Écrit et réalisé par Brian Taylor, connu pour les amusants « HYPERTENSION » et le désastreux « ULTIMATE GAME », « MOM AND DAD » est une excellente surprise, qui déjoue toutes les attentes et utilise les codes du film de zombies pour parler de la famille américaine et de la parentalité.
Le sujet ? Très simple : subitement, les parents américains se mettent à vouloir tuer leurs enfants, quel que soit leur âge, à les pulvériser de façon atroce si possible ! L’ado Anne Winters et son petit frère se voient ainsi attaqués sauvagement par leurs parents, Selma Blair et Nicolas Cage. Une lutte à mort s’engage dans le coquet pavillon de banlieue, alors que tout autour, le carnage s’intensifie. Le film, pour bizarre qu’il soit, accroche immédiatement par sa narration syncopée, un vrai sens du montage et de l’ellipse, un refus du gore facile et surtout par son humour noir, finement distillé. Au milieu des bastons, de poursuites qui font immanquablement penser à la fin de « SHINING », un flash-back justifie et éclaire tout le film : Cage, en plein burnout dans son sous-sol, qui démolit la table de billard qu’il vient de monter et le dialogue qui s’ensuit avec sa femme, sur les espoirs envolés, la jeunesse gaspillée. Et tout ça, pourquoi ? Pour des ados déplaisants, qui leur rendent la vie impossible. Cette scène, la seule vraiment « sérieuse » du scénario, permet d’adopter plusieurs points de vue et de maintenir l’intérêt. Selma Blair est remarquable en gentille maman malmenée, voyant venir l’âge mûr, puis en monstre infanticide, Cage donne une idée de ce qu’il aurait donné dans le rôle de Jack Torrance. Dans une distribution homogène, on aperçoit brièvement le grand Lance Henriksen, jouant le père de Cage, vétéran du Vietnam, qui attaque celui-ci au couteau : il n’y a pas d’âge pour être l’enfant de quelqu’un ! « MOM AND DAD » est un film culotté, subversif et malin, un OVNI maîtrisé et distrayant de bout en bout. Et surtout, luxe suprême : jamais gratuit.