Inspiré de la série de romans de Sax Rohmer, « LE MASQUE D’OR » de Charles Brabin (et Charles Vidor, non crédité) démontre qu’un film d’horreur des années 30 avec Boris Karloff au générique n’est pas fatalement un chef-d’œuvre.
Sur à peine plus d’une heure, le scénario relate le combat entre un groupe d’explorateurs et un mégalomane chinois (Karloff) pour la possession du sabre en or de Gengis Khan récemment exhumé. L’exotisme forcené hollywoodien frise le grand n’importe quoi, toutes les ethnies sont mélangées dans cette Chine d’Épinal burlesque, aux relents racistes. Mais si on peut encore considérer cela comme une « licence poétique » liée à l’époque où le film fut produit, ce qui est impardonnable en revanche, c’est l’ennui profond que génère le résultat, les séquences de torture totalement ridicules (la fosse aux crocodiles, les murs hérissés de pics se rapprochant, le supplice de la cloche, etc.) et la piteuse direction d’acteurs. Karloff a toujours été un bon comédien, capable de se sortir de n’importe quelle situation, aussi est-il amusant avec son maquillage asiatique, ses robes de cérémonie et son accent indéfinissable roulant les « R ». À ses côtés, la jeune Myrna Loy joue sa fille impassible. Le reste de la distribution est tellement nul qu’il provoque l’hilarité, tout spécialement Karen Morlay surjouant de façon insupportable, comme à l’époque du Muet. « LE MASQUE D’OR » n’a donc pas le cachet de ses œuvres contemporaines et manque cruellement d’une vision esthétique et… de talent, tout simplement.