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Archives de Catégorie: LES FILMS DE BRAD PITT

« L’ASSASSINAT DE JESSE JAMES PAR LE LÂCHE ROBERT FORD » (2007)

« L’ASSASSINAT DE JESSE JAMES PAR LE LÂCHE ROBERT FORD » d’Andrew Dominik porte en son titre toute l’ironie et l’ambiguïté de cette nouvelle version du mythe du légendaire hors-la-loi, bien éloignée des précédentes interprétations.

Car Jesse (Brad Pitt), le « Robin des bois » américain, n’était apparemment qu’un sociopathe paranoïaque et imprévisible, tirant dans le dos de ses victimes et terrorisant son entourage par ses sautes d’humeur létales. Quant au « lâche » Ford (Casey Affleck), c’était un jeune fan idolâtre, qui voit s’effriter peu à peu l’image de son héros, jusqu’à ce que celui-ci menace sa propre vie. Cette (ré)vision des choses change évidemment la donne de A à Z. Dominik tourne le dos au pittoresque du vieil Ouest, au bigger than life du genre western tout entier, pour décrire une Amérique blafarde, glacée et lugubre où se débattent des individus primitifs voués à la mort à plus ou moins brève échéance. C’est long – presque 3 heures ! – parfois monotone, mais la qualité de l’écriture et de la distribution laisse rivé à l’écran. Pitt trouve un de ses grands rôles. Enlaidi, l’œil éteint, l’air groggy et à côté de la plaque la moitié du temps, il crée une formidable tension à l’image. Son Jesse est un tueur-né, un fauve à l’affût, plus effrayant qu’admirable. Affleck donne une profondeur inattendue à son rôle si peu gratifiant. D’excellents seconds rôles comme Sam Rockwell, Mary-Louise Parker, Sam Shepard dans le rôle de Frank James, Jeremy Renner ou Garret Dillahunt (qui sent venir la mort dans un face à face électrisant avec Jesse) étoffent magnifiquement l’arrière-plan, de ce qui n’est au fond que la longue confrontation entre deux hommes figés dans une légende qui ne leur correspondait probablement pas. On pense à la démarche de Sam Peckinpah quand il tourna « PAT GARRETT & BILLY THE KID ».

CASEY AFFLECK ET BRAD PITT
 

« BABYLON » (2022)

Écrit et réalisé par Damien Chazelle, « BABYLON » est un film monumental de plus de trois heures, qui dépeint la fin de l’ère du Muet à Hollywood et l’arrivée du parlant qui balaie tout sur son passage. On pense au « JOUR DU FLÉAU », mais aussi à « CHANTONS SOUS LA PLUIE » dont « BABYLON » est un descendant noir et cruel.

Au centre du scénario, deux personnages : Diego Calva, stagiaire mexicain, dont on suit l’ascension jusqu’à devenir patron d’un studio. Une réussite plombée par son amour aveugle pour Margot Robbie, une starlette hystérique et autodestructrice. Et tout autour, un Hollywood décadent, orgiaque, malsain et broyeur d’âmes. La longue séquence de « party » qui ouvre le film est sidérante, un véritable exploit de mise en scène frôlant parfois le « X ». Le film est truffé de moments anthologiques : la descente aux enfers chez Tobey Maguire, gangster fou shooté à l’éther, est un moment de pur cauchemar quasi-lynchien, Robbie partant en vrille lors d’une fête très chic, où elle se met à vomir partout et – moins spectaculaire, mais superbe – le premier tournage sonore qui tourne à la catastrophe. « BABYLON » est un magnifique accomplissement, un regard d’une lucidité écœurante sur l’envers du miroir de l’usine à rêves. Décors et musique sont exceptionnels, tout comme les seconds rôles (innombrables) tous parfaits : Eric Roberts en père ringard de l’héroïne ou Jean Smart en columnist désabusée. Mais outre ses qualités visuelles, le film vaut d’être vu (et probablement revu) pour Margot Robbie explosive, d’une vitalité aussi séduisante qu’inquiétante, qui pulvérise l’écran à chaque apparition. Et pour Brad Pitt qui mérite tous les superlatifs en star du Muet vieillissante, incapable de survivre aux grands changements de l’industrie. Même la durée ne semble jamais excessive ou complaisante. Est-ce un chef-d’œuvre ? Le temps le dira certainement, mais c’est d’ores et déjà un très grand film.

