. On découvre peu à peu, pas à pas, les conséquences d’un crash aérien en suivant les traces d’un survivant (Jeff Bridges) qui semble guider quelques passagers hébétés, tel Moïse dans le désert. L’utilisation de la bande-son, le montage sont remarquables.fearless3

Pour parler en acronymes, Peter Weir décrit le PTS (Post traumatic stress) d’une NDE (Near death experience). Complètement métamorphosé par l’accident, l’architecte Bridges pense d’abord qu’il est mort et revenu en fantôme et qu’il est donc devenu invulnérable. Après s’être pris pour Moïse, il devient christique pour aider une jeune femme (Rosie Perez) qui a perdu son bébé, à retrouver le goût de vivre. Tout cela au détriment de sa propre famille qu’il délaisse tout à son « trip » mental qui le mène aux confins de la folie. Excellent choix que Bridges pour ce rôle complexe qui marche littéralement « à côté de ses pompes ». Il joue cela avec une telle foi, une telle intensité qu’il finit par nous faire croire à ses pouvoirs surnaturels. Le flash-back dans l’avion où – juste avant le crash – il accepte subitement dans une illumination l’idée de mourir, est ce qu’il a fait de plus émouvant et profond à l’écran. Autour de lui, un beau casting : Rosie Perez à fleur de peau, étonnante malgré une voix suraiguë très crispante, Isabella Rossellini en épouse dépassée par les événements, John Turturro en psy timoré, Tom Hulce et Benicio Del Toro. « ÉTAT SECOND » n’est pas exempt de longueurs et de lourdeurs (l’interminable séquence du centre commercial la veille de Noël qui casse sérieusement le rythme), il semble parfois faire du sur-place, mais le sujet est vraiment passionnant et original et on reste scotché à l’écran, attendant avec appréhension le moment où le rêve s’achèvera et où la mort reprendra ses droits. À voir donc, ne serait ce que pour Bridges qu’on a rarement vu aussi impliqué et identifié à un personnage. Et pour quelques scènes vraiment émouvantes, comme cette visite inopinée à la première femme de sa vie, alors qu’il est encore sous le choc.

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ISABELLA ROSSELLINI, JEFF BRIDGES ET ROSIE PEREZ

 

HAPPY BIRTHDAY, BRUNO !

KIRBY
BRUNO KIRBY (1949-2006), BON SECOND RÔLE DES ANNÉES 70/80, VU CHEZ COPPOLA, REINER, VERHOEVEN OU NEWELL
 
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Publié par le 28 avril 2017 dans ANNIVERSAIRES

 

« ZARDOZ » (1974)

zardozOn ne pourra jamais reprocher à John Boorman de s’être reposé sur ses lauriers. Après le succès de « DÉLIVRANCE », œuvre difficile, mais accessible, il signe « ZARDOZ », un film totalement dingue, n’entrant dans aucune catégorie, une sorte de fable new age, une réflexion (sous LSD) sur l’immortalité, le fossé séparant le peuple des « élites », l’exploitation de l’homme par l’homme et tutti quanti.

C’est à la fois excessivement naïf et très ironique, à tel point qu’on peine à déterminer si le ridicule de certaines situations et le kitsch hallucinant enrobant tout le film, sont délibérés ou pas. Dans un futur indéterminé, les très riches, devenus immortels, se sont isolés dans des « vortex » et ont réduit les « brutes » (les pauvres, quoi) en esclavage. Mais comme l’éternité, c’est long, surtout vers la fin, ces malheureux nantis vêtus en hippies bariolés, ne rêvent que de mourir. Aussi accueillent-ils avec joie un « exterminateur » qui s’est introduit dans leur univers aseptisé. C’est bourré de bonnes idées, la 7ème symphonie de Beethoven est magnifiquement utilisée, les paysages irlandais sont glorieux. Et on s’amuse bien à suivre les déambulations d’un Sean Connery en slip rouge et arborant une énorme natte, dans des décors extravagants. Le personnage du dieu Zardoz (allusion au « Wizard of Oz ») ne cessant de faire des clins d’œil au public dans sa tenue de charlatan, et de répéter qu’il ne s’agit que d’une farce, on se dit que Boorman s’est bien amusé lui aussi, à se payer notre tête en nous plongeant dans des abysses de perplexité. Connery joue le jeu sans se soucier de son image et sa première apparition est un hommage à 007 : il tire sur l’objectif de la caméra, comme dans les génériques de James Bond ! Charlotte Rampling est bien belle et les acteurs font ce qu’ils peuvent de rôles abstraits à la gestuelle ahurissante. On se moque, mais il n’en reste pas moins que « ZARDOZ » possède sa petite musique et qu’il a le mérite de ne ressembler à aucun autre film. Pas si mal…

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SEAN CONNERY, SARA KESTELMAN ET CHARLOTTE RAMPLING

 

SPANISH WEST…

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SORTIES BLU-RAY ESPAGNOLES DE PLUSIEURS WESTERNS CONNUS ET BEAUCOUP MOINS CONNUS. STANWYCK, BRONSON, ELAM, ETC.

