RSS

Archives de Catégorie: LES FILMS DE CLINT EASTWOOD

« JURÉ N°2 » (2024)

Curieux choix de la part de Clint Eastwood, 94 ans, que ce scénario, pour ce qui sera probablement son ultime réalisation. « JURÉ N°2 » apparaît comme un remake pur et simple de « 12 HOMMES EN COLÈRE » (1957) et du film français « LE SEPTIÈME JURÉ » que l’auteur aurait pimenté d’un élément perturbateur.

En effet, dans le procès d’un individu qui aurait battu sa fiancée à mort avant de l’abandonner dans un fossé, un des jurés, le jeune futur papa Nicholas Hoult, n’est autre que… le véritable coupable ! Bourrelé de remords, il va tout faire pour innocenter l’accusé (Gabriel Basso) sans se compromettre lui-même. Idée qui en vaut une autre, mais le traitement du scénario rend l’histoire invraisemblable et les rebondissements forcés et peu crédibles. La vraie question à se poser est « Pourquoi le scénario abat-il si rapidement sa carte maîtresse ? ». N’aurait-il pas été plus judicieux de dévoiler la vraie nature du meurtrier plus tard ? Correctement filmé et monté, « JURÉ N°2 » n’en garde pas moins une allure de téléfilm luxueux mais manquant de profondeur et de personnages attachants. Hoult parvient à créer un personnage pathétique et odieux à la fois, laissant toute latitude au spectateur de se poser la bonne question : « Qu’aurions-nous fait à sa place ? ». Toni Collette est excellente en procureure ambitieuse qui a perdu de vue ses idéaux de jeunesse et les retrouve in extremis. J.K. Simmons est égal à lui-même en ex-flic perspicace et Kiefer Sutherland apparaît brièvement en avocat à peine esquissé. « JURÉ N°2 » distrait le temps qu’il dure, mais ses trop nombreux emprunts au chef-d’œuvre de Sidney Lumet, cité plus haut, et à d’autres classiques du « courtroom drama » le rendent quelque peu inconsistant. Dommage…

 

« INCIDENT OF THE WIDOWED DOVE » : Sally Forrest dans « Rawhide »

CLINT EASTWOOD

Réalisé par Ted Post, qui comptera beaucoup dans la future carrière de Clint Eastwood (« PENDEZ-LES HAUT ET COURT », « MAGNUM FORCE »), « INCIDENT OF THE WIDOWED DOVE » est un épisode de la 1ère saison de « RAWHIDE » qui définit parfaitement les contours de la personnalité de Rowdy Yates, immuable pendant plusieurs saisons.

Pendant une beuverie en ville avec les cowboys du convoi, Rowdy tombe raide-dingue amoureux d’une jeune femme en détresse (Sally Forrest) qui a besoin de 50 $ pour fuir son mari psychopathe (Jay C. Flippen) qui l’a totalement isolée du reste de la population. Ce que Rowdy ignore, c’est que l’homme est aussi le shérif de la ville ! L’intérêt principal du scénario se trouve dans un des premiers affrontements entre Eastwood et son boss (Eric Fleming) : dès ce 4ème épisode, le jeune ramrod est déjà prêt à quitter le convoi, à tout envoyer paître pour les beaux yeux d’une parfaite inconnue qu’il ne connaît que depuis dix minutes. Il en viendra même aux mains avec Fleming et lui balancera sa démission à la figure. Un « jeunot » soupe-au-lait et cœur d’artichaut, bien éloigné de la personnalité de star du futur « No Name ». Le vétéran Flippen est inhabituel en vieux mari fou de jalousie et Forrest très bien en épouse séquestrée, aux abois. Ue bonne histoire qui installe très tôt les fondamentaux de cette longue série et permet au jeune Eastwood, après des débuts au cinéma peu prometteurs, d’affiner son jeu malgré une partition très limitée.

À noter : le titre particulièrement étrange de l’épisode, qu’on pourrait traduire par « L’INCIDENT DE LA COLOMBE VEUVE » !

