Archives Mensuelles: décembre 2023
HAPPY BIRTHDAY, BEN !
« HYPER TENSION » (2009)
Écrit et réalisé par Mark Neveldine et Brian Taylor, « HYPER TENSION » est un véritable cartoon « live », 100% invraisemblable, 100% hyper-violent, bourré d’humour noir et de (très) gros son, le tout monté comme une longue bande-annonce.
Empoisonné par des gangsters chinois, un tueur à gages (Jason Statham) va mourir dans quelques heures. Seules des décharges incessantes d’adrénaline peuvent retarder l’effet du poison et lui permettre de se venger. Donc le film n’est qu’une course contre la montre, aux notes d’une BO hurlante un peu fatigante à la longue, de bruits de moteurs, de coups de feu, etc. On frise sans cesse le mauvais goût (Staham faisant l’amour à Amy Smart en pleine rue, devant une foule de badauds, pour maintenir sa tension à niveau), mais on finit par capter le mood général du scénario et on ne s’en formalise rapidement plus du tout. Il faut dire que l’acteur anglais est absolument parfait dans le rôle de « Chev Chelios », flingueur impassible et coléreux, doté d’un hilarant humour pince-sans-rire et d’une résistance physique à toute épreuve. Il tient le film sur les épaules, bien accompagné par Amy Smart, sa fiancée bimbo et décervelée qui lui colle aux basques. Leur couple fonctionne à plein régime. Parmi les excellents seconds rôles, on retient Dwight Yoakam amusant en médecin nonchalant. « HYPER TENSION » a plutôt bien vieilli, le côté tarantinesque du début disparaît vite pour laisser place à l’action et c’est très bien ainsi. C’est du cinéma pop-corn décomplexé qui tient toutes ses promesses et fait passer 90 minutes à une vitesse folle.
À noter : trois ans plus tard, la même équipe tournera une sequel, « HYPER TENSION 2 », où Statham reprenait son rôle, (ATTENTION : SPOILER !) même s’il mourait à la fin du n°1 en tombant d’un hélico en vol. Le film fut chroniqué sur BDW2 en… 2013)
TOM WILKINSON : R.I.P.
« MEURTRE SANS FAIRE-PART » (1960)
Inspiré d’une pièce de théâtre, « MEURTRE SANS FAIRE-PART » de Michael Gordon est un excellent suspense teinté de mélodrame, de whodunit et même de film noir avec son sujet à la James M. Cain.
Mariée à un infirme tyrannique (Lloyd Nolan), Lana Turner est la maîtresse d’Antony Quinn, le médecin de celui-ci. Ensemble, ils vont décider de l’assassiner, mais ils vont être les victimes d’un maître-chanteur anonyme. Sujet classique, bien développé sur presque deux heures, admirablement photographié par Russell Metty et constamment inventif dans l’arrivée des coups de théâtre, des fausses-pistes. Le scénario est si tortueux, qu’il en arrive à justifier à la fin, le jeu excessif et larmoyant de Turner, si agaçant pendant la projection, mais si juste rétrospectivement. Comment utiliser les points faibles d’une vedette ! Quinn est inhabituel en docteur latino amoureux fou, mais à la gâchette sensible. Apparemment gentil garçon, ses côtés « bestiaux » ressurgissent dans la dernière partie. Le couple maudit est très bien entouré de seconds rôles parfaitement dessinés : Virginia Field en secrétaire dévouée mais honnête, Richard Basehart en business man odieux et sans scrupules, John Saxon en remorqueur fougueux, Ray Walston en chauffeur très suspect et Anna May Wong en domestique exotique qui semble toujours en savoir plus qu’elle ne dit. Seule ombre au tableau, la décidément nulle Sandra Dee en belle-fille minaudante et bébête. Constamment surprenant, très soigné esthétiquement avec ses magnifiques intérieurs de studio et globalement impeccablement distribué jusqu’au plus petit rôle, « MEURTRE SANS FAIRE-PART » est un thriller psychologique haut-de-gamme qui tient toutes ses promesses et même davantage.
MIGUEL ÁNGEL FUENTES : R.I.P.
RICHARD ROMANUS : R.I.P.
RICHARD ROMANUS (1943-2023), SECOND RÔLE SPÉCIALISTE DES EMPLOIS DE MAFIOSI, VU DANS « MEAN STREETS » OU « LA LOI DE MURPHY ».
« HANNA » (2011)
L’idée, si elle n’est pas neuve, est plutôt séduisante : créer une héroïne adolescente dans le moule de Jason Bourne. À savoir, une gamine élevée à la dure par son père, dans une cabane isolée dans les montagnes enneigées, en mode survie, jusqu’à en faire une super-guerrière.
