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Archives de Catégorie: LES FRANCHISES

« L’ÂME DES GUERRIERS » (1994)

« L’ÂME DES GUERRIERS » est le premier long-métrage du Néo-Zélandais Lee Tamahori, tourné dans les quartiers pauvres d’Auckland dont il décrit le quotidien sans enjolivure ni romanesque.

Rena Owen est une princesse Maori qui a quitté son clan pour épouser Temuera Morrison, un ex-esclave. Elle a eu cinq enfants de lui, qui grandissent dans une atmosphère de violence, d’alcool et de promiscuité. Jusqu’au jour où le malheur frappe plus fort que d’habitude. Filmé sans effet, hormis une photo ocre-jaune évitant l’aspect reportage trop sordide, le film est fascinant. D’abord parce qu’il dépeint un monde inconnu, en déliquescence, des traditions en voie d’extinction et des personnages détruits par la misère autant que par leurs propres démons. Le film est porté à bout de bras par l’extraordinaire Owen, digne et hautaine, malgré les passages à tabac répétés de son « grand amour », malgré la menace permanente pesant au-dessus de la tête de sa famille. On la voit peu à peu retrouver son autonomie et sa liberté de penser. Face à elle, Morrison est terrifiant en bête humaine, complexé par ses origines, ne s’exprimant que par des hurlements et des coups. On pense par moments aux Stanley et Stella de « UN TRAMWAY NOMMÉ DÉSIR », en beaucoup plus brutal. On remarque également la jeune Mamaengaroa Kerr-Bell en « agneau du sacrifice » dont la mort sauvera (peut-être) ses frères et sœurs. Âpre, sauvage, sans véritable lueur d’espoir, « L’ÂME DES GUERRIERS » a fait connaître le peuple de Nouvelle-Zélande au monde entier et son cinéma par la même occasion. À voir.

À noter : une sequel fut tournée cinq ans plus tard, réunissant les deux acteurs principaux mais sans Tamahori, parti sous les cieux hollywoodiens.

RENA OWEN, TEMUERA MORRISON, JULIAN ARAHANGA ET CLIFF CURTIS
 

« THE WRATH OF BECKY » (2023)

Produit trois ans après le sympathique « BECKY », « THE WRATH OF BECKY » de Matt Angel & Suzanne Coote, récupère son héroïne, maintenant âgée de 16 ans, et lui fait affronter une secte de terroristes néo-nazis.

Si la fraîcheur du n°1 s’est évaporée, on est tout de même bien content de retrouver la décapante Lulu Wilson dans le rôle-titre, flanquée de son chien Diego. Face à des brutes irrécupérables et imbéciles, elle va faire feu de tout bois et reprendre la guerre sanglante inaugurée dans l’opus précédent. Chacune de ses fulgurances de violence est extrêmement jouissive et drôle au second degré, malgré des effets gore peu ragoûtants. Aussi doit-on serrer les dents et faire preuve d’une grande patience, quand l’écran est occupé par les bad guys : l’indigent Seann William Scott et ses acolytes ont droit à des scènes entières, figées dans des salons et bureaux, à expliquer leur « idéologie » et leurs plans. C’est assommant, totalement inutile et cela nuit au rythme général du film. Quelle étonnante erreur ! Dans une distribution moyenne, on retiendra seulement Jill Larson, excellente en maman diabolique du leader de la secte et Kate Siegel qui apparaît à la fin, le temps de proposer un job à Becky et assurer son avenir professionnel. « THE WRATH OF BECKY », malgré ses coups-de-mou dommageables, demeure agréable et joliment méchant. Y aura-t-il une suite aux aventures de la mignonne psychopathe ? Probablement.

LULU WILSON ET JILL LARSON
 

« LA LONGUE MARCHE DE LUCKY LUKE »

Cinq ans après le second volume des nouvelles aventures de Lucky Luke, brillamment réinventées par le scénariste-dessinateur Matthieu Bonhomme, voici le n°3 : « LA LONGUE MARCHE DE LUCKY LUKE » qui a pour particularité d’être édité en couleurs et en noir & blanc.

