Lointainement inspiré de la série TV : « L’HOMME QUI TOMBE À PIC » (1981-1986) avec Lee Majors, « THE FALL GUY » de David Leitch est une sorte de reboot d’un concept déjà pas très solide (un cascadeur hollywoodien menant une vie de détective).
Le cinéphile imprudent se laissera peut-être attirer par la présence au générique d’Emily Blunt, jouant une assistante-caméra promue réalisatrice de films d’action, mais il se méfiera toujours un peu des choix de Ryan Gosling. Il plongera naïvement tête baissée dans ce film opulent, pourri de CGI, s’escrimant à mêler une histoire d’amour, un blockbuster d’action et un thriller bien sanglant. Autant le dire tout de suite : ça ne fonctionne pas du tout ! Et les deux heures de projection tiennent du chemin de croix. Les bastons n’en finissent pas de s’étirer ad nauseam, idem pour les cascades en voiture ou en hélico. Quant au « méchant », c’est une superstar ridicule et cabotine (Aaron Taylor-Johnson), légèrement psychopathe sur les bords. Le scénario ? Il n’y en a pratiquement pas, en revanche l’aspect « meta » est soigné avec des allusions incessantes à des succès hollywoodiens, qui non seulement font sortir du film mais en plus, font ressortir davantage la vacuité de celui-ci. Gosling s’en prend plein la gueule pendant toute la durée de la chose, sans se départir de son expression ahurie et débonnaire. Mais il semble en excellente forme physique. Tant mieux pour lui ! Blunt est gaspillée bêtement, dans un personnage idiot et sans aucune épaisseur, faire-valoir inepte de son partenaire. Le couple ne fonctionne à aucun moment. Seule Hannah Waddingham s’en sort à peu près dans un rôle de productrice folle à lier et dangereuse, qui a au moins le mérite d’être distrayante. À noter la rapide apparition à la fin de Jason Momoa dans un extrait du film terminé, où il remplace Taylor-Johnson. Une grosse bouillabaisse qu’on oublie à mesure qu’on le visionne.