JOHNNY CRAWFORD (1946-2021), EX-ENFANT ACTEUR MÉMORABLE EN FISTON DE CHUCK CONNORS DANS LA SÉRIE TV « L’HOMME À LA CARABINE »
Archives Mensuelles: avril 2021
« LA GORGE DU DIABLE » (2003)
STEPHEN DORFF ET KRISTEN STEWART
La première bonne surprise de « LA GORGE DU DIABLE » de l’Anglais Mike Figgis (qui a également signé la BO) est qu’il démarre comme un film de maison hantée classique du genre « AMITYVILLE, LA MAISON DU DIABLE », avec sa famille new-yorkaise s’installant dans une maison « maudite » en province, mais bifurque pour devenir un suspense évoquant plutôt « LES NERFS À VIF ».
Bien que n’évitant pas toujours les clichés, le scénario est bien conçu, intelligemment développé et anime des personnages tous crédibles dans leur psychologie et leurs réactions, confrontés à la peur. Dennis Quaid est particulièrement excellent en brave type constamment menacé dans sa virilité (que ce soit par la réussite professionnelle de sa femme, ou les défis que lui lance le psychopathe local), Sharon Stone est très bien en épouse légèrement ambiguë dans son comportement. Ils font face à l’habituellement médiocre Stephen Dorff, ici irréprochable en voyou hanté par ses péchés, qui se métamorphose en monstre échappé d’un cauchemar. Tous les seconds rôles sont parfaits et intéressants : Juliette Lewis en barmaid idiote, Dana Eskelson en femme-shérif, Christopher Plummer en père dénaturé agonisant dans un lit d’hôpital. On reconnaît une Kristen Stewart de 13 ans et déjà à l’aise devant une caméra. Le crescendo de suspense est mené avec brio, les moments-choc sont parfaitement gérés et distillés et on pardonnera quelques lieux-communs du genre (la mort de l’animal de compagnie) et un dénouement un brin grand-guignolesque. Ces petites réticences mises de côté, « LA GORGE DU DIABLE » (titre français bizarre, mais pour une fois bien imaginé) offre presque deux heures tendues et parfois dérangeantes, et le plaisir de revoir des vedettes des années 90 encore au top de leur carrière.
DENNIS QUAID, CHRISTOPHER PLUMMER ET SHARON STONE
HAPPY BIRTHDAY, MICHELLE !
« LE GUIGNOLO » (1980)
JEAN-PAUL BELMONDO
Écrit par l’estimable Jean Herman, dialogué comme d’habitude par Michel Audiard et réalisé par Georges Lautner, « LE GUIGNOLO » est une co-production franco-italienne tournée pour les trois-quarts à Venise.
C’est un énième véhicule pour Jean-Paul Belmondo, qui joue un escroc Fregoli pris dans une affaire d’espionnage autour d’un microfilm planqué dans un briquet. Que dire ? C’est rigoureusement n’importe quoi. On passe de séquences de cascades inutiles (Bébel entrant en vaporetto dans un palace, Bébel suspendu à un hélico, etc.) à des moments de pur vaudeville frisant le grotesque pas très drôle. Belmondo est en grande forme physique, mais ses accès de cabotinage sont parfois un brin irritants. Audiard quant à lui, ne s’est pas donné beaucoup de mal (« Allume », dit notre héros à une jeune femme à la peau foncée dans son lit. « Je ne te vois pas dans le noir »), le scénario part en tous sens, présentant des personnages qui disparaissent complètement après quelques scènes et basant l’humour de répétition sur des coups de pied dans l’entre-jambe. On comprend bien que tout ça n’est pas à prendre au sérieux, mais la mayonnaise ne prend pas et on a une navrante sensation de redite, ne serait-ce que par la présence des copains de Belmondo si souvent à ses côtés : Pierre Vernier (16 films), Michel Beaune (13 films), Georges Géret et Charles Gérard (6 films chacun). C’est une réunion de famille où tout le monde s’est visiblement bien marré, sans que ça ne soit vraiment contagieux. « LE GUIGNOLO » fait partie de la mythologie de Belmondo dont la silhouette avec son haut-de-forme et son caleçon à pois sont devenus anthologiques. Si on aime aveuglément le sympathique acteur, on s’amusera probablement de temps en temps, sinon il faut passer prestement son chemin.
JEAN-PAUL BELMONDO, MIRELLA D’ANGELO ET GEORGES GÉRET
« LE NOM DE LA ROSE » (1986)
Inspiré du roman d’Umberto Eco, « LE NOM DE LA ROSE » de Jean-Jacques Annaud est une co-production européenne, qui marque le retour aux affaires de Sean Connery après dix années de traversée du désert, d’échecs commerciaux ou artistiques.
