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Archives de Catégorie: LES FILMS DE SAM PECKINPAH

« L’INVASION DES PROFANATEURS DE SÉPULTURES » (1955)

« L’INVASION DES PROFANATEURS DE SÉPULTURES » de Don Siegel est la première adaptation du roman de SF de Jack Finney. L’Amérique est en pleine terreur maccartiste et à seulement dix ans de la WW2. L’ambiance est donc à la paranoïa, à la peur de l’autre et à la perte de l’identité individuelle.

Le docteur d’une petite ville (Kevin McCarthy) se rend compte que plus rien ne tourne rond autour de lui : les gens changent de personnalité, semblent fermés à toute émotion, d’étranges « cosses » passent de main en main avant d’éclore en êtres humains remplaçant progressivement les vrais habitants. C’est une invasion extra-terrestre en douceur, qui prend rapidement d’énormes proportions. Le concept est formidable, mais le film manque clairement de moyens et les personnages sont brossés à gros traits, sans finesse ni ambiguïté. Siegel n’a pas eu de grosses stars, aussi se contente-t-il de seconds rôles comme McCarthy, acteur peu charismatique, de belles jeunes premières comme Dana Wynter, Carolyn Jones ou Jean Willes, de têtes familières comme Larry Gates et Dabbs Greer. Avec un œil acéré, on pourra même reconnaître Sam Peckinpah – alors assistant du réalisateur – en employé du gaz dans quelques plans. Malgré le passage des années et un premier remake supérieur en 1978, « L’INVASION… » demeure une série B inventive et angoissante par moments. On pense à la traque dans la mine désaffectée ou à cette ferme où sont cultivées les cosses par milliers. Mais le scénario n’est pas suffisamment élaboré, les protagonistes ne sont pas assez attachants, pour que le film procure les mêmes sensations fortes qu’il y a… 70 ans. À voir donc avec le respect qu’on doit aux précurseurs et aux classiques du genre, sans espérer le grand frisson que procurera le film de Philip Kaufman.

KEVIN McCARTHY ET CAROLYN JONES
 

« PAT GARRETT & BILLY THE KID » (1973)

« PAT GARRETT & BILLY THE KID » n’est peut-être pas le film le plus immédiatement associé au nom de Sam Peckinpah, mais c’est celui qui lui ressemble le plus, y compris au niveau des difficultés qu’il a dû surmonter pour acquérir sa forme actuelle, après plusieurs versions différentes. C’est celle des 50 ans du film qui est chroniquée ici. Enfin !

Se basant sur la légende du hors-la-loi William Bonney et de son ex-complice Pat Garrett, devenu shérif, Peckinpah raconte une fois encore la fin d’une ère, le crépuscule d’une race d’hommes, et plus largement, le début de la vieillesse, et la trahison de ses idéaux. Si la sympathie du réalisateur va évidemment à Billy, jeune rebelle insouciant, aimable et charismatique, c’est Garrett qu’il semble comprendre le mieux, même s’il le dégoûte. Sans doute parce qu’il le dégoûte. Campé par James Coburn dans ce qui restera son meilleur travail de comédien, Garrett est un mort-vivant (« You’re dead inside », lui dit sa femme dans une scène cruciale, longtemps invisible), qui a vendu son âme aux gros propriétaires, pour une étoile de fer blanc, et l’assurance qu’il montera dans le train en marche du progrès et du 20ème siècle qui approche. Pour ce faire, il devra tuer son passé, et le jeune homme qu’il fut, symbolisés par Billy qui lui, préfère mourir que de renoncer à lui-même. Étrange « héros », que cet homme vieilli avant l’âge, méprisé de tous, qui finit par ne plus supporter son propre reflet dans le miroir, et s’en va seul à la fin, sous les jets de cailloux d’un gamin écœuré. Véritable préfiguration de certains hommes politiques, qui ont fait de la trahison, un mode de fonctionnement. À ses côtés, Kris Kristofferson est un inoubliable Billy, enfant des rues mal grandi, qui semble savoir que son ancien ami, est pour lui la mort incarnée, et préfère l’attendre tranquillement, en buvant et en faisant l’amour, plutôt que de s’enfuir dans un monde qui ne veut plus de lui. « PAT GARRETT & BILLY THE KID » refuse tout sensationnalisme, toute « efficacité » à l’Américaine, pour réduire son scénario à une double dérive déstructurée, dans un Ouest sinistre, grouillant de porcs et de poules, où les hommes traînent toute la journée dans la poussière, s’assomment de mauvais whisky, et s’échangent des prostituées mexicaines fatiguées. Peckinpah s’attarde sur des instants volés, comme l’agonie de Slim Pickens devant une rivière, lui qui rêvait de prendre la mer, ou cet échange de coups de feu entre Garrett et un émigrant passant sur sa barque, au crépuscule. Moments magiques, parcelles d’éternité, apparemment inutiles au déroulement de l’histoire, mais qui en font tout le prix. Citons la BO atypique de Bob Dylan, qui est pour beaucoup dans l’envoûtement durable généré par le film, et dont certaines chansons comme « Knockin’ on heaven’s door » serrent la gorge. Également présent comme acteur, Dylan compose une curieuse silhouette en filigrane, jamais vraiment intégrée au récit, comme la vedette d’un film à l’intérieur du film. Une sorte de témoin de la légende qui se construit. Sam Peckinpah lui-même apparaît brièvement à la fin, dans un rôle de croque-morts, qui conseille à Garrett d’en finir au plus vite. « PAT GARRETT & BILLY THE KID » a mis longtemps à s’installer dans les grands classiques du western, mais dans son montage définitif, c’est un authentique chef-d’œuvre et un hommage bouleversant à un monde disparu, dont Peckinpah laisse entendre – à la façon de Leone – qu’il n’a peut-être jamais existé.