MARGOT ROBBIE, BRAD PITT ET JEAN SMART
 

« DEADPOOL 2 » (2018)

Mis en chantier dans la foulée du n°1, « DEADPOOL 2 » de David Leitch est la continuation directe du précédent et calque son style dessus, sans qu’on ne sente de grand changement. Que ce soit dans la réalisation ou l’humour « meta » poussé encore plus loin.

Ça sent le déjà-vu, mais la mort précoce de Morena Baccarin au début désarçonne et modifie (légèrement) le comportement de Ryan Reynolds. Le méchant – du moins un des méchants – est Josh Brolin qui vient du futur pour tuer le serial killer qui a massacré sa famille. Mais celui-ci est encore un teenager grassouillet et Deadpool va tout tenter pour le sauver alors qu’il n’a encore tué personne. Le pitch n’est pas mauvais, mais un peu noyé dans les CGI, les « one liners » incessants, l’humour trash voire pipi-caca et le nombre très excessif de personnages. Et pourtant, on s’amuse, on sourit souvent à l’humour sarcastique, aux vacheries en autodérision (le film a été produit pour que Josh Brolin échappe au chômage !). À l’arrivée, ce n°2 est soûlant et part en tous sens, mais le mood est indéniablement sympathique et les comédiens ont vraiment l’air de s’amuser : Zazie Beetz dont le super-pouvoir est… la chance, Eddie Marsan en tourmenteur de mutants, Karan Soni qui reprend son rôle de Taxi inopérant. Sans oublier des caméos délectables : Matt Damon (filmé en plan large) en redneck scato, Hugh Jackman en Wolverine et le plus drôle : Brad Pitt dans le rôle du « Vanisher » un homme invisible qui n’apparaît qu’une seconde, à l’instant où il meurt électrocuté ! « DEADPOOL 2 » est, pour parler crûment, un beau bordel, mais difficilement résistible, tant le mouvement est incessant, les vannes aussi hilarantes que bas-du-front. À recommander à tous ceux qui ne prennent pas trop au sérieux l’univers des super-héros.

À noter : selon la tradition, il ne faut pas manquer les deux petites séquences pendant le générique-fin, surtout celle où Deadpool rectifie les erreurs du passé et remonte jusqu’à… Hitler au berceau.

RYAN REYNOLDS, BRAD PITT ET JOSH BROLIN
 
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AUJOURD’HUI, IL A 60 ANS !

 
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Publié par le 18 décembre 2023 dans ANNIVERSAIRES, LES FILMS DE BRAD PITT

 

« THELMA & LOUISE » (1991)

SUSAN SARANDON ET GEENA DAVIS

« THELMA & LOUISE » de Ridley Scott est un road movie ouvertement féministe, qui marqua son époque, bien des années avant le mouvement #MeToo. Il suit la fuite de deux amies décidant d’abandonner leur vie déprimante pour partir à l’aventure. Une aventure qui tournera mal et fera d’elles des desperadas jusqu’au-boutistes, les héritières de Butch Cassidy & le Kid.

Comment le film a-t-il vieilli après 30 ans ? Plutôt bien, grâce à la bande-son, aux paysages sublimes de l’Utah et à l’évidente complicité entre Susan Sarandon, femme meurtrie qui a appris à se défendre et Geena Davis gentille nunuche naïve qui va se découvrir des talents cachés, un flingue à la main. Leurs scènes ensemble est ce qu’il y a de plus délectable dans le film, que ce soit dans l’humour ou le drame et Scott les suit jusqu’au bout de la route avec un lyrisme échevelé et suicidaire. Tout ce qui se passe en parallèle est, en revanche, infiniment moins passionnant, particulièrement les séquences avec les flics à leur poursuite, que même Harvey Keitel et Stephen Tobolowsky n’arrivent pas à animer. Les personnages masculins sont dépeints comme des violeurs en puissance, des machos abrutis, sans la moindre finesse. Seul s’en sort, à peu près, Michael Madsen en tough guy au cœur tendre. Et puis il y a, bien sûr, l’acteur révélé par ce rôle d’escroc au physique d’Apollon : Brad Pitt, tout jeune, ultra-cool, qui s’accapare tous les plans où il apparaît. « THELMA & LOUISE » est un film bien intentionné, très bien confectionné – Ridley Scott oblige – mais malgré tout inégal et parfois irritant. Le camionneur obscène humilié par nos héroïnes est grotesque et comme échappé d’un autre film, par exemple. Inattendu dans la filmo de Sir Ridley, un film imparfait et trop démonstratif, qui connaît quelques belles envolées.

