« LE FAN » de Tony Scott s’apparente au film de base-ball, véritable genre en soi aux U.S.A., mais le mixe avec les vieilles recettes du thriller en offrant à Robert De Niro un personnage dans la lignée de ses rôles dans « LA VALSE DES PANTINS » et « LES NERFS À VIF ».
Il joue un VRP en coutellerie, un loser aigri et violent, que sa propre famille ne veut plus voir et qui fait peur à ses clients. Obsédé par le base-ball, il idolâtre Wesley Snipes, joueur dans une mauvaise passe qu’il décide d’aider en tuant, s’il le faut. Même s’il a déjà exploré cet emploi, De Niro est très bien dans ce film et justifie son existence. La réalisation et le montage épileptiques de Scott (pas de plans de plus de trois secondes) et un scénario beaucoup trop étiré, ne semblent pas toujours adéquats, mais la photo est belle et si on ressent de l’empathie pour le raté de compétition au début, on réalise peu à peu qu’il est un psychopathe extrêmement dangereux, doublé d’un stalker. Snipes tient bien la distance mais son rôle est moins intéressant et on reconnaît la fine-fleur des années 90 : Ellen Barkin en reporter sportive, Benicio Del Toro en joueur latino arrogant, John Leguizamo très agité comme d’habitude en manager moulin-à-paroles et Patti D’Arbanville en ex-femme paniquée par son cinglé de mari. « LE FAN » parvient à distraire, grâce à l’indéniable sens de l’image de Scott et à certains gros-plans de De Niro, à faire froid dans le dos. Des séquences comme celle du meurtre dans le sauna ou le face à face de De Niro avec son ex-coach Charles Hallahan sont parfaitement efficaces. Mais cela ne suffit hélas, pas à rendre ce film mémorable. Tout y est sauf l’essentiel : une âme. Et puis… franchement… il y a vraiment beaucoup trop de base-ball !