Écrit par Walon Green d’après des faits réels, réalisé par William Friedkin entre « LE CONVOI DE LA PEUR » et « CRUISING », « THE BRINK’S JOB » (oublions l’abominable titre français) est une sorte de comédie centrée sur un gang de braqueurs ineptes qui réussirent le « coup du siècle » en 1950 : dérober 1 500 000 $ à la Brink’s.
Si on admire immédiatement le travail de déco de Dean Tavoularis qui immerge dans l’époque, si on est ravi du casting réuni pour l’occasion, force est de reconnaître que le film ne décolle jamais vraiment. Il est bourré de qualités, d’humour pince-sans-rire et on s’amuse de suivre ces bras-cassés sympathiques échappés d’une comédie all’italiana, on s’ennuie aussi beaucoup. Le film semble monocorde, la première moitié se traîne et se répète, jusqu’au hold-up lui-même qui relance enfin la machine. Peter Falk – en grande forme – joue le cerveau, enfin… si on peut dire ! de la bande. On est d’autant plus heureux de le voir, qu’il est marié à Gena Rowlands, un peu sacrifiée dans un petit rôle d’épouse stoïque. Autour d’eux, Warren Oates est extraordinaire en vétéran revenu à moitié fou de la guerre, Paul Sorvino joue un malfrat élégant, Allen Garfield est drôle en beau-frère gaffeur et abruti et Peter Boyle joue un « fourgue » pas très fiable. Une équipe de comédiens hors-norme, qui s’en donne à cœur-joie et parvient à insuffler de la vie à ce film séduisant à voir, mais inexplicablement décevant. Peut-être que la signature de Friedkin laisse espérer des films automatiquement puissants et dérangeants comme ses précédents ? Probablement. Toujours est-il que « THE BRINK’S JOB » n’a rien d’un ratage, qu’il est même truffé d’excellentes scènes (comme cette séquence en prison où Oates part littéralement en morceaux ou celle de l’usine de chewing-gums), il manque juste d’une vraie colonne vertébrale.