Comme les classiques du western que sont « LA CHEVAUCHÉE DES BANNIS » ou « LE GRAND SILENCE », l’album se passe entièrement dans la neige (ce qui explique sans doute l’absence de couleurs dans une des versions disponibles) et confronte Luke à un richissime escroc qui l’envoie pour une mission périlleuse en territoire indien et surtout à un ado blanc élevé par les « Pieds Bleus » qui lui mène la vie dure lors d’un long trajet. Le récit est fluide et se lit sans accroc, on croise quelques mythes comme Jeremiah Johnson, qui ne ressemble pas du tout à celui créé par Robert Redford au cinéma. Et surtout, c’est le grand retour des frères Dalton, eux aussi revivifiés par l’auteur, bien plus menaçants que ceux développés par Goscinny & Morris, mais toujours un peu ridicules. Du vraiment beau travail que cette réappropriation du personnage et de l’univers, qui fait oublier les albums décevants qui ont succédé aux œuvres originales et surtout les films et séries télé plus lamentables les uns que les autres, qui se sont succédés jusqu’à tout récemment. Le nouveau Luke est moins flegmatique que l’original, moins invincible, mais plus profond et attachant. Une vraie réussite que cette (déjà) trilogie publiée chez « LUCKY COMICS » dont on ne peut qu’espérer et attendre la suite avec impatience.

 

« MISSION : IMPOSSIBLE – THE FINAL RECKONING » (2025)

« MISSION : IMPOSSIBLE – THE FINAL RECKONING » de Christopher McQuarrie est le 8ème opus de la franchise inspirée de la série télé des années 60-70. Le titre indique qu’il s’agirait du dernier, mais le film lui-même laisse deviner que ce n’est sans doute pas le cas.

Cette fois-ci, l’ennemi c’est l’I.A. qui est en passe de détruire l’Humanité, de déclencher toutes les bombes atomiques existantes et de prendre le pouvoir. Seul un messie peut l’arrêter et c’est, bien sûr, Tom Cruise ! En pleine crise de mégalo aiguë, l’acteur-producteur sexagénaire ôte sa chemise dès que possible, exécute des cascades dangereuses et accepte modestement l’idolâtrie de ses comparses. Il faut aimer Tom pour ne pas pouffer de temps en temps devant ce narcissisme décomplexé et accepter sans rechigner de s’enquiller presque 3 heures alternant les tunnels dialogués totalement abscons et les séquences d’action démesurées. C’est heureusement très bien confectionné, les CGI sont parfaitement intégrés et, parfois, le film décolle comme dans cette longue scène dans le sous-marin russe échoué dans les abysses, qui ressemble à un bad trip dans l’au-delà, un cauchemar de claustrophobe. Sans parler bien sûr de l’interminable poursuite en avions à la fin, qui rappelle les bandes-démo des exploits de Belmondo dans ses belles années. Que dire ? On n’y comprend rien, le suspense est artificiel, sans fondement. Ving Rhames quitte enfin le navire en vieux sage, Esai Morales est un excellent méchant et Hayley Atwell est sympathique. Sinon ? La vieille routine installée depuis maintenant… pratiquement 30 ans.

TOM CRUISE
 

« BECKY » (2020)

Réalisé par Jonathan Millott & Cary Murnion, « BECKY » est un petit film de « home invasion » qui démarre de façon assez classique : des taulards évadés, une petite famille dans une maison isolée, une ado en crise, marquée par la mort de sa mère.

Mais l’ado en question (Lulu Wilson) n’est pas tout à fait comme les autres. Simple tête-à-claques au début, on la voit se transformer sous nos yeux effarés en véritable machine à tuer, ivre de rage et de violence. La tête couverte d’un petit bonnet de laine avec des oreilles, elle entreprend de massacrer les voyous qui ont eu le malheur de tuer son père et un de ses chiens. Bad idea ! Très bien rythmé et doté d’un casting d’inconnus tous meilleurs les uns que les autres, « BECKY » est une série B intelligente, viscérale, n’hésitant jamais à se vautrer dans le gore. Ça ne se relâche pas une seconde et même les méchants ont des personnalités complexes et différentes les unes des autres. On pense au chef (Kevin James) au physique de brute mais au langage châtié, Amanda Brugel parfaite dans le rôle ingrat de la nouvelle fiancée du papa et surtout l’incroyable géant Robert Maillet qui compose un beau personnage de tueur bourrelé de remords. Mais le film appartient tout entier à Lulu Wilson qui, du haut de ses 15 ans, parvient à crever l’écran, inquiéter et à s’imposer comme une icône instantanée du genre. Elle retrouvera d’ailleurs son personnage trois ans plus tard pour « THE WRATH OF BECKY » avec d’autres réalisateurs. Un très bon film, qui ne sera certainement pas la cup of tea de tout un chacun, mais qui s’assume avec panache dans l’ultra-violence.

LULU WILSON ET ROBERT MAILLET
 

« JURASSIC WORLD : RENAISSANCE » (2025)

« JURASSIC WORLD : RENAISSANCE » est le 7ème film de la franchise créée par Steven Spielberg en 1993 et, le moins qu’on puisse dire, est qu’elle ne s’est pas améliorée en évoluant.

