Archives de Catégorie: LA LÉGENDE DE CHARLEY
« TEMPÊTE D’ACIER SUR LE PACIFIQUE » !
Aaaaah ! Enfin ! Il a fallu attendre bien longtemps pour qu’une bonne vieille arnaque vienne égayer les pages de BDW2. La longue disette est momentanément interrompue par la sortie en Allemagne d’un film de guerre intitulé « TEMPÊTE D’ACIER SUR LE PACIFIQUE » et nous proposant Charley Bronson partageant l’affiche avec John Hodiak et Linda Christian.
Quoi ? Un Bronson inédit et complètement inconnu, allez-vous hurler ? Évidemment, il faut se calmer très vite. La présence de Bronson en seconde place au générique est un véritable gag ! Et le film, il s’intitule en réalité « BATTLE ZONE », il date de 1952 et il est réalisé par Lesley Selander. Notre acteur-mascotte ne s’appelait pas encore Bronson, quand il fut engagé pour tourner une seule journée, un rôle minuscule de G.I. armé d’un fusil. Il n’a aucun gros-plan, n’a qu’une réplique à dire et… disparaît pour ne plus revenir ! La photo choisie pour la jaquette est tout aussi hilarante de grand n’importe quoi : il s’agit d’un détail de l’affiche de « X-15 » (on aperçoit même un petit avion), tourné neuf ans plus tard, elle-même détournée en collant une photo de Bronson dans… « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » ! La bouillabaisse est totale. Donc, pour résumer : complétiste monomaniaque, précipite-toi sur ce DVD pour jouir des 10 secondes de présence de ton acteur préféré. Pour les personnes plus équilibrées, ne vous laissez pas avoir une fois de plus et gardez vos sous pour quelque chose de plus passionnant. Reste à déterminer dans quelle catégorie on se situe ! En tout cas, bravo à nos voisins d’outre-Rhin pour cette jaquette décomplexée qui n’a rien à envier aux éditeurs italiens de la grande époque des arnaques flamboyantes.
DISCIPLINE ET PUNITION…
Écrit et réalisé par Jérôme Wybon, le documentaire de 52 minutes : « CHARLES BRONSON : IL ÉTAIT UNE FOIS EN EUROPE » (2020) se focalise sur les années 70 et l’éclosion de Bronson en tant que star européenne, en gros de « ADIEU L’AMI » (1968) à « COSA NOSTRA » (1973).
Intéressante remise en contexte du personnage, analyse souvent pertinente de sa personnalité par d’éminents cinéphiles « sérieux », le film contient des extraits d’une interview de l’intéressé, filmé pendant le tournage du « PASSAGER DE LA PLUIE ». Quelques minutes extrêmement révélatrices du caractère du bonhomme qui se confie comme jamais. Au journaliste qui trouve qu’il est très différent dans la vie de l’image violente véhiculée par ses films, Charley répond avec un sourire vaguement menaçant et ironique : « Je suis peut-être pire dans la vie. Peut-être… Parce que dans la vie, je suis parfois un bel enfoiré. Parfois… Je ne veux pas dire que je vole, mens ou triche, mais je suis dur avec les gens. Je suis dur avec les gens quand je sens qu’ils ont besoin de ce genre de discipline ou de punition. Surtout quand il s’agit de quelque chose en rapport avec moi. Je suis très dur avec eux. Mais je peux aussi être gentil avec les gens qui, selon moi, méritent des compliments ou s’ils répondent à la gentillesse ».
D’autres extraits d’un reportage de la télévision belge, pendant le tournage de « QUELQU’UN DERRIÈRE LA PORTE » deux ans plus tard, montre Bronson s’en prendre au réalisateur d’une façon effectivement assez dure et implacable.
QUAND DONALD RENCONTRE CHARLEY…
En petit hommage clin d’œil à Donald Sutherland, disparu cette semaine, laissant un grand trou dans le paysage, BDW2 va se remémorer ses rencontres avec la mascotte du site : Charley Bronson.
