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Archives de Catégorie: LES FILMS D’ANTHONY QUINN

« LAWRENCE D’ARABIE » (1962)

« LAWRENCE D’ARABIE » de David Lean, basé sur la vie du colonel T.E. Lawrence (1888-1935), un soldat exalté, fasciné par le désert et les peuplades arabes, qui parvint à unifier les tribus rivales contre les Turcs, avant que son rêve d’indépendance ne se délite.

Au-delà du très grand spectacle que réussit Lean et qui n’a pas pris une ride, des paysages arides de Jordanie et d’enjeux politiques clairement établis, c’est le portrait d’un homme qui fait tout le prix du film, encore aujourd’hui. Peter O’Toole – alors presque débutant – a quatre heures pour développer tous les aspects, même les moins ragoûtants, de son personnage. Charismatique et mégalomane, intelligent et malsain, humaniste mais capable d’atroces cruautés, on voit ce messie autoproclamé grimper au sommet de la gloire, avant qu’un événement ne vienne tout faire basculer. En effet, « El Aurens » comme l’appellent ses amis arabes, est capturé et violé (c’est bien sûr, suggéré, mais tout de même très explicite) par un général turc (José Ferrer). Le leader tombe alors de son piédestal et c’est, complètement déséquilibré, et mentalement instable, qu’il achève son épopée dans le carnage et l’échec. Le travail de l’acteur est réellement prodigieux, laissant filtrer toutes ses ambiguïtés, ses failles et sa folie de plus en plus dévastatrice. O’Toole qui domine le film de plusieurs têtes, est très bien entouré par Omar Sharif en prince loyal mais lucide, Claude Rains en politicien cynique, Arthur Kennedy en reporter yankee, Alec Guinness en roi et Anthony Quinn en ruffian hélas, affublé d’un faux nez aquilin absurde et inutile. Monument du cinéma anglais et du 7ème Art, plus largement, « LAWRENCE D’ARABIE » est et demeure un chef-d’œuvre, d’autant plus fascinant qu’il ne comporte pratiquement aucun protagoniste sympathique ! Enfin, une mention à la BO mythique de Maurice Jarre.

À noter : comme c’était une convention à l’époque, la distribution à l’exception de Sharif, ne compte que des non-Arabes très maquillés, pour tenir les rôles pourtant cruciaux des chefs de tribus et des soldats. Par ailleurs, on ne trouve pas la moindre femme dans la distribution !

PETER O’TOOLE
 

« LES CENTURIONS » (1966)

« LES CENTURIONS » de Mark Robson, inspiré du roman de Jean Lartéguy, est une production américaine sur la guerre d’Algérie tournée à Almeria. Des figurants espagnols jouant les Arabes, Anthony Quinn un paysan basque devenu colonel et le Juif new-yorkais George Segal incarnant un Algérien…

C’est une infernale bouillabaisse, une Tour de Babel à peu près aussi crédible que le sera « LES BÉRETS VERTS » de John Wayne, où tout le monde s’exprime en anglais, même les comédiens français entre eux. Un des très rares films dont on recommande la VF ! Le scénario tient la route dans un mood western, mais parvient à n’être pas trop manichéen dans sa manière de traiter les ennemis sans réellement choisir un camp. Quinn campe un personnage assez trouble, ambitieux, au comportement bestial (il ne supporte pas d’être appelé « animal »), manœuvré par son subordonné l’infâme Maurice Ronet et couchant avec la veuve d’un général (Michèle Morgan) pour obtenir des médailles. Alain Delon a le rôle le plus intéressant, celui d’un jeune officier intègre, écœuré par ce qu’il voit sur le terrain. Il se retrouve face à Ronet (mais ne le tue pas, cette fois-ci !) et à sa fiancée du « GUÉPARD » Claudia Cardinale. On reconnaît des visages familiers du western italien comme Aldo Sambrell en bras-droit de Segal ou Al Mulock en soudard français. Il y a même Burt Kwouk, le Cato de l’inspecteur Clouseau en officier vietnamien dans le prologue en Indochine. « LES CENTURIONS » a visiblement bénéficié de gros moyens financiers et logistiques, mais hélas, cela n’en fait pas un bon film pour autant. On s’ennuie ferme, les interminables déplacements de véhicules dans le désert, les affrontements à grand renfort d’explosifs auraient même tendance à endormir. S’il fallait conseiller un bon film sur le sujet, ce serait plutôt « LA BATAILLE D’ALGER ».

