« LA CIBLE ÉTOILÉE » de l’Anglais John Hough est un film post-WW2, tourné en Bavière et bâti sur un scénario sinueux et très bien construit, impliquant le vol d’une cargaison d’or par des traîtres de l’U.S.-Army et l’assassinat du général Patton chargé de la retrouver.
On pense souvent aux romans d’Alistair MacLean et la richesse éclectique de la distribution achève de rendre le film attractif et plein de surprises. On a même droit à un rendez-vous avec… Lucky Luciano (Lee Montague) en personne au cours de l’enquête. John Cassavetes, qui grisonne avec élégance, joue tout dans le masque, un as des services secrets, traquant un tueur à gages aux multiples identités (Max Von Sydow) qu’il soupçonne de vouloir tuer Patton. On croise des personnages hauts en couleur : Robert Vaughn formidable en officier homosexuel très gourmand et comploteur sans foi ni loi. Son duo avec Edward Herrmann est savoureux. Von Sydow retrouve son emploi de hitman des « TROIS JOURS DU CONDOR » et passe son temps à changer d’apparence physique. George Kennedy est un Patton passable mais sans relief, Patrick McGoohan un colonel dépravé et amoral, Heinz Bennent un étrangleur professionnel. Et, cerise sur le gâteau, Sophia Loren apparaît en filigrane dans un rôle de survivante professionnelle qui a traversé la guerre en passant d’un homme à l’autre. Filmé de façon efficace mais assez anonyme, truffé de scènes marquantes (les rencontres avec l’armurier, la fusillade dans l’hôtel, la fin dans les montagnes enneigées), « LA CIBLE ÉTOILÉE » a étonnamment bien vieilli et parvient à captiver sans jamais céder aux digressions ou au spectaculaire gratuit. Impossible de décrocher de l’histoire habilement tricotée entre réalité et fiction. Et puis… Sophia est extraordinairement belle !