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Archives de Catégorie: LES FILMS DE MICKEY ROURKE

« LA PORTE DU PARADIS » (1980)

Écrit et réalisé par Michael Cimino, « LA PORTE DU PARADIS » est aujourd’hui l’exemple-type du film maudit, mal-aimé, jamais reconnu à sa juste valeur. Et, malgré la gigantesque ambition du projet, on peut comprendre pourquoi : une vision réaliste des fondations de l’Amérique moderne bâtie sur un génocide (un second, celui des migrants), une durée hors-norme, un pessimisme plombant.

À le revoir tant d’années après, on réalise immédiatement l’ampleur du film, sorte de roman-fleuve à la Tolstoï qui embrasse à la fois un triangle amoureux, l’Histoire d’un pays pas toujours reluisante et une guerre ignominieuse qui vire au carnage pur et simple. Qu’on adhère ou non à cette vision, on est terrassé par la beauté des extérieurs, par une des plus belles reconstitutions historiques du 7ème Art, par la photo de Vilmos Szigmond transcendée par la sublime BO de David Mansfield. Bien sûr, la plupart des scènes dure deux ou trois fois le temps nécessaire, ce qui peut être insupportable pour certains, mais cela ancre le récit dans son époque et va au fond de la psychologie des protagonistes. Kris Kristofferson, le visage creusé, vieilli avant l’âge, trouve son plus beau rôle en grand bourgeois idéaliste confronté aux réalités du monde, mélange de cynisme et de naïveté, d’héroïsme et de désenchantement. Isabelle Huppert est très bien en prostituée pragmatique et enfantine, Christopher Walken complète le triangle en tueur angélique. Dans une énorme distribution, on reconnaît les jeunes Mickey Rourke, Anna Thomson, Brad Dourif, quelques vétérans tels que Joseph Cotten. Et Jeff Bridges et John Hurt (qui a la plus belle réplique du film : « On ne va quand même pas tous les tuer ! Ce ne sont pas des Indiens ! ») magnifiques tous les deux. Sam Waterston, main armée du capitalisme, est un des plus haïssables méchants de mémoire de cinéphile. Le film dure presque 4 heures, on mentirait en disant qu’on ne les sent pas passer, mais des séquences comme le bal en patins à roulettes au son du violon ou la bataille de Johnson County suffisent à qualifier « LA PORTE DU PARADIS » de chef-d’œuvre. Imparfait certes, mais chef-d’œuvre tout de même.

ISABELLE HUPPERT, KRIS KRISTOFFERSON ET CHRISTOPHER WALKEN
 

« SABLES MORTELS » (1992)

« SABLES MORTELS » de l’Australien Roger Donaldson, capable du pire comme du meilleur, se voudrait apparemment un remake de « PROFESSION : REPORTER » d’Antonioni, à la sauce film noir mâtiné de western. C’était, disons, le projet de départ.

À l’arrivée, on a droit à un polar désertique, au scénario flasque et confus, aux personnages sans la moindre épaisseur et à l’esthétique désuète de publicité pour voitures. En deux mots, un shérif-adjoint du Nouveau Mexique (Willem Dafoe) endosse l’identité d’un homme trouvé mort au milieu de nulle part avec 500 000 $ en sa possession, espérant ainsi remonter jusqu’à ses assassins. Il se retrouve au cœur d’une guéguerre entre le FBI et la CIA. Si les premières minutes du film sont assez prometteuses avec la belle photo lumineuse de Peter Menzies, la suite s’embourbe rapidement dans des tunnels de dialogue sans intérêt entre trafiquants d’armes, femmes hystériques ou vaguement fatales et un individu trouble, campé par un Mickey Rourke physiquement encore reconnaissable. Que dire ? L’ennui est un péché mortel dans ce genre de thriller tiraillé entre plusieurs influences, et il est hélas, omniprésent. Comment se passionner pour Dafoe, « héros » naïf et incompétent, au jeu primesautier ? Comment ne pas sourire à sa scène hot sous la douche avec une Mary Elizabeth Mastrantonio folle d’amour pour lui, au cabotinage peu compréhensible de Samuel L. Jackson en ripou du FBI et moulin-à-paroles ou M. Emmet Walsh plus cradingue que jamais en légiste cauteleux ? On note que trois comédiens connus comme Mimi Rogers (jouant l’épouse de Dafoe), John P. Ryan et Fred Dalton Thompson apparaissent dans des rôles secondaires sans être mentionnés au générique. Fâchés d’avoir vu leur travail disparaître au montage ? « SABLES MORTELS » mérite, même s’il un peu facile de dire cela, son titre français. Antonioni peut dormir sur ses deux oreilles…

