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Archives Mensuelles: avril 2023

« BLACKLIGHT » (2022)

Deux ans après le déjà pas formidable « THE GOOD CRIMINAL », Mark Williams rappelle Liam Neeson pour l’encore moins formidable « BLACKLIGHT », qui tire les dernières gouttes de l’image de tough guy de son acteur maintenant septuagénaire.

En bonne forme physique, Neeson joue un agent spécial du FBI chargé d’exfiltrer des infiltrés (sic) en panique. Son personnage, on l’a déjà vu bien des fois et quand on lui kidnappe sa famille, on retombe dans l’ornière usée jusqu’à la corde des « TAKEN ». C’est terriblement mal écrit, le scénario est simpliste, voire infantile, le dialogue n’est qu’une enfilade de clichés sortie tout droit d’un DTV à la Steven Seagal. On a vu pire bien sûr, mais on se demande pourquoi, à ce stade de son parcours, Neeson accepte de tourner de pareilles inepties. Sympathie pour le réalisateur ? Probablement… La distribution, autour de lui, est désastreuse : Aidan Quinn (qui a tellement vieilli qu’on le reconnaît à peine) en directeur du « Bureau », Taylor John Smith en agent révolté au look de mannequin Hugo Boss, Emmy Raver-Lampman gauche et mal à l’aise en journaliste à la coiffure distractive et toute une ribambelle d’acteurs australiens totalement inconnus. Le montage de « BLACKLIGHT » tente d’insuffler du rythme à l’histoire par des effets ridicules qu’on voit généralement dans les bandes-annonces, la résolution est d’une naïveté confondante. Dans un thriller politique à la Pakula des seventies, le « héros » aurait sans doute été abattu par un tireur invisible lors de l’épilogue. Mais nous sommes dans les années 2020 et on n’a droit qu’à des images lénifiantes de la petite famille enfin réunie dans les rires et les blagounettes. « BLACKLIGHT » est une sorte de « film de trop » dans la filmographie de star de Liam Neeson, un faux-pas qui pourrait lui coûter cher au niveau de sa place dans la « liste A ». Espérons qu’il saura s’accrocher et éviter ce genre de série B abrutissante.

AIDAN QUINN, LIAM NEESON, EMMY RAVER-LAMPMAN ET TAYLOR JOHN SMITH
 

« RACCROCHEZ, C’EST UNE ERREUR » (1948)

BURT LANCASTER

Écrit par Lucille Fletcher d’après sa propre pièce radiophonique à succès, réalisé par Anatole Litvak, « RACCROCHEZ, C’EST UNE ERREUR » est un thriller en huis clos aéré par de nombreux flash-backs imbriqués les uns dans les autres. C’est très alambiqué, pas toujours palpitant et les enjeux s’avèrent, à l’usage, un peu faibles, tous les personnages étant antipathiques.

Le plus déconcertant est d’avoir distribué deux acteurs réputés pour leur fort caractère et leur personnalité dominante, dans des rôles d’individus faibles, à l’intelligence limitée. Barbara Stanwyck, alitée la moitié du temps joue une héritière souffrant d’un mal psychosomatique. Pendue au téléphone, elle est cœur d’un complot difficile à suivre, qui fait d’elle la victime désignée d’un « contrat ». Elle pleure beaucoup, engueule les standardistes et tremble de terreur. C’était plutôt un rôle pour Joan Crawford ! Quant à Burt Lancaster, alors en pleine ascension, il campe un prolo ambitieux et peu scrupuleux qui épouse Barbara pour son argent. Il ne semble pas très à l’aise. Nous l’avons dit plus haut, le principal problème du scénario est qu’on ne s’attache à aucun des protagonistes, ce ne sont que des pantins sans profondeur, sans charme ni humour. Étonnant tout de même, avec des acteurs d’un tel calibre, qui étaient en plus des icônes du film noir, que la mayonnaise n’ait pas pris. Autour d’eux des seconds rôles sans épaisseur comme Ed Begley en père de notre piteuse héroïne ou William Conrad très bien en mafieux à la grosse figure débonnaire. Avec sa photo, son atmosphère inimitable, sa maîtrise du flash-back, « RACCROCHEZ, C’EST UNE ERREUR » avait tout pour être un classique du thriller psychologique. À l’arrivée, c’est une déception, un exercice de style froid et mécanique, qui gaspille son couple de stars. Dommage…

BARBARA STANWYCK, BURT LANCASTER ET WILLIAM CONRAD
 

HAPPY BIRTHDAY, DANIEL !