KRIS KRISTOFFERSON, JAMES COBURN ET JACK ELAM
 

AUJOURD’HUI, SAM PECKINPAH AURAIT FÊTÉ SES 100 ANS !

SAM PECKINPAH (1925-1984), UN DES RÉALISATEURS LES PLUS MARQUANTS DES ANNÉES 60-70 AU STYLE NOVATEUR ET CONTROVERSÉ
 
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Publié par le 21 février 2025 dans ANNIVERSAIRES, LES FILMS DE SAM PECKINPAH

 

« APPORTEZ-MOI LA TÊTE D’ALFREDO GARCIA » (1974)

WARREN OATES

S’il est un film, plus encore que « LA HORDE SAUVAGE », qui définisse, résume et transcende le cinéma de Sam Peckinpah – et l’homme, très probablement – c’est « APPORTEZ-MOI LA TÊTE D’ALFREDO GARCIA ».

Pour une des seules fois de sa carrière, l’auteur a eu toute liberté pour écrire, tourner, caster et monter son film et le résultat laisse encore, malgré toutes ces années, pantois. Gringo exilé au Mexique, Warren Oates apprend qu’un certain Alfredo Garcia est recherché pour avoir mise enceinte la fille d’un riche propriétaire (Emilio Fernández). Il entraîne sa fiancée (Isela Vega), qui connaissait bien Garcia, à la recherche de l’homme déjà mort, pour ramener sa tête et gagner 10 000 $. Mais ce voyage sordide va se transformer en cauchemar, puis en descente aux enfers. La violence a toujours habité l’œuvre de Peckinpah, mais celle dépeinte ici n’est pas spectaculaire et ne laisse subsister aucune ambiguïté sur les sentiments de « Bloody Sam » sur le sujet : les fusillades au ralenti sont bien là, le sang coule, mais cela n’a rien d’excitant. Les corps se décomposent, les mouches grouillent, la folie guette dans un Mexique sinistre et dénudé, loin de tout pittoresque. Oates, quasi-sosie de Peckinpah, trouve le rôle de sa vie avec ce loser-né, entêté et fruste. Vega est très touchante mais non dépourvue de complexité (la scène de viol semi-consenti avec Kris Kristofferson qui rappelle celle des « CHIENS DE PAILLE ») et parmi un bel assemblage de seconds rôles, Gig Young et Robert Webber crèvent l’écran en vieux hitmen homosexuels. « APPORTEZ-MOI LA TÊTE D’ALFREDO GARCIA » ne se raconte pas en réalité, ni ne se décrit. C’est un film âpre et désespéré, suintant la misère humaine et la course à la mort. Peckinpah s’octroie même le luxe d’une longue mise en place, d’improvisations languissantes, avant d’entrer enfin dans le vif du sujet, par un brutal coup de pelle en pleine tête. Le baroud d’honneur de Benny, à la fin, renvoie instantanément à « LA HORDE SAUVAGE », à la différence que cette fois, Warren Oates se retrouve tout seul contre tous et face au même ennemi : Fernández, qui ne se nomme plus « Mapache », mais « El Jefe », tout en restant égal à lui-même. Un chef-d’œuvre dérangeant, débraillé, jusqu’au-boutiste, qui laisse l’arrière-goût d’une mauvaise cuite à la tequila.

