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Archives de Catégorie: LES FILMS DE PETER FALK

« TÊTES VIDES CHERCHENT COFFRE PLEIN » (1978)

Écrit par Walon Green d’après des faits réels, réalisé par William Friedkin entre « LE CONVOI DE LA PEUR » et « CRUISING », « THE BRINK’S JOB » (oublions l’abominable titre français) est une sorte de comédie centrée sur un gang de braqueurs ineptes qui réussirent le « coup du siècle » en 1950 : dérober 1 500 000 $ à la Brink’s.

Si on admire immédiatement le travail de déco de Dean Tavoularis qui immerge dans l’époque, si on est ravi du casting réuni pour l’occasion, force est de reconnaître que le film ne décolle jamais vraiment. Il est bourré de qualités, d’humour pince-sans-rire et on s’amuse de suivre ces bras-cassés sympathiques échappés d’une comédie all’italiana, on s’ennuie aussi beaucoup. Le film semble monocorde, la première moitié se traîne et se répète, jusqu’au hold-up lui-même qui relance enfin la machine. Peter Falk – en grande forme – joue le cerveau, enfin… si on peut dire ! de la bande. On est d’autant plus heureux de le voir, qu’il est marié à Gena Rowlands, un peu sacrifiée dans un petit rôle d’épouse stoïque. Autour d’eux, Warren Oates est extraordinaire en vétéran revenu à moitié fou de la guerre, Paul Sorvino joue un malfrat élégant, Allen Garfield est drôle en beau-frère gaffeur et abruti et Peter Boyle joue un « fourgue » pas très fiable. Une équipe de comédiens hors-norme, qui s’en donne à cœur-joie et parvient à insuffler de la vie à ce film séduisant à voir, mais inexplicablement décevant. Peut-être que la signature de Friedkin laisse espérer des films automatiquement puissants et dérangeants comme ses précédents ? Probablement. Toujours est-il que « THE BRINK’S JOB » n’a rien d’un ratage, qu’il est même truffé d’excellentes scènes (comme cette séquence en prison où Oates part littéralement en morceaux ou celle de l’usine de chewing-gums), il manque juste d’une vraie colonne vertébrale.

GENA ROWLANDS, PETER FALK, WARREN OATES ET PETER BOYLE
 

« UN CHÂTEAU EN ENFER » (1969)

Inspiré d’un roman de William Eastlake, « UN CHÂTEAU EN ENFER » est le 4ème long-métrage de Sydney Pollack avant que sa rencontre avec Robert Redford ne modifie radicalement la trajectoire de sa carrière.

Cela se passe pendant la bataille des Ardennes, des G.I. perdus se réfugient dans un château rempli d’œuvres d’art. Le commandant (Burt Lancaster) se fiche du sort de ces trésors inestimables et décide de rester sur place pour bloquer l’avancée allemande. Son capitaine (Patrick O’Neal) est un historien qui va tout faire pour protéger statues et tableaux. Scénario simple en apparence, mais dès la première séquence, le film adopte une tonalité onirique, excessivement « arty » et prétentieuse. On finit par penser que le château est une sorte de purgatoire, que les soldats sont déjà morts, entre deux mondes. Le propriétaire (Jean-Pierre Aumont) et sa jeune épouse (Astrid Heeren) font penser à des morts-vivants. Le scénario est composé d’échanges de dialogues plus ou moins abscons, de charges de tanks, d’explosions. Lancaster, officier borné, insensible et borgne de surcroît, est surnommé « le bison » et livre le minimum syndical. Parmi les seconds rôles, plus pittoresques, on retient Peter Falk excellent en soldat qui retrouve son job de boulanger dans une ville dévastée ou Bruce Dern en objecteur de conscience chantant des hymnes au milieu des batailles. Al Freeman, Jr. tient en quelque sorte le rôle principal, celui d’un écrivain en herbe en train d’écrire ce qui deviendra le roman dont s’inspirera le scénario. Oui, c’est compliqué ! « UN CHÂTEAU EN ENFER » est un film expérimental, plombé par la BO de Michel Legrand à côté de la plaque et surtout, d’un ennui colossal. Dommage d’avoir gaspillé ainsi le grand Burt qui avait une sacrée « gueule » avec son bandeau de pirate sur l’œil et ses cicatrices. À voir, éventuellement, par curiosité.

