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Archives Mensuelles: mars 2023

« THE WARD : L’HÔPITAL DE LA TERREUR » (2010)

« THE WARD : L’HÔPITAL DE LA TERREUR » est le dernier long-métrage en date réalisé par John Carpenter et, hélas, il ressemble à s’y méprendre à ces médiocres téléfilms qu’il tourna pour la TV ces dernières années.

Le scénario est d’une indigence totale et ose calquer ouvertement le dénouement de « IDENTITY » de James Mangold (2003) : une jeune femme est internée dans un hôpital psychiatrique où elle est agressée par le fantôme d’une patiente qui s’en prend aux occupantes du pavillon. Bien sûr, ce n’est pas aussi simple et le scénario s’efforce de réserver des surprises çà et là, mais rien ne tient debout, les effets sont éculés, les dialogues d’une misère absolue et côté distribution, c’est également la Bérézina. Amber Heard n’a qu’une expression (en colère, les dents serrées) et se montre aussi peu convaincante que sa teinture blonde. Mamie Gummer – fille et sosie de Meryl Streep – n’est pas plus gâtée et Danielle Panabaker, généralement bonne comédienne, ne parvient pas à maintenir la tête hors de l’eau. Seul Jared Harris fait proprement son travail en directeur de l’HP inquiétant et ambigu. On peine vraiment à croire que « THE WARD » soit signé de l’enfant-prodige des seventies, tant il fait penser aux pathétiques fins de carrière de Dario Argento ou Brian De Palma. Carpenter a perdu sa « touch » bâcle une réalisation basique, aux effets de trouille gratuits et répétitifs (l’affreux zombie qui surgit subitement derrière tous les personnages). On peine vraiment à y trouver une quelconque qualité ou même un vestige du style du réalisateur qui inciterait à l’indulgence ou à la nostalgie. C’est une série B sans âme, confite de clichés, dont la chute en forme de twist sent vraiment le réchauffé.

AMBER HEARD, JARED HARRIS ET MAMIE GUMMER
 
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AUJOURD’HUI, IL A 80 ANS…

 

« TOP SECRET !  » (1984)

Produit quatre ans après « Y A-T-IL UN PILOTE DANS L’AVION ? » qui a installé leur humour délirant et iconoclaste, Jim Abrahams, David & Jerry Zucker enfoncent le clou sans la moindre retenue avec « TOP SECRET ! ».

C’est un pastiche des nanars d’Elvis des sixties, situé dans une Allemagne de l’est qui ressemble à s’y méprendre à celle de la WW2 et où les résistants sont… français. Le héros est un rocker américain (Val Kilmer) qui se retrouve embarqué dans l’évasion d’un savant (Michael Gough). Inutile de s’attarder sur l’histoire : il n’y en a pas. Ou si peu ! C’est une bouillie de références historiques, cinéphiliques, de répliques à double-sens, de gags visuels (la statue de pigeon où des hommes volants viennent faire leurs besoins !), d’humour graveleux (la fausse vache assaillie par un taureau) et de séquences musicales tellement bien assurées par Kilmer, qu’elles sont toujours les bienvenues. Cela demeure d’ailleurs un des films où l’acteur est le plus sympathique et attachant, dans ce rôle de chanteur intrépide qu’il joue entre premier et second degré avec maestria. Autour de lui, des seconds rôles hilarants : Omar Sharif en espion porte-poisse mais stoïque, Peter Cushing en libraire suédois dans une scène entièrement tournée… à l’envers, Lucy Gutteridge en jeune première fougueuse parfaitement dans le ton. Le pari du « un gag par plan » est tenu, certains tombent à plat, mais pas autant qu’on aurait pu le craindre, vu la cadence. « TOP SECRET ! » est vraiment un grand plaisir, surtout pour les amateurs de non-sens, de clins d’œil salaces et de liberté totale. Hormis un look un peu vieillot, le film se regarde avec le même bonheur qu’à l’époque de sa sortie.

VAL KILMER, OMAR SHARIF, LUCY GUTTERIDGE ET BILLY J. MITCHELL
 

« THE BEST OF ENEMIES » (2019)

Écrit et réalisé par Robin Bissell, « THE BEST OF ENEMIES » est basé sur des événements réels survenus en Caroline du Nord en 1971 et mettant la lumière sur un état régi par le Ku-Klux-Klan à l’heure de l’intégration.

