CARL REINER (1922-2020), ACTEUR, SCÉNARISTE ET RÉALISATEUR, VÉRITABLE INSTITUTION AUX U.S.A. ET PÈRE DE ROB REINER
Archives Mensuelles: juin 2020
« JOHN CARTER » (2012)
LYNN COLLINS, TAYLOR KITSCH ET… SAMANTHA MORTON
Adapté de l’œuvre romanesque d’Edgar Rice Burroughs, « JOHN CARTER » d’Andrew Stanton apparaît comme une des superproductions de SF les plus mal-aimées et sous-évaluées de ces dernières années.
Très difficile à résumer, le scénario emprunte à des films aussi différents que « QUELQUE PART DANS LE TEMPS », « DANSE AVEC LES LOUPS » et « AVATAR » et parvient à créer un univers visuel hallucinant qu’on intègre étonnamment vite. Un officier sudiste (Taylor Kitsch) est projeté sur Mars où il tombe amoureux d’une princesse (Lynn Collins) et devient le héros d’une peuplade de créatures à quatre bras. L’aventure est épique et peu avare en CGI. Mais ceux-ci servent l’histoire, sont particulièrement beaux et parviennent à générer – chose rarissime – poésie et émotion. On en prend plein les yeux pendant deux heures, presque sans temps mort, on s’attache à des personnages improbables, à des situations folles et même les batailles ne sont jamais ennuyeuses. C’est dire ! Le fait d’avoir introduit le jeune Burroughs, en tant que neveu de son propre héros, est une brillante idée créant une mise en abyme vertigineuse, puisqu’on finit par se demander si l’oncle est mytho, le futur écrivain crédule ou si tout ce qu’on vient de voir n’est, finalement, que la base de son premier livre. Les scénaristes n’ont méprisé ni leur matériau littéraire d’origine, ni le public, et c’est pour cela que « JOHN CARTER » enthousiasme et réjouit de A à Z, rendant complètement incompréhensible l’oubli dans lequel il est déjà tombé. Outre Kitsch et Collins, aussi séduisants que parfaitement à leur place, on apprécie des vétérans comme Dominic West en infâme de service, Mark Strong, Ciarán Hinds ou Bryan Cranston en sosie de Custer. Sans oublier le travail vocal de Willem Dafoe, Samantha Morton ou Thomas Haden Church. Et le « chien » numérique Woola, très jolie réussite jamais infantile ou grotesque. En un mot comme en mille, « JOHN CARTER » se doit d’être redécouvert, réévalué, pour prendre enfin la place qu’il mérite dans l’histoire de la science-fiction U.S.
LYNN COLLINS, TAYLOR KITSCH, SAMANTHA MORTON ET… WOOLA
LINDA CRISTAL : R.I.P.
LINDA CRISTAL (1931-2020), ACTRICE ARGENTINE REMARQUÉE DANS « ALAMO », « MISTER MAJESTYK » ET LA SÉRIE TV « CHAPARRAL »
« RETOUR À ZOMBIELAND » (2019)
ABIGAIL BRESLIN, JESSE EISENBERG, WOODY HARRELSON ET EMMA STONE
Dix ans après l’inattendue réussite de « BIENVENUE À ZOMBIELAND », Ruben Fleischer remet le couvert avec « RETOUR À ZOMBIELAND », avec exactement la même équipe. Et par bonheur, on ne nous sert pas le vieux plat réchauffé qu’on pouvait redouter, mais des retrouvailles avec des personnages et une ambiance qui nous avaient conquis à l’époque.
