Écrit par l’acteur Paul Anders, « GOODBYE JUNE » est la première réalisation de Kate Winslet, qui s’octroie également le rôle principal dans un cast haut-de-gamme.
Le scénario, pas des plus attractifs, se concentre sur la fin de vie d’Helen Mirren sur son lit d’hôpital, rongée par le cancer, qui réunit sa famille dysfonctionnelle pour la réconcilier avant de partir. Même si on sent l’expérience vécue, le film ne recule devant aucune ficelle mélodramatique, donne du grain à moudre à tous les protagonistes et dérape parfois dans la facilité. Ainsi, l’infirmier gay nommé « Angel » qui cimente, sans avoir l’air d’y toucher, la réunion familiale. C’est honnêtement réalisé, mais l’intérêt provient surtout de la direction d’acteurs très assurée de Winslet. Malgré des rôles frisant le gros cliché lacrymal, tous les comédiens sont excellents et quelques face à face, comme celui de Winslet elle-même et la superbe Andrea Riseborough dans un couloir désert, sont même exceptionnels. Mirren, à 80 ans, encore vieillie par le maquillage, est d’une sobriété sans faille. Timothy Spall assume son rôle de papy geignard et alcoolique qui connaît une rédemption assez peu crédible à la fin. Johnny Flynn est parfait en fils engoncé dans ses souffrances. Seule Toni Collette – combien de films tourne-t-elle par an ? – peut agacer dans un rôle de coach post-hippie excentrique et pénible. À condition de bien vouloir passer presque deux heures dans les soins palliatifs d’un hôpital, pendant les fêtes de Noël, « GOODBYE JUNE » vaut le coup d’œil pour ses comédiennes et quelques moments d’émotion qui cueillent au détour d’une séquence.