RSS

Archives de Catégorie: LES FILMS DE BURT REYNOLDS

« L’ÉQUIPÉE DU CANNONBALL » (1981)

Réalisé par le régleur de cascades Hal Needham, « L’ÉQUIPÉE DU CANNONBALL » est un film qu’on doit voir pour le croire. C’est à peine écrit (une course de voitures illégale à travers les U.S.A.), tourné comme un film d’amateur Super-8 et interprété par une bande de vieux potes en roue-libre, visiblement heureux de se retrouver.

Bien sûr, voir au même générique et parfois dans un même plan, des icônes des années 60 et 70 comme Burt Reynolds, Farrah Fawcett, Roger Moore (en mytho qui se prend pour… Roger Moore), Dean Martin, Sammy Davis, Jr., Jackie Chan et tant d’autres, cela peut s’avérer irrésistible pour le fan nostalgique. Mais c’est un piège à gogos ! Le scénario est une succession décousue de mini-sketches à l’humour éléphantesque, le gros Dom DeLuise s’accapare les trois-quarts du film dans un rôle comique sans garde-fou, et Reynolds demeure en retrait comme un spectateur hilare. C’est excessivement ennuyeux, sans raison d’être, mais on peut (éventuellement) sourire aux apparitions de Jack Elam en médecin chnouffé, à la séquence de Moore avec sa mère, au décolleté d’Adrienne Barbeau. Mais « Dino », cramoisi et bouffi d’alcool et Davis absolument pas dirigé, font peine à voir et Valerie Perrine n’apparaît que le temps d’un caméo en flic de la route. Si on peut, un jour de très grande clémence, recommander « L’ÉQUIPÉE DU CANNONBALL », ce sera pour son générique-fin, composé de prises ratées à cause de l’hilarité des comédiens. Il faut voir Reynolds balancer des (vraies) baffes à DeLuise pour calmer ses fous-rires et l’équipe tout entière morte de rire devant le même DeLuise déguisé en super-héros, cela ferait presque pardonner les atroces 90 minutes qui ont précédé. Presque…

ROGER MOORE, DEAN MARTIN, SAMMY DAVIS, JR., BURT REYNOLDS, DOM DeLUISE ET JACK ELAM
 

« LE LION SORT SES GRIFFES » (1980)

« LE LION SORT SES GRIFFES » est signé Don Siegel est c’est bien le seul étonnement que peut provoquer ce film flasque, inerte et hors du temps. Le réalisateur américain a été aidé, anonymement, par Peter H. Hunt et Robert Ellis Miller, ce qui expliquerait pourquoi cela ressemble à tout sauf… à un film de Don Siegel.

Tourné en Angleterre et en Hollande, « ROUGH CUT » (oublions le ridicule titre français), est l’histoire archi-usée d’un « hold-up du siècle » organisé par un voleur de diamants (Burt Reynolds), sa maîtresse (Lesley-Anne Down) manipulée par un vieux flic de Scotland Yard (David Niven). Il est très rare de voir un film de moins de deux heures dont on aimerait couper la moitié ! C’est d’une mollesse et d’un ennui incommensurables, le ton se voudrait badin et l’humour pince-sans-rire, mais cela ressemble à l’arrivée à un mauvais Blake Edwards ou Stanley Donen sans une once de grâce. Seul le twist final vaut éventuellement un rapide coup d’œil. Reynolds cherche visiblement à modifier son image redneck en jouant un filou suave et ironique, un personnage qui aurait parfaitement convenu à Roger Moore. Le pauvre Burt est totalement hors de son élément et son charisme réduit à zéro. David Niven à 70 ans et qui fait même plus âgé, paraît fatigué et se caricature lui-même. Heureusement, on peut admirer la plastique de rêve de Miss Down, qui n’a pas grand-chose à faire d’autre que se montrer langoureuse et folle d’amour pour le cher Burt. Parmi les seconds rôles, on retrouve toujours avec plaisir le grimaçant Patrick Magee qui s’en donne à cœur-joie dans un rôle d’ex-nazi et as de l’aviation. Les deux derniers films de la belle filmo de Siegel furent des désastres sans rémission. Celui-ci est un cas d’école, puisqu’on en vient à se demander pourquoi il a été produit, comment quelqu’un comme Burt Reynolds, alors au faîte de sa gloire, a pu signer son contrat. Pour le plaisir d’imiter Cary Grant ? C’est bien possible, après tout. À fuir.

LESLEY-ANNE DOWN, DAVID NIVEN ET BURT REYNOLDS
 

« HAUT LES FLINGUES ! » (1984)

« HAUT LES FLINGUES ! » (encore bravo pour le titre français !) est un des films les plus ignorés et oubliés de la carrière de Clint Eastwood. Et pourtant, ce devait être originellement réalisé par son scénariste Blake Edwards et le face à face entre Eastwood et Burt Reynolds était censé provoquer des étincelles au box-office.