Nos quatre héros n’ont pas changé, hormis la petite Abigail Breslin qui est maintenant une jeune femme rondelette, à l’inverse des zombies qui sont devenus plus rapides, moins stupides et donc, plus dangereux. La petite famille recomposée s’installe à la Maison Blanche, accueille deux nouveaux membres en son sein : Rosario Dawson, dure-à-cuire au cœur tendre et surtout Zoey Deutch extraordinaire de drôlerie en « blonde » (oui, exactement celle des histoires drôles !) totalement décérébrée. Le petit groupe fonctionne à plein régime, on ne cesse de sourire ou d’éclater de rire, ce qui n’empêche pas – comme la première fois – de vrais moments de stress et une extrême violence dans les scènes d’action. Ils se rendent à Babylone, véritable communauté hippie ressurgie des années 60, où les armes sont fondues pour en faire des bijoux en forme de symboles de la paix. La relation conflictuelle entre Jesse Eisenberg et Emma Stone est bien vue, Woody Harrelson n’a pas changé d’un iota et on retrouve même Bill Murray (attention à ne pas zapper le générique de fin !) dans une séquence assez conséquente où il casse du zombie. Rien que du bonheur donc, pour cette sequel tardive mais nullement redondante ou bêtement opportuniste. À noter la rencontre entre nos deux héros et leurs parfaits sosies, un face à face aussi absurde que surréaliste qui mérite vraiment le coup d’œil. Tout cela pour dire qu’on est déjà partants pour un n°3 et si possible avant dix ans.
ROSARIO DAWSON, ZOEY DEUTCH, JESSE EISENBERG ET EMMA STONE
« JASON ET LES ARGONAUTES » (1963)
NIALL McGINNIS ET HONOR BLACKMAN
« JASON ET LES ARGONAUTES » de Don Chaffey, ou la mythologie grecque revue et corrigée par le cinéma anglais et par le dieu-précurseur des effets spéciaux : Ray Harryhausen, est devenu avec les années un authentique film-culte.
Le scénario est simple : c’est la quête de Jason, héritier spolié d’un trône, protégé par la déesse Héra, qui part à la recherche de la Toison d’or censée apporter prospérité à son pays. Il est accompagné de guerriers légendaires, dont Hercule. Il faut bien le dire, revoir ce film aujourd’hui équivaut à exhumer, dans un grenier, une vieille BD chérie pendant l’enfance et se demander ce qu’on a pu y trouver d’aussi extraordinaire. Il est évident qu’à l’heure des orgies de CGI, les séquences de géants de bronze, d’hydres, de harpies et de squelettes belliqueux (sans doute la scène qui a laissé l’empreinte la plus profonde dans les mémoires et qui a le plus mal vieilli) n’ont plus l’éclat d’autrefois. Et il faut vraiment retrouver ses yeux de bambin pour en jouir 50 et quelques années plus tard. Les extérieurs tournés en Italie sont magnifiques, les séquences de studio plutôt imaginatives et la BO de Bernard Herrmann ajoute du lustre à ces images d’Épinal aussi naïves que désuètes. Si certains comédiens aguerris comme Honor Blackman en Héra ironique ou Niall McGinnis en Zeus bon-enfant, s’en sortent bien, le reste de la distribution frôle souvent le carton rouge. À commencer par Todd Armstrong dans le rôle-titre, benêt barbu et inexpressif ou Nancy Kovack certes photogénique, mais qui a dû sécher ses cours de comédie. Curiosité : Hercule (Nigel Green) connaît une relation très crypto-gay avec un éphèbe rusé ! « JASON ET LES ARGONAUTES » tient une place privilégiée dans les souvenirs et le cœur de bien des cinéphiles. Il a gardé une partie de son charme et une ou deux séquences comme l’intervention de Neptune font encore de l’effet. Mais une re-vision nécessite une bonne dose d’indulgence voire de patience.
NANCY KOVACK
« BIENVENUE À ZOMBIELAND » (2009)
Un vrai petit miracle que « BIENVENUE À ZOMBIELAND » de Ruben Fleischer ! À la fois « zombie flick », parcours initiatique, road movie et regard sur les familles recomposées, ce film à l’écriture très libre ne cesse de ravir et de surprendre.
