Longtemps moqué comme étant un des pires véhicules jamais tournés par Alain Delon et une des rencontres de stars au sommet les plus ratées, « LE CHOC » de Robin Davis a pris une certaine patine avec le temps et s’avère plutôt agréable, du moins dans sa première moitié.
Delon, sorte de samouraï décontracté aimant le luxe, veut se retirer de ses occupations de tueur à gages. Son boss (François Perrot) ne l’entend pas de cette oreille et tente de le faire supprimer. Vu et revu mille fois, certes, mais il règne dans ce polar coupé de toute réalité, une humeur goguenarde accentuée par la BO entêtante de Philippe Sarde et on profite d’un dialogue spirituel, dit par d’excellents seconds rôles. bien sûr, Catherine Deneuve en éleveuse de dindons mariée à un Philippe Léotard complètement hagard, n’est pas crédible une seconde, au même titre que sa love story improbable avec Delon. Bien sûr, les comédiens n’ont pas tous l’air de faire le même film. Quant aux rebondissements à répétition de la fin, jusqu’à la happy end en hélico, ils sont souvent ridicules. Mais, la nostalgie aidant, on suit jusqu’au bout cette aventure adaptée très librement d’un roman de Jean-Patrick Manchette. À 47 ans, Delon, dans une forme royale, bien photographié par Pierre-William Glenn a fière allure et prend visiblement plaisir à manier les armes. Son jeu semble plus relax et détaché que d’habitude et c’est un changement bienvenu. Stéphane Audran est excellente en ex-épouse farfelue, Perrot génial en mafieux boiteux et affable, Étienne Chicot, Jean-Louis Richard et surtout Léotard, semblent échappés d’un autre cinéma et sont en porte-à-faux. On reconnaît brièvement la belle Alexandra Stewart dans une figuration muette au début du film. « LE CHOC » ne sera jamais un bon film, c’est sûr, mais il peut aujourd’hui susciter la curiosité et une certaine indulgence.
À noter : crédité comme scénariste, Alain Delon l’est également comme coréalisateur sur la fiche du film sur IMDB.