TED CASSIDY (1932-1979), GÉANT AU JEU MINIMALISTE, CÉLÈBRE GRÂCE AU RÔLE DE ‘LURCH’ DANS LA SÉRIE « LA FAMILLE ADDAMS ».
Archives Mensuelles: juillet 2016
« SOUTH OF THE BORDER » : Jack Elam dans « The Texan »
« SOUTH OF THE BORDER » est un épisode de la 1ère saison de « THE TEXAN », réalisé par Joe Parker. Et un épisode plus hard boiled que la moyenne.
Rory Calhoun arrive dans la petite ville du shérif John Doucette, vieil ami à lui. Celui-ci redoute l’arrivée de deux frères hors-la-loi (Peter Mamakos et Jack Elam) et de leur bande. Le Texan a à peine le temps de lier connaissance avec une adorable fillette et sa maman, que les bandits attaquent la banque. Elles sont tuées toutes les deux. Calhoun traque les frères jusqu’au Mexique et ramènera Elam qui sera accidentellement abattu par Mamakos.
La mort violente d’un enfant était assez rare à la TV de cette époque. Et le héros de la série endosse un rôle de « vigilante », motivé par le ruban que la gamine avait attaché à sa selle. Les deux frères sont bien croqués en quelques scènes : Mamakos sanguin et brutal, Elam plus conciliant mais tout aussi létal. Doucette incarne le vieil archétype du shérif courageux mais pas téméraire qui laisse notre Texan faire son boulot à sa place.
Un bon épisode d’une série qui décrit un Ouest dangereux et désertique, avec une grande économie de moyens. Dans la colère froide, Rory Calhoun est vraiment très bien.
« LE CLIENT » (1994)
Deux ans avant l’intéressant « LE DROIT DE TUER ? », Joel Schumacher signait déjà l’adaptation d’un best-seller de John Grisham avec « LE CLIENT ». Hélas, le matériau de base était loin d’être aussi riche en thèmes polémiques et en sujets de réflexion, et ce « suspense » s’avère totalement artificiel et pénible à regarder. Dès les premières scènes (deux jeunes frères assistant au suicide d’un avocat dans la forêt), ça n’accroche pas. Tout paraît forcé, les personnages n’ont aucune épaisseur, aucune crédibilité. Pourquoi l’avocat révèle-t-il son lourd secret au gamin, sinon pour arranger les bidons des auteurs ? Tout le reste du scénario est à l’avenant. Plaqué, illogique, aberrant.
Brad Renfro tient le rôle d’une tête-à-claques, certes, mais son cabotinage systématique finit par devenir crispant. Poursuivi par d’improbables mafiosi (il faut avoir vu le maigrichon Anthony LaPaglia en porte-flingue au look hallucinant !), par un procureur grincheux et narcissique (Tommy Lee Jones dans un rôle assez secondaire qu’il joue par-dessus la jambe dans une sorte d’autopastiche), l’irritant morveux sera plus ou moins protégé par une avocate courageuse. Et c’est là que le bât finit de blesser : Susan Sarandon, alignant mimiques, minauderies et roulements d’yeux s’avère tout aussi exaspérante que son petit client ! C’est un gâchis d’excellents comédiens comme Will Patton, J.T. Walsh, William H. Macy, Mary-Louise Parker, Kim Coates ou Ossie Davis, qui n’ont rien à jouer. Pas grand-chose à sauver donc, dans ce « CLIENT » poussif et mal fichu, qui ne laissait absolument pas prévoir la réussite du « DROIT DE TUER ? » déjà cité, ni qu’il donnerait naissance à une série TV l’année suivante, où la toujours parfaite JoBeth Williams reprenait le rôle de ‘Reggie Love’. On regrette qu’elle n’ait pas déjà été là pour alléger un peu le long-métrage !
BRAD RENFRO, ANTHONY EDWARDS, SUSAN SARANDON, WILLIAM SANDERSON ET TOMMY LEE JONES
HAPPY BIRTHDAY, LAURENCE !
« RANDONNÉE POUR UN TUEUR » (1988)
LA SCÈNE-CULTE DU FILM…
Après une mise en route un brin longuette, on comprend rapidement la vraie nature de « RANDONNÉE POUR UN TUEUR » : ce n’est au fond qu’une tentative assez maligne pour dupliquer le succès de « L’ARME FATALE » sorti l’année précédente en le délocalisant à la montagne.
A priori rien de bien attractif, à part que c’est Roger Spottiswoode (ex-monteur de Peckinpah et réalisateur de l’excellent « UNDER FIRE ») qui est aux commandes, que la photo est signée Michael Chapman (« RAGING BULL ») et que le duo de vedettes se compose du vétéran Sidney Poitier et de Tom Berenger. Pas mal d’atouts dans la manche, donc… Un flic du FBI (Poitier) poursuit un meurtrier qui s’est immiscé dans une randonnée en montagne menée par Kirstie Alley. Avec l’aide du rugueux Berenger, fiancé de la dame, il affronte tous les dangers pour stopper le dangereux individu. Un sujet tout bête, écrit de façon très mécanique et sans réelle surprise. Mais les extérieurs sont somptueux, les séquences d’action très bien menées et l’humour n’est jamais absent. L’habituellement très sérieux Poitier joue son rôle « à la manière de » Danny Glover, avec des accents de comédie parfois incongrus, mais tout à fait bienvenus. Ainsi ses face-à-face avec un élan et un grizzly valent-ils à eux seuls qu’on voie le film ! Un pur régal ! Face à lui, Berenger la joue « tout dans le masque », sans chercher à tirer la couverture à lui. L’alchimie fonctionne parfaitement. Parmi les suspects dans la première partie, on retrouve le ‘Kurgan’ de « HIGHLANDER » (Clancy Brown) et le ‘Scorpio’ de « L’INSPECTEUR HARRY » (Andy Robinson). On sait donc dès qu’ils pointent leur nez que c’est FORCÉMENT l’un des deux ! Œuvre modeste dans ses ambitions, mais très soigneusement confectionnée, « RANDONNÉE POUR UN TUEUR » est un vrai moment de détente et d’évasion, où on sent une volonté de demeurer « tous-publics », ce qui amoindrit un peu le suspense, mais ne gâche pas le spectacle pour autant. À 60 ans passés, Sidney Poitier déploie encore une belle énergie et assure sans faillir dans les nombreuses cascades et fusillades. Un film très sympathique.
