Il est mort à 89 ans, après avoir tourné 82 films et téléfilms à partir de 1960. Robert Redford avec son physique d’ange blond « All American », son jeu tout en retenue.
En deux ans, il tourne 18 épisodes de séries télé, parfois dans des emplois de psychopathes qui lui vont, curieusement, assez bien. Il excelle en dealer d’héroïne dans un épisode des « INCORRUPTIBLES » et joue rien moins que l’ange de la mort dans un « TWILGHT ZONE ». Il commence à se faire remarquer au cinéma en jouant un acteur gay dans « DAISY CLOVER, LA JEUNE REBELLE », un forçat évadé dans « LA POURSUITE IMPITOYABLE ». Il accepte un rôle antipathique dans « PROPRIÉTÉ INTERDITE » de Sydney Pollack qui sera le réalisateur le plus important de sa carrière. Un personnage taiseux et ambigu comme il en jouera beaucoup. L’énorme succès de « BUTCH CASSIDY & LE KID » en tandem avec Paul Newman, le propulse dans la liste « A » à l’âge de 33 ans.
Il enchaîne les emplois de solitaires déplaisants dans « LA DESCENTE INFERNALE », « WILLIE BOY » et « L’ULTIME RANDONNÉE », trouve un rôle magnifique de trappeur dans « JEREMIAH JOHNSON » de Pollack et s’assume comme sex symbol d’une génération avec « NOS PLUS BELLES ANNÉES » du même réalisateur. Il tâte de la politique avec « VOTEZ McKAY ! », « LES TROIS JOURS DU CONDOR » et surtout « LES HOMMES DU PRÉSIDENT », projets qu’il a portés sur les épaules. Après « UN PONT TROP LOIN » où il tient un caméo surpayé qui a surpris ses admirateurs, sa carrière marque le pas. Il s’occupe de son festival, produit des films, commence à réaliser lui-même des œuvres personnelles et adultes. Il connaît encore quelques succès comme « OUT OF AFRICA », mais les 25 dernières années sont plus erratiques, inégales et le cœur semble ne plus y être tout à fait. On retiendra tout de même « SPY GAME » ou « ALL IS LOST », où il apparaît ridé et vieilli, mais meilleur que jamais. Redford a marqué le cinéma U.S. des seventies, il a imposé son image de « beau gosse » à frange blonde, doté d’une cervelle et d’une conscience politique aiguë. Il symbolise un certain cinéma américain aujourd’hui disparu.