Les deux hommes s’étaient croisés en 1966, sur le tournage de « 12 SALOPARDS ». Sutherland vivait et travaillait alors à Londres et il était totalement inconnu. Bronson, plus âgé, était un second rôle hollywoodien reconnu, mais encore loin d’être une star. On ne sait rien de leurs relations sur le plateau (sans doute nulles, vu le caractère liant de l’ami Charley !), mais quelques années plus tard, alors que Donald et sa compagne d’alors, Jane Fonda, militaient contre la guerre du Vietnam, Charley avait donné une interview où il s’agaça des interventions médiatiques de Donald, déclarant sans ambages, qu’il ferait mieux de se taire vu qu’il n’était même pas américain.
En 1981, les deux ex-salopards se recroisèrent lors d’une party à L.A. (photo du bas). Charley était accompagné de son épouse Jill Ireland et Donald apparemment de bonne humeur, semblait avoir oublié le passé.
MITRAILLETTE KELLY IS BACK !
Après la sévère déconvenue que constitua récemment la sortie en Blu-ray de « MITRAILLETTE KELLY » en France, BDW2 est heureux de saluer l’édition en Allemagne du film de Roger Corman (1958) qui s’avère être une nette amélioration.
D’abord, le film est au format respecté (c’est-à-dire 1.37 :1) au lieu du faux Cinémascope qui massacrait tous les cadrages, ensuite l’image – sans être parfaite, mais peut-elle l’être pour une série B aussi ancienne ? – est nette et précise, sans trop de grain. Et s’il ne comprend pas de v.f. ou de sous-titres français, on peut trouver la version originale sous-titrée en anglais (et en allemand, ça va sans dire). Voici donc l’occasion de voir, dans de bonnes conditions, ce que beaucoup considèrent comme le meilleur travail de composition de Charley Bronson au grand écran : il y joue un lâche superstitieux qui s’en prend aux faibles et s’écrase piteusement devant plus fort que lui. On est loin du mythe Bronson, c’est sûr, mais l’acteur y démontre un large registre. Le film est édité par Explosive Media dans la collection « Hollywood Classics » qui a déjà exhumé pas mal de films introuvables ailleurs. Le bronsonophile sera donc aux anges de pouvoir découvrir ce cult movie au budget minuscule, mais truffé d’idées et de bonnes répliques.
« CHARLES BRONSON : IL DURO DI HOLLYWOOD »
Sortie en Italie d’un nouvel ouvrage consacré à notre mascotte Charley Bronson : « CHARLES BRONSON : IL DURO DI HOLLYWOOD », écrit par le journaliste Massimo Moscati aux éditions Shatter. Au premier coup d’œil, bonne impression, la couverture est belle et les presque 300 pages du livre devraient suffire à couvrir le sujet.
Hélas, dès les premières pages, on constate la pauvreté de l’illustration : de simples pavés de presse en noir & blanc de quelques films de l’acteur très parcimonieusement dispatchés. Quant au texte, c’est une simple énumération chronologique de son travail, film par film, sans aucune révélation particulière ou point de vue original. L’auteur s’inspire copieusement de livres anciens, pioche allègrement dans BDW2 et autres sites pour ses citations. Déception donc, que ce « dur d’Hollywood » qui n’intéressera en France que les fans bilingues. Ne reste plus qu’à attendre maintenant la biographie « officielle » de l’ami Charley, toujours entre les mains de Dwayne Epstein qui planche dessus depuis pas mal d’années.
CHARLEY, CAGNEY & LACEY…
Visible sur YouTube, une interview de l’acteur Martin Kove, connu pour les films et séries TV « KARATÉ KID », au RICH ELSEN SHOW. Le journaliste l’interviewe sur sa carrière et sur les célébrités qu’il a côtoyées : James Garner, James Coburn et… Charles Bronson.
Kove raconte quel bon temps il a eu avec ces vieilles stars à parler de leurs films. « Même avec Charles Bronson ! » précise-t-il, ce qui est plutôt drôle, quand on connaît la réputation de l’ami Charley. Après avoir tourné « LE BISON BLANC » et plus ou moins sympathisé avec lui, Kove l’a recroisé en 1989, dans une soirée hollywoodienne et est allé lui serrer la main. « Hello, Charles ! Tu te souviens de moi ? Le bison blanc ? ». « Bien sûr », répond Bronson. « Tu fais toujours cette série avec les deux filles ? ». « Tu connais Cagney & Lacey ? » fait Kove, éberlué. « C’est ma série préférée » répond Charley. Eh oui ! Charles Bronson aimait les polars avec des femmes en vedette ! Élément intrigant à ajouter au dossier de notre paradoxale mascotte…