« HANNA » de Joe Wright démarre donc assez bien, tient la distance pendant une demi-heure, porté par la prestation habitée de Saoirse Ronan à la photogénie hors du commun. Eric Bana n’est pas transcendant en papa-coach intransigeant, mais le scénario se développe habilement. Du moins… jusqu’au départ de la cabane. À partir de là, c’est la débâcle complète ! Le traitement blockbuster du début se pollue de plans « artistiques », de flash-backs mal fichus, la BO devient insoutenable, pour culminer avec l’arrivée de Cate Blanchett en fée Carabosse caricaturale au possible et de ses sbires homosexuels très méchants. On sent une forte volonté de raccrocher le film aux contes de fées, faisant d’Hanna une cousine (à l’ADN modifié, toutefois !) de Blanche Neige ou Alice au pays des merveilles. La dernière heure est un véritable calvaire, truffée de digressions absurdes (la famille d’abrutis en caravane avec laquelle Hanna passe quelques jours) et de seconds rôles ridicules (le magicien dans le parc d’attractions désert). Heureusement, il reste la toujours excellente Saoirse, intense, crédible malgré tout et parfois même émouvante. Elle a du mérite ! Autour d’elle, hormis Bana et Blanchett vraiment pas à leur top-niveau, on aperçoit une jeune Vicky Krieps en maman de substitution, Olivia Williams et Michelle Dockery, le temps de se faire dévisser la tête. Ce sont les partis-pris appuyés du réalisateur qui coulent « HANNA » et réduisent son potentiel impact à zéro. Dommage…
À noter : une série TV inspirée du film fut produite entre 2019 et 2021 avec Esme Creed-Miles dans le rôle-titre et la grande Mireille Enos dans le rôle créé par Blanchett.
« TESS » (1979)
Adapté d’un roman de Thomas Hardy, « TESS » de Roman Polanski est un film-fleuve de presque 3 heures, situé dans la campagne anglaise du 19ème siècle et retraçant le triste destin d’une trop jolie paysanne déshonorée par un faux noble, abandonnée par son mari qui ignorait tout de son passé.
Une histoire qui aurait pu donner lieu à un mélodrame larmoyant, mais que Polanski a dirigé dans une autre voie : la description de la misère des « gens de peu », la couardise des riches et de l’Église et, surtout, la lâcheté des hommes, ce qui en fait une œuvre âpre, cruelle et sans une lueur d’espoir. Très lent, esthétiquement soigné sans céder à la carte postale, « TESS » doit tout à une Nastassja Kinski de 17 ans qui évoque irrésistiblement l’Ingrid Bergman des années 40 et de « HANTISE » en particulier. Renfermée, mystérieuse, orgueilleuse et digne, elle compose un personnage à multiples facettes qui se débat dans une existence sordide. Difficile à capter pendant l’essentiel du film, elle endossera soudain la défroque de l’héroïne romantique vers le dénouement. Autour d’elle, Leigh Lawson et Peter Firth incarnent les deux visages peu reluisants du mâle de l’époque aussi différents l’un de l’autre que possible, mais également ignobles. Dans une distribution parfaite, on remarque Suzanna Hamilton en ouvrière énamourée et même… une toute jeune Arielle Dombasle. Il ne manquait pas grand-chose à « TESS » pour s’aligner avec les meilleurs films de Polanski. Un peu d’émotion, de sensualité peut-être, moins de raideur dans la direction d’acteurs et une pincée – même toute petite – de fantaisie. À voir de toute façon pour Nastassja Kinski dans le rôle de sa vie, qui fait regretter une carrière un brin décevante.
« LE GANG DES TUEURS » (1947)
Écrit par Graham Greene (d’après son roman) et le dramaturge Terence Rattigan, réalisé par John Boulting, « LE GANG DES TUEURS » fait partie des grands classiques du film noir made-in-UK et plonge dans le passé sordide de la ville balnéaire de Brighton, alors en proie aux gangsters.
Par sa lumière, son rythme et l’exploitation des décors, le film fait penser au cinéma américain de l’époque et le personnage de « Pinky » rejoint les icônes du genre tels que Little Caesar, Scarface ou l’ennemi public n°1. À la différence que Richard Attenborough âgé de 24 ans, est censé jouer un mineur. À la tête d’un petit gang de racketteurs au cran d’arrêt facile, Pinky est un psychopathe au visage de chérubin, mais au regard globuleux. Entre cruauté, méchanceté pure et lâcheté, l’acteur compose un personnage complexe et vraiment inquiétant, lui qui se fera connaître avec ses rôles d’officier (« LA GRANDE ÉVASION ») ou de papys barbichus (« JURASSIC PARK »). Ce Pinky n’aura d’équivalent dans sa carrière que dans « L’ÉTRANGLEUR DE RILLINGTON PLACE », autre assassin malsain s’il en fut. À la suite d’un meurtre, Pinky épouse l’unique témoin, une jeune serveuse naïve (Carol Marsh) qu’il séduit pour la faire taire avec l’intention de la tuer à la première occasion. Mais une chanteuse à la grande gueule (Hermione Baddeley) s’est mise en tête de sauver la malheureuse. Le film est sombre, sans une lueur d’espoir ou d’amour. Seul l’épilogue, si ironique (le disque rayé, magnifique idée !) laisse sur une note triste, mais positive. À voir surtout pour Attenborough en salopard sociopathe.
À noter : un remake (également chroniqué sur BDW2) fut tourné en 2010 qui surpassa l’original en fouillant davantage les protagonistes et doté d’une distribution haut-de-gamme. Mais les deux valent le coup d’œil.