AL MULOCK, ALAIN DELON, CLAUDIA CARDINALE, MAURICE RONET ET ANTHONY QUINN
 

« ZORBA LE GREC » (1964)

Écrit et réalisé par Michael Cacoyannis d’après le chef-d’œuvre littéraire de Nikos Kazantzakis, « ZORBA LE GREC » est une co-production anglo-grecque qui offre à Anthony Quinn le rôle de sa vie.

C’est la rencontre d’un jeune Anglais (Alan Bates) inhibé et terrifié par la vie et d’un ouvrier grec exubérant et envahissant, qui vont tenter d’exploiter une mine dans les terres dont le jeune homme vient d’hériter. Malgré le noir & blanc, la photo de Walter Lassally capture merveilleusement les paysages arides de la Crète et le scénario trouve l’équilibre parfait entre la truculence et la tragédie la plus âpre. À l’image de la BO mythique de Mikis Theodorakis. Les deux personnages de femmes sont sublimes : la vieille prostituée mythomane et rongée par la maladie (Lila Kedrova) et la belle veuve harcelée par tous les hommes du village (Irène Papas). Le lynchage de la seconde, égorgée en pleine rue n’est dû qu’au désir qu’elle suscite malgré elle. Une séquence marquante, voire traumatisante. Les quatre comédiens sont au top de leur forme, mais c’est bien sûr Quinn qui explose l’écran dans ce rôle d’une richesse inouïe, de ruffian bigger than life qui dégorge son trop-plein de sentiments dans des danses démentielles. La personnalité singulière de l’acteur n’a jamais été aussi bien exploitée. Face à lui, jouant son exact opposé, Bates est également superbe en intellectuel pleutre et timide. Et que dire de Kedrova, dont la détresse est presque douloureuse à contempler et Papas impériale et sauvage ? « ZORBA LE GREC » parle beaucoup de la vie qu’il faut dévorer avant qu’il ne soit trop tard, d’amitié et de lâcheté. Zorba n’a pas que de bons côtés, il est parfois même odieux, mais c’est ce qui fait de lui un être humain à part entière. Un film puissant, bouleversant, plein de sève et de rage de vivre. Chef-d’œuvre !

ANTHONY QUINN, ALAN BATES, LILA KEDROVA ET IRÈNE PAPAS
 
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AUJOURD’HUI, IL AURAIT EU 110 ANS !

 

« ULYSSE » (1954)

« ULYSSE » de Mario Camerini est une grosse production franco-italienne tournée en Grèce et en Italie et compressant l’œuvre d’Homère en moins de deux heures, sans perdre de son élan épique.

La première bonne idée est d’avoir narré l’histoire du roi d’Ithaque en flash-back : amnésique au début, Ulysse de souvient peu à peu de son passé guerrier et de son odyssée héroïque pour rejoindre son royaume, dans une succession de retours en arrière. La seconde trouvaille est d’avoir confié le rôle à Kirk Douglas. Un Douglas de 38 ans, en pleine possession de ses moyens, mû par une énergie féroce et frénétique. L’acteur s’en donne à cœur-joie, parfois dans l’humour, parfois dans l’émotion (la séquence du chant des sirènes, les retrouvailles avec Pénélope) et il emporte le morceau avec brio. Le film en lui-même est assez fastueux, ne fait jamais péplum fauché et les scènes d’action sont très bien menées. Aux côtés de Douglas, Silvana Mangano tient un double rôle : Pénélope, mais aussi la sorcière Circé aux cheveux verts, qui envoûte Ulysse jusqu’à en faire un jouisseur sans volonté, trahissant ses amis. Elle est parfaite dans les deux emplois. Rossanà Podesta est charmante en princesse amoureuse, Daniel Ivernel est inattendu en loyal bras-droit d’Ulysse. Et Anthony Quinn est bêtement gaspillé dans un personnage secondaire de soupirant viril et fier-à-bras. Heureusement, lui et Kirk se rattraperont bientôt avec « LA VIE PASSIONNÉE DE VINCENT VAN GOGH » et « LE DERNIER TRAIN DE GUN HILL ». Une bonne surprise donc, que cette adaptation nerveuse et pleine de sève, intéressant digest du récit littéraire. Notons que, malgré la signature de pas moins de 7 scénaristes (parmi lesquels Ben Hecht et Irwin Shaw, excusez du peu !), le scénario commet une grosse bourde ou peut-être une ellipse beaucoup trop raide : nos vaillants héros parviennent à soûler le cyclope en lui servant du… jus de raisin à peine pressé et non fermenté ! Mais c’est une broutille. Le film vaut d’être vu et apprécié.

