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Archives Mensuelles: juin 2015

JACK CARTER : R.I.P.

JACK CARTER (1923-2015), COMIQUE DE « STAND UP », SECOND RÔLE DE TV, PRÉSENTATEUR POPULAIRE AUX U.S.A.
JACK CARTER (1923-2015), COMIQUE DE « STAND UP », SECOND RÔLE DE TV, PRÉSENTATEUR POPULAIRE AUX U.S.A.
 
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Publié par le 30 juin 2015 dans CARNET NOIR

 

« LES NOUVEAUX SAUVAGES » (2014)

SAUVAGES2

Le titre et le découpage en sketches (six) font immédiatement penser au classique italien « LES NOUVEAUX MONSTRES », mais « LES NOUVEAUX SAUVAGES », production argentine, après deux premières histoires amusantes mais sans réelle originalité, prend son envol pour un trip effarant dans la violence quotidienne et la barbarie qui sommeille en chacun de nous.

L’auteur-réalisateur Damián Szifrón ne cherche pas la « chute » à tout prix et au fur et à mesure, ses petites fables sont d’ailleurs de moins en moins drôles et de plus en plus perturbantes. On admirera l’exceptionnelle maîtrise de la mise-en-scène, la qualité de l’image et surtout de l’interprétation en tous points parfaite. Dans ce film d’une belle homogénéité, on retiendra le sketch magnifique avec le toujours excellent Ricardo Darin, où celui-ci se dresse contre l’injustice et devient un « héros du peuple » à cause d’une contredanse abusive. Ou l’affrontement entre deux automobilistes dont la violence s’amplifie jusqu’à la pure sauvagerie bestiale : un grand moment de cinéma à l’état pur où on perçoit des échos de « DUEL » ou du « COUP DE L’ESCALIER » ! Ou encore ce mariage juif bon-enfant qui dégénère en une tornade d’hystérie sanglante et dans lequel Erica Rivas fait une performance d’actrice absolument terrifiante. La fin va tellement loin qu’on en vient à penser à « CARRIE AU BAL DU DIABLE » ! À la différence des classiques italiens du film à sketches, qui trouvaient toujours un équilibre entre la satire sociale et la truculence méditerranéenne, « LES NOUVEAUX SAUVAGES » nous tend un miroir peu flatteur et infiniment moins amusant. Mais il court là-dedans une telle intelligence, une telle lucidité, qu’on a envie d’applaudir des deux mains. Oui, il n’en faut définitivement pas beaucoup pour que nous retournions tous à l’état sauvage !

ERICA RIVAS ET RICARDO DARIN
ERICA RIVAS ET RICARDO DARIN
 

HAPPY BIRTHDAY, AL !

AL MULOCK (1926-1968), SECOND RÔLE CANADIEN TRÈS INQUIÉTANT, APERÇU ENTRE AUTRES DANS DEUX FILMS DE LEONE.
AL MULOCK (1926-1968), SECOND RÔLE CANADIEN TRÈS INQUIÉTANT, APERÇU ENTRE AUTRES DANS DEUX FILMS DE LEONE.
 
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Publié par le 30 juin 2015 dans ANNIVERSAIRES

 

« THE MAKING OF THE MAGNIFICENT SEVEN » !

BOOK SEVEN2
JIMMY ET STEVE
BOOK SEVEN

Un livre vient de sortir aux U.S.A. : « THE MAKING OF THE MAGNIFICENT SEVEN », aux éditions McFarland et entièrement consacré à la genèse, au tournage et à la carrière commerciale des « 7 MERCENAIRES » de John Sturges.

Écrit par Brian Hannan, journaliste spécialisé dans le cinéma des années 60 et œuvrant dans l’excellente revue anglaise « CINEMA RETRO », l’ouvrage décortique toutes les étapes de fabrication du classique du western et remet quelques pendules à l’heure. Des exemples : contrairement à ce qu’on peut croire, le film fut un gros ‘flop’ commercial aux États-Unis à sa première sortie en 1960, ne se bâtissant une réputation qu’avec les années. La célèbre « rivalité » entre Yul Brynner et Steve McQueen est pure invention d’attaché-de-presse en mal de publicité. Mais le même Yul fit retourner des séquences avec Eli Wallach parce qu’il le trouvait trop sympathique ! On trouve également au moins trois versions expliquant comment James Coburn a été choisi pour le rôle de ‘Britt’ ! L’auteur peut se montrer fastidieux dans les à-côtés (le procès intenté par Anthony Quinn, le box-office in extenso des films sortis la même année), mais il s’amuse à dénombrer toutes les invraisemblances du scénario une à une et s’agace régulièrement de la présence excessive de Horst Buchholz, « chouchouté » par Sturges sur le plateau et qui – selon Hannan – est la plus grosse faiblesse du film. Tout cela est extrêmement sérieux, exhaustif, précis jusqu’à la maniaquerie, mais il manque clairement l’essentiel : des interviews récentes des protagonistes. L’auteur a glané son matériau un peu partout (documentaire sur le DVD du film, mémoires diverses des participants, etc.), mais n’a pas interrogé lui-même les survivants, même s’ils sont de plus en plus rares. Grosse déception aussi quant à l’iconographie réduite au strict minimum. Au bout du compte, on demeure avec la sensation d’une autopsie très (trop) démystificatrice d’un film qui, au fond, n’existe que par sa mythologie. Là, comme dirait ‘Papy’, on préfère nettement la légende à la réalité !