ISELA VEGA, ROBERT WEBBER, GIG YOUNG ET WARREN OATES
 

« UN NOMMÉ CABLE HOGUE » (1970)

JASON ROBARDS ET STELLA STEVENS

« UN NOMMÉ CABLE HOGUE » fut tourné immédiatement après « LA HORDE SAUVAGE » par un Sam Peckinpah apparemment soucieux de se défaire de son étiquette d’ultraviolence et de noirceur. C’est encore un western, certes, mais sous forme de fable bucolique sur le self-made-man américain, sur – bien sûr – les temps qui changent. C’est surtout une belle histoire d’amour.

Jason Robards trouve une source dans le désert, achète le lopin de terre, et prospère au milieu de nulle part. Il est amoureux de Stella Stevens, une prostituée qui l’aime aussi et… c’est à peu près tout ! On pense à la série TV : « THE WESTERNER », un peu à « COUPS DE FEU DANS LA SIERRA », autres œuvres tendres et nostalgiques de l’auteur. Le film dégage un charme certain, en grande partie dû aux comédiens en bonne forme, mais il dérape trop fréquemment dans le mauvais goût (les blagues graveleuses trop insistantes, d’une lourdeur invraisemblable) et les effets visuels ratés (les accélérés dans certains plans, d’une grande laideur, l’utilisation injustifiée du split-screen). Acteur trop souvent sous-utilisé, Robards trouve son plus beau rôle, à égalité avec le Cheyenne de « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » qu’il venait d’incarner. Il est drôle et émouvant en vagabond illettré et débrouillard, littéralement transformé par l’amour. À ses côtés, Stevens n’a jamais été plus jolie et touchante, ses scènes avec Robards dégageant une tendresse inattendue. David Warner est excellent en prêtre obsédé sexuel, L.Q. Jones et Strother Martin reforment le couple infernal de vermines créé dans « LA HORDE… » et on retrouve avec bonheur des visages familiers comme R.G. Armstrong ou Slim Pickens en cocher sympathique. « UN NOMMÉ CABLE HOGUE » est très certainement un des films les plus personnels de Peckinpah, il est chaleureux et plaisant, même si son rythme languissant et ses maladresses visuelles peuvent en décourager certains. À noter qu’il n’y a pas un seul ralenti de tout le film !

STROTHER MARTIN, L.Q. JONES, JASON ROBARDS ET DAVID WARNER
 

« LES COMPAGNONS DE LA GLOIRE » (1965)

« LES COMPAGNONS DE LA GLOIRE » d’Arnold Laven est un copieux western de garnison qui a aujourd’hui, pour principal mérite, d’avoir été écrit par Sam Peckinpah. Le film ressemble d’ailleurs à « MAJOR DUNDEE » tourné la même année par « Bloody Sam ».

Le film se découpe en deux parties bien distinctes : le marivaudage d’une belle veuve (Senta Berger) tiraillée entre deux amants, le capitaine de cavalerie Tom Tryon et le scout Harve Presnell. En parallèle, on suit l’entraînement de jeunes soldats, les plans tordus d’un général ambitieux (Andrew Duggan). Disons que ce n’est pas toujours palpitant, malgré le numéro sympathique et truculent de James Caan en recrue indisciplinée. La seconde moitié décolle un peu : c’est la guerre contre les Sioux et le scénario insiste sur les magouilles politiciennes du général, qui n’hésite pas à envoyer ses propres hommes à la mort pour une manœuvre qui fera de lui le héros de la bataille. Le format Scope est très bien utilisé, les séquences de bataille sont remarquables de clarté et de brutalité, avec quelques vignettes étonnantes (le soldat qui se pensait lâche et qui affronte héroïquement la mort, la découverte finale du massacre). C’est la distribution qui semble un peu faiblarde. Tryon s’en sort à peu près en officier ombrageux à la mâchoire carrée, mais Presnell est ridicule avec sa perruque bien peignée et ses chemises voyantes. Sa mort, un sabre planté dans le ventre, atteint des cimes dans le grotesque. Les seconds rôles sont plus convaincants, avec Slim Pickens en sergent bienveillant, Michael Anderson, Jr. en naïve bleusaille, Peter Breck en lieutenant imbécile et Jeanne Cooper en épouse pète-sec de Duggan. « LES COMPAGNONS DE LA GLOIRE » contient suffisamment de bons moments pour passer outre les pesanteurs de sa première heure avec ses bagarres interminables. Pour le complétiste de Peckinpah qui y dénichera quelques obsessions de l’auteur.