BRAD PITT, GEENA DAVIS ET SUSAN SARANDON
 

« ENTRETIEN AVEC UN VAMPIRE » (1994)

Écrit par Anne Rice d’après son propre best-seller, réalisé par l’éclectique Neil Jordan, « ENTRETIEN AVEC UN VAMPIRE » propose une approche originale du mythe du vampire, bénéficie de décors magnifiques de New Orleans et d’une photo glorieuse de Philippe Rousselot, mais le résultat laisse décontenancé.

Débutant au 18ème siècle, le scénario évolue de l’Amérique à la vieille Europe, suivant le périple d’un trio de vampires à la recherche de leurs semblables. Le tout est narré en flash-back, pendant l’interview que Brad Pitt donne à un jeune journaliste d’aujourd’hui (Christian Slater). Le début accroche indéniablement l’intérêt, avec son ambiance décadente, ses buveurs de sang efféminés poudrés et en dentelles, les ambiances nocturnes sont très belles. Mais l’arrière-plan lourdement trouble sur les relations homosexuelles entre Pitt, vampire débutant et geignard et son maître Tom Cruise, insatiable assassin, finissent par occulter tout le reste. Rapidement, le film n’avance plus, l’action s’enlise complètement avec l’arrivée à Paris et la découverte du théâtre tenu par des buveurs de sang dégénérés dont le leader (Antonio Banderas, à son plus pénible) se met à draguer ce pauvre Pitt, véritable sex toy sur pattes à l’air ahuri. Heureusement, la petite Kirsten Dunst est exceptionnelle dans ce personnage effrayant et tragique d’éternelle fillette et c’est finalement pour elle, qu’on tient le coup jusqu’au bout. Car « ENTRETIEN… », malgré ses flatteuses apparences, est d’un ennui de plus en plus compact, le ton passe du romantisme noir à la série B gore, en ne dédaignant pas la comédie hors-sujet. Ainsi, l’épilogue confrontant Cruise – revenu une fois de plus d’entre les morts – et Slater, se vautre-t-il dans le comique pas drôle, sans aucun rapport avec tout ce qui a précédé. Généralement estimé, le film vaut essentiellement pour la photo et l’incarnation stupéfiante de Dunst. Mais c’est tout…

TOM CRUISE, BRAD PITT, THANDIE NEWTON ET KIRSTEN DUNST
 

« CARTEL » (2013)

Écrit par Cormac McCarthy, produit et réalisé par Ridley Scott, « CARTEL » est un film mal-aimé dans la filmo de ce dernier et qui mérite une seconde chance de la part de ceux qui – à l’instar de l’auteur de ces lignes – l’avaient honni à sa sortie.