Dans un monde ravagé par une invasion de morts-vivants particulièrement virulents, un ado (Jesse Eisenberg) s’associe à un dur-à-cuire (Woody Harrelson), puis à deux sœurs (Emma Stone et Abigail Breslin) parfaitement adaptées au mode « survie ». D’abord antagonistes, ils vont progressivement apprendre à se connaître et à s’aimer, dans une ambiance souvent « gore ». Ça pourrait être n’importe quoi, et c’est tout le contraire. Le film possède un charme unique, une humeur généreuse, un humour décalé et pince-sans-rire et se permet au passage un hommage appuyé à Bill Murray, à mourir de rire dans son caméo. Grâce à son scénario resserré, sa durée tout à fait raisonnable et son montage hyper-efficace, « BIENVENUE À ZOMBIELAND » évite les temps-morts, les redondances et se focalise sur les relations entre personnages, qui s’avèrent, au-delà de la caricature, étonnamment denses, voire émouvants (le flash-back inattendu sur l’enfant perdu de Harrelson qui nous cueille complètement). Rapidement conquis par la proposition originale du film (la série « THE WALKING DEAD » ne fut diffusée que l’année suivante), on se laisse entraîner dans cette aventure qui se ne refuse aucune digression, aucune rupture de ton, regorge de citations cinéphiliques, de clins d’œil. Harrelson a rarement été mieux utilisé qu’en cowboy givré obsédé par les « Twinkies », Emma Stone est bien jolie et la petite Breslin crève l’écran avec un incroyable aplomb. C’est du cinéma hors des sentiers battus, une vraie comédie, qui ne néglige pas les moments de trouille pour autant. Bref, un véritable bonheur, ce film !
JESSE EISENBERG, WOODY HARRELSON, EMMA STONE ET BILL MURRAY
ÉTIENNE PÉRIER : R.I.P.
« DRACULA 2000 » (2000)
Produit par Wes Craven, réalisé par l’ex-monteur Patrick Lussier, « DRACULA 2000 » démarre plutôt bien avec un prologue renouant avec l’œuvre de Bram Stoker, puis enchaînant sur un cambriolage dans l’entreprise de Van Helsing à Londres, en l’an 2000.
Ensuite hélas, c’est la débandade ! Les acteurs sont uniformément nuls, le dialogue est consternant, et on nous entraîne jusqu’à New Orleans où Dracula (ATTENTION SPOILER !) révélera sa véritable identité : oui, le comte-vampire n’est autre que… Judas Iscariote (sic) ! On nous aura tout fait. Que dire d’un tel ramassis d’absurdités et de mauvais goût ? Le film regorge de « placement de produits » (hello, Virgin Megastore !), de séquences échappées d’un clip vidéo du temps de MTV, la photo est clinquante, les scènes d’action « câblées » ont pris un terrible coup de vieux. Alors que reste-t-il ? Pas grand-chose, hormis au second degré, bien sûr, la stupeur de voir un Gerard Butler de 29 ans, absolument méconnaissable avec son physique de bellâtre à brushing, dans le rôle-titre. Il montre les dents et déclame son texte sans conviction, ce qui est excusable, mais n’offre aucune ressemblance avec le vétéran massif et barbu qu’on connaît aujourd’hui. Face à lui, l’inoxydable Christopher Plummer joue sa Némésis en vieux pro rompu aux pires navets, on retrouve avec plaisir la toujours splendide Jennifer Esposito en braqueuse vampirisée et des visages familiers – ou qui allaient le devenir – comme Omar Epps, Jonny Lee Miller (qui n’a jamais été aussi mauvais) et Nathan Fillion. Inutile de chercher la petite bête, il n’y a rien à sauver de « DRACULA 2000 », dont les rares bonnes idées sont noyées dans une orgie de couleurs fluo, d’effets sonores antédiluviens.
GERARD BUTLER
PAOLO GIUSTI : R.I.P.
PAOLO GIUSTI (1942-2020), ACTEUR DES SEVENTIES, A TOURNÉ DES COPROS AVEC GABIN, DELON, ROMY SCHNEIDER. SEULEMENT 25 FILMS À SON ACTIF
HAPPY BIRTHDAY, LINDA !
LINDA CARDELLINI, RAVISSANTE ACTRICE DÉCOUVERTE DANS LA SÉRIE TV « URGENCES » ET REVUE DANS DE BONS SECONDS RÔLES AU CINÉMA