KIRK DOUGLAS, SILVANA MAGANO ET ANTHONY QUINN
 

« LA CHEVAUCHÉE DU RETOUR » (1957)

Produit par Robert Aldrich, réalisé par Allen H. Miner (et Oscar Rudolph non mentionné au générique), « LA CHEVAUCHÉE DU RETOUR » est un western à petit budget en noir & blanc, au scénario dépouillé et linéaire, centré sur deux personnages centraux fouillés bien au-delà des critères habituels du genre.

William Conrad, un modeste shérif-adjoint peu doué au revolver, traque un hors-la-loi en fuite (Anthony Quinn) réfugié au Mexique. L’arrestation est relativement aisée, mais la route du retour pour l’emmener devant un jury, s’avère être un véritable chemin de croix. Le scénario, enrichi de quelques rares péripéties (la fiancée pot-de-colle de Quinn, des Apaches tenaces, la petite rescapée d’un massacre dont il faut s’occuper), n’est au fond qu’un long face à face entre deux individus diamétralement opposés en tout : Quinn vaurien charismatique aussi attachant que létal et Conrad, lawman mal dans sa peau, complexé, pétri de doutes sur ses capacités et incapable de se faire aimer de qui que ce soit. Leur relation va évoluer, de tentatives d’évasion en corps-à-corps particulièrement brutaux, jusqu’au moment où la haine va faire place à des sentiments plus complexes. Grâce à la magnifique photo de Joe Biroc et malgré une BO envahissante de Frank de Vol, fréquents collaborateurs d’Aldrich, « LA CHEVAUCHÉE… » est une franche réussite, maintenant la tension de bout en bout et ne cédant jamais au manichéisme : oui, Conrad apparaît comme moins sympathique que Quinn, il malmène un enfant quand Quinn le cajole, mais à l’arrivée, on n’est plus très sûr. Bel accomplissement donc et le plus beau rôle de William Conrad au cinéma, lui qui se ferait connaître bien plus tard grâce à la série TV : « CANNON ». Et n’oublions pas le beau visage de Lita Milan et le numéro hilarant de Jorge Treviño en garde-frontière truculent. Excellent film !

À noter : la chanson qu’on entend à plusieurs moments du film et soulignant (inutilement) ce qu’on voit à l’écran, est chantée par l’acteur Eddie Albert qui tourna plusieurs fois pour Robert Aldrich, tout spécialement dans « ATTAQUE ».

ANTHONY QUINN, WILLIAM CONRAD ET LITA MILAN
 

« PASSEUR D’HOMMES » (1979)

« PASSEUR D’HOMMES » de J. Lee-Thompson fait partie de ses plus mauvais films (et on sait qu’il y a forte concurrence !), un des esthétiquement plus laids et des plus complaisants dans la violence.