WILLEM DAFOE, SAMUEL L. JACKSON ET MICKEY ROURKE
 

« L’IDÉALISTE » (1997)

MATT DAMON ET CLAIRE DANES

Écrit et réalisé par Francis Ford Coppola d’après un roman de John Grisham, « L’IDÉALISTE » est un courtroom drama des plus conventionnels, rehaussé par le savoir-faire du réalisateur et par une distribution où le moindre petit rôle est tenu par un acteur connu.

Avocat naïf et débutant à Memphis, Matt Damon mène trois dossiers de front, dont un monumental : le procès d’une firme d’assurances qui escroque ses clients et va jusqu’à provoquer des décès. Le film est long – plus de deux heures – mais jamais ennuyeux, les personnages sont parfaitement campés et les décors bien mis en valeur. Coppola néglige les gros-plans de visages, se concentrant sur les plans généraux cadrés de façon quasi-géométrique. Damon est parfait en novice qui apprend le métier « à la dure », Danny DeVito joue son sidekick ridicule mais compétent, Danny Glover est excellent en juge ironique, Claire Danes touchante en femme battue, Mickey Rourke flamboyant en avocat playboy. On a aussi le plaisir de revoir Teresa Wright très âgée, Mary Kay Place, Virginia Madsen et Roy Scheider remarquable en PDG ignoble. Mais c’est Jon Voight qui se taille la part du lion dans son rôle de défenseur de la firme, requin du barreau cynique et sans état d’âme, aussi odieux que charismatique. Quelle présence ! « L’IDÉALISTE » n’a rien d’un film de Coppola, il aurait pu être tourné par n’importe quel cinéaste compétent de l’époque, mais c’est du bon cinéma hollywoodien carré et calibré pour faire des entrées et le travail est soigné. La photo de John Toll ajoute une touche d’esthétisme sans ostentation et la BO d’Elmer Bernstein est d’un classicisme intemporel. À voir donc, cet « IDÉALISTE » sans surprise, mais qui tient en haleine et finit même par émouvoir.

JON VOIGHT, MARY KAY PLACE, MATT DAMON, RED WEST, DANNY GLOVER ET ROY SCHEIDER
 

« RUSTY JAMES » (1983)

Écrit et réalisé par Francis Ford Coppola d’après le roman de S.E. Hinton, « RUSTY JAMES » est un film très particulier, hanté par le cinéma de Nicholas Ray et le mythe James Dean. La présence de Dennis Hopper, qui jouait dans « LA FUREUR DE VIVRE » n’est certainement pas due au hasard.

Vivant dans l’idolâtrie de son frère aîné (Mickey Rourke), le jeune voyou Matt Dillon, lent d’esprit mais attachant, le voit sombrer dans une dépression morbide et suicidaire. Porté par le noir & blanc sublime de Stephen H. Burum, enrobé d’une bande-son saturée de bruits étranges, de musiques dissonantes et cadré à la courte focale déformante, le film envoûte dès les premiers plans de nuages filant dans le ciel. Mais il n’a pas spécialement bien vieilli et finit par sonner le creux, voire à irriter parfois tant il est maniéré. Si Dillon – omniprésent – est lassant dans son imitation appuyée du jeu « Actors Studio », Rourke crève l’écran dans le rôle qui fit de lui une star. Il joue un loubard vieilli avant l’âge, daltonien, revenu de tout et usé, alors qu’il n’a que 21 ans. Un personnage calciné de l’intérieur au bord du gouffre, qu’il incarne tout en douceur. Autour d’eux, un excellent cast de seconds rôles : Hopper en père ivrogne, Larry Fishburne, Chris Penn, Nicolas Cage en glandeurs. William Smith est formidable en flic-Terminator implacable. On aperçoit aussi la toute jeune Diane Lane, Diana Scarwid en junkie pathétique et Sophia Coppola enfant, en petite sœur casse-pied. On ne sait pas très bien à quelle époque se passe « RUSTY JAMES », les années 50 ou 60 probablement, mais filmées comme dans un rêve magnifié. Si la facture est toujours aussi bluffante quatre décennies plus tard, le fond a vraiment perdu de son romantisme noir et semble aujourd’hui bien naïf. Mais la forme ayant largement supplanté le fond, le film vaut tout de même le coup d’œil.