La première partie peut effectivement décourager les impatients. On suit les magouilles d’un avocat (Michael Fassbender) avec un narcotrafiquant (Javier Bardem) pour négocier un « coup » avec un cartel mexicain. Les personnages sont excessivement nombreux, ce sont des « beautiful people » ne parlant que de sexe de façon très crue et l’histoire semble n’aller nulle part. Mais le deal tourne court, la seconde partie du film prend subitement vie et c’est avec horreur et dégoût qu’on suit la déchéance des protagonistes massacrés un à un par un ennemi aux multiples visages. Le pire étant Cameron Diaz, le Mal incarné derrière un visage d’ange enjôleur. On peut être dérouté par de longues séquences brillamment dialoguées mettant en scène un diamantaire (Bruno Ganz, magnifique), un chef de cartel poète (Rubén Blades) ou une call-girl scrupuleuse (Natalie Dormer), de jolis moments mais qui ne servent pas à grand-chose dans le déroulement du récit. Heureusement, le savoir-faire de Scott parvient à maintenir le film, et l’intérêt, à flot, au même titre que sa maîtrise de la violence et du suspense. Dans une distribution brillante, on retiendra Penélope Cruz, Brad Pitt en entremetteur cynique (sa mort risque d’en traumatiser plus d’un !) ou Fassbender qui donne un semblant d’âme à ce rôle de sinistre individu irresponsable et amoral, dont la seule vertu est d’être fou amoureux de sa femme. « CARTEL » n’est pas une œuvre facile à aimer, mais à condition de s’accrocher pendant la première heure, la seconde apporte de beaux morceaux de bravoure et impose une vision du monde et de l’humanité absolument terrifiante.

MICHAEL FASSBENDER, CAMERON DIAZ, PENÉLOPE CRUZ ET BRAD PITT
 

« OCEAN’S THIRTEEN » (2007)

Trois ans après le calamiteux n°2, Steven Soderbergh remet le couvert avec « OCEAN’S THIRTEEN », qui réunit la « dream team » habituelle, hormis Julia Roberts restée chez elle, et organise un nouveau coup du siècle à domicile, c’est-à-dire à Las Vegas.

Cette fois-ci, il s’agit de venger Elliott Gould, roulé dans la farine par Al Pacino, patron d’un casino géant qui l’a ruiné. George Clooney et Brad Pitt réunissent la vieille équipe pour punir le fâcheux et s’associent même à leur vieil ennemi Andy Garcia pour financer leur projet. Bon… Pourquoi pas ? Le scénario est plus rigoureux, moins tourné vers l’humour potache que pour le précédent opus. Il n’empêche que le foisonnement de personnages, anciens et nouveaux, la construction éclatée en mosaïque, les flash-backs, rendent le spectacle confus, fouillis et rapidement lassant. Ça ne raconte pratiquement rien et l’intérêt a du mal à se fixer. Les vedettes récurrentes, de plus en plus désinvoltes, font le minimum syndical, affichant d’inamovibles sourires narquois de circonstance, la caméra de Soderbergh semble s’être un peu calmée, et le film ne décolle vraiment que dans son dernier quart un peu mieux écrit que le reste. Si l’histoire est franchement inintéressante et prévisible (en gros, une succession d’arnaques en poupées-gigognes), on peut passer le temps à regarder de vieilles connaissances : Pacino teint en… roux, qui joue un salopard mégalomane avec verve et retrouve deux partenaires familiers : Ellen Barkin (« SEA OF LOVE ») dans un numéro embarrassant de « couguar » chaude comme la braise et Garcia (« LE PARRAIN III ») dans un bref face à face au casino. Pour le reste, que dire ? Matt Damon a pris du poids, Bob Einstein (« CURB YOUR ENTHUSIASM ») joue son père, Vincent Cassel fait un bien inutile caméo… « OCEAN’S THIRTEEN » est un gros produit de luxe dont l’inutilité et la redondance sautent aux yeux, qu’on peut voir d’un œil distrait pour sa distribution. Mais c’est bien tout !

MATT DAMON, GEORGE CLOONEY, BRAD PITT, ELLEN BARKIN, AL PACINO, BERNIE MAC ET ELLIOTT GOULD

 

« OCEAN’S TWELVE » (2004)

Trois ans après, Steven Soderbergh reprend les mêmes et recommence. « OCEAN’S TWELVE », qui est donc la sequel d’un remake, n’a aucune raison d’être, et cela se sent depuis le tout début, à part de se réunir entre potes et faire beaucoup d’argent. En cela, c’est une réussite.