Dans l’enceinte d’un monastère en Italie, au 14ᵉ siècle, l’Écossais joue un moine instruit et intuitif, qui va enquêter sur une série de meurtres décimant les occupants de l’endroit. Flanqué d’un jeune apprenti (Christian Slater), il va devoir louvoyer entre les maîtres des lieux (Michel Lonsdale, Feodor Chaliapin, Jr.) et l’Inquisition (F. Murray Abraham) et son cortège de violences. C’est original, érudit, le message sur la puissance du rire humain, si menaçant pour l’Église a des résonnances incroyablement contemporaines et prémonitoires de notre funeste 21ᵉ siècle. Décors et costumes sont d’une grande minutie tout comme le choix de « trognes », de gueules cassées pour incarner les religieux. Mais quelque chose empêche le film de décoller et d’être le classique qu’il aurait dû devenir. Son faux-rythme, peut-être, il semble trop court ou trop long. Et puis le parti-pris de photo du grand Tonino Delli Colli, dont l’uniformité ocre-jaune finit par lasser l’œil et rendre le spectacle monotone et quelque peu léthargique. Heureusement, Connery est magnifique de retenue et d’intelligence dans ce rôle de limier en soutane nommé « Guillaume de Baskerville » (ce n’est pas la seule allusion à l’auteur de Sherlock Holmes), prêt à tout sacrifier pour sauver des livres précieux. Il est égal à lui-même sans l’être tout à fait. Autour de lui se distinguent Chaliapin extraordinaire en vieux moine aveugle et intolérant, William Hickey en Franciscain doucereux et un peu gâteux et surtout Ron Perlman, extraordinaire en bossu simiesque s’exprimant en plusieurs langues dans la même phrase, qui pique la vedette à tout ce beau monde. À voir donc, ce « NOM DE LA ROSE » légèrement surestimé, mais plaisant à suivre.
À noter : un remake sera tourné en 2019 sous forme de mini-série TV avec John Turturro dans le rôle de Baskerville.
HAPPY BIRTHDAY, PAUL !
« LE PROFESSIONNEL » (1981)
« LE PROFESSIONNEL » de Georges Lautner fut un des films les plus populaires de Jean-Paul Belmondo, un mélange de film d’action, d’espionnage, de vengeance avec un (léger) zeste de comédie grâce aux répliques de Michel Audiard. Il a étonnamment pris une réelle patine avec les années, peut-être parce que « Bébel » a fait bien pire par la suite ? Mais pas seulement.
Tueur/barbouze envoyé en Afrique flinguer un dictateur, Belmondo est vendu par sa hiérarchie et passe deux années de torture au bagne. Il s’évade, revient à Paris pour se venger de ses anciens collègues et achever son contrat, vu que sa cible est en visite en France. Scénario simple et efficace, à la construction classique mais imparable, où la star semble plus « tenue » que d’habitude et ne s’octroie que de rares dérapages dans le cabotinage (le numéro de clochard où il imite – une fois encore – Michel Simon). Taiseux, ultra-bronzé, l’air un peu triste, Belmondo est l’attraction n°1 du « PROFESSIONNEL » avec bien sûr, la célébrissime BO d’Ennio Morricone. Il est fort bien entouré par des seconds rôles en forme : Robert Hossein et Bernard-Pierre Donnadieu en flics violents et méchants comme des teignes, Michel Beaune en traître de service, Elisabeth Margoni en épouse sexy. Certaines séquences sont d’un goût douteux (la fliquette lesbienne et sadique), des répliques franchement racistes ont du mal à passer aujourd’hui (ça n’avait pas gêné la critique à l’époque !), mais Audiard lâche son fiel sur les institutions, les politiciens, la police, qu’il décrit comme des vermines immondes dans leur marigot malodorant. C’est plutôt réjouissant, et on fermera les yeux sur les facilités d’un scénario schématisé à l’extrême et sur un final – certes surprenant – tellement dramatisé qu’il en devient un peu ridicule. Mais Ennio est là et aide à digérer le plat ! À voir avec nostalgie et indulgence et pour un Belmondo qui avait trouvé l’équilibre presque idéal de son style de jeu.
HAPPY BIRTHDAY, SIOBHAN !
« NIGHTMARE ISLAND » (2020)
« NIGHTMARE ISLAND » (oui, c’est le titre français de « FANTASY ISLAND » !) de Jeff Wadlow est l’adaptation en long-métrage de « L’ÎLE FANTASTIQUE », cette vieille série TV des seventies où, dans chaque épisode, un groupe d’invités débarque sur une île pour assouvir tous ses fantasmes.
La bonne idée est d’avoir transformé ces histoires gentillettes en film d’horreur. C’est hélas, à peu près tout ce qu’il y a à attendre du film. Cela démarre plutôt bien, le scénario est intrigant, les décors sont luxueux, mais l’indigence aveuglante du casting fait rapidement grincer des dents. Une bande de bellâtres et de bimbos lâchés en roue-libre dans des rôles sans aucune épaisseur. Et les histoires parallèles finissent par se recouper jusqu’à devenir complètement absconses lors du dénouement. Le généralement fiable Michael Peña est certes latino, comme le fut Ricardo Montalban, mais il n’en possède ni la prestance, ni l’humour. Son « Mr Roarke » est dépourvu de mystère ou de second degré. Parmi les invités VIP, se détache seulement Maggie Q au beau visage grave, les autres sont catastrophiques. On aperçoit heureusement des vétérans de la série B comme Michael Rooker en détective prisonnier de l’île et le toujours amusant Kim Coates en mercenaire halluciné. « NIGHTMARE ISLAND » (puisqu’il faut bien le nommer ainsi) peut se laisser regarder avec curiosité pendant sa première moitié, mais le scénario s’essouffle beaucoup trop vite, finit par s’emballer comme s’il avait été trop retravaillé par de trop nombreuses mains, et laisse tout le monde sur le carreau à la fin. À noter que lors de l’ultime séquence, Roarke finit par trouver son « Tattoo » (joué par le nain Hervé Villechaize dans la série) en la personne de Jimmy O. Yang, jeune Japonais gay de modeste stature. Prêts pour une nouvelle série ?