Écrit et réalisé par Woody Allen qui signe là son 54ème long-métrage, « COUP DE CHANCE » est une production française tournée à Paris, dans la langue de Molière. Du moins un Molière traduit de l’anglais et qui se serait quelque peu « lost in translation ».
De quoi s’agit-il ? D’une vague histoire d’adultère dans un milieu de nantis snobs et creux, qui vire au drame policier comme Allen l’a souvent fait par le passé, qu’il s’agisse de « CRIMES ET DÉLITS » ou « LE RÊVE DE CASSANDRE ». Peut-il encore apporter du sang neuf à son univers obsessionnel à 87 ans, le renouveler un tant soit peu ? La relocalisation française modifie considérablement la donne, c’est certain, mais pas forcément pour le mieux. Les comédiens, tous aussi impavides et inintelligibles les uns que les autres, débitent un dialogue d’une incroyable platitude, l’humour est totalement absent, malgré les efforts de Valérie Lemercier en belle-mère fouineuse. Mais que les personnages sont stupides ! Que leurs préoccupations semblent déconnectées du monde d’aujourd’hui… Nul n’a envie de « dézinguer » un film de Woody Allen, dont la ténacité force le respect, aussi oubliera-t-on ce faux-pas incompréhensible qui réduit Paris au seul 8ème arrondissement et les rôles secondaires à de grossières caricatures (on pense à l’homme de main au physique de gorille). Un point positif, au moins ? La photo, encore une fois magnifique, de Vittorio Storaro, 84 ans, qui joue de la juxtaposition des couleurs froides et chaudes avec une maestria aussi discrète qu’impressionnante. On notera que les protagonistes (Lou de Laâge et Niels Schneider) mentionnent fréquemment leur jeunesse passée à New York, comme si l’auteur cherchait à se raccrocher par n’importe quel moyen à un monde qu’il connaît bien. Ici, tel un poisson hors de l’eau, il n’est plus que l’ombre de lui-même.