Surenchère sur le n°1, le scénario fait revenir Andy Garcia (affublé d’une canne et d’une chemise à jabot ridicules) qui veut obliger les voleurs à lui rendre son argent (avec intérêts !). Les voici donc partis pour l’Europe afin d’organiser un braquage. Ils ont une fliquette aux trousses (Catherine Zeta-Jones) et un voleur français (Vincent Cassel) qui leur savonne la planche. Tout ce qui fonctionnait dans le premier opus, grâce au charme des acteurs, au lustre de la mise-en-scène, a totalement disparu ici. Le scénario réussit le prodige d’être à la fois incompréhensible et prévisible. Et le film se noie sous une avalanche de scènes improvisées, comme celle où Julia Roberts se fait passer pour… Julia Roberts et tombe sur le vrai Bruce Willis dans un hôtel. C’est lourd, c’est mal écrit, tellement long et hors-sujet… Même chose pour l’apparition finale du tireur de ficelles (Albert Finney) dont l’effet de surprise tombe complètement à plat, d’abord parce qu’il est physiquement difficile à reconnaître et ensuite parce qu’il n’a pas la renommée d’un Sean Connery qui aurait été idéal pour le rôle. Que des approximations, des flops, des illogismes qui plombent le film et le rendent soporifique et dépourvu de colonne vertébrale. George Clooney fait de la figuration, Brad Pitt a la tête ailleurs et ne semble pas tenir le même rôle que précédemment, Elliott Gould en fait des tonnes et Cassel, pas dirigé, fait son propre film. On connaît la difficulté à réussir un n°2 dans une franchise. Soderbergh n’a pas passé l’obstacle et le laisser-aller scénaristique, la surabondance bourrative de personnages, la paresse généralisée et le manque aveuglant d’implication des comédiens, font de « OCEAN’S TWELVE » une resucée opulente, mais vraiment pas nécessaire.

GRORGE CLOONEY, JULIA ROBERTS, MATT DAMON, SCOTT CAAN, BRUCE WILLIS, ALBERT FINNEY ET CATHERINE ZETA-JONES

 

« OCEAN’S ELEVEN » (2001)

« OCEAN’S ELEVEN » de Steven Soderbergh est le remake de « L’INCONNU DE LAS VEGAS » (1960), « caper movie » du Rat Pack légèrement supérieur aux habituels exploits de Frank Sinatra et de sa bande de copains.

À peine sorti de prison, George Clooney décide de braquer les recettes de trois casinos de Las Vegas d’un seul coup. Il trouve un financier (Elliott Gould) et réunit une équipe (Brad Pitt, Matt Damon, Casey Affleck, Carl Reiner, Don Cheadle, etc.) pour un hold-up digne de « MISSION : IMPOSSIBLE ». Face à eux, l’implacable Andy Garcia, qui a piqué la femme (Julia Roberts) de George. Le cast est royal, le scénario malin malgré quelques trous béants et une vraisemblance flottante, la photo (Soderbergh lui-même) est clinquante à souhait et, malgré une durée de presque deux heures, on ne s’ennuie pas. L’intérêt aujourd’hui, à revoir « OCEAN’S ELEVEN » tient dans l’homogénéité de sa distribution, des comédiens dans la fleur de l’âge, au sommet de leur séduction, qui fonctionnent très bien ensemble. Clooney apparaît vraiment comme une version contemporaine de Cary Grant et affiche une sobriété sans faille. Pitt est excellent en « pro » ultra-cool et sûr de lui, Damon idéal en « bleusaille » qui apprend vite. Garcia campe un méchant très efficace puisque (pour une fois) ni idiot, ni ridicule, mais constamment dangereux. Roberts est un peu le maillon faible, ne faisant rien d’un rôle sans épaisseur, qu’elle joue avec une exaspération tangible. L’interaction entre tous ces comédiens habitués à porter des films sur leurs seules épaules, apporte une réelle densité à « OCEAN’S ELEVEN » et fait aisément oublier qu’au fond, le film ne raconte pas grand-chose. Soderbergh tourna deux sequels avec les mêmes comédiens, avant de céder la place à une autre équipe pour « OCEAN’S 8 » en 2018.

GEORGE CLOONEY, JULIA ROBERTS, BRAD PITT ET ANDY GARCIA

À noter : lors du match de boxe, on entrevoit Angie Dickinson et Henry Silva, les derniers survivants du casting du film de 1960. Mais il faut être averti : cela ne dure que trois secondes !