À noter : on retrouve dans la distribution plusieurs comédiens qui apparaissent également dans « MAJOR DUNDEE », ainsi que Caan que Peckinpah emploiera dans son « TUEUR D’ÉLITE », dix ans plus tard.

JAMES CAAN, TOM TRYON, PETER BRECK, JEANNE COOPER ET SENTA BERGER
 

« LES CHIENS DE PAILLE » (1971)

DUSTIN HOFFMAN

Adapté d’un roman anglais, « LES CHIENS DE PAILLE » de Sam Peckinpah fut tourné en Cornouailles et traite, en dehors de tout folklore westernien, de la thématique obsessionnelle du réalisateur : l’homme confronté à la violence.

Mathématicien américain exilé en Grande-Bretagne dans la ville natale de sa femme Susan George, Dustin Hoffman a toujours esquivé la violence et les confrontations. Il a fui les U.S.A. pour échapper au Vietnam, mais c’est dans ce coin perdu qu’il va devoir mener une vraie guerre qui finira en carnage. Le scénario est d’une force peu commune, entièrement concentré sur ses thèmes, à savoir la lâcheté, la virilité, le regard des autres. La cristallisation de la violence va crescendo, grâce à une direction d’acteurs au cordeau, à un montage (le futur réalisateur Roger Spottiswoode) brillantissime et à l’atmosphère froide et brumeuse qui devient de plus en plus étouffante. La dernière partie – le siège de la maison par des brutes locales avinées et ivres de sang – est absolument stupéfiante, virant au cauchemar pur et simple. Hoffman a rarement été mieux employé que dans ce rôle complexe, un peu ridicule, parfois méprisable, qu’il endosse avec toutes ses contradictions. Son sourire final est plus qu’ambigu, laissant entendre qu’après avoir battu sa femme et tué de ses mains plusieurs voyous, il est ENFIN devenu un homme. Face à lui, Susan George est tout aussi parfaite en Lolita aguicheuse et soumise à la loi du plus fort. Elle subit une des scènes viol les plus dérangeantes de l’Histoire du 7ᵉ Art. Et on remarque des « gueules » comme Del Henney et Ken Hutchison (qui fait penser à un jeune De Niro) en violeurs bestiaux et surtout Peter Vaughan en patriarche au physique d’ogre. À noter que, malgré un rôle central d’attardé inquiétant, David Warner n’est pas mentionné au générique. « LES CHIENS DE PAILLE » est un film tellement dense, tellement agressif, qu’il supporte aisément les re-visions et laisse toujours dans le même état de sidération quand s’achève la projection. Du pur Peckinpah au sommet de son art.

DEL HENNEY, SUSAN GEORGE ET PETER VAUGHAN
 

« LA HORDE SAUVAGE » (1969)

WILLIAM HOLDEN

De nombreux ouvrages ont été écrits sur l’œuvre de Sam Peckinpah et plusieurs centrés uniquement sur « LA HORDE SAUVAGE ». Tout a été disséqué, du rapport à la violence, à la femme, au Mexique, à l’amitié virile, à la trahison, etc. Que dire de plus aujourd’hui ?

Une nouvelle vision fait ressortir le thème principal de ce film fondateur, qui a dominé les années 70 et influence encore des cohortes de cinéastes. C’est celui de l’enfance perdue. « LA HORDE SAUVAGE » démarre sur des enfants qui jettent des scorpions en pâture à des milliers de fourmis et les regardent mourir en riant innocemment. Ce même rire qui secoue à plusieurs repris les hors-la-loi de la « wild bunch », des durs à cuire plus tout jeunes, des tueurs-nés, capables de se payer un fou-rire digne du « TRÉSOR DE LA SIERRA MADRE » pour un hold-up foiré, une bouteille de whisky passée de main en main et de s’illuminer comme des gamins farceurs au moment de déclencher l’apocalypse et… leur propre mort. La maîtrise du cadre, du mixage et surtout du montage de Peckinpah est impressionnante, même avec le recul des années. Son film semble capter au hasard des petites parcelles de vie, des échanges de regards. Il distille sa narration de très courts flash-backs qui éclairent les relations entre personnages sans en dire trop, et chacun a quelque chose d’humain à défendre. Même les pires d’entre eux, comme le général Emilio Fernández, le temps d’une courte scène avec un garçonnet admiratif. Côté casting, c’est royal : William Holden le visage tanné par le soleil et le mescal dégage une sorte de noblesse dévoyée, Robert Ryan est son jumeau de l’autre côté de la barrière, Ernest Borgnine dans son plus beau rôle, est extraordinaire en bras-droit secrètement amoureux de son chef, Ben Johnson et Warren Oates crèvent l’écran en frères sanguinaires. Sans oublier tous les autres, particulièrement L.Q. Jones et Strother Martin en chasseurs de primes totalement dégénérés. Il y a tant à dire sur « LA HORDE SAUVAGE », sur son œil démystificateur sur le western, sur le héros « yankee » et sur la vieillesse qui vient tout balayer, inexorablement. C’est un chef-d’œuvre indémodable et « Bloody Sam » ne fera jamais mieux. Les carnages qui ouvrent et clôturent le film ont été très souvent plagiés, mais jamais égalés dans la sauvagerie lyrique.