Situé pendant la WW2 dans les Pyrénées, le scénario suit un vieux Basque (Anthony Quinn) chargé d’escorter jusqu’en Espagne, un chercheur (James Mason) et sa famille, pourchassés par un féroce nazi (Malcolm McDowell). Le scénario tient à peu près la distance, mais la réalisation de Thompson n’a jamais été aussi bâclée et démissionnaire et le montage est une catastrophe. Il est difficile pourtant de résister à une telle distribution et à ne pas prendre plaisir au numéro déjanté et over the top de McDowell en totale liberté, qui campe un sadique fou à lier : il faut l’avoir vu, déguisé en chef, hacher les doigts de Michel Lonsdale avec un couteau de cuisine, brûler vif le pauvre gitan Christopher Lee ou violer la pauvre Kay Lenz après lui avoir infligé la vision traumatisante de son slip kangourou à croix gammée. C’est du très grand n’importe quoi ! On l’entend même siffloter quelques notes de Beethoven, comme dans « ORANGE MÉCANIQUE ». Autour de lui, Quinn à 64 ans, n’a rien perdu de sa puissance physique en berger dur-à-cuire, Patricia Neal est émouvante en mère de famille qui se sacrifie pour sauver les siens, Marcel Bozzuffi apparaît brièvement en résistant héroïque. Mais malgré ces indéniables atouts, « PASSEUR D’HOMMES » est vraiment un ratage quasi complet, de la photo à la BO, culminant avec une des dernières séquences où McDowell, survivant à une avalanche, jaillit dans la cabane de Quinn, ensanglanté, Luger au point et menace tout le monde. On a envie de lui rappeler le vieil adage de Tuco : « Quand on doit tirer, on raconte pas sa vie ! ». À éviter soigneusement, tout ça…

ANTHONY QUINN, MALCOLM McDOWELL, CHRISTOPHER LEE ET MARCEL BOZZUFFI
 

« DON ANGELO EST MORT » (1973)

Produit dans la foulée du « PARRAIN » et réalisé par le vétéran Richard Fleischer, « DON ANGELO EST MORT » tente clairement de ramasser les miettes du chef-d’œuvre de Coppola sorti un an plus tôt, en adoptant une tout autre optique.

Il ne s’agit pas là d’une affaire de famille shakespearienne, mais plutôt de familles au pluriel. Des caïds cherchant à se partager le territoire d’un vieux parrain récemment décédé. Parmi eux, le plus respecté est Anthony Quinn, homme sage et conciliant. Mais il est entouré de la jeune garde des mafiosi et d’un traître qui va semer la zizanie et déclencher une guerre terrible entre les clans. Le scénario est d’une formidable fluidité, se suit pendant presque deux heures sans jamais décrocher, alors qu’il décrit des individus épouvantables, des tueurs sans honneur, des brutes sans cervelle jetés les uns contre les autres. Mais Fleischer a réuni un casting magnifique autour de Quinn dans un rôle moins démonstratif que d’habitude, plus vulnérable. Robert Forster en psychopathe incontrôlable et surtout Frederic Forrest en flingueur cérébral et sans états d’âme crèvent l’écran et s’accaparent tout l’intérêt. Les seconds rôles sont exceptionnels, on y retrouve d’ailleurs deux rescapés du « PARRAIN » : Al Lettieri et Abe Vigoda. Charles Cioffi et Jo Anne Meredith forment un couple d’intrigants avides, dignes des Macbeth et on reconnaît d’innombrables visages familiers du polar comme Joe Santos, Frank DeKova ou Victor Argo. « DON ANGELO EST MORT » manque de style, la photo n’est pas spécialement flatteuse et la BO de Jerry Goldsmith est trop mise en avant. Mais, inspirée d’un roman, l’histoire se tient parfaitement, les séquences s’enchaînent sans le moindre accroc grâce au métier de Fleischer.

ROBERT FORSTER, AL LETTIERI, FREDERIC FORREST ET ANTHONY QUINN
 

« VAQUERO ! » (1953)

« VAQUERO ! » est un petit western, filmé sans panache par John Farrow, dont la seule originalité provient des relations entre personnages, étonnamment « adultes » pour l’époque et pour le genre. Et aussi (surtout) parce qu’il offre à Anthony Quinn le rôle principal, même s’il figure en 4ème place au générique, dans une police de caractères plus petite que celle allouée aux trois stars en titre.

