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Archives de Catégorie: LES FILMS D’ELI WALLACH

« NURSE JACKIE » : saisons 1 à 7 (2009-2015)

« NURSE JACKIE » (2009-2015) est une série qui connut 80 épisodes de 30 minutes sur 7 saisons, conçus par Liz Brixius, Evan Dunsky & Linda Wallem. Elle se présente d’abord comme une sitcom sur le quotidien survolté d’un hôpital new-yorkais, mais le véritable thème se dévoile rapidement.

Il s’agit en fait, du portrait intime d’une infirmière surdouée dans son travail, mère de famille, débordant d’empathie et d’humour, adorée de son équipe. Un personnage charismatique, admirablement incarné par Edie Falco, bien loin de Mme Soprano, dont on accepte d’abord la « face obscure », avant de s’en détourner : Jackie est une droguée, un addict qui avale des tonnes de pilules chaque jour et sacrifie tout à cette dépendance dévorante qui finit par écœurer ses proches, sa famille et finalement… elle-même. L’humour farfelu s’estompe peu à peu, pour laisser place, dans les deux dernières saisons, à une noirceur terrible qui ne laisse aucune illusion sur l’issue du parcours en chute libre de Jackie (ATTENTION : SPOILER !) qui mourra en même temps que son hôpital-refuge. C’est admirablement écrit, les glissements progressifs vers le drame, les fausses-joies, sont gérés avec maestria et c’est la perfection du casting qui emporte le morceau : Falco fabuleuse de justesse et d’honnêteté par rapport à son rôle, qui ne force jamais la sympathie et apparaît souvent comme odieuse et insauvable. Merritt Wever, extraordinaire en jeune disciple fofolle mais loin d’être sotte, l’Anglaise Eve Best en meilleure amie de Jackie, Anna Deavere Smith en cheffe de service inflexible, Pete Facinelli en médecin naïf et imbu de lui-même, Paul Schulze dans un rôle infiniment ambigu de pharmacien, amant et fournisseur de Jackie, à la fois ami fidèle et mauvais génie. Tous, jusqu’au dernier sont magnifiques et fondus dans leurs personnages. À noter parmi les guests, Eli Wallach en patient et Tony Shalhoub en docteur mourant du cancer dans l’ultime saison. « NURSE JACKIE » n’est pas qu’une série « médicale » de plus, c’est un panorama lucide et sans faux-semblant des abysses de l’addiction. Terrible…

MERRITT WEVER, EDIE FALCO ET EVE BEST
 

« LORD JIM » (1965)

Écrit et réalisé par Richard Brooks d’après l’œuvre de Joseph Conrad publiée en 1900, « LORD JIM » est une grosse production tournée au Cambodge, mais censée se passer en Malaisie.

Le scénario suit le destin d’un marin candide (Peter O’Toole) qui fait preuve de lâcheté lors d’une tempête, se voit radié de la Marine et sombre dans la déchéance, traînant sa culpabilité comme un fardeau. Le choix de l’acteur principal donne hélas, une constante sensation de déjà-vu : comment ne pas comparer le film à celui de David Lean sorti à peine trois ans plus tôt ? C’est Lawrence of Malaisia ! Véritable clone de T.E. Lawrence (jusqu’à la teinture blonde), plongé dans un contexte entièrement différent, certes, mais joué exactement de la même façon par un O’Toole enfiévré mais pas toujours sur le coup. Les 154 minutes du métrage pèsent lourd tant le dialogue est ampoulé, surabondant et infiniment trop explicatif. Les personnages philosophent ad nauseam entre deux séquences de bataille, jusqu’à rendre le film inerte, voire… assommant. Bien sûr, les extérieurs sont dépaysants, Daliah Lavi est d’une beauté renversante, mais c’est surtout grâce au pittoresque quatuor de méchants qu’on parvient à demeurer éveillé : Eli Wallach savoureux en hors-la-loi franco-malais (sic !) sadique et verbeux, Curd Jürgens ignoble à souhait dans son meilleur rôle, Akim Tamiroff suant et visqueux en profiteur et James Mason, tout à fait méconnaissable en assassin fourbe et théoricien. On a beau revoir « LORD JIM » en se disant qu’on captera peut-être enfin ses beautés, rien à faire. C’est terriblement lent, affreusement bavard et Peter O’Toole a vraiment l’air de se pasticher lui-même. Dommage…

ELI WALLACH, PETER O’TOOLE, DALIAH LAVI, CURD JÜRGENS ET JAMES MASON
 

« LA POUPÉE DE CHAIR » (1956)

Écrit par Tennessee Williams, réalisé par Elia Kazan, « LA POUPÉE DE CHAIR » est une espèce de huis clos sordide, situé dans le vieux sud miséreux. En présence : un vieux mari (Karl Malden) qui n’a encore jamais touché sa très jeune épouse (Carroll Baker), un puissant planteur de coton (Eli Wallach) qui cherche à se venger de Malden qui a brûlé une partie de sa récolte et qui va s’en prendre à son point faible : sa femme.