Cet opus lorgne vers le film d’aventures à la Indiana Jone, prend une sous-Lara Croft comme héroïne et délivre un message lénifiant et d’une naïveté confondante. C’est tourné en Thaïlande et c’est heureux, puisque les paysages – qu’ils soient réels ou en images de synthèse – sont la seule vraie raison de visionner le film jusqu’au bout. Le scénario est archi-prévisible (en voyant un personnage attacher une mallette à son poignet, on sait d’avance qu’il se fera arracher le bras !), les protagonistes ne sont que de simples caricatures sur pattes : le capitaine cynique mais héroïque (Mahershala Ali), le traître prêt à sacrifier tout le monde pour quelques fioles d’ADN (Rupert Friend), le geek courageux (Joanathan Bailey) et la petite famille latina embraquée malgré elle dans l’aventure. Les dinosaures ? Ils sont plutôt inédits, puisque résultats de manipulations génétiques qui en font des monstres hideux et gigantesques. On se dit qu’étonnamment, les CGI n’ont pas vraiment fait de progrès depuis l’inégalable « JURASSIC PARK » originel. Reste la jolie Scarlett Johansson qui, à 40 ans, incarne une sorte de mercenaire dure-à-cuire et increvable. Est-ce sa petite taille ? Son visage encore poupin ? Mais il faut sérieusement suspendre son incrédulité pour l’accepter dans cet emploi ! « JURASSIC WORLD : RENAISSANCE » vaut éventuellement le coup d’œil pour quelques séquences de suspense, un ou deux beaux dinos comme ce T-Rex amphibie, mais que tout cela et vain et puéril !

 

« M3GAN 2.0 » (2025)

Écrit et réalisé par Gerard Johnstone, deux ans après la belle réussite que fut « M3GAN », « M3GAN 2.0 » en est une sequel a priori inutile et qui explose le budget sans complexe, se noie dans les CGI dernier cri et galvaude son postulat pourtant passionnant.

On retrouve la créatrice de « jouets » boostés à l’I.A. Allison Williams et sa nièce Violette McGraw – qui a bien grandi – à présent confrontées au FBI et à un milliardaire de nationalité indéterminée, ivre de pouvoir. Un avatar amélioré de la précédente poupée, sorte de Lara Croft mâtinée de Terminator (Ivanna Sakhno), est une arme fatale dont l’armée perd le contrôle. Seule façon de la stopper dans son projet de destruction du monde via Internet ? Ressusciter la M3gan d’origine pour lui mettre une raclée ! C’est évident, voyons. Dès le début, par l’usage outrancier des séquences d’action, par l’accumulation de décors (virtuels) démesurés, on sent qu’on n’est plus du tout dans la fable abrasive du n°1. Sur une trame évoquant « TERMINATOR 2 : LE JUGEMENT DERNIER », ce n°2 assomme par son incessant prêchi-prêcha contre les dangers de l’Intelligence Artificielle, tout en exploitant toutes les ressources des progrès techniques en effets numériques. La M3gan originelle n’apparaît pas suffisamment pour créer un lien véritable avec le premier film et les tueries assez gore provoquées par « Amelia » sont répétitives et sans fondement narratif. Au final, on s’ennuie énormément, on regrette que cette orgie de dollars ait tué le charme et la force du n°1. La dernière partie, où la gentille tantine devient elle-même une démolisseuse invincible, est consternante. Revoyons plutôt le vrai « M3GAN » !

 

« NOUS IRONS TOUS AU PARADIS » (1977)

Produit un an après « UN ÉLÉPHANT ÇA TROMPE ÉNORMÉMENT », tourné avec la même équipe, « NOUS IRONS TOUS AU PARADIS » d’Yves Robert force moins sur la farce à tout prix, laisse filtrer une profondeur et une finesse psychologiques évoquant parfois Claude Sautet. D’ailleurs, ne retrouve-t-on pas au générique le scénariste de celui-ci (Jean-Loup Dabadie), un de ses directeurs photo (René Mathelin) et Claude Brasseur ?