Robert Taylor, taiseux impassible, joue le bras-droit du tonitruant bandido Quinn. Les deux hommes ont été élevés ensemble et il existe entre eux une tension permanente dont on devine, peu à peu, qu’elle découle d’une ambiguïté foncière : individu fruste et cruel, Quinn est amoureux de Taylor ! C’est (presque clairement) établi dans le dialogue. Le problème est que le second ne partage pas ces sentiments très peu westerniens. Il tombe d’ailleurs amoureux de l’épouse (Ava Gardner) de son nouvel employeur, le rancher Howard Keel. Drôle de quatuor romantique, puisque la radieuse Ava n’a rien d’une oie blanche, qu’elle « allume » effrontément Taylor, sous le regard perplexe du curé local (Kurt Kasznar). Le dialogue est parfois heureux, le scénario n’est pas très rigoureux et il est déséquilibré par l’omniprésence de Quinn qui vampirise le film et engloutit goulûment ses partenaires moins performants. Avec sa crasse hirsute, ses rires imbéciles et ses regards homicides, Quinn fait un numéro qui mérite à lui seul qu’on voie « VAQUERO ! ». Taylor offre le minimum syndical, ne tentant même pas de rivaliser avec son envahissant partenaire. Ava Gardner est d’une beauté hypnotisante, comme toujours et compose un personnage complexe. Parmi les seconds couteaux, on reconnaît (furtivement) Jack Elam, jouant le nouveau lieutenant de Quinn, toujours prêt à trahir. Le sous-texte « crypto-gay » ajoute indéniablement de l’intérêt à ce western fauché. L’emploi « d’objet du désir » d’un hors-la-loi psychopathe sied parfaitement à Taylor puisqu’il reprendra pratiquement le même rôle dans « LE TRÉSOR DU PENDU » cinq ans plus tard, avec cette fois, Richard Widmark en soupirant rejeté.

ANTHONY QUINN, AVA GARDNER ET ROBERT TAYLOR
 

« NETTOYAGE PAR LE VIDE » (1954)

« NETTOYAGE PAR LE VIDE » (curieuse traduction du titre original : « LA LONGUE ATTENTE » !) de Victor Saville, est l’adaptation d’un roman hard boiled du spécialiste Mickey Spillane, s’appuyant sur une vieille ficelle du genre : l’amnésie du personnage central.

Ayant perdu la mémoire donc, à la suite d’un accident, Anthony Quinn enquête sur son passé et se retrouve dans la ville dont il est censé avoir dévalisé la banque avant de tuer un procureur. Harcelé par la police, par des gangsters, tiraillé entre plusieurs femmes, notre héros va devoir vendre cher sa peau. Heureusement, c’est un ancien G.I. et il sait se battre et tirer au revolver. Le scénario est un brin confus (sa fiancée s’est fait refaire le visage ce qui complique les recherches de Quinn), la révélation de l’identité du vrai commanditaire ne surprendra vraiment que les néophytes. Le film est assez banal dans l’ensemble, hormis deux éléments qui retiennent l’attention : Quinn incarne un « héros » extrêmement antipathique, un macho brutal et égoïste, un cogneur qui se fraie un chemin à coups de poings. Il est quasiment impossible de ressentir la moindre empathie pour lui. Et puis il y a cette incroyable séquence où le gangster (Gene Evans) torture Quinn et la belle Peggie Castle dans un hangar désaffecté : le décor est immense, totalement vide, éclairé comme dans un film expressionniste aux cadrages biscornus et cauchemardesques. Le directeur photo Franz Planer est sûrement pour beaucoup dans ces étonnants partis-pris. Outre les acteurs déjà cités, on reconnaît James Millican en flic, Charles Coburn en banquier douteux et quelques autres visages familiers. « THE LONG WAIT », œuvre oubliée depuis longtemps, mérite d’être redécouverte en tant que digne représentante du film noir.

ANTHONY QUINN, GENE EVANS ET PEGGIE CASTLE