Hélas, Edwards (qui signe ici sous pseudonyme) fut remplacé par l’acteur Richard Benjamin et la rencontre entre les deux stars arrivait beaucoup trop tard dans leurs carrières. L’histoire se situe pendant la prohibition et confronte deux anciens co-équipiers : le « privé » Reynolds et le flic Eastwood à présent ennemis jurés. L’enjeu ? Une valise pleine de documents compromettants pour divers gangsters. Et… c’est tout. Le ton se voudrait drolatique, mais toutes les « vannes » tombent à plat, le montage est flasque, les personnages ne sont que des fantômes sans le moindre intérêt. Amaigri, visiblement malade, Burt fait peine à voir surtout quand il essaie d’être drôle, quant à Clint, il ne masque pas son ennui devant la nullité du matériau dans un rôle de policier bas-du-front et monosyllabique. À peine essaie-t-il des petits effets comiques (des tics nerveux dans les yeux quand on le bouscule) aussi consternants que le reste. Autour de ce tandem qui ne fonctionne pas une seconde, de belles actrices comme Jane Alexander attirée par les deux tough guys, l’irremplaçable Madeline Kahn sous-employée en mondaine amoureuse de Burt et puis Rip Torn et Tony Lo Bianco en caïds rivaux, Richard Roundtree en associé corrompu et quelques visages familiers. « HAUT LES FLINGUES ! » est un ratage complet, un rendez-vous manqué, même les décors (toujours la même rue filmée sous tous les angles) font cheap. À fuir comme auraient dû le faire les deux compères avant de signer leur contrat.

À noter : Reynolds eut la mâchoire fracassée pendant le tournage d’une bagarre, ce qui explique ses variations de poids très visibles au cours de l’action. Il fut handicapé très longtemps et sa carrière ne s’en remit jamais complètement.

CLINT EASTWOOD, BURT REYNOLDS, MADELINE KAHN ET JANE ALEXANDER
 

« NAVAJO JOE » (1966)

« NAVAJO JOE » se situe entre « DJANGO » et « LE GRAND SILENCE », les deux grands classiques du genre également signés Sergio Corbucci. Et le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est pas du même tonneau.

L’histoire de cet Indien (Burt Reynolds) à la poursuite d’un gang de chasseurs de scalps menés par l’homme (Aldo Sambrell) qui a tué sa femme, est d’une absolue pauvreté. Tout le monde court après une sacoche de dollars, on s’entre-tue pendant que Burt massacre les méchants au couteau ou à la Winchester. Guère aidé par une BO criarde d’Ennio Morricone (alias Leo Nichols au générique !) le film se traîne paresseusement, les extérieurs sont tristes, la photo est globalement très laide et quelques cadrages baroques rappellent qu’à cette époque tous les cinéastes italiens tentaient de plagier Sergio Leone. Reynolds, tout mince et emperruqué, apparaît étonnamment peu en vengeur taiseux. Il effectue quelques cascades redondantes et ne laisse jamais ressortir son sourire moqueur. Dommage ! Curieusement, c’est Sambrell qu’on retient davantage. Troisième couteau à l’énorme filmographie, l’acteur espagnol tient pratiquement le rôle principal. Il est une brute haineuse et frustrée, hantée par son enfance de métis maltraité. Il ne fait certes pas dans la dentelle, mais s’avère efficace. On reconnaît un Fernando Rey glabre en prêtre et Nicoletta Machiavelli en squaw. Rien à dire de particulier sur « NAVAJO JOE » donc, à peine pourra-t-on retenir un final inattendu, annonçant un peu celui du « GRAND SILENCE », sans en avoir la dimension tragique. À voir éventuellement pour le fan de Burt Reynolds qui, à 30 ans tout ronds, tentait de reproduire l’exploit de Clint Eastwood devenu une star en Italie grâce à un réalisateur prénommé Sergio. C’est raté !

BURT REYNOLDS, NICOLETTA MACHIAVELLI ET ALDO SAMBRELL
 

« LES 100 FUSILS » (1969)

Ils sont rares les films vus des décennies plus tôt, qui ont laissé une plutôt bonne impression et, lorsqu’ils sont enfin revus, s’avèrent bien meilleurs que le souvenir qu’ils avaient laissé. C’est le cas de « LES 100 FUSILS » de Tom Gries.