À noter : Lancaster avait déjà tourné un film sur le sort des œuvres d’art en temps de guerre avec l’excellent « LE TRAIN », cinq ans plus tôt.

BURT LANCASTER, BRUCE DERN ET PETER FALK
 

« UN CADAVRE AU DESSERT » (1976)

Écrit par le populaire dramaturge Neil Simon, réalisé par Robert Moore, « UN CADAVRE AU DESSERT » est un pot-pourri totalement délirant de la fiction policière anglaise ou américaine qui pose sur le genre un regard affectueux mais également critique.

Un milliardaire (Truman Capote) réunit le temps d’un week-end les meilleurs détectives du monde, pour résoudre un meurtre. On reconnaît bien sûr Charlie Chan, Sam Spade, Hercule Poirot, Miss Marple, etc., mais sous d’autres noms. Seulement voilà, il n’y a pas de meurtre, le majordome (Alec Guinness) est aveugle, la cuisinière est sourde-muette et ne sait pas lire et l’ego de ces héros de fiction ne rend pas le dîner plus facile. Le film démarre mollement, se noie sous des trombes de répliques drolatiques et des clins d’œil à la littérature policière. Mais heureusement, le moteur s’emballe assez vite, le pastiche devient de plus en plus absurde, bourré d’allusions salaces et les personnages iconiques se délitent complètement. Le plaisir provient essentiellement des acteurs, tous en pleine forme, qui semblent s’amuser beaucoup et parviennent à maintenir le scénario à flot. Peter Sellers est extraordinaire en policier chinois parlant comme un « fortune cookie » et traînant derrière lui son fils adoptif… japonais. David Niven et Maggie Smith forment un couple délectable d’enquêteurs mondains, Peter Falk fait une bonne imitation de Bogart sur toute la durée du film flanqué de l’excellente Eileen Brennan jouant sa secrétaire folle de lui. James Coco en pseudo Poirot, Elsa Lanchester en Miss Marple sont tout aussi amusants. Dans le rôle du chauffeur-factotum du détective belge, on reconnaît un tout jeune James Cromwell lui aussi hilarant avec son accent français épouvantable. « UN CADAVRE AU DESSERT » dure un peu trop longtemps pour rester drôle jusqu’au bout, mais il se laisse regarder avec un œil complice.

À noter : les images du générique sont des dessins de Chas Addams, l’auteur de la célèbre Famille Addams.

TRUMAN CAPOTE, ELSA LANCHESTER, ESTELLE WINWOOD, PETER FALK, DAVID NIVEN, MAGGIE SMITH, JAMES COCO, PETER SELLERS ET ALEC GUINNESS
 

« SWAN SONG » : Johnny Cash dans « Columbo » (1975)

PETER FALK ET BILL McKINNEY

Écrit par David Rayfiel, le scénariste de prédilection de Sydney Pollack, réalisé par Nick Colasanto, « SWAN SONG » est un épisode de la 3ème saison de « COLUMBO » qui s’est offert Johnny Cash comme guest star principale.

Chanteur de gospel populaire, manipulé par sa femme Ida Lupino qui exerce sur lui un chantage (il a couché avec une disciple mineure), Cash va simuler un accident d’avion pour éliminer les deux femmes et recouvrer sa liberté. Le scénario est malin, beaucoup trop étiré pour arriver à une durée de 97 minutes : on a donc droit à une interminable impro entre Peter Falk et un entrepreneur de pompes funèbres joué par le volubile Vito Scotti par exemple, ou – c’était inévitable – à quelques intermèdes musicaux du grand Johnny. Celui-ci joue un avatar de lui-même avec un grand naturel. Il n’a pas la sophistication ou la perversité des habituels adversaires du lieutenant, aussi leurs échanges sont-ils un peu simplistes et décevants. Mais on a tout de même plaisir à voir ces deux icônes des seventies côte à côte. Autour d’eux, une bonne distribution de seconds rôles : John Dehner en enquêteur, Bill McKinney en beau-frère impulsif, Janit Baldwin (« RUBY ») ou John Randolph en militaire. Du beau linge pour remplir une histoire un peu légère pour une telle durée et permettre à Columbo de se confronter à des personnalités fortes et, disons-le, à des comédiens plus expérimentés que Cash. Ida Lupino est savoureuse en évangéliste et business woman féroce et virulente qui disparaît hélas, trop rapidement. « SWAN SONG » ne fait pas partie des meilleurs « COLUMBO » mais la présence de Johnny Cash lui donne un cachet certain.