 

« À FLEUR DE PEAU » (1995)

fleurLa Série Noire de Don Tracy avait déjà été adaptée en 1949 avec « POUR TOI, J’AI TUÉ… » de Robert Siodmak. Quatre décennies plus tard, Steven Soderbergh se penche à nouveau dessus pour signer un polar stylisé et sophistiqué, probablement en avance sur son temps puisque vingt ans après sa sortie, il n’a pas pris une ride.

« À FLEUR DE PEAU » est un film de genre tourné, filmé, dialogué et monté comme un film d’auteur ‘arty’ et c’est ce qui fait sa spécificité et son charme. L’auteur éclate la chronologie, fait parler ses comédiens comme dans du théâtre d’avant-garde et multiplie les couleurs fluo, les cadrages bizarres et les parti-pris inattendus (ainsi Gallagher apparaît-il dans les flash-backs affublé d’une barbe grisonnante qui lui donne l’air plus âgé qu’au temps présent !). Cela peut paraître vain et chichiteux, mais pour peu qu’on s’y laisse prendre, le film devient une sorte d’épure de ‘film noir’ quasiment onirique, se jouant d’un scénario tortueux et bien vissé qui, malgré quelques longueurs, nous scotche à l’écran jusqu’à la chute. La distribution est intéressante, mêlant les « espoirs » de l’époque : Peter Gallagher, Elisabeth Shue, Alison Elliott ou William Fichtner et des vétérans des seventies comme Anjanette Comer, Shelley Duvall et Joe Don Baker. Celui-ci tient un rôle inepte d’employeur bon-enfant, qui ne trouve son sens et sa raison d’être que dans le tout dernier plan. « À FLEUR DE PEAU » déroule son étrange histoire, entre passé et présent, dans une ambiance étouffante où plane sans cesse la sensation d’un malheur imminent, d’une trahison de dernière minute. C’est un des films les plus accessibles et maîtrisés de Soderbergh, qui tourna bien des œuvres plus ambitieuses, mais rarement aussi attachantes. À voir éventuellement en double-programme avec « POUR TOI, J’AI TUÉ… », pour le plaisir de constater les options prises par les scénaristes par rapport au même matériau de départ.

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PETER GALLAGHER, ALISON ELLIOTT, JOE DON BAKER ET WILLIAM FICHTNER

 

JONATHAN DEMME : R.I.P.

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JONATHAN DEMME (1944-2017), RÉALISATEUR ÉCLECTIQUE ET INÉGAL, CONNU POUR « LE SILENCE DES AGNEAUX », SA PLUS BELLE RÉUSSITE.

 
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Publié par le 26 avril 2017 dans CARNET NOIR

 

KATHLEEN CROWLEY : R.I.P.

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KATHLEEN CROWLEY (1929-2017), BELLE ACTRICE BLONDE DE TV DES ANNÉES 50, RETIRÉE DES ÉCRANS DEPUIS 1970.

 
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Publié par le 26 avril 2017 dans CARNET NOIR

 

« TRILOGY OF TERROR » (1975)

TERROR« TRILOGY OF TERROR » est un téléfilm-culte réalisé par Dan Curtis d’après des histoires ou des scénarios du maestro Richard Matheson. Le film comprend trois sketches d’égale durée, tous interprétés par Karen Black.

Dans le premier « JULIE », elle incarne une prof de fac coincée et solitaire, droguée et violée par un élève qui la fait ensuite chanter. Jusqu’à ce qu’on comprenne qu’elle n’a rien d’une victime, mais qu’elle serait plutôt une prédatrice perverse et sans pitié doublée d’une serial killeuse. Pour invraisemblable qu’il soit, le ‘twist’ n’en demeure pas moins efficace et sympathique. La comédienne est d’une vénéneuse séduction dans ce rôle à double visage. « MILLICENT AND THERESE » pousse encore plus loin le thème de la dualité, en présentant deux sœurs aux caractères opposés. Le problème est qu’on sent venir la « révélation » finale dès les premières minutes du sketch (ce n’est donc pas vraiment spoiler que de dire qu’il s’agit d’un dédoublement de personnalité) et que par conséquent, le film est assez ennuyeux puisque prévisible de A jusqu’à Z. L’actrice se laisse même aller à la caricature dans le rôle de la sœur délurée à perruque blond platine. À ses côtés, le toujours excellent George Gaynes en psy inquiet. « AMELIA » en revanche, est la vraie raison de voir cette trilogie, et certainement l’explication de sa popularité persistante. Karen Black y joue une jeune femme opprimée par sa mère, qui achète une statuette africaine pour l’anniversaire de son boy-friend. Seulement l’affreux objet est possédé par l’esprit d’un guerrier féroce qu’elle libère accidentellement. Tout le film n’est qu’une poursuite sauvage dans l’appartement entre une Karen – seule à l’écran de la première à la dernière image – paniquée et une statuette poussant des gargouillis crispants et maniant la lame. C’est un joli exercice de style, qui rappelle les BD de « CREEPY » ou « EERIE », voire les vieux épisodes de « TWILIGHT ZONE ». On ne s’y ennuie pas une seconde et le tout dernier plan mérite d’entrer dans les annales. L’énergie et l’humour noir de ce segment rattrape les petites mollesses des deux précédents et font de « TRILOGY OF TERROR » un bon moment de détente et, pour Karen Black une parfaite bande-démo de ses multiples talents.

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KAREN BLACK