Lance Henriksen, on l’aime. On l’aime parce qu’il a joué des vampires de western, des cyborgs, parce qu’il a même incarné… Charles Bronson dans un téléfilm, parce qu’il tourne dix films par an (les mauvaises années), parce qu’il fut un inoubliable Frank Black dans la série-culte « MILLENNIUM », parce qu’il a une voix à faire passer Lee Marvin pour un castrat.
Tout cela pour dire qu’il faut qu’on l’aime beaucoup le Lance pour s’infliger ses séries Z, en sachant pertinemment qu’on va droit dans le mur dès le générique-début. « IT’S IN THE BLOOD » de Scooter Downey est compliqué à définir : c’est un film d’horreur cathartique, une sorte de huis clos en plein air où un fils et son père doivent affronter d’horribles monstres qui sont en fait les démons de leur passé. C’est à la fois crétin et prétentieux, c’est un survival et un « drame psychologique » (on ne rit pas !), un avatar fauché de « PREDATOR » et un film de serial killer… Bref, c’est tout et n’importe quoi. Les auteurs – parmi lesquels l’acteur principal – ont voulu trop en mettre dans un espace réduit de 80 minutes, ce qui laisse parfois l’impression qu’il y a plusieurs films en un. Alors, cela vaut-il le coup quand même ? Disons que ce n’est pas totalement nul, qu’on sent par flashes une certaine ambition, une volonté de mixer slasher et psychanalyse. Il y a même des moments complètement barrés comme une amputation au couteau sur un air de Lakmé. Sic ! Comme toujours, ou presque, Henriksen s’en sort avec les honneurs. Il est d’un naturel infaillible, d’une présence physique inchangée malgré l’âge et les rides et d’une humanité souvent émouvante qui empêche le film de sombrer dans le grotesque absolu. Le fan trouvera donc quelque part son bonheur, à condition de se montrer indulgent et l’amateur de bizarreries s’amusera probablement par intermittence.