À noter : l’épisode fut pertinemment traduit par « LE CHANT DU CYGNE » pour son exploitation française.

JOHNNY CASH, IDA LUPINO ET BONNIE VAN DYKE
 

« DAGGER OF THE MIND » : Honor Blackman dans « Columbo » (1973)

HONOR BLACKMAN

« DAGGER OF THE MIND » est un épisode de la seconde saison de « COLUMBO », en partie tourné à Londres par Richard Quine et suivant le lieutenant venu en Angleterre pour apprendre les dernières innovations de Scotland Yard.

Le pitch est déjà tiré par les cheveux et le scénario est beaucoup moins travaillé qu’habituellement. Les meurtriers sont un couple d’acteurs vieillissants (Richard Basehart et Honor Blackman) qui tuent, presque par accident un directeur de théâtre prêt à annuler leur dernière pièce. Un crime exécuté n’importe comment par deux idiots égocentriques et maladroits et que Columbo n’aura aucun mal à démasquer. Le téléfilm dure 96 minutes à cause d’interminables séquences « volées » de Peter Falk jouant les touristes avec l’appareil photo emprunté à son beau-frère et qui rallongent beaucoup trop l’intrigue tout en la diluant. Falk reste d’ailleurs relativement en retrait, laissant les guest stars au premier plan : Basehart drôle et insupportable en cabotin tonitruant et surtout Blackman (oui, Pussy Galore) époustouflante en actrice qui en fait constamment des tonnes dans n’importe quelle situation et qui s’avère hilarante. Parmi les seconds rôles : Bernard Fox en policier pas trop futé, Wilfrid Hyde-White en majordome matois et le vétéran John Williams. À noter que la photo est l’œuvre du grand Geoffrey Unsworth (« 2001 : L’ODYSSÉE DE L’ESPACE » ou « SUPERMAN ») qui signe d’ailleurs une image plus sophistiquée que dans les autres films de la série. « DAGGER OF THE MIND » est amusant – souvent à la limite de la franche comédie – mais l’enquête en elle-même est faible (les preuves accumulées sont un parapluie et une fausse perle !), ne générant aucun suspense et privant Columbo d’un face à face avec un criminel d’envergure.

À noter : l’épisode est exploité en France sous le titre : « S.O.S. SCOTLAND YARD ».

PETER FALK, BERNARD FOX ET RICHARD BASEHART
 

« MIKEY ET NICKY » (1976)

« MIKEY ET NICKY » d’Elaine May ressemble furieusement à un film de John Cassavetes. La présence de celui-ci en tête d’affiche, flanqué de son alter-ego Peter Falk, ne fait que renforcer cette impression. À la différence que dans ses propres films, Cassavetes aime ses protagonistes. Ceux d’Elaine May sont de méprisables hommes de main sans éthique.

Le temps d’une nuit, Falk tente d’aider Cassavetes à échapper à des tueurs lancés à ses trousses. Les deux hommes se connaissent depuis l’enfance et sont comme des frères. Mais, alors qu’ils passent ensemble des heures d’errance dans la nuit, on comprend peu à peu que Cassavetes a toujours méprisé et humilié Falk et que celui-ci, en faisant mine de l’aider, l’a vendu à ses ennemis. C’est donc tout l’inverse d’un buddy movie, même si la complicité entre les deux acteurs est extraordinaire et cimente le film. Filmé « à l’arrache » avec une photo granuleuse, souvent floue, des impros parfois saisissantes et parfois pénibles (la scène interminable du cimetière où on ne voit strictement rien). Cassavetes est exceptionnel en demi-sel paranoïaque et incontrôlable, Falk se renouvelle en sidekick minable dont on comprend tout de même les raisons. Ils sont entourés de grands seconds rôles comme M. Emmet Walsh, William Hickey, Ned Beatty en hitman joufflu. En épouse malheureuse, Joyce Van Patten a un face à face tendu et magistral avec Cassavetes. Carol Grace est exceptionnelle en prostituée malmenée dans deux séquences absolument insupportables tant elles sont glauques et empreintes de violence sous-jacente et de machisme primaire. De grands numéros d’acteurs ! « MIKEY ET NICKY » est une œuvre estimable, un peu complaisante et bancale, mais le bonheur de revoir côte à côte les partenaires de « HUSBANDS » et d’un épisode mythique de « COLUMBO » fait avaler toutes les couleuvres.