MMICKEY ROURKE, DENNIS HOPPER, MATT DILLON, VINCENT SPANO ET NICOLAS CAGE
 
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AUJOURD’HUI, MICKEY ROURKE A 70 ANS !

 
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Publié par le 16 septembre 2022 dans ANNIVERSAIRES, LES FILMS DE MICKEY ROURKE

 

« DOMINO » (2005)

Tourné juste après « MAN ON FIRE », son chef-d’œuvre, « DOMINO » de Tony Scott s’inspire de la vie de la fille de l’acteur Laurence Harvey, ex-top model devenue… chasseuse de primes à L.A. !

On peut dire que Scott a retenu les techniques acquises sur son précédent film et a poussé l’expérience plus loin. Beaucoup trop loin ! Sur un scénario de polar classique (un trio de mercenaires mêlé à un vol impliquant la mafia et le FBI), « DOMINO » est complètement vampirisé par l’ivresse stylistique du réalisateur : images aux couleurs fluo, montage plus haché qu’un clip MTV des années 80, ambiance perpétuellement hystérique quoi qu’il se passe à l’écran, explosions ou échanges de dialogues. Le scénario est littéralement englouti par l’image, on perd ses repères, soûlés par l’avalanche d’effets sonores, de gros-plans qui se télescopent. Ce n’est plus vraiment du cinéma, cela se rapproche de l’art moderne expérimental, voire du street-art. Cela peut fasciner un moment, car c’est du jamais vu dans une grosse production hollywoodienne, mais force est de reconnaître que cela devient rapidement nauséeux et pire… sans le moindre intérêt. Dans ce contexte, difficile de parler du jeu des comédiens, abîmé par le montage, par l’absence de moment de répit ou de psychologie. Keira Knightley, dans le rôle-titre, se sort à peu près d’un personnage pas fait pour elle. Mickey Rourke a de la gueule en « bounty hunter » musculeux et on retrouve de vieilles connaissances comme Christopher Walken en producteur de téléréalité, Lucy Liu en interrogatrice du FBI ou Jacqueline Bisset en mère de notre héroïne. Tom Waits est étonnant dans une brève apparition, en prêcheur jailli de nulle part. C’est assez rageant, un film comme « DOMINO », car il avait vraiment tout pour plaire, à commencer par Tony Scott alors au sommet de son art, mais qui a décidé de saborder son film pour en faire un objet quasi-abstrait, dont les abus finissent par s’annuler pour laisser sur une drôle de sensation… Celle d’avoir vu une bande-annonce de presque deux heures.

KEIRA KNIGHTLEY, MICKEY ROURKE ET TOM WAITS
 

« DINER » (1982)

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MICKEY ROURKE ET ELLEN BARKIN

Premier et peut-être meilleur film de Barry Levinson, qu’il a écrit et réalisé d’après ses souvenirs de jeunesse à Baltimore à la fin des années 50, « DINER » est un petit bijou doux-amer, une chronique drolatique, mais teintée d’une profonde nostalgie.DINER