SALLY FORREST, ERIC FLEMING ET JAY C. FLIPPEN
 
Image

AUJOURD’HUI, IL A 95 ANS !

 

« UN MONDE PARFAIT » (1993)

« UN MONDE PARFAIT » contient toutes les qualités et la plupart des défauts des films de Clint Eastwood. À 138 minutes, il est infiniment trop long, le montage parallèle entre les fugitifs et les policiers à leurs trousses n’existe manifestement que pour donner un rôle à Clint. Quant à la fin, à partir de la blessure de Butch, elle n’en finit pas de finir, gâchant la bonne impression laissée par le film jusque-là.

En taulard évadé, traînant ses traumatismes d’enfance, Kevin Costner trouve un de ses meilleurs rôles de début de carrière. Il est aussi attachant qu’imprévisible, voire dangereux. Son duo avec l’enfant qu’il a pris en otage (T.J. Lowther) fonctionne à plein régime et justifie l’entreprise. Clint en vieux ranger ronchon joue sur une seule note et sa relation passée avec Costner paraît plaquée, forcée au chausse-pied. Laura Dern a un rôle plus intéressant de criminologue peu impressionnable. Dans un rythme monotone mais pas désagréable, surnagent plusieurs séquences violentes très bien gérées : le premier meurtre dans un champ de maïs, la crise de folie homicide qui prend possession de Costner quand il voit un fermier maltraiter son petit-fils. Le film atteint à ces moments-là une vraie grandeur eastwoodienne. Aussi est-on d’autant plus consterné, quand s’installe (ATTENTION : SPOILER !) une des plus longues agonies de l’Histoire du 7ème Art, où Costner se vide de son sang, tout en taillant plusieurs bavettes consécutives avec le gamin. « UN MONDE PARFAIT » s’effondre vraiment à partir de là et fait regretter qu’Eastwood n’ait pas eu un monteur plus sévère avec son matériau. Malgré ses défauts, le film se laisse revoir avec plaisir et permet déjà de deviner que Kevin Costner n’est jamais meilleur que lorsqu’il joue des bad guys. Sa fin de carrière le prouvera définitivement. Très louangé à sa sortie, le film semble aujourd’hui quelque peu surévalué dans la filmo de Mr Eastwood.

KEVIN COSTNER, WAYNE DEHART, LAURA DERN, JENNIFER GRIFFIN, BRADLEY WHITFORD ET CLINT EASTWOOD
 

« HAUT LES FLINGUES ! » (1984)

« HAUT LES FLINGUES ! » (encore bravo pour le titre français !) est un des films les plus ignorés et oubliés de la carrière de Clint Eastwood. Et pourtant, ce devait être originellement réalisé par son scénariste Blake Edwards et le face à face entre Eastwood et Burt Reynolds était censé provoquer des étincelles au box-office.

Hélas, Edwards (qui signe ici sous pseudonyme) fut remplacé par l’acteur Richard Benjamin et la rencontre entre les deux stars arrivait beaucoup trop tard dans leurs carrières. L’histoire se situe pendant la prohibition et confronte deux anciens co-équipiers : le « privé » Reynolds et le flic Eastwood à présent ennemis jurés. L’enjeu ? Une valise pleine de documents compromettants pour divers gangsters. Et… c’est tout. Le ton se voudrait drolatique, mais toutes les « vannes » tombent à plat, le montage est flasque, les personnages ne sont que des fantômes sans le moindre intérêt. Amaigri, visiblement malade, Burt fait peine à voir surtout quand il essaie d’être drôle, quant à Clint, il ne masque pas son ennui devant la nullité du matériau dans un rôle de policier bas-du-front et monosyllabique. À peine essaie-t-il des petits effets comiques (des tics nerveux dans les yeux quand on le bouscule) aussi consternants que le reste. Autour de ce tandem qui ne fonctionne pas une seconde, de belles actrices comme Jane Alexander attirée par les deux tough guys, l’irremplaçable Madeline Kahn sous-employée en mondaine amoureuse de Burt et puis Rip Torn et Tony Lo Bianco en caïds rivaux, Richard Roundtree en associé corrompu et quelques visages familiers. « HAUT LES FLINGUES ! » est un ratage complet, un rendez-vous manqué, même les décors (toujours la même rue filmée sous tous les angles) font cheap. À fuir comme auraient dû le faire les deux compères avant de signer leur contrat.