À la suite d’un incendie, une école réservée aux Noirs est fermée. Les élèves doivent être recasés dans les écoles « blanches ». La population s’insurge évidemment, et s’organise une « charrette », sorte de long débat démocratique destiné à solutionner le problème. Le face à face se focalise sur Taraji P. Henson, militante infatigable pour les droits des « Afro-Américains » et Sam Rockwell président local du Klan, qui commencent par se haïr avant d’apprendre à se connaître et… à s’apprécier. Sur la forme, le film vaut à peine mieux qu’un téléfilm, on est loin de classiques comme « DANS LA CHALEUR DE LA NUIT » ou « MISSISSIPPI BURNING » qui délivraient leur message tout en demeurant de véritables œuvres de cinéma. Ici, il faut souvent de contenter de longues séquences de dialogue, de débats interminables et d’une image terne et monotone. Heureusement, les deux têtes d’affiches sont excellentes : Rockwell en raciste dans l’âme qui, contre toute attente, va évoluer. Et surtout Henson, vieillie et grossie par un maquillage très convaincant, étonnante en « grande gueule » généreuse, constamment révoltée. Ils ont de jolis, mais trop rares, moments ensemble. Autour d’eux, des seconds rôles fiables comme Anne Heche en épouse moins bornée que son mari, Bruce McGill odieux à souhait en grosse huile du KKK et Wes Bentley inquiétant en âme damnée du Klan. On suit « THE BEST OF ENEMIES » avec un intérêt historique, sans jamais se passionner vraiment. Sans doute aurait-il fallu s’éloigner un peu de la réalité et dramatiser davantage, car on reste extérieur et on s’ennuie poliment à l’exception de quelques séquences.

TARAJI P. HENSON, SAM ROCKWELL ET ANNE HECHE
 

« HUGO CABRET » (2011)

« HUGO CABRET », le genre de film qu’on a du mal à associer à Martin Scorsese. Cette rêverie poétique autour de l’œuvre de Georges Méliès aurait plutôt été du ressort de Terry Gilliam ou Tim Burton. Mais l’amour immodéré de « Marty » pour le cinéma, ses balbutiements, sa préservation, rendent après-coup le projet logique.

Situé en 1931, gare de Montparnasse, c’est l’histoire d’un petit orphelin (Asa Butterfield) qui fait la connaissance d’un vieux marchand de jouets irascible (Ben Kingsley) qui s’avérera être le grand Méliès, pionnier du 7ème Art, que tout le monde croit mort et dont toutes les œuvres ont été détruites. Construit comme une fable émerveillée et résolument optimiste, le film pèche un peu par sa facture artificielle, ses CGI en pagaille et ses fonds verts qui le dévitalisent. Mais l’ambiance recréée ne manque pas de charme, c’est très mouvementé, malgré – à plus de deux heures – d’inévitables longueurs et les comédiens sont sympathiques. Le petit Butterfield est un parfait héros de mélodrame, Chloë Grace Moretz est simple et charmante. Kingsley est un Méliès crédible mais guère fascinant, Helen McCrory est excellente dans le rôle de son épouse et muse. Christopher Lee, à contremploi, est parfait en bibliothécaire chaleureux et humain. Seul Sacha Baron Cohen, à qui le réalisateur, laisse une place démesurée, semble trop présent et sans grand intérêt en flic de la gare, grand blessé de guerre. Il y a de la poésie dans « HUGO CABRET », un réel amour du cinéma, particulièrement sensible dans la reconstitution des tournages en studio de Méliès (les meilleurs moments du film et de loin), mais le scénario se répète, piétine, se complaît parfois, laissant à l’arrivée une sensation de « tout ça pour ça ».

CHLOË GRACE MORETZ, ASA BUTTERFIELD ET CHRISTOPHER LEE
 

HAPPY BIRTHDAY, JULIA !

JULIA STILES, BONNE COMÉDIENNE À LA CARRIÈRE TROP DISCRÈTE, VUE DANS LA FRANCHISE DES JASON BOURNE
 
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Publié par le 28 mars 2023 dans ANNIVERSAIRES

 

« MODERN LOVE » : saison 1 (2019)

Inspirée d’une série de nouvelles publiée dans le New York Times, « MODERN LOVE » est une collection de téléfilms de 8×35 minutes, centrée sur les relations humaines et particulièrement amoureuses, dans le New York du 21ème siècle.

Les trois premiers épisodes sont époustouflants d’émotion et de justesse, flirtant avec le meilleur de Woody Allen ou Paul Mazursky. « WHEN THE DOORMAN IS YOUR MAIN MAN » brode autour de l’étrange et tendre relation entre une jeune femme solitaire et enceinte d’un homme qu’elle n’aime pas (Cristin Milioti) et le portier exilé – et ex-sniper – de son immeuble. Un petit bijou d’humour qui aurait mérité un plus long développement. « WHEN CUPID IS A PRYING JOURNALIST » montre un jeune entrepreneur (Dev Patel), jamais remis d’une rupture, interviewé par une journaliste (Catherine Keener) qui lui raconte sa vie et le remet sur les rails du bonheur. Magnifique rôle pour cette actrice si souvent sous-employée et une belle apparition d’Andy Garcia jouant son amour de jeunesse. « TAKE ME AS I AM, WHOEVER I AM » vaut pour la belle prestation d’Anne Hathaway en jeune femme bipolaire dont la vie ressemble à un musical quand il ne sombre pas subitement dans les tréfonds de la dépression. Les autres épisodes sont très bien mais plus inégaux, les personnages moins touchants peut-être, hormis le dernier : « THE RACE GROWS SWEETER NEAR ITS FINAL LAP » où la grande Jane Alexander donne le meilleur d’elle-même. À noter que dans cet épisode, tous les protagonistes des épisodes précédents se croisent à un moment donné, tissant une sorte de toile du quotidien, comme un hommage au « SHORT CUTS » de Robert Altman. Une jolie série, loin des clichés et du mélo télévisé. À savourer…

