Curieux choix de la part de Clint Eastwood, 94 ans, que ce scénario, pour ce qui sera probablement son ultime réalisation. « JURÉ N°2 » apparaît comme un remake pur et simple de « 12 HOMMES EN COLÈRE » (1957) et du film français « LE SEPTIÈME JURÉ » que l’auteur aurait pimenté d’un élément perturbateur.
En effet, dans le procès d’un individu qui aurait battu sa fiancée à mort avant de l’abandonner dans un fossé, un des jurés, le jeune futur papa Nicholas Hoult, n’est autre que… le véritable coupable ! Bourrelé de remords, il va tout faire pour innocenter l’accusé (Gabriel Basso) sans se compromettre lui-même. Idée qui en vaut une autre, mais le traitement du scénario rend l’histoire invraisemblable et les rebondissements forcés et peu crédibles. La vraie question à se poser est « Pourquoi le scénario abat-il si rapidement sa carte maîtresse ? ». N’aurait-il pas été plus judicieux de dévoiler la vraie nature du meurtrier plus tard ? Correctement filmé et monté, « JURÉ N°2 » n’en garde pas moins une allure de téléfilm luxueux mais manquant de profondeur et de personnages attachants. Hoult parvient à créer un personnage pathétique et odieux à la fois, laissant toute latitude au spectateur de se poser la bonne question : « Qu’aurions-nous fait à sa place ? ». Toni Collette est excellente en procureure ambitieuse qui a perdu de vue ses idéaux de jeunesse et les retrouve in extremis. J.K. Simmons est égal à lui-même en ex-flic perspicace et Kiefer Sutherland apparaît brièvement en avocat à peine esquissé. « JURÉ N°2 » distrait le temps qu’il dure, mais ses trop nombreux emprunts au chef-d’œuvre de Sidney Lumet, cité plus haut, et à d’autres classiques du « courtroom drama » le rendent quelque peu inconsistant. Dommage…