À noter : Reynolds eut la mâchoire fracassée pendant le tournage d’une bagarre, ce qui explique ses variations de poids très visibles au cours de l’action. Il fut handicapé très longtemps et sa carrière ne s’en remit jamais complètement.

CLINT EASTWOOD, BURT REYNOLDS, MADELINE KAHN ET JANE ALEXANDER
 

« …ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS » (1965)

LEE VAN CLEEF

Second western de Sergio Leone, « …ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS » affirme le style du maestro qui tourne aux mêmes endroits que l’année précédente, avec les mêmes acteurs, mais ne signe pas une sequel à proprement parler. Seul Clint Eastwood semble jouer un rôle identique.

L’histoire, c’est celle de deux chasseurs de primes : un ex-colonel sudiste (Lee Van Cleef) et un collègue plus jeune (Eastwood), qui s’associent pour capturer la bande de hors-la-loi de Gian Maria Volontè, un tueur shooté à la marijuana et à moitié fou. Sur cette trame, Leone surgonfle son film sur 130 minutes, n’esquive pas les longueurs et les complaisances, mais la patine du temps a fait son œuvre et balaie les quelques réticences. Dans cet Ouest ibère, on s’intéresse plutôt aux trognes patibulaires, aux cadrages très BD et aux notes d’Ennio Morricone qu’à l’histoire ou à sa portée psychologique. Alors qu’il était encore considéré comme troisième couteau aux U.S.A., Van Cleef seulement 40 ans, joue un killer qui en a dix de plus et trouve par la même occasion le rôle de sa vie. Il domine le film de ses yeux calculateurs, de son sourire sûr de lui. Son manteau noir et sa collection d’armes en font une icône immédiate. Eastwood lui sert élégamment de sidekick avec un flegme inégalable. La brochette de gueules italo-germano-espagnoles est un vrai festival : Luigi Pistilli, Mario Brega, Aldo Sambrell et surtout Klaus Kinski dans un rôle hallucinant de bossu haineux et bourré de tics nerveux. Son face à face avec Van Cleef au saloon est anthologique. Sans oublier Volontè, littéralement habité par cet « Indio » suant et rusé, au rire tonitruant. Malgré ses nombreuses qualités et bien qu’il soit un réel progrès par rapport à « POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS », ce western laissera bientôt la place à des épopées leoniennes plus amples, plus riches et surtout, plus ambitieuses. Mais celui-ci est un bel amuse-gueule.

CLINT EASTWOOD, KLAUS KINSKI, LEE VAN CLEEF ET GIAN MARIA VOLONTÈ
 

« LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND » (1966)

Troisième western de Sergio Leone, « LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND » a pris de l’ampleur avec le temps, surtout comparé à ses prédécesseurs et demeure aujourd’hui encore inégalé et d’une folle ambition.

