Inspiré d’un roman de Vahé Katcha, « DEUX HEURES À TUER » du Belge Yvan Govar, qui ne signa que 8 films, est un whodunit en huis clos dans une petite gare de province où une poignée de personnages attend un train.
Ce qui intrigue c’est que la trame policière implique une chasse au serial killer – chose rare à l’époque – un assassin de jeunes femmes et voleur de chaussures à talon, qui défie les gendarmes. Mais hélas, on n’est pas longtemps intrigué ! Filmé en studio, sur une photo charbonneuse, le film s’enlise dès les premières séquences et le dialogue est incroyablement faible. Dès que Michel Simon apparaît à l’image, lâché en roue-libre, il devient automatiquement le suspect n°1. Et lorsqu’arrive le « twist » final, il n’y a nulle surprise à attendre : c’était effectivement bien lui ! Curieux concept de tout faire pour inciter le public à soupçonner quelqu’un pour finalement… lui révéler qu’il avait raison de le suspecter ! Autour de Simon qui semble passer en touriste sur le tournage, on reconnaît Pierre Brasseur, à la fois cabotin et à moitié absent, en journaliste fouineur, la chanteuse Catherine Sauvage en bourgeoise cherchant à se débarrasser de son époux, Raymond Rouleau en amant désagréable et Marcel Pérès qui a l’air de n’avoir joué que des chefs de gare tout au long de sa carrière. Beaucoup d’ennui donc, compressé dans les pourtant maigres 78 minutes de projection, aucune scène qui sorte un tant soit peu du lot et une conclusion sortie du chapeau. La seule véritable surprise de « DEUX HEURES À TUER » c’est qu’il date de 1965 alors qu’on pourrait le penser produit dans les années 40.