 

AMERICAN FRIENDS IN BLUE !

SORTIES U.S. EN BLU-RAY POUR L’ÉTÉ :: DU ROY, DU YUL, DU STEVE, DU LEE ET DU JACK ! QUE DU BONHEUR EN HD...
QUATRE SORTIES U.S. EN BLU-RAY POUR L’ÉTÉ : DU ROY, DU YUL, DU STEVE, DU LEE ET DU JACK ! QUE DU BONHEUR EN HD…
 

HAPPY BIRTHDAY, IAN !

IAN BANNEN (1928-1999), SUPERBE SECOND RÔLE ANGLAIS AU SOURIRE TRÈS INQUIÉTANT.
IAN BANNEN (1928-1999), SUPERBE SECOND RÔLE ANGLAIS AU SOURIRE TRÈS INQUIÉTANT.
 
 

« LE COUTEAU DANS L’EAU » (1962)

COUTEAU2

« LE COUTEAU DANS L’EAU » est le premier long-métrage de Roman Polanski, tourné en Pologne, et c’est une sorte de huis clos austère et dépouillé situé pour les trois-quarts sur un voilier occupé par trois personnages.

Le scénario est assez déroutant, puisqu’on attend plus ou moins consciemment que la situation s’envenime entre ce couple désuni et le jeune autostoppeur angélique et mystérieux qui les accompagne. Parce que depuis, on a vu « CALME BLANC » qui, d’un postulat similaire, virait au thriller ? Probablement. Toujours est-il que ce film installe une sorte de suspense psychologique par des touches infinitésimales, mais que cette tension ne débouche sur… pratiquement rien. Ou pas grand-chose. La cohabitation ne fait que révéler les caractères, surtout celui du mari, un écrivain hautain et macho qui aime à dominer et humilier autrui. La présence d’un couteau à cran d’arrêt à bord laisse supposer qu’il va bien finir par être utilisé. Mais non… Comme le titre l’indique, il ne fera que tomber à la mer, cristallisant les conflits larvés entre les protagonistes. C’est bien filmé et cadré avec dynamisme, les comédiens – tout particulièrement Jolanta Umecka, toute en ambiguïté – sont impeccables et la musique crée un malaise permanent. Mais on a du mal à s’enthousiasmer pour ce film certes déjà très polanskien, mais encore embryonnaire et, avouons-le, un tantinet ennuyeux. À voir pour le complétiste du réalisateur de « CHINATOWN », qui y trouvera sans le moindre doute toutes les promesses tenues par la suite.

LEON NIEMCZYK, JOLANTA UMECKA ET ZYGMUNT MALANOWICZ
LEON NIEMCZYK, JOLANTA UMECKA ET ZYGMUNT MALANOWICZ
 

« NIGHT OF APRIL 14th » : Patrick Macnee dans « One step beyond »

BARBARA LORD ET PATRICK MACNEE SUR LE PONT...
BARBARA LORD ET PATRICK MACNEE SUR LE PONT…

Petit hommage à Patrick Macnee qui vient de nous quitter, avec un tour du côté de la série fantastique « ONE STEP BEYOND » dont il fut la ‘guest star’ dans l’épisode « NIGHT OF APRIL 14th », réalisé par John Newland, créateur de la série.

Cette nuit du 14 avril, c’est bien sûr celle du naufrage du Titanic. Et l’épisode de 26 minutes, truffé de stock-shots piqués dans des longs-métrages, parle essentiellement de prémonition. Celle d’abord qui fait faire d’affreux cauchemars à Barbara Lord, alors qu’elle s’apprête à partir en voyage de noces à bord du paquebot avec son mari Macnee. Puis pendant la traversée, les hantises d’un prêtre qui se prépare pour la messe ou d’un peintre qui dessine le naufrage qui n’a pas encore eu lieu. C’est très simple et linéaire, Barbara Lord crée une certaine tension par son jeu à fleur de peau et Macnee, déjà primesautier et ironique, égal à lui-même, autrement dit, lui sert de faire-valoir en jeune marié protecteur mais pas bien malin. Son dernier plan, alors qu’elle s’en va dans un canot de sauvetage et qu’il reste à bord, est étrangement émouvant. Un mini « TITANIC » donc, en noir & blanc, sans 3D, ni Céline Dion…

BARBARA LORD ET PATRICK MACNEE
BARBARA LORD ET PATRICK MACNEE
 

« MARGIN CALL » (2011)

MARGIN2

Quand on débute par un long-métrage à relatif petit budget de la force d’un « MARGIN CALL », pas étonnant qu’on évolue avec des œuvres aussi marquantes que « ALL IS LOST » ou « A MOST VIOLENT YEAR ».