DANIEL DAY-LEWIS, ACTEUR À LA FILMO SÉLECTIVE, IL A TOURNÉ AVEC LES PLUS GRANDS RÉALISATEURS AMÉRICAINS ET ANGLAIS
 
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Publié par le 29 avril 2023 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ANGLAIS

 

« LE PLUS SAUVAGE D’ENTRE TOUS » (1963)

Inspiré d’un roman de Larry McMurtry, « LE PLUS SAUVAGE D’ENTRE TOUS » de Martin Ritt est un film sombre et austère sur la fin d’une ère, d’une race d’homme et l’éclatement du noyau familial. Et c’est également le portrait d’un salopard égoïste et sans scrupule, un bad boy charismatique mais haïssable campé par Paul Newman.

Le vieux rancher texan Melvyn Douglas apprend que son troupeau est contaminé et qu’il va être bientôt ruiné. Son fils (Newman) ne lui est d’aucune aide et cherche même à lui voler le ranch. Le neveu de celui-ci (Brandon De Wilde) idolâtre son oncle dont il va découvrir peu à peu le véritable visage. Entre ces hommes, une seule femme : Patricia Neal, gouvernante désillusionnée mais humaine. C’est d’une tristesse absolue, frôlant la morbidité, on passe deux heures à voir tout s’étioler sans possibilité de rémission. Des séquences comme la tentative de viol ou l’abattage du troupeau entassé dans une fosse, sont extrêmement dures. Et planant au-dessus de cette déprime, la silhouette de « Hud », alignant les postures « Actors Studio », les bitures sans joie et les conquêtes sans gloire. Même s’il en fait beaucoup, Newman incarne crânement une ordure totale que rien ne viendra sauver ou excuser. Sa beauté physique contraste dramatiquement avec la laideur de son âme. De Wilde, l’ex-garçonnet de « L’HOMME DES VALLÉES PERDUES », est très bien en gamin naïf qui connaîtra une cruelle prise de conscience. Et Patricia Neal compose le personnage le plus émouvant, le plus approfondi, à la fois mère nourricière et objet de désir. Le rôle de sa vie pour cette remarquable comédienne. « LE PLUS SAUVAGE D’ENTRE TOUS » offre une vision désespérante des grandes plaines du Texas comme « LA DERNIÈRE SÉANCE » écrit par le même McMurtry et tourné 8 ans plus tard.

À noter : ce film est le troisième des six longs-métrages que Newman tourna sous la direction de Martin Ritt.

PAUL NEWMAN, PATRICIA NEAL, MELVYN DOUGLAS ET BRANDON DE WILDE
 

HAPPY BIRTHDAY, BRIDGET !

BRIDGET MOYNAHAN, BELLE ET CHARISMATIQUE ACTRICE À LA CARRIÈRE ÉTONNAMMENT DISCRÈTE MALGRÉ DES RÔLES PRINCIPAUX
 
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Publié par le 28 avril 2023 dans ANNIVERSAIRES

 

« LA CHAPELLE DU DIABLE » (2021)

Écrit et réalisé par Evan Spiliotopoulos d’après un roman de James Herbert, « LA CHAPELLE DU DIABLE » est un petit film d’horreur religieuse, qui démarre par un prologue situé en 1845 au Massachussetts et montrant l’exécution atroce d’une sorcière brûlée vive.

De nos jours, Jeffrey Dean Morgan ex-reporter de renom devenu un paria de sa profession à cause d’une éthique flottante, arrive au village pour un faits-divers quelconque. Il libère accidentellement l’âme de la sorcière. Une jeune sourde-muette (Cricket Brown) retrouve alors ses sens et devient la porte-parole de la Vierge Marie qui exécute des miracles et fanatise toute la population. Mais Morgan, en fouinant dans les archives de l’Église va découvrir que la fameuse sorcière se prénommait également Marie et que la jeune fille n’est autre que sa descendance. C’est très tiré par les cheveux, imprégné de catholicisme et si l’histoire peine à se maintenir à flot, on parvient à rester éveillé grâce à une belle photo et à une distribution agréable : Morgan très bien en cynique has-been retrouvant la foi, au point qu’il finit par s’adresser directement à Dieu comme Don Camillo. William Sadler et Cary Elwes, habitués aux emplois de bad guys jouent des ecclésiastiques au comportement bizarre et la petite Brown a de jolis moments d’exaltation. « LA CHAPELLE DU DIABLE », produit par Sam Raimi (ce qui est toujours rassurant, sans qu’on sache très bien pourquoi) est une honnête série B sans surprise, aux CGI pas toujours convaincants, mais qui se laisse regarder un jour de disette et s’oublie à peine le mot « FIN » apparu.