Il règne une fièvre, une frénésie, nées de la moiteur de l’été, de la frustration sexuelle et du jeu de séduction forcené de Wallach qui harcèle littéralement Baby Doll (Baker) avec des motivations pour le moins ambiguës : est-ce bien elle qu’il désire ou plutôt une déposition pour faire condamner son mari ? Le film appartient tout entier à Wallach dont c’était – à 41 ans – le premier film de cinéma, après des années de théâtre et de TV. C’est difficile à croire tant il est extraordinaire de malice, de fureur rentrée, d’exaspération, en créant une espèce de « méchant loup » aussi clownesque qu’inquiétant. Face à lui, Baker trouve le rôle de sa vie en manipulatrice dormant dans un berceau en suçant son pouce. Sa métamorphose en une seule journée de la femme-enfant à la mangeuse d’hommes est une prouesse d’actrice. Malden, égal à lui-même, joue le cocu ridicule rendu quasiment fou par le désir. Sans oublier Mildred Dunnock émouvante en vieille tante légèrement fêlée vivant de la générosité de sa famille, thème familier chez Williams. Ce quatuor se tourne autour, se menace, devient violent jusqu’à ce dénouement où Malden poursuit Wallach dans son jardin avec un fusil de chasse, qui clôt le film sur un coup d’accélérateur inattendu. Grâce à un dialogue abondant, souvent drôle, des « pointures » issues de l’Actors Studio au sommet de leur art, « BABY DOLL » fait partie des grandes réussites de Kazan.

ELI WALLACH, CARROLL BAKER ET KARL MALDEN
 

« LE CHANT DU BOURREAU » (1982)

Écrit par Norman Mailer d’après son propre roman lui-même inspiré de faits réels, « LE CHANT DU BOURREAU », réalisé par Lawrence Schiller se veut l’équivalent en téléfilm de « DE SANG FROID » de Truman Capote.

Le scénario retrace les dernières semaines de la vie de Gary Gilmore (Tommy Lee Jones), un homme détruit par ses 12 ans de prison, qui rentre dans l’Utah où vit une partie de sa famille. Inadapté à la vie en société, à une sexualité « normale » et même aux plus simples relations humaines, il va finir par abattre deux inconnus au hasard, par pure frustration ou, peut-être, pour en finir lui-même avec la vie. Dans sa version longue (chroniquée ici), le film dure plus de trois heures et c’est long de côtoyer aussi longtemps un tel individu dont on comprend le parcours, mais qu’on devine irrécupérable depuis le début. Magnifiquement incarné par Jones, dans le meilleur rôle de sa carrière, Gilmore est un danger public, une grenade dégoupillée, au-delà de toute réhabilitation. À travers son portrait, Mailer parle du système carcéral, de la justice de son pays, parvient à ne pas céder à la facilité de le dépeindre comme un monstre à éliminer. Si la première partie est lancinante mais prenante grâce au casting, la seconde est pénible, languissante, interminable. On comprend que la version exploitée à la TV fasse pratiquement une heure de moins. Autour d’un Jones, extraordinaire, bien loin de son cabotinage habituel dans la suite de sa carrière, Rosanna Arquette est parfaite en « pauvre fille » qui devient sa proie, Eli Wallach très sobre en vieil oncle loyal, Jenny Wright sexy comme toujours et on retrouve avec plaisir des figures comme Grace Zabriskie ou Steven Keats. Un téléfilm ambitieux, rigoureusement écrit, à voir absolument, mais probablement dans sa version abrégée.

À noter : quand on demande à Gilmore emprisonné qui il aimerait voir tenir son rôle dans un film sur sa vie, il répond : « L’acteur de APPORTEZ-MOI LA TÊTE D’ALFREDO GARCIA », Warren Oates ».

TOMMY LEE JONES, ROSANNA ARQUETTE ET ELI WALLACH
 

« LE CHASSEUR » (1980)

Inspiré de la vie d’un chasseur de primes du 20ème siècle, « LE CHASSEUR » du très moyen Buzz Kulik est resté dans les mémoires pour avoir été l’ultime film tourné par Steve McQueen, disparu peu après à l’âge de 50 ans.