Le scénario s’articule autour du mariage de Steve Guttenberg hâbleur, mais toujours puceau, pour lequel se réunissent ses copains d’enfance : Mickey Rourke, garçon-coiffeur perdant tout son argent au jeu, Kevin Bacon surdoué asocial et suicidaire, Daniel Stern déjà marié et malheureux, Paul Reiser casse-pieds patenté et Tim Daly, le moins paumé de la bande. Tous arrivent à l’âge où il va falloir rapidement sortir de l’adolescence, pour ne pas rester sur le bas-côté de la route. Mais aucun n’est prêt à abandonner ses habitudes, ses repas au « diner » local, ses discussions interminables sur le sport ou les chanteurs à la mode. Et on sent à mesure que la cérémonie approche, que tous ne s’en sortiront pas et qu’une époque d’insouciance est en train de s’achever. C’est très finement écrit, la plupart des séquences – même les plus triviales – sont sous-tendues de stress et d’angoisse du lendemain. La photo sombre et parfois ingrate participe de ce mood à la fois joyeux et profondément dépressif. La musique « vintage » et les chansons sont pour beaucoup dans l’atmosphère de « DINER », les décors sont parfaits, immersifs au possible. Mais le vrai miracle réside dans l’homogénéité du casting : on a vraiment l’impression que les acteurs se connaissent depuis toujours. Tout le monde est remarquable, avec une préférence pour Rourke, formidable en loser-né, suave et narcissique, Ellen Barkin en épouse délaissée à la dérive, Bacon exceptionnel dans un rôle complexe, vaguement inquiétant. On devrait tous les citer tant leur alchimie est aveuglante. « DINER » n’a pas pris une ride, il amuse, file le cafard et séduit autant qu’au jour de sa sortie. Et des moments comme la scène de ménage entre Stern et Barkin pour des 33-tours mal rangés, ou le questionnaire sportif auquel Guttenberg soumet sa fiancée pour décider s’il l’épouse ou pas, s’impriment à jamais dans la mémoire pour leur justesse et leur pathétique dérisoire. Un grand petit film, en somme.

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KEVIN BACON, PAUL REISER, MICKEY ROURKE ET STEVE GUTTENBERG

 

« L’IRLANDAIS » (1987)

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LIAM NEESON ET MICKEY ROURKE

Réalisé par l’intéressant Mike Hodges, d’après un roman de Jack Higgins, « L’IRLANDAIS » (titre français bien décevant comparé à l’original : « UNE PRIÈRE POUR LES MOURANTS ») est un polar qui démarre bien, offre des enjeux très forts, des personnages intrigants, pour pécher trop vite par la faute d’un scénario statique, malhabile, qui finit par lasser tout intérêt.

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Pourtant, la première moitié est très prometteuse et Mickey Rourke, teint en roux, est crédible en assassin professionnel au bout du rouleau, traqué par la police, un caïd local et par ses employeurs de l’IRA. Il traîne une grise mine, un spleen d’écorché vif, bien entouré par Bob Hoskins en ex-baroudeur devenu prêtre, Alan Bates – un peu trop grimaçant, mais qui semble bien s’amuser – en gangster/croque-mort, Liam Neeson en cadre de l’IRA au cœur trop sensible, Alison Doody en exécutrice impassible. Sammi Davis est très gauche en aveugle mais Christopher Fulford crève l’écran dans un rôle de psychopathe répugnant : un vrai méchant comme on adore les haïr ! Tous ces éléments, ajoutés à une bonne BO de Bill Conti ne parviennent toutefois pas à réellement faire décoller le film. Les séquences impliquant les policiers sont d’une lourdeur invraisemblable, l’action semble trop souvent se résumer à d’incessants allers-retours entre le funérarium et l’église et, malgré quelques très bonnes scènes d’action et de belles confrontations, « L’IRLANDAIS » ne parvient jamais à passionner. C’est vraiment dommage, car le potentiel, et cela se sent tout du long, était considérable, et – nous l’avons dit – le casting de tout premier ordre. Mais la mayonnaise ne prend pas, le rythme demeure constamment plombé et la fin, autour d’une bombe prête à exploser est torchée à la va-vite, expédiée. À voir pour Rourke, encore dans sa grande époque, qui parvient à créer un personnage opaque et attachant à la fois.

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ALAN BATES, MICKEY ROURKE ET SAMMI DAVIS
 

« LA FIÈVRE AU CORPS » (1981)

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KATHLEEN TURNER ET WILLIAM HURT

Premier film réalisé par le scénariste Lawrence Kasdan, « LA FIÈVRE AU CORPS » se revoit aujourd’hui avec un double décalage : c’est un film des années 80 calqué sur l’ambiance et la structure narrative d’un ‘film noir’ des années 40, principalement « ASSURANCE SUR LA MORT » de Billy Wilder.BODY