TOM BERENGER, SIDNEY POITIER, CLANCY BROWN ET KIRSTIE ALLEY
HAPPY BIRTHDAY, DAVID !
DAVID WARNER, DE PECKINPAH À RESNAIS EN PASSANT PAR CARPENTER ET CAMERON, UN PARCOURS À L’ÉCLECTISME SANS FRONTIÈRE.
« SIX WEEKS TO BENT FORK » : James Gregory dans « Rawhide »
CLINT EASTWOOD
« SIX WEEKS TO BENT FORK » est un épisode de la 8ᵉ et ultime saison de « RAWHIDE », réalisé par Thomas Carr.
Clint Eastwood a six semaines pour conduire un troupeau jusqu’à la ville de Bent Fork, avec à la clé une somme confortable. Mais s’il a le moindre retard, le deal est annulé. Le propriétaire lui impose son « segundo », le vieux cowboy James Gregory, un dur-à-cuire déplaisant qui en a assez de jouer les seconds couteaux. Quand Clint se brise accidentellement des côtes, il est forcé de céder le commandement à Gregory qui le méprise. Mais quand il s’agit d’affronter un shérif ripou (R.G. Armstrong, who else ?), c’est le gentil ‘Rowdy’ qui se montrera le plus courageux, faisant comprendre à son rival qu’il ne sera jamais à la tête d’un convoi. L’épisode est très « bétail » et concentré sur le quotidien des vachers. On reconnaît L.Q. Jones amusant en idiot superstitieux, parmi les récurrents. Mais ce qui fait l’intérêt (relatif) du film, c’est de voir qu’Eastwood, à 35 ans, est encore considéré comme un « kid » et qu’en le voyant affirmer son autorité, ‘Wishbone’ déclarera : « On dirait qu’il commence à avoir du poil aux pattes ! ». Pour l’acteur qui tourna cette demi-saison entre deux films de Leone, on conçoit que cette régression ait pu être irritante. Il traîne dans l’épisode – comme dans la plupart des films de cette saison, d’ailleurs – une expression maussade, voire agacée et ne décroche pas un sourire.
JAMES GREGORY, L.Q. JONES ET CLINT EASTWOOD
« LE DROIT DE TUER ? » (1996)
Adapté d’un pavé de John Grisham, spécialiste du thriller judiciaire, « LE DROIT DE TUER ? » est un de ces gros films opulents comme seuls les Américains savent les faire. Le très inégal Joel Schumacher (c’est le moins qu’on puisse dire !) se plie à l’exercice sans effet de style, se contentant d’illustrer un scénario au cordeau et de diriger un cast impressionnant.
Cet ouvrier noir du Mississippi (Samuel L. Jackson) avait-il le droit d’abattre les deux voyous blancs qui ont violé, mutilé et presque tué sa fillette de dix ans ? C’est ce que va démontrer son avocat (Matthew McConaughey) face à un juge (Patrick McGoohan) hostile et un procureur cynique (Kevin Spacey), sans oublier un jury raciste. Sujet on ne peut plus « glissant » on le voit, défendant qu’on le veuille ou non, le principe du « vigilantisme » si présent dans les mentalités U.S. Heureusement, les personnages ne sont pas écrits de façon manichéenne : Téméraire et sympathique, McConaughey n’a rien d’un libéral bêlant (il est pour la peine de mort), Jackson n’est pas un naïf illettré, c’est même un manipulateur-né. Seule la stagiaire (Sandra Bullock) tient un rôle de quasi-comédie qui allège l’ambiance, mais demeure peu crédible dans le contexte et ne parvient jamais à devenir autre chose qu’une pièce rapportée. Elle fait doublon avec Oliver Platt, le collègue de McConaughey, qui fait tapisserie et dont on aurait pu aisément se passer. On ne s’ennuie guère malgré les 2 h 30 de projection. La menace du KKK pèse sur toute la durée et les haines plus ou moins enfouies ressurgissent à la moindre étincelle. Si la réalisation est étonnamment sobre pour du Schumacher, la photo de Peter Menzies, Jr. est continûment élaborée, parfois maniérée, ce qui évite le look « téléfilm pour grand écran ». Le reste du plaisir procuré par « LE DROIT DE TUER ? » provient des comédiens : les Sutherland père et fils, l’un en vieil avocat ivrogne, l’autre en raciste haineux et violent. Ashley Judd apparaît en épouse effacée, Chris Cooper en shérif-adjoint, etc. C’est un véritable défilé de têtes connues, un bon choix vu le nombre de protagonistes, permettant de les identifier instantanément. Mélange de courtroom drama, de suspense et pamphlet antiraciste, le film culmine dans la brillantissime plaidoirie finale de McConaughey qui ébranle de subtile façon les préjugés racistes les plus enracinés. L’un dans l’autre, un excellent moment.
JACK DAVIS : R.I.P.
JACK DAVIS (1924-2016), UN DES GRANDS CARICATURISTES DE « MAD MAGAZINE », IL SIGNA ÉGALEMENT PLUSIEURS AFFICHES DE FILMS.