LAURENTIU POSSA, CRISTIN MILIOTI, CATHERINE KEENER, ANDY GARCIA ET ANNE HATHAWAY
 

« MARAUDERS » (2016)

« MARAUDERS » de Steven C. Miller est un petit polar de série B, influencé par « HEAT » et « SICARIO », confrontant à Cincinnati, un agent du FBI (Chris Meloni) à un gang de braqueurs particulièrement violents et à un banquier véreux (Bruce Willis).

Le scénario, qui démarre de façon assez ambitieuse, s’enlise trop rapidement dans une avalanche de noms propres, de références à des situations qu’on ne verra jamais et d’étranges coïncidences (tout le monde ou presque est en deuil ou en passe de l’être). Le film est froid, monocorde, manque clairement de nerf, même s’il est honnêtement réalisé et photographié. Le seul point vraiment fort réside dans l’interprétation : le toujours solide et tendu à craquer Meloni qui tient sans problème le film sur les épaules, Jonathon Schaech excellent en ripou émacié dont l’épouse meurt d’un cancer, Adrian Grenier très bien dans un personnage ambigu. On ne peut pas dire que Dave Bautista, aussi subtil que d’habitude, fasse des étincelles, mais ce n’est pas un scoop. Quant à Willis, il ne fait que passer, l’air absent, la voix à peine audible, dans un rôle pas fait pour lui, une sorte de « caméo » désincarné dont le film aurait largement pu se passer. « MARAUDERS » n’est pas tout à fait un vulgaire DTV torché à la va-vite. On sent une volonté de faire du cinéma, de s’inscrire dans une tradition à la Michael Mann, mais l’image ne suffit pas. Ce genre de réussite nécessite un scénario à la hauteur, ce qui est loin d’être le cas ici. À qui recommander « MARAUDERS », alors ? Au fan de Meloni curieux de le voir en vedette dans un long-métrage et pour l’épilogue mexicain, qui n’est pas sans évoquer Sam Peckinpah dans sa manière de gérer la violence.

CHRIS MELONI, BRUCE WILLIS ET ADRIAN GRENIER
 

HAPPY BIRTHDAY, MICHAEL !

MICHAEL IMPERIOLI, SECOND RÔLE DE 100 FILMS ET TÉLÉFILMS, MÉMORABLE DANS LA SÉRIE : « LES SOPRANOS » EN NEVEU AMBITIEUX
 
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Publié par le 26 mars 2023 dans ANNIVERSAIRES

 

« ALL IS TRUE » (2018)

« ALL IS TRUE » fait partie des nombreux films réalisés par Kenneth Branagh, tournant autour de l’œuvre ou du personnage de William Shakespeare. Ici, rendu méconnaissable par le maquillage (faux nez, faux crâne, postiches), l’acteur-réalisateur incarne le « barde » à la fin de sa vie.

En 1613, le théâtre du Globe de Londres, créé par le dramaturge est complètement détruit par un incendie. Shakespeare décide d’arrêter d’écrire et de rentrer chez lui, retrouver sa famille après des années d’absence. Il a du mal à oublier son fils mort à 10 ans, en qui il voyait un successeur. Sa femme (Judi Dench) et ses filles ont quelques reproches à formuler, mais « Will » va reconquérir sa place. Le scénario, bien construit, n’a rien d’anecdotique, puisqu’il parle d’usurpation, de la place des femmes dans la société puritaine d’alors, de mensonge. Shakespeare va mener une véritable enquête policière pour découvrir comment son fils est réellement mort et cela bouleversera sa vie. Un des points forts du film est le travail sur l’image, qui rejoint – via des CGI indécelables – l’art des peintres du 17ème. De nombreuses séquences frisent le noir complet, mais l’intérêt se maintient grâce à l’implication des comédiens et l’émotion qui se dégage de certains face à face. Branagh recrée sobrement, avec finesse, cette figure historique en fin de parcours. Malgré son grand âge, Dench est superbe en femme digne et entêtée. On apprécie l’apparition d’Ian McKellen en vieux noble décati. « ALL IS TRUE » vaut le coup d’œil pour sa recherche historique, pour des moments magiques, comme celui où Dench, qui vient enfin d’apprendre à écrire, signe son contrat de mariage avec trente ans de retard ou pour les rencontres entre Shakespeare et le fantôme de son fils dans des paysages embrumés.

JUDI DENCH, KENNETH BRANAGH ET IAN McKELLEN