JEFFREY DEAN MORGAN ET CRICKET BROWN
 

HAPPY BIRTHDAY, SALLY !

SALLY HAWKINS, DE MIKE LEIGH À GUILLERMO DEL TORO EN PASSANT PAR WOODY ALLEN, UNE GRANDE ACTRICE DE COMPOSITION
 
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Publié par le 27 avril 2023 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ANGLAIS

 

« WALKING AND TALKING » (1996)

Écrit et réalisé par Nicole Holofcener, « WALKING AND TALKING » est un premier film très convaincant et singulier, braconnant sur les terres de Woody Allen, sans s’en inspirer vraiment.

Deux copines d’enfance (Anne Heche et Catherine Keener) vivent à New York. La première est fiancée mais commence à sentir l’usure du couple, la seconde ne connaît que des galères avec les hommes. C’est un scénario sans réelle structure, composé de vignettes allant d’un personnage à l’autre et captant avec une rare acuité une période de la vie des jeunes adultes : celle où on comprend qu’on n’est plus tout à fait des ados, celle où l’avenir effraie. Si la réalisation est encore hésitante, voire parfois rudimentaire, se contentant de cadrer les comédiens et les laisser parler, le film fait preuve d’un don d’observation parfois cruel et ne tente jamais d’enjoliver les choses. Keener est – comme toujours chez cette réalisatrice – naturellement belle, émouvante, pénible, tellement concrète. Liev Schreiber est excellent dans le rôle de son « ex » qu’elle n’arrive pas à oublier et Heche est très bien, sobre et crédible. On a réellement l’impression de connaître ou d’avoir connu ces individus à un moment ou un autre de notre propre vie. À noter parmi les seconds rôles : Kevin Corrigan en avatar de Quentin Tarantino dans sa période « video club » et Vincent Pastore très drôle en faux cinglé qui s’invente des délires pour bénéficier d’un psy gratuit. Truffé de petits moments magiques (les séquences au lac, le banquet d’anniversaire du père atteint d’Alzheimer), « WALKING AND TALKING » mérite d’être redécouvert par ceux qui apprécient la petite musique de ces comédies réalistes new-yorkaises, héritières de l’œuvre de Woody Allen ou Paul Mazursky.

CATHERINE KEENER, ANNE HECHE ET LIEV SCHREIBER
 

HARRY BELAFONTE : R.I.P.

HARRY BELAFONTE (1927-2023), CHANTEUR, ACTIVISTE ET COMÉDIEN DANS UNE VINGTAINE DE FILMS DONT PLUSIEURS CLASSIQUES
 
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Publié par le 25 avril 2023 dans CARNET NOIR

 

« LA DERNIÈRE VAGUE » (1977)

« LA DERNIÈRE VAGUE » est un des films qui révélèrent le cinéma australien au public international et qui assit la réputation de Peter Weir, co-auteur et réalisateur.

Amateurs de scénarios linéaires, limpides voire éducatifs, passez votre chemin. Car il s’agit ici de plonger dans les racines de l’Australie, à travers l’histoire d’un avocat de Sidney (Richard Chamberlain) qui doit défendre cinq aborigènes accusés d’avoir tué un de leurs congénères. Guidé par un jeune homme déchiré entre la tradition et le monde moderne (David Gulpilil) et un vieux shaman inquiétant (Nandjiwarra Amagula), notre héros va enquêter et découvrir qu’il est directement impliqué, via un aïeul, dans un groupe de « natifs » implantés en ville et vivant selon les rites et traditions de leur ancêtres. Dire que tout cela est palpitant et parfaitement lisible serait mensonger. La première moitié du scénario installe le mystère, mêle adroitement une musique « actuelle » et des chants ancestraux et demeure implanté dans la civilisation de l’homme blanc. La seconde entraîne dans les entrailles de la terre, via un temple situé sous les égouts de la ville, inviolé depuis des siècles. C’est beau, souvent envoûtant, mais également excessivement lent et impénétrable. Certaines images hantent l’esprit, d’autres sont d’une totale banalité. On se laisse donc promener dans cet univers dépaysant et onirique, on scrute les fascinants visages des Aborigènes et on tente de comprendre les tourments et dilemmes de Chamberlain, ce qui n’est pas toujours évident. « LA DERNIÈRE VAGUE » laisse entendre que l’apocalypse est proche, qu’il prendra la forme d’un gigantesque tsunami. Une œuvre fermée sur elle-même, à voir sans idées préconçues.

RICHARD CHAMBERLAIN, DAVID GULPILIL ET NANDJIWARRA AMAGULA