Évoquant un téléfilm, le scénario ressemble à un assemblage de vignettes sans rapport les unes avec les autres, alternant les séquences comiques, tragiques et domestiques sans aucune colonne vertébrale. Les scènes d’action sont plaquées, beaucoup trop longues et la doublure-cascade McQueen est vraiment visible. Nous passerons pudiquement sous silence la BO de Michel Legrand, sans aucun rapport avec les images. Le film précédent de l’acteur : « TOM HORN », aurait été un parfait adieu à son public. « LE CHASSEUR » est, au mieux, médiocre, au pire affligeant. Il n’est appréciable que par une mise en perspective de la filmo de Steve. Le métier de « Papa Thorson » renvoie instantanément à la série TV « AU NOM DE LA LOI » qui fit son succès, inversant l’image d’as du volant de « BULLITT » les auteurs font du héros un chauffard invétéré. Cela peut faire sourire, mais l’aspect physique de McQueen génère plutôt la mélancolie : les traits marqués, le regard éteint, il promène une silhouette d’homme prématurément vieilli. En revanche, c’est peut-être la seule fois où son jeu est efficace dans la comédie. Débarrassé de ses vieux tics, il maîtrise ses mimiques, n’en fait jamais trop et parvient, malgré le contexte sans intérêt, à composer un véritable personnage. C’est un bonheur de le voir partager l’écran, le temps de quelques échanges, avec Eli Wallach, vingt ans après « LES 7 MERCENAIRES » ou Ben Johnson après « JUNIOR BONNER ». Les seconds rôles n’ont rien d’extraordinaire, particulièrement Tracey Walter totalement ridicule en psychopathe de service. Un film faiblard et mal fichu, qui ne vaut que pour les fans de McQueen, dont le dernier plan, avec un bébé entre les mains est indiscutablement émouvant.

STEVE McQUEEN, BEN JOHNSON ET ELI WALLACH
 

« LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND » (1966)

Troisième western de Sergio Leone, « LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND » a pris de l’ampleur avec le temps, surtout comparé à ses prédécesseurs et demeure aujourd’hui encore inégalé et d’une folle ambition.

À la fois comédie picaresque, charge antimilitariste et histoire d’une amitié improbable entre deux tueurs aux caractères diamétralement opposés, le scénario tourne autour de 200 000 $ dérobés en pleine guerre de sécession et de trois individus prêts à tout pour s’en emparer. Clint Eastwood retrouve à l’identique son rôle de pistolero cynique et froid, Lee Van Cleef joue une infâme crapule sadique, mais le film appartient tout entier à Eli Wallach dans le rôle de sa vie : un bandit cupide, cruel, étonnamment courageux, le seul dont on découvre un peu le passé et les origines. Fermement dirigé dans le cabotinage, Wallach frise le génie et voir ses petits yeux écarquillés dans le duel final demeure un bonheur de gourmet. Le film commence par la présentation des trois protagonistes dans des situations très « spaghetti western », mais se développe progressivement en quelque chose de plus généreux, de beaucoup plus ambitieux. La plupart des répliques sont devenues anthologiques (« Quand on doit tirer, on tire. On cause pas », « Il y a deux sortes d’éperons, mon ami… », « Quelle ingratitude ! Quand on pense au nombre de fois où je t’ai sauvé la vie », etc.) et le Cinémascope grouille littéralement de personnages secondaires marquants comme Luigi Pistilli excellent en frère de Wallach devenu moine, Al Mulock, Aldo Guiffre ou l’énorme Mario Brega. Vers la fin, Eastwood trouve un vêtement près d’un soldat mort : il s’agit du poncho mythique qu’il portait dans les deux films précédents et qu’il revêt pendant le duel (triel, puisqu’ils sont trois). Ce qui laisse entendre que « LE BON, LA BRUTE… » est la prequel de « POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS » et de « …ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS ». Il serait absurde d’achever ce survol d’une œuvre aussi majeure, sans citer l’auteur de la BO, qui signe un de ses chefs-d’œuvre immortels : l’immense Ennio Morricone au sommet de son art.

À noter : au début des années 2000, le film fut remonté. Plusieurs séquences ont été réintégrées pour totaliser une durée de 3 heures. Plusieurs points de scénario se sont trouvés clarifiés et le personnage de Sentenza a pris une nouvelle dimension. Eastwood et Wallach se sont doublés eux-mêmes dans la version anglaise, plus de trente ans après, un imitateur a remplacé Van Cleef décédé entretemps.

