« GRAND PRIX » de John Frankenheimer est un film sur le sport, en l’occurrence les courses de Formule 1 et développe, sur une copieuse durée, la vie sentimentale de quelques pilotes et, évidemment, plusieurs courses in extenso.
Si le réalisateur, en pleine possession de ses moyens, donne le maximum pour multiplier les axes de prises de vue acrobatiques, les effets de montage culottés pour l’époque, les split-screens redondants et offre une bande-son élaborée, il n’en reste pas moins qu’il faut se passionner pour ce genre de compétition pour apprécier le film. Le scénario n’est qu’un soap opera boursouflé, farci de clichés, fait de rencontres amoureuses, de séparations, d’épouses angoissées et de coureurs obsédés par le chrono. La distribution est intrigante : James Garner dans un rôle écrit pour Steve McQueen, manque de charisme et semble absent, Yves Montand en champion fatigué, s’en sort encore le mieux malgré les banalités qu’il doit débiter dans la langue de Shakespeare, Jessica Walter et Eva Marie Saint se débrouillent comme elles peuvent de rôles superficiels. Les jeunots de la bande, Françoise Hardy et Antonio Sabàto, sont amusants de gaucherie. Le plus incongru est encore Toshirô Mifune en propriétaire d’une écurie de course à l’anglais approximatif. Le voir en second rôle sans épaisseur est un peu gênant ! On croise également Claude Dauphin ou Geneviève Page. « GRAND PRIX » a une plutôt bonne réputation et Frankenheimer n’est pas à blâmer pour l’ennui qui finit par s’installer pendant les trois heures de projection. Peut-être aurait-il dû se montrer plus sévère au montage et utiliser plus finement la BO de Maurice Jarre ? Ou alors tourner carrément un documentaire sur la Formule 1 ?