À la fois comédie picaresque, charge antimilitariste et histoire d’une amitié improbable entre deux tueurs aux caractères diamétralement opposés, le scénario tourne autour de 200 000 $ dérobés en pleine guerre de sécession et de trois individus prêts à tout pour s’en emparer. Clint Eastwood retrouve à l’identique son rôle de pistolero cynique et froid, Lee Van Cleef joue une infâme crapule sadique, mais le film appartient tout entier à Eli Wallach dans le rôle de sa vie : un bandit cupide, cruel, étonnamment courageux, le seul dont on découvre un peu le passé et les origines. Fermement dirigé dans le cabotinage, Wallach frise le génie et voir ses petits yeux écarquillés dans le duel final demeure un bonheur de gourmet. Le film commence par la présentation des trois protagonistes dans des situations très « spaghetti western », mais se développe progressivement en quelque chose de plus généreux, de beaucoup plus ambitieux. La plupart des répliques sont devenues anthologiques (« Quand on doit tirer, on tire. On cause pas », « Il y a deux sortes d’éperons, mon ami… », « Quelle ingratitude ! Quand on pense au nombre de fois où je t’ai sauvé la vie », etc.) et le Cinémascope grouille littéralement de personnages secondaires marquants comme Luigi Pistilli excellent en frère de Wallach devenu moine, Al Mulock, Aldo Guiffre ou l’énorme Mario Brega. Vers la fin, Eastwood trouve un vêtement près d’un soldat mort : il s’agit du poncho mythique qu’il portait dans les deux films précédents et qu’il revêt pendant le duel (triel, puisqu’ils sont trois). Ce qui laisse entendre que « LE BON, LA BRUTE… » est la prequel de « POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS » et de « …ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS ». Il serait absurde d’achever ce survol d’une œuvre aussi majeure, sans citer l’auteur de la BO, qui signe un de ses chefs-d’œuvre immortels : l’immense Ennio Morricone au sommet de son art.

À noter : au début des années 2000, le film fut remonté. Plusieurs séquences ont été réintégrées pour totaliser une durée de 3 heures. Plusieurs points de scénario se sont trouvés clarifiés et le personnage de Sentenza a pris une nouvelle dimension. Eastwood et Wallach se sont doublés eux-mêmes dans la version anglaise, plus de trente ans après, un imitateur a remplacé Van Cleef décédé entretemps.

CLINT EASTWOOD, ELI WALLACH ET LEE VAN CLEEF
 

« SUR LA ROUTE DE MADISON » (1995)

Adapté d’un best-seller, « SUR LA ROUTE DE MADISON » de Clint Eastwood raconte une « brève rencontre » de quatre jours, celle d’une ménagère de l’Iowa dont la famille est partie pour une foire locale et un photographe-baroudeur plus âgé qu’elle.

Force est de reconnaître que le charme du film s’est pas mal éventé avec les années. En totale liberté, Eastwood s’offre son unique rôle romantique, une sorte de vieil ado émotif et délicat et se confronte à Meryl Streep au sommet de sa carrière. Que dire de ce film bien trop long, trop souvent improvisé et sans réelle substance ? La construction en flash-backs aide un peu à maintenir l’intérêt (les enfants quadragénaires de Streep découvrent cette liaison en lisant son journal, après sa mort), mais le scénario s’enlise de plus en plus dans d’interminables dialogues pendant lesquels les personnages s’expliquent, s’analysent et se disputent entre deux étreintes. C’est joliment filmé dans de magnifiques extérieurs, on trouve quelques séquences fortes comme la rencontre de Clint avec une femme adultère honnie par toute la ville. Mais dans l’ensemble tout cela manque de sève et de spontanéité. Un peu à l’image de Streep, peu crédible (pas du tout, en fait) en Italienne capiteuse et sensuelle, qui se laisse aller à ses tics de jeu les plus irritants. Eastwood vaut le détour : il est d’un naturel confondant, délaisse totalement son machisme et ses sourcils froncés, pour camper un solitaire ultra cool et avenant, au charme mûrissant et au sourire juvénile. Le long plan où il fait hurler de rire sa partenaire en racontant son histoire de gorille, donne sans doute une image de l’acteur collant à sa véritable personnalité. Parmi les seconds rôles, à peine esquissés, on remarque l’excellente Annie Corley jouant la fille amère de Streep. « SUR LA ROUTE DE MADISON » aurait mérité des coupes drastiques dans son montage, une sensation d’urgence plus marquée, mais le dernier plan de Clint, mort-vivant sous un déluge de pluie, parvient à susciter une belle émotion.

MERYL STREEP ET CLINT EASTWOOD
 

« LE CAS RICHARD JEWELL » (2019)

« LE CAS RICHARD JEWELL » est un film réalisé par Clint Eastwood, alors âgé de 89 ans, il est basé sur un fait réel : une attaque à la bombe à Atlanta en 1996, dont le suspect n°1 fut un vigile pourtant innocent, mais harcelé par le FBI et les médias.