Le scénario tourne autour d’un chargement d’armes qu’un révolutionnaire métis (Burt Reynolds) doit livrer à la guérilla Yaqui massacrée par les Mexicains. Le dit-Burt est pourchassé par un shérif (Jim Brown) qui se retrouve embringué dans la revolución. On perçoit des échos, pas si lointains de « VERA CRUZ » ou « LES PROFESSIONNELS » et, si le film s’essouffle dans son dernier quart, il n’en demeure pas moins un vrai grand spectacle plein de bruit et de fureur. Les personnages sont tous bien dessinés : Reynolds et Raquel Welch en passionaria, au sommet de leur jeunesse, irradiant littéralement de charisme. Elle n’a probablement jamais été meilleure. Brown, comme d’habitude, fait le job mais n’était définitivement pas un bon acteur. Les méchants sont tous intéressants : Fernando Lamas en général ignoble, Dan O’Herlihy en industriel opportuniste, Aldo Sambrell en sergent, etc. Une bien belle distribution parfaitement employée qui ajoute à la truculence et à la verve de ce film, au même titre que des décors espagnols qui – pour une fois – rivalisent réellement avec les extérieurs mexicains. S’inscrivant chronologiquement entre « EL CHUNCHO » ou « IL ÉTAIT UNE FOIS LA RÉVOLUTION », « LES 100 FUSILS » a admirablement passé l’épreuve du temps et s’est même bonifié depuis sa sortie. Les séquences de bataille, d’attaques de train, sont irréprochables et l’alchimie entre les trois acteurs principaux prend presque immédiatement. Sans oublier la scène hot entre Brown et Raquel, qui fit grand bruit dans l’Amérique de la fin des sixties. À redécouvrir…

BURT REYNOLDS, JIM BROWN ET RAQUEL WELCH
 

AUJOURD’HUI, IL AURAIT EU 83 ANS…

BURT

PETIT HOMMAGE À BURT REYNOLDS ET À SA LONGUE CARRIÈRE. L’ACTEUR-CASCADEUR-RÉALISATEUR NOUS A QUITTÉS IL Y A QUELQUES MOIS.

 

L’INTÉGRALE DE « DAN AUGUST » !

Sortie américaine en DVD, de l’intégrale de la série TV « DAN AUGUST », que Burt Reynolds – récemment disparu – avait tournée juste avant de connaître le succès au cinéma.AUGUST

Reynolds y tient le rôle-titre, celui d’un flic de la Crim’ de Santa Luisa en Californie, qui enquête auprès de gens qu’il a côtoyés toute sa vie. Parmi les rôles récurrents : Norman Fell, Richard Anderson et Ned Romero. Et de nombreuses « guest stars » au fil des 26 épisodes, comme : Anne Francis, Richard Basehart, Vera Miles, Vic Morrow, Joan Hackett, Mike Henry (que Reynolds retrouvera dans « COURS APRÈS MOI, SHÉRIF ! » et ses suites), Larry Hagman, Martin Sheen, Billy Dee Williams ou William Smith.

À noter que Burt Reynolds et Norman Fell reprirent leurs rôles pour quatre téléfilms en 1980, pas encore édités en vidéo. Le coffret DVD contient également « HOUSE ON GREENAPPLE ROAD », inspiré du roman de Harold R. Daniels et où c’est Christopher George qui y tient le rôle de Dan August, aux côtés de Janet Leigh, Keenan Wynn, Walter Pidgeon et, déjà, Ned Romero qui gardera son rôle de coéquipier dans la série.

 

« HARD TIME : HOSTAGE HOTEL » (1999)

HARDTIME« HARD TIME : HOSTAGE HOTEL » est signé Alan Smithee, ce qui n’est jamais bon signe. C’est en effet le pseudonyme adopté par les réalisateurs U.S. refusant de signer leurs œuvres, généralement pour cause de différend artistique avec les producteurs. Et il est très rare que cela arrive sur un téléfilm ! L’anonyme est en fait Hal Needham, le vieux complice de Burt Reynolds, il y a déjà bien longtemps. Mais manifestement, tout le monde était très fatigué sur ce tournage et les heures de gloire étaient loin derrière !

Le scénario tourne autour d’un hôtel inauguré par un futur sénateur (David Rasche) dont la fille et la femme sont prises en otages pendant la cérémonie par un tueur (Keith Carradine) exigeant une rançon et… la présence de Larry King sur site. Charles Durning, l’air hagard, pouvant à peine se déplacer, est chargé de l’affaire, assisté de son ami Burt qui ne semble pas non plus au sommet de sa forme. Que dire ? Le film fut tourné à l’aube de l’an 2000 et ressemble à s’y méprendre à un DTV du début des années 80. C’est d’une lenteur effarante, les acteurs sont au-dessous de tout et le suspense est totalement inexistant. Carradine se traîne le petit air tristounet et blasé du bon acteur qui a tourné trop de mauvais films et a fini par démissionner. Il fait un psychopathe sans relief dont le seul signe distinctif est un « mal rasé » d’une semaine. Quant à Reynolds, on n’arrive plus du tout à croire qu’il puisse encore être sur le terrain, en tenue de FBI, l’arme au poing à dégommer des méchants. C’est une catastrophe ! Les aventures de Logan McQueen se sont heureusement arrêtées là et la trilogie a été complètement oubliée depuis, ce qui n’est que justice. Les aficionados de Burt Reynolds préfèrent se souvenir de ses belles heures des seventies, quand il était le roi du box-office américain et qu’il semblait tellement s’amuser avec ses potes cascadeurs. En 1999, il n’était déjà plus que le fantôme de lui-même et ce n’est pas gai-gai…