BEN JOHNSON, WARREN OATES, ERNEST BORGNINE, L.Q. JONES, STROTHER MARTIN ET ROBERT RYAN

 

« MAJOR DUNDEE » (1965)

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JAMES COBURN ET CHARLTON HESTON

« MAJOR DUNDEE » est un film qui connut une genèse tourmentée, il sortit en salles mutilé par son producteur et bénéficia d’un re-montage partiel en 2005 qui arrangea un peu les choses sans convaincre à 100%. C’est cette seconde version qui est chroniquée ici.DUNDEE

En quête  d’une guerre qui le hisserait dans la hiérarchie militaire, Amos Dundee (Charlton Heston) se retrouve pris entre… trois guerres : celle de l’U.S. Cavalry contre les Apaches, la guerre de sécession toujours en cours et celle des Français contre les Mexicains ! Poursuivant un chef indien qui perpétue des massacres, il enrôle une troupe disparate, composée de soldats nordistes, de confédérés prisonniers, d’ivrognes et nomme lieutenant Richard Harris, un ex-ami à lui qui le hait. Le film met une bonne demi-heure à se mettre en branle et dès le départ affiche ses défauts et ses qualités : le scénario est bancal, mal fichu, le montage parfois très confus manifestement fait de bric et de broc, la BO (refaite pour cette version) n’est jamais en harmonie avec les images. Bref, c’est un peu le foutoir. Heureusement, les personnages sont très bien dessinés et tous campés par des pointures. Heston est excellent en soldat hautain, poseur, narcissique, obsessionnel, digne héritier du capitaine Achab. Un de ses meilleurs rôles assurément. Ses face à face avec un Harris assez cabotin, sont savoureux et joliment dialogués. Senta Berger est belle à se damner. Et on retrouve avec bonheur l’écurie habituelle de Peckinpah : James Coburn lourdement grimé en pisteur manchot, Warren Oates, L.Q. Jones, R.G. Armstrong, Ben Johnson, Slim Pickens, Dub Taylor, John Davis Chandler, etc. Tout le monde est au rendez-vous ! Grâce à eux, à de belles images du Mexique, « MAJOR DUNDEE » se hisse à un niveau tout à fait honorable. Des séquences comme celles de la déchéance éthylique du major blessé et imbibé de tequila, l’exécution du déserteur, la bataille dans la rivière avec les Français, laissent deviner le style en devenir du réalisateur. Dommage que le montage original de 152 minutes soit invisible à jamais, car tout laisse à supposer que le film avait tous les atouts d’un classique en puissance. Hélas…

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CHARLTON HESTON, SENTA BERGER, RICHARD HARRIS ET WARREN OATES

 

TOUT, TOUT, TOUT ET PLUS SUR LA HORDE !

À ne surtout pas manquer pour les fans du cinéma de Sam Peckinpah et principalement de « LA HORDE SAUVAGE » (1969), ce numéro hors-série de l’excellente revue anglaise « CINEMA RETRO », consacrée au cinéma des années 60 et 70, qui vient de sortir.

C’est d’abord et avant tout, un extraordinaire album-photos, des images pour la plupart totalement inédites, jamais publiées même dans les ouvrages (nombreux) sur « Bloody Sam ». C’est tellement riche et foisonnant, qu’on a la sensation d’assister en voyeurs au tournage du film. Côté textes, on trouve des pépites : interviews d’acteurs, de collaborateurs, séquences coupées au montage, etc.WB.jpeg

Bref, à posséder urgemment si on aime le film, Peckinpah, le western et le cinéma tout court. Étonnons-nous tout de même au passage qu’aucune édition commémorative du film ne soit sortie en Blu-ray, pour les 50 ans de « LA HORDE SAUVAGE ». La première édition en HD, déjà ancienne, n’ayant rien d’exceptionnel.

Quoi qu’il en soit, merci à « CINEMA RETRO » pour un travail vraiment remarquable en tous points.