CLINT EASTWOOD, ELI WALLACH ET LEE VAN CLEEF
 

« LA RONDE DU CRIME » (1958)

« LA RONDE DU CRIME » de Don Siegel est inspiré de la série TV à succès : « THE LINEUP » (1954-1960) qui traitait de façon réaliste et austère des enquêtes policières à San Francisco.

Si les vingt premières minutes du film suivent les flics Warner Anderson (également héros de la série) et Emile Meyer dans leurs investigations sur un trafic d’héroïne ingénieux entre Hongkong et les U.S.A., l’action démarre vraiment avec l’arrivée en scène d’un couple de tueurs à gages : Robert Keith et Eli Wallach, aussi psychopathes l’un que l’autre. Le premier est l’organisateur des contrats et collectionne les derniers mots des mourants, en vue d’un livre. L’autre aime tout simplement tuer. Un bien étrange tandem teinté d’homosexualité implicite et d’une relation père-fils totalement pervertie. Cela demeure, tant d’années et de grands rôles après, une des plus extraordinaires prestations de Wallach incarnant cette brute sans état d’âme avec une sorte de délectation qui le rend encore plus inquiétant. Le film lui appartient tout entier ! Autour de lui, outre Keith, excessivement malsain, on reconnaît Richard Jaeckel en chauffeur porté sur la bouteille et Vaughn Taylor, excellent en caïd mafieux cloué sur un fauteuil roulant. Sec, efficace, sans digression ni enjolivures, « LA RONDE DU CRIME » (encore un titre français qui n’a rien à voir avec le contenu du scénario, ou si peu…) n’a rien perdu de sa noirceur et le tournage en extérieurs apporte énormément au charme qu’il garde encore aujourd’hui. Voir un Eli Wallach de 43 ans éliminer méthodiquement des « mules » involontaires du trafic de drogue laisse les yeux rivés à son écran, surtout quand il s’en prend à une fillette qu’il est prêt à éliminer sans scrupule. Grand numéro pour un bon polar implacable.

ELI WALLACH, ROBERT KEITH ET RICHARD JAECKEL
 

« COUP DOUBLE » (1986)

« COUP DOUBLE » de Jeff Kanew n’est rien d’autre qu’un hommage respectueux et admiratif des auteurs aux héros de leur jeunesse : Burt Lancaster et Kirk Douglas, deux pilleurs de trains, qui viennent de purger 30 ans de prison et se retrouvent dans les années 80, complètement dépaysés et traités comme des vieillards impotents. Ce qu’ils ne sont pas encore tout à fait.

Avec le recul des années, le choc des époques a pris un autre sens, puisqu’aujourd’hui, ce ne sont plus seulement les années 50 qui paraissent loin, mais aussi les eighties ! Aussi, les punks, les tags, les cours d’aérobic, les coupes de cheveux, semblent-ils encore plus désuets que les costards à rayures de nos héros. Douglas s’amuse de sa propre image narcissique, en exhibant ses biceps, alors que Lancaster – un peu plus âgé – apporte une espèce de gravitas au film tout entier. Enfermé dans une maison de retraite, usé, cafardeux, il compose un personnage bien plus réaliste et émouvant que son vieux co-équipier. Mais quand le tandem d’OK-Corral se reforme et ressort les flingues, le plaisir est total. Ils sont la raison d’être de ce film sympathique, un brin réac sur les bords, qu’ils habitent de leur présence encore intacte et de leur relation fraternelle et conflictuelle. Autour d’eux, de bons seconds rôles, particulièrement Eli Wallach absolument fabuleux en vieux tueur à gages à moitié aveugle et jurant comme un charretier, qui attend de leur régler leur compte depuis… 1956. On retrouve avec plaisir Alexis Smith qui renoue sa liaison avec Burt dans l’EHPAD. Curieux mélange de comédie débridée et de nostalgie donc, pour ce film-hommage vraiment touchant dans le principe, mais qui, à l’instar de ses deux protagonistes, a pris quelques rides. Mais malgré tout, c’est un tel bonheur de les revoir côte à côte, encore vaillants, après toutes ces années !

KIRK DOUGLAS, BURT LANCASTER ET ELI WALLACH
 

« L’OR DE MACKENNA » (1969)

« L’OR DE MACKENNA » de J. Lee-Thompson fait partie de ces fameux « films qu’on ne devrait jamais revoir ». Il s’agit d’une chasse au trésor (un canyon aux parois couvertes d’or pur pour être exact) impliquant divers aventuriers. Mais tout le monde sur ce projet a eu les yeux plus gros que le ventre !