Trois ans après le crash de 2008, J.C. Chandor écrit et réalise cette autopsie d’une catastrophe annoncée avec une lucidité à faire froid dans le dos. Sans simplification exagérée, uniquement concentré sur son sujet (à savoir, le tout dernier jour avant la Grande Crise qui changea la face du monde), « MARGIN CALL » se déroule dans un ou deux décors et crée une tension suffocante dès les premières images. Pourtant, il n’a pas l’air de se passer grand-chose de spectaculaire : des licenciements, des cadres stressés en costume-cravate, des échanges de répliques cyniques… Mais la mise-en-scène esthétique et en gros-plans claustrophobiques laisse d’emblée deviner l’imminence d’une forme d’apocalypse. Le film est magnifiquement dialogué et fait souvent penser à « GLENGARRY GLEN ROSS » (où jouait déjà Kevin Spacey, d’ailleurs) par son âpreté et sa rigueur. Il doit beaucoup à l’implication de ses acteurs : Spacey donc, étonnamment sobre en responsable tourmenté, fragilisé par son extrême solitude, Jeremy Irons en grand patron à la flamboyante inhumanité, Paul Bettany excellent en ordure glaciale et intelligente, Demi Moore seule femme de la distribution (si on ne compte pas la brève apparition de Mary McDonnell), d’une impassibilité inquiétante, Simon Baker loin des simagrées du « MENTALIST » et Zachary Quinto en « candide » par qui le malheur se déclenche. Tout le monde est à sa place, il n’y a pas un temps mort, hormis peut-être les deux ou trois séquences où Spacey pleure son chien malade, qui servent malgré tout de respiration bienvenue. « MARGIN CALL » donne une réponse limpide et tellement évidente à la question qu’on s’est tous posés il y a quelques années : comment a-t-on pu en arriver là ? Brillant…

KEVIN SPACEY, ZACHARY QUINTO, STANLEY TUCCI, DEMI MOORE ET SIMON BAKER
KEVIN SPACEY, ZACHARY QUINTO, STANLEY TUCCI, DEMI MOORE ET SIMON BAKER
 

« GORKY PARK » (1983)

LEE MARVIN
LEE MARVIN

« GORKY PARK » de Michael Apted est un film qui peut se voir et même se revoir comme on lit un gros pavé policier pendant les vacances. Et pour cause, c’est l’adaptation d’un pavé !

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Ce polar situé à Moscou part de trois cadavres défigurés trouvés dans un parc et suit l’enquête – entravée par le KGB – d’un policier rebelle mais surdoué. Bien sûr cela n’a rien d’un simple assassinat et notre flic va fourrer son nez dans les hautes-sphères au péril de sa carrière et de sa vie. Entièrement au service d’un scénario touffu et passionnant de bout en bout, dont on devine les origines littéraires, la mise-en-scène est précise et sans chichi. Apted dirige ses comédiens d’une main de fer. Quand a-t-on vu William Hurt meilleur qu’ici ? Froid, glabre, l’œil vacant, contenant à grand peine ses émotions, il crée un personnage auquel on s’attache progressivement. Son histoire d’amour avec Joanna Pacula, impliquée dans les meurtres, est crédible et parfaitement imbriquée dans l’intrigue policière. L’épilogue, quasiment lyrique, rappelle les vieux mélos de la Warner. Le casting, anglo-U.S. est un des points forts du film : Ian Bannen, onctueux à souhait en procureur planche-pourrie, Brian Dennehy en flic américain menant son investigation parallèle pour venger son frère. Et surtout Lee Marvin qui réendosse son ancienne défroque de ‘bad guy’ des années 50 dans un rôle fascinant de business man yankee, cachant sous ses dehors élégants et suaves, l’âme noire d’un serial killer sadique. Assez discret pendant le déroulement de l’action, Marvin reprend les choses en main dans la dernière partie, où on le retrouve tel qu’en lui-même. Un des meilleurs rôles de sa fin de carrière. Porté par une ample BO de James Horner, bien rythmé malgré sa copieuse longueur, émaillé de bonnes scènes d’action, « GORKY PARK » est de l’excellent travail de professionnel. Rien de révolutionnaire là-dedans, bien sûr. Mais de la bien belle ouvrage.

JOANNA PACULA, B RIAN DENNEHY ET WILLIAM HURT
JOANNA PACULA, BRIAN DENNEHY ET WILLIAM HURT