Le principal apport provient d’abord d’un érotisme débridé, décomplexé, qui jette l’un contre l’autre, en pleine canicule sur la Floride, une femme mariée (Kathleen Turner) et un avocaillon « queutard » (William Hurt). Une love story essentiellement physique, qui aboutit à l’éternelle question : et si on tuait le mari riche et encombrant ? La machination montée par les amants maudits est ingénieusement conçue, l’obsession sexuelle intelligemment filmée et le couple Turner/Hurt – alors totalement inconnus – fonctionne à plein régime. Elle, prédatrice affûtée, imprévisible, à la sensualité débordante, lui pauvre type obnubilé, aisément manipulable (« Vous n’êtes pas trop malin, c’est une qualité que j’apprécie chez un homme », lui dit-elle lors de leur première rencontre). De bons seconds rôles aussi : Richard Crenna, parfait en époux odieux, Ted Danson étonnant en procureur excentrique et un tout jeune Mickey Rourke dans deux séquences en pyromane sympathique. Mais la vraie vedette de « LA FIÈVRE AU CORPS » ne se compte pas dans le casting, plutôt dans la bande-son. En effet, la BO de John Barry est pour 80% dans l’atmosphère particulière du film. À la fois sexy et menaçante, elle parvient à créer un pont entre les époques et à flouter la frontière entre le suspense pur et dur et le quasi-pastiche. On sera un peu moins enthousiasmé par la photo de Richard H. Kline, un peu trop filtrée et parfois inutilement. Quarante ans plus tard et malgré ses quelques défauts, « LA FIÈVRE AU CORPS » demeure un joli exercice de style qui nous entraîne dans ses méandres scénaristiques, ses coups de théâtre avec une réelle élégance.

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MICKEY ROURKE ET KATHLEEN TURNER

 

« NIGHTMARE CINEMA » (2018)

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« NIGHTMARE CINEMA » est un film d’horreur en 5 sketches, qui revient aux fondamentaux des vieux « CREEPSHOW » et « TALES FROM THE CRYPT » d’antan. Par définition, c’est inégal, mais on peut y trouver sporadiquement matière à réjouissance et même, même… y exhumer un véritable petit chef-d’œuvre.

« THE THING IN THE WOODS » d’Alejandro Brugués est une sorte de slasher sanglant, lorgnant sur le pastiche et se jouant des clichés du genre. C’est moyennement intéressant et à éviter pour les arachnophobes. Mais c’est du déjà-vu sans grand intérêt. « MIRARE » de Joe Dante est un cran nettement au-dessus et conte l’horrible histoire d’une jeune femme dont le visage est abîmé par une cicatrice, et qui accepte de passer sous le bistouri du chirurgien esthétique Richard Chamberlain, pour complaire à son futur époux. Mais l’affaire tourne au pur cauchemar paranoïaque et la chute finale renvoie aux bonnes vieilles BD de « CREEPY » ou « EERIE ». « MASHIT » (le titre est assez bien choisi, pour le coup ! ) de Riyûhei Kitamura est une pénible histoire d’exorcisme au sein d’un collège religieux, réalisée avec les pieds et totalement assommante. « THIS WAY TO EGRESS » de David Slade (l’excellent « 30 JOURS DE NUIT ») vaut à lui seul qu’on voie le film : c’est un pur cauchemar en noir & blanc à la David Lynch, où la remarquable Elizabeth Reaser semble évoluer dans une dimension parallèle suintante de sang, où tout se déforme en permanence, tout se décompose sous ses yeux. Une NDE ? Un no man’s land entre vie et mort ? Aucune explication rationnelle  ne sera proposée. Et tant mieux ! C’est admirablement filmé, proprement terrifiant sans effet inutile et les images marquent durablement. Une merveille ! « DEAD » de Mick Garris part d’une bonne idée de jeune garçon entre la vie et la mort qui voit des « dead people », mais le scénario est infiniment trop dilué et finit par lasser, malgré l’inquiétante composition d’Annabeth Gish en maman-fantôme ambiguë. Sans oublier les apparitions de Mickey Rourke – de plus en plus méconnaissable – dans le rôle d’un projectionniste peroxydé qui semble personnifier la mort elle-même, dont le cinéma sert de fil rouge très artificiel à ces courts-métrages sans aucun point commun. Un film sans colonne vertébrale donc, à voir pourtant pour le magnifique segment de David Slade.

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ELIZABETH REASER