« NOM DE CODE : ROUGE » réalisé par Jake Kasdan, est un film de Noël onéreux, une débauche de CGI à quasiment tous les plans et un véhicule de plus pour un Dwayne Johnson de 52 ans, fermement arrimé à son vedettariat de surhomme sympathique et pince-sans-rire.
Le Père Noël (J.K. Simmons) est kidnappé par une très méchante sorcière (Kiernan Shipka) bien décidée à gâcher les fêtes et à punir très sévèrement les « vilains enfants ». Dwayne, bodyguard de Santa Claus se lance à sa recherche, épaulé par un pisteur (Chris Evans) réticent. Voilà pour le pitch, indéniablement décourageant si on a plus de 8 ans. Mais il ne faut pas trop s’y fier : la grande idée des auteurs dans ce fatras mythologique, est d’avoir écrit le scénario au premier degré, sans clin d’œil, sans humour « meta » ni blagounettes dans tous les coins. The Rock joue son héros avec un sérieux imperturbable, Simmons est un étonnant Santa athlétique et même Evans parvient à contenir ses effets comiques grâce à la relation avec son fils délaissé. On ne se risquera pas à dire que tout cela est passionnant, mais il y a tellement de trouvailles visuelles et d’idées délirantes, qu’on est tout étonné de se laisser porter sans résistance, même dans les élucubrations les plus absurdes. Et elles sont légion ! Les rennes géants, le demi-frère de Santa (Kristofer Hivju) au look de Viking truculent, Lucy Liu en chef de la sécurité ou Bonnie Hunt en Mme Claus, semblent s’amuser beaucoup et Shipka a bien grandi depuis la série « MAD MEN » et campe une méchante venimeuse tout à fait convaincante. « NOM DE CODE : ROUGE » s’adresse à un public jeune, voire très jeune, c’est certain, mais sans le mépriser, ce qui est déjà énorme. Dans son modeste créneau, on peut le considérer comme une réussite et – une fois de plus – conseiller à l’ami Dwayne d’élargir son registre.