PETER FALK, JOHN CASSAVETES ET CAROL GRACE
 

« A STITCH IN CRIME » : Leonard Nimoy dans « Columbo »

LEONARD NIMOY

« A STITCH IN CRIME » (traduit : « LE SPÉCIALISTE » en v.f.) est un épisode de la 2ème saison de « COLUMBO » réalisé par Hy Averback et situé dans l’univers médical et dans le décor d’un hôpital. L’assassin (Leonard Nimoy) est un chirurgien spécialisé dans la recherche sur les greffes, qui projette de supprimer son associé (Will Geer) qui le freine dans ses travaux qu’il veut s’approprier.

L’originalité du scénario provient de la personnalité du criminel, homme séduisant et sûr de lui, qui s’avère posséder la mentalité d’un serial killer, puisqu’il n’hésite pas à tuer tout ce qui se dresse sur sa route : une infirmière trop perspicace (Anne Francis), un ex-junkie (Jared Martin) à qui il veut faire endosser le meurtre… Froid, intelligent, maître de lui, Nimoy doit affronter un Peter Falk barbouillé, souffrant d’allergies et plus pot-de-colle que jamais. Leurs échanges sont savoureux, d’autant plus que les comédiens se connaissaient déjà, puisqu’ils jouèrent côte à côte dans « LE BALCON » en 1963. Leurs face à face sont savoureux, moins unilatéraux que d’habitude, puisque Columbo finit par s’avouer vaincu, avant l’ultime retournement qui lui permet d’arrêter le coupable. Avec son visage impassible, en lame de couteau, Nimoy compose un excellent suspect. Autour de lui, Anne Francis – qui a de faux-airs de Liv Ullmann – apparaît assez peu, mais parvient à exister par ses regards anxieux et suspicieux. Nita Talbot est amusante dans le rôle de sa roommate légèrement « perchée ». Sur 73 minutes, l’épisode ne connaît pas de longueurs et on se délecte à suivre le lieutenant qui, outre ses allergies, s’avère très sensible à la vue de la moindre goutte de sang et incapable de fonctionner sans sa dose de caféine.

PETER FALK, LEONARD NIMOY ET ANNE FRANCIS
 

« REQUIEM FOR A FALLING STAR » : Anne Baxter dans « Columbo »

PETER FALK

« REQUIEM FOR A FALLING STAR » est un épisode de la 2ème saison de « COLUMBO », réalisé par le vénérable Richard Quine (« LIAISONS SECRÈTES ») et présentant en guest stars trois grands noms du cinéma des années 50 : Anne Baxter, Mel Ferrer et Kevin McCarthy.

Deux ans avant l’épisode plus connu avec Janet Leigh, Baxter (« ÈVE ») joue une star hollywoodienne has-been, qui assassine son assistante car elle détient des secrets sur elle. Le scénario criminel est ingénieux puisque, au-delà de son apparente banalité, il réserve au moins deux coups de théâtre dans sa seconde partie. Peter Falk a l’honneur de croiser Edith Head, la costumière multi-oscarisée, qui lui offre une cravate pour tenter d’améliorer un tant soit peu son apparence. Peine perdue, évidemment ! Il joue les fans intimidés face à Baxter et leurs rencontres sont savoureuse. Il faut dire qu’à 50 ans tout ronds, l’actrice n’a rien perdu de son énergie, de son jeu volontiers excessif, voire mélodramatique, mais cela convient parfaitement à son personnage. Ferrer est bien distribué en « fouille merde » professionnel et maître-chanteur et McCarthy demeure à l’arrière-plan, comme souvent au cours de sa carrière. Tourné en partie dans un studio à Hollywood, « REQUIEM… » lève le voile sur les coulisses des tournages et les mœurs particulières des acteurs et techniciens. Les auteurs insistent sur le côté « beauf » de Columbo qui appelle sa femme depuis le bungalow de Baxter, pour lui faire une surprise. Sans parvenir à lui parler, d’ailleurs, ajoutant une pierre de plus à l’argumentaire autour du fait qu’elle n’existe peut-être pas. Malgré sa photo qui a énormément vieilli, le systématisme de ses intrigues, « COLUMBO » demeure un véritable plaisir.