Le vrai pari du scénario est de prendre un personnage particulièrement déplaisant comme point d’ancrage : un vieux garçon obèse féru de chasse et d’armes lourdes, un homme simple, obséquieux avec l’autorité, rêvant d’entrer dans la police et de nous faire comprendre que sa personnalité ne compte pas dans ce cas présent. L’important est qu’il soit injustement accusé. Paul Walter Hauser compose un Richard Jewell 100% crédible avec son alarmant surpoids, ses joues rouges, sa diction lente. Il forme un excellent tandem avec Sam Rockwell son exact contraire, jouant son avocat à la langue bien pendue. Le film a tout du « movie of the week », d’une facture anonyme, mais d’une remarquable fluidité. En vieux rebelle, Eastwood met dos à dos le « Bureau » à travers un agent à l’éthique flottante (Jon Hamm) et la presse via le portrait impitoyable d’Olivia Wilde prête à tout pour un scoop, qui rappelle immanquablement Faye Dunaway dans « NETWORK ». Kathy Bates – à peine reconnaissable – joue la mère effondrée de Richard et a un magnifique monologue face aux journalistes vers la fin. Nina Arianda, grande voleuse de scènes devant l’Éternel, est formidable en secrétaire russe ultra-compétente de Rockwell. Bien sûr, cela reste un film didactique et engagé, sans grande valeur cinématographique, mais dans le désert que fut la filmo du Grand Clint depuis « GRAND TORINO », il se range, avec « AMERICAN SNIPER » et – à un degré moindre – « LA MULE », parmi ses ultimes réussites.

SAM ROCKWELL, PAUL WALTER HAUSER, JON HAMM ET OLIVIA WILDE
 

« BREEZY » (1973)

« BREEZY » est le 3ème long-métrage réalisé par Clint Eastwood et le premier où il n’apparaît pas (hormis une fugitive apparition en clin d’œil), cédant un rôle écrit pour lui à William Holden dont l’âge, 55 ans, correspondait davantage au personnage.

Agent immobilier divorcé, cynique et macho, Holden croise la route de Kay Lenz une hippie adolescente traînant à L.A. avec sa guitare. Peu à peu, par sa fraîcheur et sa candeur, la jeune fille parvient à dégeler le ronchon et à s’installer chez lui. Une très improbable love story s’épanouit, redonnant à l’homme énergie et joie de vivre. Mais encore faut-il résister au regard des autres… « BREEZY » est une œuvre simple, sensible, très bien dialoguée, qui évite les lieux communs en donnant une réelle profondeur aux protagonistes. Avec sa « gueule » ridée, abîmée, Holden d’un naturel absolu, assume toutes les contradictions de son rôle, jusqu’à accepter de paraître franchement antipathique. Face au vieux « pro » hollywoodien, Lenz tient largement la distance malgré un personnage plus schématique. Tous les seconds rôles – pour la plupart inconnus – sont à leur place. Roger C. Carmel est excellent en copain ivrogne et libidineux, un rôle qu’aurait pu tenir Walter Matthau dans les années 50. Déjà responsable du scénario de « UN FRISSON DANS LA NUIT », Jo Heims, collaboratrice régulière d’Eastwood, impose sa griffe sur « BREEZY », et le film, sobrement filmé, sans trop de digressions, lui doit sans doute davantage qu’à son réalisateur. Émouvant, drôle, très daté puisque ancré dans son époque, « BREEZY » fait partie des films les plus atypiques de la filmo du grand Clint, mais il a bien tenu le choc des années et offre un rôle riche et profond au vieux routier Holden qu’on est toujours heureux de voir apparaître dans une œuvre de qualité.

À noter : Quand Frank et Breezy vont au cinéma ensemble pour la première fois, c’est pour voir « L’HOMME DES HAUTES PLAINES », le film précédent d’Eastwood.

WILLIAM HOLDEN, KAY LENZ ET CLINT EASTWOOD