HARDTIME3 copie

BURT REYNOLDS ET KEITH CARRADINE

 

« HARD TIME : THE PREMONITION » (1999)

HARDTIME« HARD TIME : THE PREMONITION » réalisé par David S. Cass, Sr. est le second téléfilm de la trilogie consacrée au flic de Miami – enfin, ex-flic en l’occurrence – ‘Logan McQueen’, interprété par Burt Reynolds. On le retrouve finissant son année de prison, entouré d’un vieux condamné à mort philosophe (Roscoe Lee Browne) qui lui apprend la vie et d’un serial killer (Bruce Dern) qui se prend pour Hannibal Lecter.

À sa sortie, Burt garde un moment sa perruque qui le fait ressembler à Sean Connery au début de « ROCK » et finit heureusement par en changer pour quelque chose de plus seyant. Le scénario ? Des jeunes femmes meurent dans l’explosion de leurs voitures et Burt assiste en « consultant » l’enquêteur novice chargé du dossier. On a beau aimer les vieux de la vieille présents dans le film (on retrouve aussi Charles Durning dans deux ou trois scènes), c’est affreusement mou, voire un peu tristounet. Vêtu de noir, bedonnant et courant avec difficulté, Reynolds n’a visiblement pas la pêche et traîne une petite mine renfrognée. Il paraît s’ennuyer poliment comme quelqu’un qui a déjà joué toutes ces situations convenues des dizaines de fois dans sa jeunesse et qui est « too old for this shit ». Dern en fait des tonnes, comme à son habitude et Gigi Rice, jouant sa fille hantée par le passé, n’est pas la meilleure actrice du monde. Ce 2ème épisode n’a donc pas grand-chose pour lui, mais s’inscrit dans le long parcours de « Buddy » Reynolds comme une péripétie vaine et non-avenue.

HARDTIME2 copie

BRUCE DERN ET BURT REYNOLDS

À noter que Bruce Dern et Roscoe Lee Browne figuraient tous les deux au générique des « COWBOYS » de Mark Rydell, entourant John Wayne.

 

« HARD TIME » (1998)

HARDTIME2

BURT REYNOLDS

À peine un an après son comeback inespéré dans « BOOGIE NIGHTS », Burt Reynolds retombait déjà dans ses vieux travers en réalisant pour la TV le premier film d’une trilogie consacrée à un flic dur-à-cuire de Miami nommé ‘Logan McQueen’. Paraissant plus âgé que ses 62 ans, perclus de rhumatismes, le visage vitrifié par les liftings, la star des seventies est en terrain connu. Mais les temps ont changé…HARDTIME.jpeg

Dès les premiers plans de « HARD TIME », on a du mal à accepter Reynolds en flic toujours en activité et ne parlons même pas de son coéquipier – et père adoptif – Charles Durning, également sur la brèche à 75 ans et accusant facilement 150 kilos ! Comme on aime bien les deux vieux copains qui ont si souvent tourné ensemble, on est prêt à fermer les yeux sur cette aberration. Mais cette histoire de héros soupçonné de corruption, ces mafiosi d’opérette, ces courses-poursuites grabataires ne font pas illusion une seconde et « HARD TIME » ressemble à un fossile de série télé des années 70 exhumé d’un congélateur. Alors bien sûr, on est content de retrouver Robert Loggia, Mia Sara en avocate sexy, Roddy Piper (« INVASION LOS ANGELES ») en homme-de-main ou Billy Dee Williams en procureur, mais le cœur n’y est plus et le temps a fait son œuvre d’érosion. Tout cela est donc un peu cafardeux, car Burt en tant que réalisateur a vraiment perdu la main depuis « L’ANTI-GANG » et son téléfilm est poussif, amorphe et dépourvu du moindre petit début de rythme. Allez, une chose positive : la révélation du véritable coupable à la fin, tombe comme une véritable surprise et, même une deuxième : Grace Una, jouant une fleuriste asiatique, est d’une beauté à tomber par terre. Toujours bon à prendre !

HARDTIME3

GRACE UNA ET BURT REYNOLDS