ANNE BAXTER, PETER FALK ET EDITH HEAD
 

« PLAYBACK » : Gena Rowlands dans « Columbo »

PETER FALK

« PLAYBACK » est un épisode de la 4ème saison de « COLUMBO », réalisé par Bernard L. Kowalski, sur un scénario très prémonitoire puisque le meurtre a lieu dans une « maison connectée » (enfin… presque).

Un ingénieur (Oskar Werner) au bord d’être licencié, abat sa belle-mère qui tient les cordons de la bourse. Grâce à une manipulation vidéo, il s’exonère totalement du meurtre. Mais Columbo, bien qu’enrhumé, ne sera évidemment pas dupe très longtemps. L’épisode est bien mené, un peu insistant sur les aspects « prodiges du progrès », mais il contient de nombreuses raisons de se réjouir : d’abord la présence de Gena Rowlands, qui venait d’être l’épouse de Peter Falk dans « UNE FEMME SOUS INFLUENCE » au cinéma et qui joue ici la femme paraplégique de l’assassin, cloîtrée par celui-ci. Elle est très touchante et confirme, si besoin était, l’immensité de son registre. Werner est étonnant en geek à l’accent teuton et aux crises d’autorité fulgurantes. Ses face à face avec Falk sont efficaces, vu leurs caractères opposés. Mais l’épisode vaut surtout pour une séquence apparemment improvisée au beau milieu du film, et sans réel rapport avec l’intrigue : la visite de ce « plouc » de Columbo dans une galerie d’art moderne et ses réactions devant des œuvres qu’il a du mal à saisir. Bien sûr, c’est un peu facile et « beauf », mais éclat de rire assuré quand le détective demande à la galeriste (Patricia Barry) le prix d’une bouche d’aération qu’il a pris pour une sculpture ! Une parenthèse qui vaut à elle seule qu’on voie l’épisode. « PLAYBACK » est assez froid, peuplé de personnages déplaisants, y compris la victime, Martha Scott, mais il se laisse suivre sans problèmes malgré de grosses invraisemblances. Ne serait-ce que pour revoir Gena et Peter côte à côte sur un écran.

OSKAR WERNER, PETER FALK ET GENA ROWLANDS
 

« FORGOTTEN LADY » : Janet Leigh dans : « Columbo »

« FORGOTTEN LADY » réalisé par Harvey Hart est un épisode de la 5ème saison de « COLUMBO », dont la guest star est Janet Leigh dans un rôle de star du musical déchue, proche cousine de Gloria Swanson dans « SUNSET BLVD. »

Parce que son vieux mari (Sam Jaffe) refuse qu’elle fasse son comeback sur scène, Janet va l’assassiner froidement, faire passer sa mort pour un suicide et commencer les répétitions du spectacle avec son vieux partenaire John Payne. Évidemment, Peter Falk n’est pas dupe et, même s’il est impressionné de voir la star « pour de vrai », il va la harceler comme tous ses suspects habituels. À seulement 48 ans, Janet Leigh est censée jouer un personnage qui en a facilement 15 de plus. Et c’est étonnamment crédible ! Fébrile, à fleur de peau, constamment au bord de l’hystérie, elle forme un remarquable duo avec Falk dans leurs face à face. Pour une fois, la coupable est plus pathétique qu’arrogante et le lieutenant achèvera son enquête par un geste aussi stupéfiant qu’inédit dans la série. Payne est très bien en avatar de Fred Astaire et Maurice Evans amusant en majordome pointilleux. Qu’apprend-on sur Columbo dans « FORGOTTEN LADY » ? Qu’il est nul au revolver (on s’en doutait un peu) et qu’il paie un collègue pour aller s’entraîner au stand de tir à sa place ! Qu’il nourrit son chien de glace à la vanille. On rit de voir Falk effectuer un petit pas de danse dans un escalier, de le voir suspendu à un arbre. C’est un très bon épisode, qui se repose un peu trop – comme c’est souvent le cas – sur les petits indices, les détails infimes, pour résoudre l’énigme. Mais ce petit côté Sherlock Holmes from Brooklyn n’est pas déplaisant. Davantage de joutes verbales auraient néanmoins été les bienvenues.

JANET LEIGH ET PETER FALK