Le succès des films de vigilantes généré par « UN JUSTICIER DANS LA VILLE » de Michael Winner en 1974 a engendré de multiples avatars aux U.S.A., en Italie et même en France. « LISTE NOIRE » d’Alain Bonnot est de ceux-là. La grande innovation étant que, cette fois, le vigilante est une femme !
Annie Girardot, ex-championne de rallye et garagiste (il faut déjà avaler ça !), voit sa fille (Sandrine Dumas) assassinée après un hold-up. La maman va prendre son petit pistolet et éliminer tous les responsables. Elle sera aidée en sous-main par un flic (François Marthouret) plutôt adepte de la justice individuelle. Le scénario est basique, le dialogue purement fonctionnel et le suspense quasi inexistant. On reste accroché, du moins au début, par une Girardot de 53 ans, qui allait inaugurer sa longue traversée du désert. L’air ailleurs, elle passe dans le film comme un fantôme, enveloppée dans un ciré noir, les larmes aux bords des yeux, visiblement pas à sa place dans ce genre de production. Autour d’elle, les jeunes comédiens sont très insuffisants, Marthouret est très bien en policier au comportement ambigu, Michel Aumont apparaît dans une scène en juge et il y a, heureusement, le grand Paul Crauchet en employé/protecteur d’Annie. Le réalisateur semble adorer les véhicules de tous genres : la plupart des séquences sont littéralement envahies de voitures en marche ou à l’arrêt, de camions, etc. Et le son ininterrompu des moteurs finit par taper sur le système. « LISTE NOIRE » est une tentative d’égaler les séries B américaines sur leur terrain. Mais ce genre de thème s’exporte difficilement, n’ayant jamais été dans les mœurs françaises. Avec sa facture télévisuelle, ses ralentis, et sa BO d’époque, « LISTE NOIRE » est aujourd’hui le témoin d’un certain cinéma policier des années 80, pas forcément celui qui a le mieux vieilli.