C’est donc une comédie finalement plus amère que douce, où les quatre ados attardés ont fini par prendre un coup dans l’aile. L’adultère est toujours dans l’air, mais il n’est plus au cœur des préoccupations. La mort est là, elle aussi qui plâne, les fâcheries, l’âge mûr qui rôde… D’ailleurs, les scènes où Jean Rochefort en imper, file Danièle Delorme sur une musique pastichant « LA PANTHÈRE ROSE » semblent maintenant puériles et déplacées. Le dialogue est brillant, les situations sont souvent hilarantes (le pavillon collé à l’aéroport acheté par les quatre copains, un jour de grève à Orly !) et d’autres mettent mal à l’aise (la relation entre Brasseur et la beaucoup plus âgée Gaby Sylvia) ou nous surprennent par la force de leur émotion (Guy Bedos apprenant la mort de sa maman en revenant de week-end). Ce n°2 dépasse – et c’est très rare – le film original et offre à Brasseur, en particulier, peut-être son plus beau rôle. Même Victor Lanoux, en demeurant le gros « beauf » ignare qu’on connaît déjà, finit par générer de l’émotion. La patte d’auteur de Dabadie domine ce film imparfait mais de plus en plus adulte à mesure qu’il progresse. À l’image de ses protagonistes, tiens !

CLAUDE BRASSEUR, GABY SYLVIA, VICTOR LANOUX, JEAN ROCHEFORT ET GUY BEDOS
 

« 28 ANS PLUS TARD » (2025)

Danny Boyle avait ravivé les zombies en 2002 avec « 28 JOURS PLUS TARD », il a poursuivi son œuvre avec « 28 SEMAINES PLUS TARD » (2007) et revient avec « 28 ANS PLUS TARD » qui ouvre sur une ou plusieurs autres continuations.

Ce 3ème opus, écrit par Alex Garland et tourné en Écosse, est plutôt séduisant à la base et bénéficie d’un excellent casting. Le problème est, qu’en 18 ans, pas mal de choses se sont passées dans l’univers dystopien des « infectés ». D’abord et avant tout : la série « WALKING DEAD », ses 10 saisons et ses spin-offs sont passés par là. Ils ont remis les zombies à la mode et ont fini par créer une sorte de fatigue du genre, un trop-plein. De fait, pendant sa première heure, « 28 ANS PLUS TARD » fait penser à un épisode de la série, en un peu plus friqué et mieux photographié. D’où une grosse difficulté à se passionner. Ces massacres sanglants, cette forteresse dans la nature, ces héros abîmés par des années de terreur, on les connaît déjà par cœur sous d’autres noms. Boyle maintient un bon rythme, mais encombre son image de chichis redondants : arrêts sur image, giclures de sang numérique, etc. En fait le film ne décolle vraiment qu’avec l’arrivée de Ralph Fiennes, en médecin vivant parmi des totems d’ossements qu’il a fabriqués lui-même. Mais c’est déjà un peu tard ! Le petit Alfie Williams est très bien en principal protagoniste, Jodie Comer parfaite dans le rôle de sa mère rongée par le cancer et Aaron Taylor-Johnson joue le père immature. Ce n°3 se laisse regarder, malgré sa durée excessive, mais hormis quelques séquences d’action bien troussées et une certaine émotion à la fin, l’entreprise demeure bien creuse. Ah ! N’oublions pas un détail qui a son importance : les zombies sont tout nus et ils courent très vite.

JODIE COMER
 

« NOBODY 2 » (2025)

Mis en chantier quatre ans après le n°1, « NOBODY 2 » passe à présent entre les mains de l’Indonésien Timo Tjahjanto (« HEADSHOT ») et permet de retrouver la petite famille de Bob Odenkirk plus déjantée que jamais.

Notre espion-tueur préféré emmène femme, enfants et papy dans le camp de vacances de son enfance pour un repos bien mérité. Évidemment, l’endroit, particulièrement défraîchi, est une plaque-tournante de la drogue et les emmerdements vont pleuvoir sur notre héros qui les attire comme un aimant. Dans cette sequel, le ton est plus cartoonesque, les scènes d’action encore plus folles que précédemment et les auteurs ont décidé de tourner le dos au réalisme et à la vraisemblance. Si le scénario n’est que prétexte à bastons, à fusillades et à bagarres à l’arme blanche, l’humeur est joyeuse et les personnages sont attachants. On sent que Connie Nielsen a dû demander à être plus intégrée à l’action, ce qui était une bonne idée. Maigre, marqué par l’usure et les coups, Odenkirk est formidable, à la fois en papa gâteau malmené par l’existence et menacé de burnout et en flingueur increvable, presque surhumain. Ce qui ne l’empêchera pas de perdre un doigt dans l’aventure ! Le bonus du film, n’est autre que Sharon Stone, absolument délirante en mafieuse sadique et hystérique, au rictus de vampire, qui crée une méchante de première grandeur. Un vrai comeback ! Très bien filmé et chorégraphié, drôle et méchant, « NOBODY 2 » ne décevra pas les fans du premier opus et ferait presque rêver à une vraie franchise…

BOB ODENKIRK, CONNIE NIELSEN ET SHARON STONE