Techniquement, le film est d’une laideur absolue : si les plans larges d’extérieurs, manifestement tournés en Arizona par une seconde équipe avec des doublures, sont magnifiques, les « raccords » en studio sont hideux, les transparences font mal aux yeux et les effets spéciaux sont risibles. Sans parler des décors de grottes en carton-pâte, des accélérés dans l’image. C’est un festival de maladresses qui gaspille un scénario qui en valait un autre et surtout une distribution incroyable : dans un rôle de shérif passif, Gregory Peck semble distrait, mal à l’aise, il laisse Omar Sharif cabotiner à loisir en bandido… mexicain (sic) ricanant. À voir pour le croire ! Si Julie Newmar est amusante en squaw balafrée au très mauvais caractère, les meilleurs acteurs (Eli Wallach, Lee J. Cobb ou Edward G. Robinson) sont éliminés après quelques minutes de présence. Restent Keenan Wynn en « chicano » braillard, Telly Savalas en sergent cynique ou Anthony Quayle en touriste gay grotesquement accoutré. Malgré toute la bonne volonté du monde, il n’y a pas grand-chose à défendre dans « L’OR DE MACKENNA » un de ces films qui auraient mérité de bénéficier des CGI d’aujourd’hui et qui sent le bricolage bâclé, rendu encore plus ridicule par un montage à effets qui a souvent été le péché mignon de Thompson. Celui-ci a tourné quelques bons films (pas beaucoup, avouons-le), pas mal de catastrophes (particulièrement avec Quinn ou Bronson). « MACKENNA » est un parfait exemple de ses limites en tant que réalisateur.

À noter : Le film fut d’abord conçu comme un véhicule pour Clint Eastwood qui fut remplacé par Peck, plus âgé que lui. La voix « off » qui court tout au long du film est celle de Victor Jory, acteur vétéran qui joua de nombreux rôles d’Indiens.

GREGORY PECK, OMAR SHARIF, CAMILLA SPARV, JULIE NEWMAR ET ELI WALLACH
 

« ET VIVA LA RÉVOLUTION ! » (1971)

Le film aurait dû s’intituler « LE PRINCE, L’IRLANDAISE ET LE TRUAND », tant Duccio Tessari s’est inspiré du chef-d’œuvre de Sergio Leone pour signer son « ET VIVA LA RÉVOLUTION ! ». Jusqu’à embaucher Eli Wallach, le señor Tuco en personne, pour jouer un bandido mexicain truculent partageant le secret de la cache d’un trésor avec un gringo. Faute de Clint occupé par ailleurs et ayant déjà donné, c’est Franco Nero qui s’y est collé.

On retrouve également des accents de « COMPAÑEROS » de Corbucci et de « EL CHUNCHO » pour l’aspect « éveil à la conscience politique » du peone. C’est dire si ce « Zapata western » n’a rien d’original. En soi, ce ne serait pas rédhibitoire, si Tessari n’avait pas autant bâclé le travail. La réalisation est bancale, torchée au zoom, la BO est positivement atroce, les extérieurs espagnols sont d’une tristesse à pleurer. Quant au montage, il est flasque, étiré au possible, faisant durer pratiquement deux heures un film qui aurait dû en faire un bon tiers de moins. Que dire de positif alors de « ET VIVA LA RÉVOLUTION ! » ? Le tandem Nero/Wallach fonctionne étonnamment bien, même si on sent les deux comédiens livrés à eux-mêmes. Mais ils ont du métier à revendre. Wallach en pleine forme à 61 ans, refait son numéro rodé de fripouille sympathique à sombrero, rendu célèbre par « LES 7 MERCENAIRES » ou le film de Leone. Il se démène, manie son fusil à canon scié qui explose cinq ennemis à chaque décharge en riant de ce rire qui n’appartient qu’à lui. Nero, très en verve, joue un prince russe exilé, un mercenaire aux manières fleuries et à la voix flûtée, amateur invétéré de vodka. Ils sont très bien secondés par Lynn Redgrave en journaliste irlandaise et passionaria révolutionnaire, qui leur colle aux basques et les aide plus d’une fois à sortir de mauvais pas. On reconnaît quelques visages familiers du genre comme Eduardo Fajardo en général faux-jeton et Victor Israel couvert de cicatrices. « ET VIVA LA RÉVOLUTION ! » est long, lent, très mou, mais le fan de Tuco ne pourra pourtant pas se passer d’en retrouver le fantôme le temps de quelques séquences.

À noter : Lynn Redgrave était la sœur de Vanessa Redgrave, ce qui en faisait donc la belle-sœur de Franco Nero.

FRANCO NERO, LYNN REDGRAVE, ELI WALLACH ET EDUARDO FAJARDO