Deux ans après le déjà pas formidable « THE GOOD CRIMINAL », Mark Williams rappelle Liam Neeson pour l’encore moins formidable « BLACKLIGHT », qui tire les dernières gouttes de l’image de tough guy de son acteur maintenant septuagénaire.
En bonne forme physique, Neeson joue un agent spécial du FBI chargé d’exfiltrer des infiltrés (sic) en panique. Son personnage, on l’a déjà vu bien des fois et quand on lui kidnappe sa famille, on retombe dans l’ornière usée jusqu’à la corde des « TAKEN ». C’est terriblement mal écrit, le scénario est simpliste, voire infantile, le dialogue n’est qu’une enfilade de clichés sortie tout droit d’un DTV à la Steven Seagal. On a vu pire bien sûr, mais on se demande pourquoi, à ce stade de son parcours, Neeson accepte de tourner de pareilles inepties. Sympathie pour le réalisateur ? Probablement… La distribution, autour de lui, est désastreuse : Aidan Quinn (qui a tellement vieilli qu’on le reconnaît à peine) en directeur du « Bureau », Taylor John Smith en agent révolté au look de mannequin Hugo Boss, Emmy Raver-Lampman gauche et mal à l’aise en journaliste à la coiffure distractive et toute une ribambelle d’acteurs australiens totalement inconnus. Le montage de « BLACKLIGHT » tente d’insuffler du rythme à l’histoire par des effets ridicules qu’on voit généralement dans les bandes-annonces, la résolution est d’une naïveté confondante. Dans un thriller politique à la Pakula des seventies, le « héros » aurait sans doute été abattu par un tireur invisible lors de l’épilogue. Mais nous sommes dans les années 2020 et on n’a droit qu’à des images lénifiantes de la petite famille enfin réunie dans les rires et les blagounettes. « BLACKLIGHT » est une sorte de « film de trop » dans la filmographie de star de Liam Neeson, un faux-pas qui pourrait lui coûter cher au niveau de sa place dans la « liste A ». Espérons qu’il saura s’accrocher et éviter ce genre de série B abrutissante.